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Comité National du 18-03-2017 – Discussion

 

 

*Un camarade des Hauts de Seine : Les candidats de droite ou de gauche à la Présidentielle tiennent le même discours. Tous veulent, faire travailler plus les salariés pour gagner moins. Tous nos acquis sont remis en cause les uns après les autres. Les responsabilités sont masquées, on accuse les gens les plus en difficultés d’en être responsables. Chez les travailleurs, les ripostes ne sont pas encore à la hauteur, d’autant plus que toute la propagande les emmène sur de faux débats comme celui sur les « affaires » Fillon et Cie.

*Un camarade de Paris : Il y a une colère réelle chez les gaziers-électriciens avec entre autre la suppression des boutiques d’accueil des usagers. Des salariés et des usagers agissent ensemble pour interpeller la direction EDF sur ces problèmes et sur la question des salaires des employés EDF qui sont bloqués. Le PDG d’EDF ne leur propose que des primes pour répondre aux revendications. E. Macron, lui, estime que les salariés d’EDF ne sont pas à plaindre. A l’étranger, il évoque la situation en Corée du Sud ou la Présidente a été destituée. Il y a une élection le 9 mai, le syndicat de classe KCPU appelle à voter sur un programme comprenant l’abolition des contrats précaires.

*Un camarade du Calvados : Explique que pour préparer la venue d’Antonio dans le département, nous avons fait un travail important dans les entreprises et sur plusieurs marchés. Ouest-France était représenté à notre débat et en a rendu compte. Beaucoup de questions viennent dans les discussions, sur la situation – comment la modifier – avec qui ? La loi El-Khomri se met en œuvre chez Renault-Trucksà Blainville avec des conséquences : +15 mn de travail par jour – Les RTT contre plus de travail et samedi travaillé. Des questions sont nombreuses sur la situation internationale, dans plusieurs pays, sur le développement de l’armement. Tout cela inquiète.

*Un camarade de l’Indre : Nous devons bien cerner ce qui caractérise la situation. Le capital cherche à poursuivre et à amplifier ses « réformes » pour adapter la société à ses exigences. Aujourd’hui on constate une situation inédite : il se déroule une campagne électorale qui évacue les les questions politiques. Il faut renforcer encore notre travail d’explications et d’ores et déjà envisager les élections législatives. Le déploiement de notre activité embarrasse nos adversaires. Le niveau de classe de nos explications et de nos propositions se vérifie dans le contenu des articles de presse nous concernant.

*Un camarade de Paris indique : chez les retraités le bilan de Hollande pèse lourd : moins 10 à 15% de pouvoir d’achat. Le mécontentement se nourrit de cette réalité. Il faut mettre en avant notre programme : 1800 euros nets pour le SMIC et bien montrer que les moyens existent, qu’une autre politique est possible, car la propagande veut enfermer les gens dans l’idée « qu’il n’y a pas les moyens ». Par ex. « Ensemble » dans une confrontation entre économistes, affirme « qu’il ne faut pas augmenter le déficit ». A la Poste, c’est la même politique qu’à EDF et dans les banques : réduire de plus en plus l’accueil, le service rendu aux usagers. Il y a des luttes contre la fermeture des bureaux de poste et leur remplacement par des « maisons de service au public ». Ces luttes contredisent la ligne du PCF et de Mélenchon qui approuvent ce remplacement par des « maisons ».

*Une camarade de l’Indre : Avec la venue d’Antonio pendant 2 jours, nous avons organisé un déploiement important d’activité. Un débat publique où la discussion a montré que l’ampleur de la propagande officielle qui tire tout vers le bas nécessite de bien expliquer la situation, les moyens de la changer. A notre conférence de presse, sont venus les 3 journaux régionaux, la Radio et des comptes-rendus ont été publiés. « C’est la 1ère fois dans cette campagne que nous entendons un candidat nous donner une analyse de la situation politique en France et dans le monde » on remarqué les  journalistes présents. Tonio avec les camarades du département est allé à la rencontre des ouvriers de la zone industrielle de Montierchaume. Comme partout les ouvriers sont en butte aux attaques contre leurs acquis sociaux, ils luttent contre ça. Tonio leur a remis son programme anticapitaliste pour changer fondamentalement de politique et arracher le pouvoir aux multinationales.

Antonio Sanchez a expliqué aux journalistes qu’ partir du 18 mars il continuera à mener la campagne au nom de notre Parti mais pas comme candidat, car malgré nos multiples démarches, nous n’avons pas eu des 500 parrainages exigés, d’élus très responsables de 30 départements. « Vous imaginez un de ces élus (dont le nom est rendu publique). qui parraine un révolutionnaire Communistes ! La réponse est évidemment négative. Ce système de parrainage est fait pour éliminer tout candidat clairement anticapitaliste. Cette élection Présidentielle est complétement antidémocratique.

*Une camarade de Paris : On constate la colère, le rejet des politiques menées et de ceux qui les mènent. Le capital cherche le « meilleur cheval » pour continuer sa politique et si possible éviter le développement des luttes. Beaucoup de gens sont désorientés. La campagne permanente sur « les affaires » est faite pour éliminer le débat politique. Parmi ceux qui aspirent au changement nombreux sont ceux qui constatent qu’aucun des candidat(e) s ne répond à leur attente, aucun ne touche au système capitaliste, Mélenchon en les appelant à voter Hollande en 2012 les a entraîné dans une voie sans issue et aujourd’hui il reste dans le système. Continuons d’expliquer clairement la situation en France et la situation internationale. Insistons sur les moyens qui existent pour mettre en œuvre notre programme et sur la condition impérative pour disposer de ces moyens : arracher le pouvoir aux multinationales. « Le pouvoir aux citoyens, la constituante présentée comme la stratégie révolutionnaire du 21ème siècle, sans toucher au système capitaliste est une plaisanterie. On fait bavarder et le capitalisme peut continuer à exploiter à outrance. C’est pourquoi nous expliquons qu’il ne faut donner sa voix à aucun(e) candidat(e). Nous n’appelons pas à s’abstenir, nous appelons à faire un vote de lutte. Nous éditons pour cela un bulletin de vote à mettre dans l’urne, nous allons l’envoyer partout, sur les réseaux sociaux…  Avec la loi actuelle, il sera jugé comme nul et les bulletins nuls ne sont pas comptés comme un vote. Mais s’il y en a des milliers, soyons certains que cela marquera. La Présidentielle sera ainsi une étape dans la lutte contre le capitalisme, ceux qui le soutiennent et pour le changement.

*Un camarade des Hauts de Seine : Ce n’est pas le calme plat, il y a des luttes en ce moment dans plusieurs secteurs, à l’appel de la CGT : les hospitaliers, à ERDF, dans plusieurs hôtels, à l’office HLM de Malakoff. Il est intéressant que dans les discussions avec des syndicalistes en lutte on parle du capitalisme. Beaucoup affirment qu’ils ne voteront pour aucun des candidats en lice. Certains disent qu’ils ne voteront pas Mélenchon en retrait sur ce qu’il disait en 2012 (par ex. il ne parle plus de nationalisation). Dans l’enseignement secondaire on parle beaucoup de Trump, le mal absolu, chez certains. Voter Macron pour barrer la route à M. Le Pen, joue encore. Il faut bien expliquer, que ce qui est dangereux aujourd’hui comme hier, c’est le capitalisme, ses objectifs, les conséquences, que M. Le Pen, Macron, Fillon… sont au service du capitalisme, qu’il faut tous les rejeter. Nous devons continuer à nous expliquer sur les conditions du changement.

*Un camarade du Doubs : Nous ne sommes pas « qualifiés » par le Conseil Constitutionnel comme candidat à la Présidentielle mais nous continuons la bataille sans candidat. Nous soulevons des questions, nous apportons des réponses. Mélenchon dit dans son programme : «  je veux une société plus douce » mais le capitalisme ne peut être doux, au contraire il est violent contre le peuple. Mélenchon ne peut pas changer de société. Tous les candidats parlent d’autre chose. La Bourgeoisie semble avoir fait son choix « Le Pen // Macron. Elle se prépare à appeler à « l’union nationale » contre Le Pen. Nous devons continuer à nous expliquer.

Les initiatives dans l’Indre et le Calvados confirment que notre discours politique interpelle car son contenu politique est clair. Il y a chez les électeurs un manque de perspective politique qui pèse sur les possibilités, il faut donc continuer à travailler, à expliquer, à agir pour construire cette perspective sans se laisser entraîner sur les « détails ». Il faut mener la lutte politique avec des arguments crédibles. Nous devons être prêts pour la bataille des élections législatives qui suivront la Présidentielle.

*Une camarade de Loire Atlantique : Le 5 avril nous tiendrons une réunion publique avec Tonio à Nantes. Nous avons eu de nombreux contacts en allant voir les salariés et cette réunion suscite de l’intérêt. Au CHU les questions viennent : sur les salaires qui sont faibles au regard de la qualification, de la responsabilité de ce travail (1.400 euros nets au bout de 15 années de travail pour une aide soignante) - pour qui est-ce qu’on va voter au 1er tour ? Nous devons expliquer notre position : aucun(e) candidat(e) ne permettra le changement ou même une amélioration de la situation. Le capital exigera toujours plus, les salariés vont payer. Il faudra développer les luttes, notre appel à émettre un vote de lutte fait partie de la lutte nécessaire. Il y a des luttes dans le département en ce moment : le 7 mars, journée des hospitaliers et de la fonction publique territoriale à Nantes, 1.000 personnes étaient dans la rue. Il y a des grèves dans plusieurs entreprises et un soutien important des salariés, aux militants CGT poursuivis devant les tribunaux pour leur action syndicale. Dans les entreprises il y a une évolution de la compréhension de la situation. Nous devons continuer à nous expliquer de manière claire. Nous nous préparons pour les élections législatives avec nos candidats. Nous appellerons à voter pour nos candidats qui se battent avec les travailleurs contre le capitalisme.

*Un camarade de la Sarthe : Nous sommes allés sur plusieurs marchés rencontrer les gens et aux portes d’entreprises, dont Renault. Dans les discussions avec les salariés, avec des militants syndicaux CGT, ils expriment des doutes sur le volet social du programme de Mélenchon. Ils constatent que ses propositions sont en dessous des revendications syndicales. Le manque de perspectives se fait sentir. Le fait que nous sommes clairs dans notre analyse, cohérents dans nos propositions et sur les conditions du changement porte. Nous sommes plus écoutés et à l’aise dans les discussions.

*Un camarade de la faculté de Jussieu à Paris : Dans les discussions on vient de plus en plus sur les questions de fond. Nous ne sommes plus en 2012, il est plus difficile de faire croire que Mélenchon peut changer quelque chose. Des discussions avec les collègues sont plus faciles à condition de bien rester sur le fond de notre politique : quelle réponse aujourd’hui sur la situation ? Peut-on la donner dans le capitalisme ? Non. Le capital veut continuer à gouverner ; avec qui ? Ce qu’ils craignent par-dessus tout, c’est s’il y avait des luttes. Concernant les Universités : la fusion recouvre la volonté de livrer totalement les Universités et la Recherche aux mains du capitalisme. Notre tract à ce sujet est très apprécié. Sur l’Industrie, il faut revenir sur le contenu de la bataille politique et les solutions.

Nous devons prendre la mesure de la vitesse à laquelle les choses évoluent sur le plan mondial. Nous tiendrons une initiative le 18 octobre pour le 100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre. Nous devons bien montrer comment elle a été possible. Parce qu’il y avait une direction politique, un parti politique ; ce qu’elle a apporté au peuple d’URSS et aux peuples du monde.

*Un camarade de Paris : Il y a des luttes en ce moment, en particulier à EDF. A Paris a eu lieu un rassemblement à l’Hôtel de Ville. Le 7 mars notre tract a été très bien reçu. Sur le vote Mélenchon, il ne faut laisser aucune illusion, par ex. quand il dit vouloir « une Europe digne ».

*Un camarade de l’Indre : Il y a des luttes en réactions aux coups portés par le capital contre les travailleurs. C’est bien et nécessaire mais il n’y a pas encore d’action d’ampleur nationale, de revendications transformatrices et portant sur une autre logique politique. Cela se voit depuis 1990. Par ex. la CGT se bat pour la reconquête de l’industrie et des services publics, ce qui est juste mais elle ne parle ni des nationalisations ni du caractère public et universel des services. Il y a es contradiction à l’intérieur de la CGT. Par ex. la fédération de la Chimie réclame les nationalisations.

*Un camarade des Hauts de Seine : Estime que ce qui manque aux luttes est la coordination. Il souligne en même temps que se battre pour les salaires est porteur d’avenir.

*Une camarade de Paris : Rappelle que la disparition de l’URSS a porté un coup terrible au mouvement ouvrier dans le monde. La plupart des Parti communistes ont disparu ou se sont sabordés et ont évolué vers la social- démocratie ce qui est le cas du PCF. Cela a eu des répercussions dans la CGT. Nous avons créé notre Parti en 2002 parce que le peuple a absolument besoin d’un parti révolutionnaire comme outil pour sa lutte quotidienne contre le capital, pour prendre le pouvoir et changer de société. D’où un travail extraordinaire de notre part pour démontrer qu’il n’y a rien sans lutte sociale et sans lutte politique.

*Une camarade de Loire Atlantique : Combien de siècles a mis le capitalisme pour prendre le pouvoir en France ? Changer de société est une bataille de longue haleine. Il faut bien replacer notre combat dans la perspective historique et mener toujours la bataille politique. Comment mener la lutte contre les privatisations dans les conditions politiques actuelles ? Il faut aussi toujours mettre en lumière le rôle de l’expérience dans les luttes.

*Un camarade d’Eure et Loir : Bien nous expliquer sur le capitalisme, sur le socialisme et sur les intérêts des uns et des autres par rapport au système. Il faut bien montrer quels sont les intérêts des travailleurs, le rôle des partis politiques, de leurs candidat(e) s dans cette élection.

*Un camarade de Paris : Revient sur le rôle des idéologues du capitalisme : Tout ce qu’ils mettent en avant, que ce soit les « indignés », « nuit debout »… C’est pour ne pas s’attaquer au capitalisme. Ils leurrent les gens. Il faut a aussi clarifier : la classe ouvrière ne vote pas majoritairement FN, elle s’abstient : 47% aujourd’hui selon les sondages.

Tonio Sanchez, secrétaire National, en conclusion de la discussion :

Ce qui est le plus important aujourd’hui, c’est l’explication que donne notre Parti. Les gens sont en colère, ils ont envie de se battre, ils veulent que ça change mais ils ne voient pas de débouché.

Avec les candidat(e) s que le système électoral de la Présidentielle a autorisé à se présenter officiellement, ils n’auront pas de changement politique. Au contraire, la politique du capital va s’accélérer car il a besoin absolument d’aller toujours plus loin pour le profit, de réduire les salaires, pour se placer dans la concurrence capitaliste sans merci à l’échelle mondiale, de faire payer le peuple. La situation va s’aggraver.

Fillon, M. Le Pen, Macron, Hamon… sont au service exclusif du capital. Certains parlent de faire du social mais ils ne changeront rien car ils se situent totalement dans le système capitaliste. L’institution de Mélenchon montre qu’il ne touche pas au cadre capitaliste.

La seule chose qu’ils craignent ce sont les luttes. Ce sont les luttes justement qu’il faut développer. Nous le savons. On a rien sans lutte. Les luttes économiques et sociales sont indispensables. Tout ce qui a été obtenu l’a toujours été par la lutte mais c’est insuffisant. Le capitalisme est toujours là et il repart à l’attaque pour avancer ses objectifs.

Pour changer le fond, il faut mener la lutte politique, la lutte politique pour prendre le pouvoir économique, financier, politique. Tant qu’on n’aura pas imposé ça, on n’avancera pas dans le changement fondamental de politique. Il ne peut rien se passer de bon pour le peuple dans le cadre du régime capitaliste.

Il faut donc continuer à développer notre politique, nos explications, nos propositions, travailler au renforcement de nos idées, à l’élargissement de notre influence, au renforcement de notre parti indispensable pour faire grandir cette lutte.

C’est une bataille longue parce que c’est une bataille de classe permanente à un haut niveau. Il faut de la patience, de la persévérance, mais nous le savons aussi, il y a de la place pour les idées révolutionnaires et il y en aura de plus en plus dans cette situation. Chacun(e) l’a dit, partout où nous allons, nous sommes écoutés avec intérêt.

Alors, développons partout le maximum d’initiatives, de rencontres, de contacts dans cette campagne électorale, jusqu’au 2ème tour de la Présidentielle et dans la campagne des législatives qui suivra, en particulier avec nos candidats.

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