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Comité National 18-06-2003 – rapport introductif
Je rappelle que le
gouvernement s’était fixé trois grands objectifs à atteindre d’ici la fin de l’année :
sa réforme des retraites , celle de la Sécurité Sociale et du système de santé
et la décentralisation. Pour nous ce n’est pas une découverte. RAFFARIN
ne fait que prolonger la politique de JOSPIN. Derrière l’un comme derrière l’autre
il y a le capital qui apparaît d’ailleurs de plus en plus directement dans la
vie politique. Voyez le rôle actuel du MEDEF . Nous avons dit et répété
que le capitalisme avait besoin d’adapter beaucoup plus étroitement l’ensemble
de la société française au monde capitaliste actuel, à l’Europe capitaliste qu’il
est en train de bâtir, qu’il lui fallait par tous les moyens abaisser le « coût
du travail ». Pour lui les choses ne peuvent plus durer comme avant, avec
par exemple des acquis sociaux qui coûtent cher et l’empêchent de réaliser des
profits bien plus élevés. Il veut construire un cadre économique et politique
qui lui permette de le faire.
Nous l’avons dit à plusieurs reprises, il ne s’agit
pas de simples réformes, d’une simple modification de trajectoire. Non, il s’agit
d’un changement structurel total,
modifiant ou plutôt bouleversant complètement la France. Retraites, Sécu, Régionalisation
ne sont qu’une étape, une étape très importante bien sûr, mais à elles seules
elles ne suffisent pas ! L’objectif que s’est fixé le capitalisme c’est l’adaptation
totale de la France à la domination plus directe du capitalisme sur toute la
vie nationale.
Les retraites.
On l’a dit, chaque salarié devrait financer sa propre retraite comme une
assurance privée. Ce serait une source de profits considérable pour les
compagnies d’assurances, les banques et autre fonds de pension qui
disposeraient des centaines de milliards d’Euros que les salariés seraient
obligés de leur confier.
La Sécurité Sociale. Le gouvernement prépare un énorme
détournement de fonds qui appartiennent aux assurés (315 milliards d’Euros par
an) au profit des assurances privées. Avant même que la réforme soit faite les
assureurs se disent prêts à concurrencer la Sécu.
La décentralisation
de l’Etat vers les régions (je rappelle : sept régions en métropole, une
dans les DOM, toutes rattachées directement à l’Europe) c’est la porte grande
ouverte à l’accélération de tous les objectifs de privatisation, de casse des
statuts nationaux, de la course aux marchés pour les capitalistes dans la
concurrence européenne marquée de plus en plus par ce qu’ils appellent la « compétitivité ».
Dans l’éducation nationale, les personnels de l’enseignement
luttent très fortement. Combien sont-ils à savoir que derrière les mesures
gouvernementales actuelles de décentralisation, il y a à terme, la disparition
de l’éducation nationale, au profit d’une école à plusieurs vitesses, d’un
enseignement de plus en plus privé adapté aux besoins capitalistes européens ?
Les privatisations s’intègrent dans cette démarche :
La SNCF déjà régionalisée et prévue dans les privatisations – la Poste –
EDF-GDF dont la privatisation s’avance à grands pas.
On trouve d’ailleurs les mêmes objectifs dans tous
les pays européens, les gouvernements poursuivent les mêmes objectifs :
attaques contre les systèmes de retraites, de santé… C’est à qui sera le
premier pour réaliser les objectifs capitalistes. Ils avancent dans la
construction européenne. La future constitution est prête. Elle a été adoptée
par le parlement européen et sera soumise à la ratification de tous les pays
dans les prochains mois.
SEILLIERE déclarait la semaine dernière au « Parisien »
à propos de la réforme des retraites : « nous devons rentrer dans le
rang européens. Tous les pays l’ont fait… ».
Tout cela explique l’acharnement du gouvernement à
faire passer la première « réforme » de cette année, celle des
retraites.
C’est une très grande bataille, une bataille politique qui est engagée, une bataille, je le répète qui ne
se limitera pas aux retraites. Le gouvernement veut faire accepter par la
majorité des français l’idée qu’il n’y a pas d’autre solution que celle qu’il
propose. Toute la bataille politique porte sur cela, avec une campagne forcenée
de tous les médias : télé, radios, presse etc…
Une des idées clés qu’ils martèlent c’est qu’on ne
peut pas toucher aux profits des entreprises sinon ce serait l’augmentation du
chômage, les délocalisations, les fermetures, de graves menaces sur l’emploi,
le niveau de vie…
Ils veulent faire avancer encore plus, l’idée que
notre avenir est étroitement lié à celui des entreprises. C’est la
justification de la collaboration de classe, de l’association du capital et du
travail. C’est donc une très grande bataille politique qui se mène et qui est
appelée à se développer car nous n’en sommes qu’au début.
Lors de notre réunion de JAPY nous avons montré une
fois de plus que les moyens économiques et financiers existent non seulement de
payer les retraites mais aussi d’améliorer le système actuel, de développer le
système de santé et au lieu de casser la nation d’avoir une grande politique
nationale et de coopération internationale. J’ajouterai un seul exemple :
le conseil d’orientation des retraites (COR) estime que d’ici 2040 le PIB
doublera, soit une valeur de 3.000 milliards d’Euros. Enorme ! Il
suffirait de 18% - 540 milliards d’Euros- pour apporter une réponse efficace au
financement des retraites. Il resterait 2.460 milliards d’Euros pour la rémunération
du travail et l’investissement, c’est à dire le double d’aujourd’hui. Cela
confirme bien que les solutions existent mais qu’il faut pour cela s’attaquer
aux profits capitalistes phénoménaux.
Une grande bataille est engagée pour faire reculer gouvernement et
patronat dont il faut bien mesurer à quel point elle est politique.
Quel est le rapport des forces ?
Il n’y a plus de parti révolutionnaire (je veux dire
un parti qui a une grande influence nationale – nous avons créé ce parti mais
notre influence est limitée). Ce qui signifie que le front politique, dont je
viens de souligner toute l’importance, est à découvert.
La bourgeoisie a bien mesuré qu’elle a gagné une très
grande bataille avec la disparition de l’URSS ; c’est une grande défaite
pour le monde du travail. En France l’absence d’un PCF révolutionnaire se fait
cruellement sentir.
Comment se situent les autres partis Politiques ?
La Gauche plurielle au gouvernement a fait la même
politique que la droite, elle a mis en cause les acquis. Le PS prépare l’alternance
pour faire fondamentalement la même politique. Les ouvriers, les employés, les
travailleurs en général savent bien qu’ils ne peuvent pas compter que eux. Il n’est
que de voir ces séances grotesques à l’Assemblée Nationale, où les députés PS,
PCF, se livrent en spectacle, un spectacle lamentable.
LE PEN, on l’a dit, cette situation le sert. Avec
cette politique antisociale il ne peut que se développer. Il affiche d’ailleurs
des ambitions pour les élections de 2004. Il est en train de progresser dans
les milieux populaires. Ne perdons pas de temps, cela nous coûterait cher. Dénonçons
le comme un homme étroitement lié au capital et montrons que c’est CHIRAC avec
sa politique qui le fait progresser. On vérifie aujourd’hui, si c’était nécessaire,
que CHIRAC n’est pas, qu’il ne pouvait être en aucun cas, un rempart contre LE
PEN ! Montrons aussi la responsabilité du PS et de la Gauche plurielle.
Les syndicats : ce que nous vivons confirme totalement les appréciations
que nous portons sur eux.
B.THIBAULT présente le désaccord actuel de la CGT
avec la CFDT comme accidentel qui s’arrangera par la suite. Jacques RIGAUDIAT,
ancien conseiller de M. ROCARD, puis de L. JOSPIN, conseiller référendaire à la
Cour des comptes, lui apporte dans « Le Monde » du 17 juin un démenti
absolu. Il note que de 91 à 97 des grands changements sont intervenus à la CFDT
qui est passé de la soi disant autogestion au rôle d’interlocuteur privilégié
du Pouvoir. C’est une évolution qui vient de loin souligne-t-il. Je le cite :
« Le choix fait par la direction de la CFDT de s’engager avec ce
gouvernement-ci sur un ensemble de mesures concernant les retraites aura des
effets à long terme. Sans aucun doute des effets sur le paysage syndical, peut être
même sur le paysage politique de la gauche. Nous verrons bien. Ce qui est sûr,
c’est qu’il n’est pas le coup de tonnerre dans un ciel serein : il vient
de loin et ce n’est pas la dernière manifestation d’une évolution de fond ».
Les autres syndicats dans ce combat ont des positions
qui rejoignent celles des partis réformistes. C’est le cas de la CGT dont la
direction confédérale se range dans ce camp. Malgré la volonté de lutte qui se
manifeste chez les salariés, en particulier chez ceux de la CGT, elle ne donne
pas d’impulsion pour qu’il se développe un mouvement interprofessionnel
qui prenne une bien plus grande ampleur. Un tel mouvement est pourtant
indispensable pour faire reculer le gouvernement. Dans ses interviews
B.THIBAULT ne donne aucune analyse de fond sur les objectifs du gouvernement et
il en est encore à demander à RAFFARIN de négocier. Cela mène directement à l’impasse.
C’est un constat qui n’est pas nouveau. Nous avons
dit après le 47ème congrès que la direction de la CGT avait fait un
pas de plus vers la collaboration de classe. Les évènements actuels le
confirment.
Pour contribuer à faire avancer l’exigence d’un
syndicat de lutte au service des travailleurs, organisons la diffusion de notre
document « SYNDICALISME ET LUTTE DE CLASSE ».
Où en est le mouvement social ?
Dans cette bataille, les travailleurs ne peuvent
compter ni sur l’aide d’un parti politique à part le nôtre ni sur l’aide conséquente
d’une centrale syndicale. Malgré cela depuis plusieurs semaines des luttes très
importantes se déroulent dans le secteur public et dans de nombreuses
entreprises du secteur privé. Des manifestations puissantes ont eu lieu. Tout
cela prouve avec force un rejet massif de la « réforme » du
gouvernement contre les retraites.
J. CHIRAC a mesuré le mécontentement, le rejet
grandissant qui s’exprime. C’est pourquoi il a annoncé au congrès de la
Mutualité Française que la réforme de la Sécurité Sociale se ferait sur un an
au lieu des six mois prévus initialement. Mais n’oublions pas que six mois ou
un an, il a confirmé en même temps que le pouvoir était décidé à
atteindre ses objectifs. Et RAFFARIN pour faire face au mouvement social veut
instaurer un service minimum, porter atteinte au droit de grève.
Comment continuer à se battre ?
Le développement du mouvement social au niveau nécessaire
pour faire reculer le capital et le gouvernement rencontre de sérieux
obstacles. L’obstacle principal est que le mouvement est sans perspective
politique, sa grande limite se situe là. Je l’ai dit : plus de parti
politique pour, mener la bataille politique contre le capital. On s’en rend
compte en lisant « l’Humanité » dont les seuls arguments se ramènent
finalement à, accepter la réforme moyennant certaines adaptations. La position
des syndicats y compris celle de la CGT est similaire. Partis politiques,
organisations syndicales, tous ont la même position de fond : que la réforme
des retraites, puis celle de la Sécu et de la régionalisation se fassent. Les
partis de droite et la CFDT le disent ouvertement et agissent pour. D’autres
comme le PS, le PC, la CGT etc… se disent contre mais s’opposent aux grandes
luttes d’envergure qui seules peuvent faire reculer le pouvoir.
Dans ce vide politique et syndical on voit des
gauchistes, des anarchistes, des intrigants et sûrement aussi des flics se
glisser dans les insuffisances du mouvement syndical pour essayer de « récupérer »
le mécontentement à leur profit. C’est le cas de « coordinations »
qui risquent à l’avenir de se développer si nous n’y prenons garde.
Voilà quel est le contexte dans lequel se mène le
combat actuel des travailleurs.
Tel qu’il est ce combat a déjà atteint un
niveau très élevé, le plus élevé depuis 95-96. Le mécontentement, la combativité
des travailleurs ont grandi depuis quelques semaines. Mesurons bien ces progrès
mais en même temps ne perdons pas de vue que les grandes questions politiques
que j’ai rappelées sont dans la grande majorité des têtes. Et en particulier :
quelle suite à donner à notre lutte ? Quelle issue politique ? Ce
sont des questions que vous entendez tous les jours. Celles-ci et bien d’autres.
Le CN d’aujourd’hui doit nous aider à mieux voir où
nous en sommes surtout de ce point de vue car c’est très important.
Je l’ai dit, la lutte politique jour un rôle considérable. Les luttes sociales sont freinées par le manque de
perspective politiques. Elles peuvent être bloquées ou déviées. Dans les
conditions actuelles les luttes revendicatives seules rencontrent leurs
limites, elles se heurtent à des idées politiques qu’il faut combattre
absolument. Menons cette lutte. Comment ?
Bien entendu les syndicalistes ont leur responsabilité
dans leur syndicat. Ils se battent pour développer les luttes et on l’a dit,
sur la base de la réalité, de l’expérience, pour faire avancer dans les
entreprises surtout, l’exigence d’un syndicat de classe dont les travailleurs
ont un besoin absolu et urgent.
Mais surtout, nous avons la responsabilité comme parti politique, de développer la
bataille politique, de mener un travail d’explications sur le fond dans le maximum
d’endroits, de proposer une perspective politique.
Bien entendu, il faut travailler dans la durée. C’est
le seul moyen d’avancer. La lutte de classe en France ne s’achèvera pas à la
fin de l’année, elle ira bien au-delà. Ne l’oublions jamais.
L’urgence pour « COMMUNISTES » est de nous développer. On a créé le parti avec sa politique révolutionnaire.
Il faut maintenant le développer pied à pied, poser en permanence la question
de son renforcement, créer de nouvelles bases. C’est une question décisive pour
notre proche avenir. Faisons partout où c’est possible avant les vacances et
reprenons à la rentrée, des réunions pour discuter politique. On a besoin
de beaucoup discuter politique.
Editons des tracts, des journaux, diffusons les dans
les entreprises, les quartiers populaires. Développons notre propagande.
Le mécontentement grandit. Dans quel sens s’orientera-t-il ?
Il n’y a hélas pas d’automatisme qui ferait que ce mécontentement se
transformerait en lutte politique révolutionnaire ! Le découragement peut
grandir lui aussi. Sur quoi déboucherait-il ? sûrement pas sur la lutte révolutionnaire.
« COMMUNISTES » doit parler, agir,
convaincre, montrer que le combat pour les retraites, la Sécu, contre la décentralisation,
c’est le même combat contre l’objectif global de régression qu’ils veulent
imposer au peuple. Expliquer qu’on peut faire autrement, que la seule
issue c’est la lutte contre le capitalisme. Nous avons un travail énorme à
faire.
Nous sommes les seuls comme parti politique à donner
une analyse globale de la situation, à proposer la seule perspective d’avenir :
la lutte anticapitaliste. Des camarades peuvent parfois se dire que c’est une tâche
titanesque dont on ne voit pas l’aboutissement. N’oublions pas ce que j’ai
rappelé au début : il y a 12 ans que l’URSS a disparu, il n’y a plus de
parti révolutionnaire, c’est une très grave défaite historique que le mouvement
ouvrier vient de subir. Tout est à refaire. C’est pourquoi nous avons créé « COMMUNISTES »
Nous, avons pris le seul chemin valable. C’est un chemin long et
difficile qui se trace dans une lutte de classe sans merci. On ne peut pas
prendre de raccourci. Mais dès aujourd’hui partout où nous sommes, où nous nous
exprimons, on peut déjà se faire entendre. La situation actuelle nous est d’une
grande aide pour porter nos explications, faire connaître nos positions, faire
connaître l’existence de « COMMUNISTES ». Nous savons que partout où
nous allons nous pouvons rencontrer la partie la plus avancée de l’opinion.
Cela représente beaucoup de monde. Allons à leur contact.
Nous sommes à une nouvelle étape de notre développement.
Les mois qui viennent exigent de nous que nous changions de vitesse. C’est
indispensable. Aujourd’hui, discutons à fond de ces questions. De grandes
possibilités de nous renforcer s’ouvrent devant nous. A nous de les saisir.
Recommander cette résolution à un(e) ami(e)
http://www.sitecommunistes.org