Comité National du
16-12-2015 – rapport introductif |
|
|
Cher(e) s camarades, Je
ne vais pas m’attarder sur les événements dramatiques que nous avons vécus en
janvier et dernièrement avec le massacre qui a fait 130 morts et plusieurs
centaines de blessés, sauf à dire que le pouvoir et les partis politiques se
sont contentés de commenter ces événements sans aucune analyse politique de
fond sur les responsabilités. Nous avons été les seuls à le faire. En
masquant les responsabilités, les partis
donnent un blanc-seing au gouvernement pour poursuivre et accélérer la
politique extérieure qui consiste à dominer par la force le proche et le
Moyen-Orient, avec d’autres forces impérialistes, nous en connaissons les
raisons. Cela
a permis au pouvoir de faire voter à la quasi-unanimité la loi liberticide
sur la sécurité intérieure et dernièrement l’État d’urgence voté honteusement
par les partis qui se proclament « de gauche » et dont on sait déjà
qu’il va être prolongé. Cet état d’urgence est un outil supplémentaire pour
museler le mécontentement, empêcher son expression. L’année
qui vient de s’écouler a également été traversée par l’accélération de
décisions qui portent gravement atteinte au droit du travail et à l’ensemble
des garanties collectives comme le code du travail, la durée du travail, la
retraite, le droit à la santé, l’éducation, je passe rapidement, nous aurons
l’occasion d’y revenir car ces garanties sont l’objet de nouvelles attaques.
Le Medef mène une campagne pour « accélérer les réformes » et on peut compter
sur le Parti Socialiste et ses alliés pour les mettre en œuvre. Toute
cette politique génère bien sûr des conséquences sociales comme l’aggravation
du chômage et de la pauvreté, mais aussi un profond mécontentement. Mécontentement
diffus par manque de perspective politique parce que tous les partis
participent de près ou de loin et de manière différente, à la gestion de la
politique capitaliste nationale et internationale. Construire
une perspective politique claire, c’est rompre totalement avec le capitalisme
parce qu’il est incapable de répondre aux besoins des peuples. C’est à cela
que nous travaillons et nous pouvons dire avec toute la modestie nécessaire,
que nous avons franchi en 2015, une nouvelle étape politique importante. Nous,
unifié « Communistes » et l’URCF, ce qui n’est pas rien du point de vue du
développement de nos forces et de la bataille des idées qu’il faut mener.
Nous sommes devenus au mois de juin « le Parti Révolutionnaire Communistes »
et nous n’avons pas perdu de temps. Nous avons immédiatement décidé de
participer aux élections régionales qui viennent de se tenir et organisé une
grande initiative politique à Paris le 7 novembre qui été un franc succès du
point de vue de la tenue des débats mais aussi de la présence de nombreux
jeunes à cette initiative. Nous
avons donc participé aux élections régionales avec la volonté d’y consacrer
l’essentiel de notre activité militante. Nous avons fait le clair sur les
véritables enjeux de ces élections que tous les partis politiques se sont
acharnés à masquer. Nous
avons ont été les seuls, en tant que parti politique, a dénoncer le véritable
objectif du capital au travers de ces élections. Les
résultats du premier tour du 6 décembre ont été marqués par un très fort taux
d’abstention. 22 425 000 électeurs se sont abstenus soit 50 %, il
faut y ajouter 1 million de bulletins blancs et nuls, soit 4 % ce qui montre
le rejet massif de la politique actuelle et le profond mécontentement qu’elle
engendre. Dans
les quartiers populaires, l’abstention atteint 70 voire 80 %, elle atteint 75
% chez les jeunes de 18 à 24 ans, 65 % chez les jeunes de 18 à 30 ans, ce qui
contredit le discours selon lequel les
jeunes «auraient voté à 30 % pour le Front National ». On nous avait fait le
coup pour la « catégorie ouvriers » alors que l’abstention est tout
aussi importante. Comme
nous l’avons dit dans notre communiqué après le premier tour, 3 ans ½ après
l’élection présidentielle de mai 2012, le Parti Socialiste et ses alliés ont
perdu 5 millions de voix, soit la moitié de leur électorat. La droite en a
perdu 4 millions soit 40 % de ses voix et le Front National a perdu
400 000 voix depuis la présidentielle de 2012. Par contre il atteint un
score record au second tour avec 6, 8
millions de voix (plus 400 000 par rapport à 2012). On
peut mesurer en examinant ces chiffres l’ampleur du rejet de la politique
mise en œuvre par Hollande et son gouvernement. L’aggravation de la régression sociale, la
casse de l’industrie, les licenciements massifs, le chômage de masse
(42 000 chômeurs de plus en octobre) sont bien sûr les causes de ce
rejet. Ce sont en premier lieu les travailleurs, le peuple, les jeunes qui sont touchés ce qui a occasionné
la forte abstention. Le
vote Front National qui de plus a bénéficié d’une promotion sans précédent de
la part de la propagande capitaliste, a tiré profit du désarroi et du rejet massif de cette politique. Le
Front National n’a cessé de dire ses « désaccords » avec la
politique actuelle mais sans jamais dénoncer le capital comme étant la seule
cause des conséquences économiques et sociales subies par les travailleurs. Et pour cause, il soutient la
politique en faveur des entreprises, dans sa campagne électorale par exemple,
il s’est clairement prononcé pour « utiliser les nouvelles compétences
des régions et notamment l’aide aux
entreprises », il n’y a aucune
différence de fond avec les autres partis le Front National répétons-le est
bien le troisième fer au feu du capital. Le
front de gauche s’est écroulé, le Parti Communiste avec ses alliances à
géométrie variable n’avait qu’un objectif : sauver les meubles (ses élus). J’en
viens maintenant à notre campagne électorale, nous avons présenté une liste
dans les Pays de Loire dans des conditions très difficiles : pas de
circulaires électorales dans les foyers, 50 000 bulletins distribués
dans les bureaux de vote alors qu’il en aurait fallu près de 2 millions, tout
cela par manque de moyens (plus d’1 million d’euros) , c’est cela la
démocratie capitaliste. Les
camarades nous diront ce qu’ils ont vécu mais du point de vue de la campagne
politique, le travail fourni a été extraordinaire : l’engagement des
candidats dans la campagne, les rencontres avec les travailleurs devant les entreprises, les réunions publiques,
les distributions de tracts, porte-à-porte, les conférences de presse ont
permis de mieux faire connaître notre politique. Les résultats sont très
encourageants dans les conditions actuelles, Notre parti a été renforcé. Ces
résultats demandent bien sur une analyse plus complète notamment sur les
enseignements à en tirer pour notre activité mais avant d’y venir, un mot sur
le deuxième tour que nous venons de vivre et ce sur ce qui va se passer dans
les jours et les mois qui viennent. La
promotion quotidienne du vote Front National a permis au deuxième tour de
renforcer l’idée «d’union nationale », « d’union sacrée », « d’union des
républicains » à laquelle se sont prêtés allègrement les partis aux
affaires et les gestionnaires du capital. Les syndicats ont eux aussi participés à la mascarade. Pour notre
part, il n’est et il ne sera jamais question de prêter le flanc à de telles
impasses dirigées contre le peuple. Cette
« union sacrée » qui comporte des aspects identiques à ce qui
s’est passé en 2002, à empêché le
Front National de gérer les régions mais permet aussi et surtout d’engager une
recomposition politique dont on ne sait quelle forme elle prendra. Des
appels sont déjà lancés, la droite et l’UDI
font les yeux doux au Parti Socialiste. « On peut travailler
ensemble face à la menace du Front
National, il faut se rassembler » disent les uns et les autres
(Raffarin, Juppé, Valls, Macron), le Parti Socialiste pense même à changer de
nom pour former un « front républicain » auquel tous les partis
pourraient se rallier. Le
Front de gauche est proche de l’implosion, Mélenchon et le Parti Communiste
Français déclarent que « le Front de gauche ne peut plus exister sous sa
forme actuelle ». Le
Front National qui a gagné 800 000 voix entre les deux tours veut
rassembler les partis « patriotes et nationaux ». Bref ça peut aller dans
tous les sens et avec n’importe qui. L’essentiel est de préparer la relève
pour les élections législatives et présidentielles de 2017 avec un objectif
principal : servir au mieux les intérêts du capital. Construire
des équipes nouvelles pour mener la même politique est la prochaine étape
pour tromper le peuple et le mener dans de nouvelles impasses. Ils vont
certainement présenter au peuple ces grenouillages divers comme étant des
« alternatives nouvelles ». Hollande,
Valls, Macron avaient déjà annoncé la couleur avant les élections,
aujourd’hui ils confirment : code du travail, santé, éducation, industrie,
services publics, ils vont frapper très fort. «
Pas question de changer de cap » vient de déclarer Valls. D’ailleurs, le
gouvernement a attendu le lendemain des élections pour décider que le SMIC
n’augmenterait pas. 1400 suppressions d’emplois à la SNCF ont
été annoncées, des restructurations
dans le secteur bancaire, dans les industries chimiques,
pharmaceutiques et dans bien d’autres secteurs sont en cours.
Bonjour « l’union sacrée politique et syndicale » !! Les
déclarations du type « nous avons entendu le message » prononcé hier se
traduisent aujourd’hui par « nous ne changerons rien ». Au
contraire, ils vont tout aggraver
parce que répétons-le, ils ne peuvent pas faire autrement. Cette
politique nationale comme la politique internationale fait l’objet
aujourd’hui d’un consensus appelé « union nationale » c’est le choix
politique des partis, il y a d’ailleurs un parallèle à faire avec le «
dialogue social » dans lequel sont plongées les centrales syndicales pour
éviter les luttes et réguler les décisions du Medef. Mais
nous l’avons dit, le mécontentement est profond. Les luttes peuvent se développer à la mesure des coups
portés. Appeler
aux luttes sociales et politiques contre le capital sont nos tâches
essentielles, répétons-le autant que possible, sans lutte il ne se passera
rien. Il y a un début de réaction dans les syndicats sur la stratégie des
centrales, il faut pousser le débat politique, c’est très important pour faire comprendre que le capitalisme ne
peut répondre aux revendications, qu’il est incapable de résoudre les
problèmes sociaux parce qu’il n’est pas fait pour cela, il n’existe que pour
le profit à tout prix, et que c’est pour ces raisons qu’il faut lutter pour
l’éliminer. Chers
camarades, aujourd’hui nous sommes plus forts de l’expérience des élections
régionales qui viennent de se passer. Partout
où nous avons été présents, nous enregistrons des résultats positifs et très
encourageants, c’est la preuve que l’espace politique existe à condition de
l’occuper le mieux possible par un travail militant régulier. Nous
l’avons déjà souligné, le regard, l’écoute, les débats ne sont plus les mêmes
lorsque nous prenons le temps de la discussion. Nous sommes aujourd’hui de
plus en plus reconnus, on nous demande notre avis de plus en plus souvent sur
une multitude de sujets. Les
résultats dans les Pays de Loire démontrent plusieurs choses : • nous l’avons déjà dit, il existe un
espace politique pour notre Parti Révolutionnaire, • lorsqu’on investit cet espace nous
avons des résultats, le travail militant, le contact, les débats politiques,
les réunions sont essentiels à la compréhension et à l’adhésion à nos idées. • Multiplier notre influence par quatre
n’est pas banal surtout dans les conditions qui nous sont imposées, c’est le
résultat de ce travail militant. Ce
qui s’est passé dans les Pays de Loire est démonstratif. Dans les autres
régions, nous avons multiplié les contacts, nous en avons recensé plus de 500
dans les régions où l’on a pu engager une campagne. C’est un travail que nous
n’avons jamais fait auparavant. Des
débats, des réunions publiques ont eu lieu, des centaines de milliers tract
ont été distribuées, des adhésions réalisées. Il
faut s’appuyer sur ces résultats pour mettre le parti en ordre de marche dès
maintenant. Notre
Comité National doit aider pour
impulser l’activité politique, pour engager le travail militant. Il
faut rapidement solliciter l’ensemble des contacts que nous avons pu avoir
dans les départements, les adhérents, les sympathisants , afin de les réunir,
établir des plans de travail de distribution de tracts devant les entreprises,
dans les quartiers, établir des dates d’initiatives, bref engager un travail
de masse partout où nous sommes organisés. Ces
réunions seront aussi l’occasion de remettre les cartes 2016 et de renforcer le
parti. L’activité
politique comme l’ont démontré les camarades des Pays de Loire, doit se faire
au plus près de la population. C’est par ce travail de masse que l’on obtient
des résultats. Chers
camarades, Le
travail est immense, mais tellement exaltant parce qu’il donne des résultats. L’année
2016 est une année sans élection, mais l’activité politique que nous allons
engager dès maintenant peut nous permettre d’aborder rapidement les questions
de notre développement, d’envisager les futures élections législatives et
présidentielles de 2017 dans de meilleures conditions. Tout dépend de nous. Nous
devons également renforcer les secteurs d’activité parce que nous avons
besoin de nous organiser pour répondre aux exigences de développement d’un
parti comme le nôtre. Il faut renforcer ces secteurs, c’est indispensable
pour notre fonctionnement. Les
responsables politiques sont désignés,
organisation, propagande, presse, finances, international, éducation,
jeunesse, il y a beaucoup de travail, le Comité National est sollicité pour y
prendre toute sa part. Voilà
ce que j’étais chargé de vous transmettre. ° ° ° . Lire, enregistrer et/ou imprimer ce rapport au format PDF
( 6 pages) .
http://www.sitecommunistes.org |