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Comité National 20-06-2007 – rapport introductif

 

Quelle a été la caractéristique de l’élection présidentielle et des élections législatives ?

Sauf notre parti, tous les autres partis sans exception se situaient dans un cadre unique : le capitalisme, système indépassable. Tous, chacun à sa manière. Pourtant l’antagonisme capital - travail s’est beaucoup approfondi en France depuis 2002 mais rien n’y fait, la trahison de cette gauche politique est irrémédiable. Ces élections viennent d’en fournir une preuve éclatante de plus.

A l’élection présidentielle – nous l’avons dit au dernier CN – Sarkozy et Royal ont développé tous les deux des propositions similaires et tous les autres partis dits de gauche, du PCF à la LCR, de LO au PT ont appelé à voter S. Royal au second tour. L’antagonisme capital - travail a été complètement occulté au profit d’une campagne présidentielle à l’américaine ! Même scénario aux élections législatives. Pas d’opposition au capitalisme mais dès le soir du premier tour, toute cette gauche se rangeait derrière le PS et consacrait toute son énergie à échafauder des combinaisons électorales.

Ces élections ont confirmé la faillite de tous les partis, PS en tête, qui se réclamaient de la gauche. Une fois de plus ils ont refusé le combat contre les multinationales.

Tous, sauf nous. Nous avons été les seuls à faire entendre une voix différente. Nous nous sommes placés d’emblée au cœur de l’opposition capital - travail, sur le terrain de la lutte contre l’exploitation capitaliste.

Nous avons appelé au rassemblement pour développer cette lutte anticapitaliste, la seule perspective d’union possible pour changer de politique. Union du peuple contre le capitalisme et non pour s’accommoder de sa domination. Car la lutte anticapitaliste, pour changer de société est notre raison d’être. C’est pour cela que nous nous sommes créés puisqu’il n’y avait plus en France de parti politique pour mener ce combat.

A l’occasion de ces  élections nous avons pu vérifier une fois de plus l’unité idéologique profonde de notre parti. C’est sans aucune hésitation que nous avons appelé dès le début à combattre les partis ouvertement pro-capitalistes mais aussi tous les vendeurs de fausses solutions, sociaux-démocrates et révolutionnaires de la phrase. Sans notre unité, nous nous serions perdus dans de vaines palabres.

Pendant l’élection présidentielle, nous avons combattu Sarkozy bien évidemment mais nous avons combattu également les impasses proposées par S. Royal et tous les autres candidats. Nous avons en tête les mots d’ordres « tous contre Sarkozy, référendum contre Sarkozy » etc… dont ces partis ont abreuvé l’opinion inlassablement et avec les moyens considérables dont ils disposaient. Une fois de plus une proportion très importante de la classe ouvrière, des salariés et du peuple a été trompée par les uns et les autres, ceci une fois de plus au nom du changement. On a même vu un Bayrou s’y mettre. Finalement, de Sarkozy à Royal en passant par Bayrou, tout ce monde proposait le changement chacun à sa façon, l’essentiel étant que surtout rien d’important ne change !

Nous avons été les seuls -et nous le serons encore très longtemps – à proposer autre chose, une solution qui aille dans le sens d’un changement fondamental de société. Nous avons été les seuls qui avons combattu cette « union sacrée » réalisée de bric et de broc, rassemblant tout ce que la France compte  de dirigeants réformistes et autres, tous opposés à tout changement révolutionnaire.

Nous avons été les seuls à brouiller le jeu des forces du capital et de leurs alliés en tout genre. Les seuls qui disons clairement : le capitalisme n’est pas le seul horizon possible, il faut l’abattre. Nous sommes les seuls qui le combattons vraiment.  En France d’abord mais aussi hors de nos frontières alors qu’au même moment Sarkozy et Zapatero veulent accélérer la construction de l’Europe capitaliste, alors qu’A. Merkel et le socialiste Blair font la même chose.

 Rien d’étonnant donc si nous avons été combattus par cette gauche intégrée partout où nous présentions nos candidats. On nous a présentés comme opposés à l’union du peuple et à ses représentants, comme refusant tout changement etc…

En présentant pour la première fois des candidats aux législatives, dans une rude bataille politique, menée avec de très faibles moyens (pensons à l’impact que nous aurions eu si nous avions pu disposer des grands moyens d’information – télévision- radio etc…) nous avons pris place dans la vie politique nationale comme parti politique. Ceci alors que nous n’avions pas de candidat à la présidentielle. Pratiquement partout nous sommes et de loin, devant le PT et dans nombre de circonscriptions nous passons devant LO.

Dans cette campagne, nous avons pu vérifier mais cette fois à plus grande échelle que nos propositions sont déjà approuvées par des dizaines de milliers de gens. Elles le seront bientôt par d’autres, au fur et à mesure de notre travail. Pour la majorité de celles et ceux qui ont voté pour nos candidates et nos candidats, c’était leur premier contact avec nous, une découverte de notre parti, de notre politique.

Nous avons eu 45 candidats (es) dans 28 départements. Nous avons totalisé 12.563 voix. Cela fait déjà beaucoup de monde à contacter, avec qui discuter, à qui proposer d’agir avec nous et de rejoindre notre parti. Notons que sur cette base nous aurions obtenu plus de 160.000 voix si nous avions pu avoir un candidat dans chaque circonscription.

Ce qui est intéressant, en regardant de plus près les résultats, c’est que nous avons obtenu le plus de voix dans les cités ouvrières  là où il y a des entreprises. Dans la circonscription d’Issoudun dans l’Indre -639 voix, 1,61%.Dans la circonscription de Longwy en Meurthe et Moselle (où nous ne sommes pas encore organisés)  493 voix, 1,38% - devant LO 429voix, 1,20 – dans  des cités des mineurs de fer, Villerupt 70 voix, 2,8%, Pienne 26 voix, 3,17%... A St Nazaire, nous avons 360 voix, 0,79% devant LO 261 voix, 0,50% etc... Cela nous ouvre des perspectives de travail (j’y reviendrai et vous en parlerez).

Là où nous avons des adhérents, il faut souligner la qualité de l’activité qui a été déployée, déployée pour la première fois avec une telle ampleur. Là où nous sommes déjà bien organisés, il y a eu une grande propagande vers les entreprises, sur les marchés, les collages, les points de rencontre, les réunions. Là où nous avons des adhérents pas encore organisés les camarades ont déployé une activité très dynamique avec les moyens limités qu’ils se sont donnés. Partout où nous avons eu des candidats et où nous comptons des adhérents, les camarades ont beaucoup milité, des sympathisants ont participé. Il y a eu une mobilisation du parti comme nous n’en avions jamais connu depuis sa création. De nombreux camarades ont été particulièrement actifs pendant toute la campagne.

Posons-nous la question : quelle aurait été l’activité du parti si nous n’avions pas participé à cette campagne électorale ? Nous nous serions probablement contentés de suivre les évènements en spectateurs, de distribuer quelques tracts. Quelle différence ! Cette campagne nous a fourni une capacité d’intervention dans la vie politique française extraordinaire. C’est ainsi que plus de trois millions d’électeurs ont reçu notre circulaire officielle. Nous sommes conscients, nous savons que c’est encore petit, trop limité.

Bien des camarades ont vu que là où il y a une activité, où l’on rencontre des gens, ça porte. Des gens nous ont approuvés, on a entamé un dialogue avec eux. Un camarade de Seine St Denis, où nous avions deux candidats, nous a écrit par Mail « Sur un marché populaire, des personnes nous ont dit qu’on avait raison, d’autres nous ont parlé de leur réalité, les jeunes sans boulot etc… Ces résultats, dit-il, sont un bel encouragement à persévérer. Nous allons faire en sorte que cela dynamise notre parti ».

Nous avons constaté dans la campagne les craintes que notre présence a suscitées chez ceux qui refusent le combat contre le capital. Ils ont bien compris que notre parti sur ce terrain anticapitaliste, inoccupé jusqu’à notre arrivée, a de l’avenir car il répond à une nécessité, à une attente de millions de gens. Ils ont raison.

Avec cette bataille électorale et le développement de notre activité, nous avons renforcé notre influence. Nous avons fait des adhésions. Nous sommes loin de compte, nous le savons. Il faut continuer avec persévérance et se saisir de toutes les possibilités nouvelles pour notre développement.

Comment dépasser notre limite actuelle ? Si vous êtes d’accord, discutons ensemble largement de cette question aujourd’hui. Comment s’adresser à tous ceux-là qui approuvent la réponse que nous donnons à leurs préoccupations, qui l’ont dit en votant pour nos candidats ? Comment s’adresser à eux, faire connaissance avec eux, dans les entreprises, les établissements d’enseignement, les quartiers populaires ? Comment proposer l’adhésion à notre parti à ceux qui sont prêts à le construire avec nous ? Comment continuer un travail là où nous ne sommes pas encore organisés et où notre démarche a été approuvée, rencontrer l’opinion des salariés, répond à leur recherche, à leur attente ?

Je rappelle qu’il va y avoir d’autres élections. Il s’agit des municipales et des cantonales l’an prochain sans doute en mars. Fixons nous comme objectif d’y participer encore plus largement qu’à celles que nous venons de vivre. Mesurons dès à présent l’effort énorme que cela va requérir pour être prêts dès la rentrée à s’engager dans cette nouvelle campagne.

Je veux m’arrêter maintenant sur un aspect très important, décisif même pour le développement de notre activité dans les mois à venir. Il s’agit de nos finances.

La présidentielle et les législatives ont révélé avec une grande acuité que nous étions très loin, les uns et les autres, de mesurer, les besoins financiers énormes que le développement même de notre activité faisait naître. Par exemple, l’édition seule d’un matériel officiel imprimé (à laquelle il faut ajouter le matériel de propagande édité par certains départements) imprimé en noir sur blanc, adressé à environs trois millions et demi d’électeurs inscrits a été une dépense très importante.  Ce seul envoi nous a mis en déficit. Il nous faut le combler pour pouvoir régler entièrement les frais de campagne. Sans dramatiser, voyons bien qu’il est grand temps de prendre cette question financière à bras le corps. Il s’agit ni plus ni moins de changer de vitesse, d’aborder les problèmes qu’elle soulève au niveau réel auxquels ils doivent être pris. Nous avons besoin de leur apporter une réponse rapide puisqu’il s’agit d’abord de régler tous les frais de la campagne électorale mais ensuite de réunir rapidement les sommes indispensables au développement de notre activité avec la prochaine échéance de mars. Nous n’avons pas encore jusqu’à présent consacré assez de temps, que ce soit au CN ou dans tout le parti, à la question de nos besoins financiers. 

Notons bien que c’est le développement même de notre activité qui nous conduit à prendre conscience de son importance. Nous sommes en face d’un grand problème de croissance que nous devons et pouvons résoudre. Commençons donc aujourd’hui même à engager une réflexion approfondie sur cette question et je suis persuadée que nous allons dégager ensemble les premiers éléments d’une solution dynamique.

Nous proposons qu’aujourd’hui, à partir d’une introduction de notre trésorier Robert Veyrier nous consacrions du temps à discuter de cette question.

Comme vous le savez nous avons fait un gros effort de propagande. Il nous faut maintenant voir comment nous allons en recueillir les fruits. Comment par exemple, prendre contact avec une partie de ces 15.600 électeurs qui sont politiquement si proches de nous ? Comment prendre contact avec contact avec ceux qui sont proches de nous dans les circonscriptions où nous n’avions pas de candidat. Quelles mesures prendre ?

H. Gounaud a prévu de nous communiquer des éléments d’information sur notre site qui est devenu un élément important de notre activité de propagande. Le moment n’est-il pas venu de mettre en place un groupe de camarades qui participeront à la conception, la rédaction, la popularisation de notre site ? C’est devenu tout à fait possible. Je vous informe au passage que notre journal sera expédié lundi pour être reproduit et diffusé largement.

Bien entendu, attachons nous à voir celles et ceux qui peuvent rejoindre notre Parti. Faisons-le systématiquement comme nous ne l’avons encore jamais fait. Des réunions d’adhérents sont prévues. Partout il faut faire le point politique et de notre activité après cette  campagne, ainsi que des initiatives à prendre.

Des départements font des rencontres amicales des adhérents avec leur famille avant le départ en vacances.

A la rentrée, nous devons sans tarder reprendre les réunions régulières pour faire de la politique, discuter de notre activité, poser le problème des finances, préparer des réunions élargies.

Dans des départements où nous nous sommes développés on peut maintenant organiser une direction. Des mesures sont à prendre avec l’aide du CN.

Nous devons également reprendre l’organisation d’écoles, de stages d’éducation. La période actuelle fournit une multitude d’exemples pratiques, en France et dans le monde, à partir desquels on peut mesurer la justesse des grands principes du marxisme.

Une nouvelle fois le capital a pu construire avec ces élections une politique qui devrait lui permettre – au moins momentanément – de poursuivre ses objectifs.

Avec 40% des suffrages au premier tour des  législatives, avec le mode de scrutin actuel, la droite par exemple a 60% des députés de la nouvelle assemblée. Ce constat n’est pas nouveau. Nous sommes dans un régime présidentiel depuis que De Gaulle l’a instauré. C’est le Président de la République qui dirige, ce n’est pas le Parlement. C’est encore plus accentué depuis 1999 où Jospin a  ramené le mandat présidentiel à cinq ans et accolé les élections législatives dès le lendemain de la présidentielle.

Le président de la République, l’Assemblée Nationale, rien ne représente les aspirations du peuple que la vague soit bleue pâle avec Sarkozy et  345 députés ou Rose avec Mitterrand et  370 députés de la gauche plurielle.

Il faut installer un système parlementaire. Il faut supprimer cette élection présidentielle. Il faut une Assemblée Nationale qui détienne tous les pouvoirs. Cette assemblée devra être élue à la proportionnelle intégrale.

Ces élections sont une illustration de plus des possibilités politiques qu’ont les groupes capitalistes qui dirigent la France d’opérer des recompositions politiques pour assurer le plus efficacement et le plus longtemps possible leur domination. Domination possible seulement dans la mesure où il y a complicité entre la droite politique et les dirigeants de la gauche politique, ce qui est le cas en France.

Pour en rester à l’Europe, constatons que c’est aussi le cas dans tous les pays. C’est particulièrement visible en Italie, en Allemagne, en Espagne, en Grande-Bretagne.  D’autant qu’ils se retrouvent ensemble, droite gauche réunis, sur le terrain de la construction de l’Europe capitaliste.

Après ces élections, les manœuvres politiciennes sont donc amenées à se développer en fonction même du développement de l’antagonisme entre le capital et le travail qui va s’approfondir très vite et considérablement dans la période qui s’ouvre.

C’est ainsi que l’opération Bayrou est basée sur la construction d’une grande force « centriste » pouvant assurer la continuité du pouvoir, en alliance soit avec la droite soit avec la gauche.

Au  PS, F. Hollande veut fédérer un grand parti qui irait de la gauche jusqu’au centre. De son côté  Mélanchon parle de  créer une force  à gauche de la gauche avec des socialistes, des communistes et d’autres.

Côté PCF, certains comme J.C. Gayssot, F.Wurtz,  voudraient « une force d’avenir, avec des socialistes, des communistes, Ivan Levaï, etc… De son côté  M.G., Buffet lance une réflexion sur l’avenir du PC et de la gauche tout entière. Pour sa part Besancenot avec la LCR voudrait prendre la direction d’une « gauche antilibérale », apparaître comme la nouvelle figure de proue du changement.

 Il serait naïf de penser que c’en est fini du FN dont les dirigeants espèrent récupérer les voix « soufflées » par Sarkozy.

A droite comme à gauche, surtout à gauche, ce genre d’opération va se succéder d’autant plus rapidement que c’est en mars prochain qu’auront lieu les élections municipales et cantonales et que d’ici là les premières mesures prises par le pouvoir auront forcément frappé durement les travailleurs et le peuple.

Car le gouvernement veut avancer très vite dans tous les domaines. Pour être plus « compétitif »,   le capital doit impérativement faire baisser ce qu’il appelle « le coût du travail » par tous les moyens. C’est la loi même du capitalisme, celle de la concurrence entre groupes économiques et financiers. « Baisser le coût du travail » tout est tourné vers ça. En France certes, mais également partout où le capitalisme domine, en Europe et dans le monde. Nos fascicules destinés à l’éducation de nos adhérents traitent largement de cette question. Il serait bien d’y revenir en l’actualisant avec des exemples actuels. Celui de la « TVA sociale est particulièrement démonstratif, puisqu’il s’agit d’alléger encore plus les taxes et cotisations sociales que doit payer le patronat en les transférant sur le peuple. La TVA – impôt payé par le peuple sur les produits de première nécessité rapporte aujourd’hui déjà 99 milliards d’euros. Elle représente à elle seule près de la moitié – 44% - des recettes du budget national. A la TVA, il faut ajouter la CSG soi-disant destinée à financer la Sécurité Sociale, créée par M. Rocard sous F. Mitterrand, qui rapporte 50 milliards d’euros et représente 22% du budget national. Ajoutons la TIPP sur l’essence qui représente 6,2% du budget. Remarquons qu’on a beaucoup entendu à gauche de protestations contre cette décision de TVA sociale entre les deux tours, ainsi que des appels à voter contre en votant PS, alors que Strauss-Kahn lui-même la préconisait dans la campagne  présidentielle. On a aussi entendu, ce PS et le PC  proposer la modulation des cotisations patronales en fonction du comportement des entreprises sur l’emploi ! Mais personne, absolument personne, en dehors de nous, ne demande qu’on en revienne à la seule règle juste, celle qui avait été instaurée lors de la création du système de protection sociale : une cotisation payée à 50% par les patrons sur les salaires payés aux salariés. Et pour cause, en revenir à cette règle obligerait à s’attaquer aux  profits du capital, au capital lui-même. Cela, aucun parti ne le veut, puisque tous organisent leur politique dans le cadre du capitalisme, puisqu’ils veulent tous faire baisser « le coût du travail ». Fillon explique que la TVA sociale ça marche bien en Allemagne. Le patronat applaudit des deux mains, L. Parisot vient de déclarer : « si l’Allemagne a pu faire ce qu’elle a fait c’est grâce aux réformes sur le marché du travail. La TVA sociale permettra à nos entreprises d’être performantes ». Elle rappelle au passage qu’il faut aller plus loin dans les réformes : « Il faudra comme dans la plupart des autres pays européens qu’on abandonne le concept de durée légale du travail pour négocier cette durée par entreprise ou par branche ». « Il faut que notre Université soit à la hauteur de la demande (du patronat s’entend) ».

La loi sur l’autonomie des universités qui permettra l’accélération de ce processus doit être votée en Juillet.

Enseignement et formation professionnelle, nouvelles attaques contre la Sécurité Sociale et tout le système de santé avec une éventuelle franchise médicale, nouvelle réforme des retraites, nouvelle étape de privatisation à EDF, GDF, la Poste, la SNCF… Défiscalisation pour les employeurs des heures supplémentaires, blocage des salaires et baisse du pouvoir d’achat, restructurations avec suppression de dizaines de milliers d’emplois dans le privé et dans le secteur public, les administrations, délocalisations, modification du code du travail, restriction du droit de grève… Nous examinerons tous ces points en détail dès la rentrée de septembre. 

Ce qui est certain c’est que « l’état de grâce » - si état de grâce il y a –censé suivre une élection en France ne va pas durer longtemps. On pouvait lire dans « l’humanité » de la semaine dernière, sous le titre « Les salaires au cœur des conflits, la rémunération préoccupation première des salariés » : « selon le baromètre annuel IPSOS publié la semaine dernière, non seulement la rémunération est la première préoccupation de la majorité des salariés français, mais elle est de plus en plus prégnante. A peine un tiers d’entre eux se disent satisfaits de leur fiche de paie. Conséquence, les appels à des arrêts de travail se multiplient, comme chez Kronenbourg, EADS ou dans le secteur public ».

Je m’en tiendrai à ces quelques exemples limités pour redire que ce qui est au cœur de la société capitaliste, en particulier de la société capitaliste d’aujourd’hui, c’est la lutte des classes. Cette réalité, il n’est au pouvoir de personne de l’effacer !

Nous devons être partout sur le terrain des luttes, sous toutes les formes qui conviennent. Nous devons y être aussi pour contribuer à la prise de conscience que seule la lutte, son développement au quotidien pour défendre les intérêts de classe des salariés, fera reculer le patronat et le gouvernement.

Il faut rappeler que ce sont des luttes massives, déterminées et elles seulement, qui ont imposé les conquêtes sociales dans notre pays.

Nous le savons tous ici, il y a un grand mécontentement dans tout le pays, une immense inquiétude pour l’avenir, il y a des luttes dans des entreprises contre les suppressions d’emplois, les délocalisations, pour les salaires.

Pour le moment, le développement des luttes se heurte non seulement au capital et au gouvernement mais aussi à l’atonie des centrales syndicales qui jouent le jeu, prôné par le patronat et le gouvernement, de « partenaires sociaux » et s’inscrivent dans leur « dialogue social ».

Sarkozy a appelé les syndicats à former un pôle réformiste. L. Parisot à l’occasion d’une rencontre syndicats – MEDEF qui a débuté hier 19 juin pour décider des suites de la délibération sociale sur le marché du travail – entendez flexisécurité, instauration d’un contrat de travail unique, allègement des procédures de licenciement, obligation pour les chômeurs de ne pas refuser plus de deux offres d’emploi sous peine de suppression des indemnités – L. Parisot donc appelle les « leaders syndicaux à montrer qu’ils sont responsables et modernes ».

La CFDT on le sait, est la tête de file syndicale de cette régulation économique et sociale du capitalisme. Les autres, y compris la CGT, s’inscrivent dans ce dialogue, sur le terrain du patronat et du gouvernement.

Dans un récent article du « Monde » intitulé «  Une nouvelle donne syndicale »,  M. Noblecourt, éditorialiste, notait : « qu’à la CE de la CGT, M. Guinot disait que la CGT « n’entend ni jouer la politique du pire ni la suffisance vis-à-vis des salariés en répétant –« on vous l’avait bien dit » – dès qu’une mauvaise mesure sera prise. Nous voulons avoir une démarche d’utilité dans le cadre nouveau qui s’impose à tout le monde », ajoutait-il. Non, Monsieur ! Le cadre qui s’impose c’est celui de l’opposition capital travail qui s’approfondit.

Il faut combattre cette politique de l’accompagnement social de l’évolution du capital que patronat et gouvernement veulent construire durablement en intégrant, après l’avoir réussi pour les forces politiques, les forces syndicales et les salariés dans une association capital travail actualisée.

Travaillons au développement de la prise de conscience que l’opposition capital travail est irréductible. L’origine des mesures très dures qui vont frapper les travailleurs doit être expliquée. Il n’y a aujourd’hui que notre parti qui puisse le faire.

Quelques mots pour terminer sur la situation internationale.

Dans le monde comme en France, le capitalisme ne connaît pas d’autre limite à l’exploitation, que celle des luttes des peuples. Il a besoin d’étendre son exploitation pour se développer, se placer dans la concurrence mondiale qui fait rage.

 En Afrique. Par exemple, Total est présent dans tout le golfe de Guinée, en Angola, au Congo, au Nigéria. Le groupe de transport Bolloré est implanté dans 41 pays d’Afrique, il s’étend en Namibie, à Djibouti, en Mauritanie, en Ethiopie. Ils doivent défendre leurs positions face aux concurrents.

Cette concurrence se développe au sein de l’Europe même, cela s’est encore vu lors du G8 en Allemagne. L’Europe intéresse très fortement les USA. On a vu leur tentative d’installer un bouclier anti-missiles en Tchécoslovaquie et en Pologne. La Russie a réagi vivement. Un compromis a été trouvé pour l’instant entre les uns et les autres. Pour combien de temps ?

La situation en Palestine est de plus en plus dramatique pour le peuple. Toute la propagande de droite ou de gauche, relayée abondamment par les médias, veut réduire la situation en Palestine, comme celle du Liban et de l’Irak à une lutte des « islamistes » pour le pouvoir dans les pays du Moyen-Orient, avec le soutien de l’Iran et de la Syrie. Mais on ne dit rien  ou si peu -sur le rôle des USA et d’Israël dans cette région du monde. Après avoir organisé l’embargo contre la Palestine après l’élection démocratique du Hamas au gouvernement, Israël avec les USA et soutenu par l’Europe veut affamer Gaza.

La Palestine est occupée, colonisée par Israël depuis 1967. Israël  s’est approprié 85% du territoire de la Palestine historique, Israël qui est la pointe avancée des USA au Moyen-Orient, Israël soutenu par l’Union Européenne et la France qui ne fait rien pour contraindre Israël à cesser l’occupation.

Pour revenir à la Paix au Moyen Orient, il faut d’abord contraindre Israël à évacuer les territoires Palestiniens, permettre à la Palestine de créer un état indépendant et au peuple palestinien de décider de son avenir. Il faut cesser l’occupation US en Irak et les ingérences impérialistes au Moyen-Orient.

 

Pour terminer ce rapport je dirai, cher (e) s camarades, que nous savons que recréer un mouvement révolutionnaire en France et dans le monde est une bataille longue et difficile. Nous sommes dans la bonne voie.

 

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