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Comité National 22-09-2007 – rapport introductif

 

L’actualité sociale, au terme de la période d’été, quatre mois après les élections présidentielles et législatives, c’est la poursuite et l’accélération des réformes ; réformes structurantes, recomposant, adaptant  la société française à la compétitivité du capitalisme à son stade d’évolution dans son expansion mondiale.

Depuis plus de 25 ans déjà, le paysage social, économique, politique, idéologique, de restructurations industrielles en réformes (retraites, sécurité sociale, droit du travail…) de privatisations en ouvertures à la concurrence, de traités européens en régionalisation, a été l’objet de profondes transformations pour mieux mettre la société française au service du capitalisme, pour éliminer tout ce qui fait obstacle à la marche du capital, avec pour conséquence pour la classe ouvrière un recul social généralisé.

Aujourd’hui, fort de l’existant, il veut aller encore plus loin et encore plus vite, d’une part dans la poursuite du remodelage de la société française dans tous les domaines et d’autre part dans la poursuite de la construction européenne. Remodelage de la société française et construction européenne allant de pair.

Durant cet été, les libéralisations se sont poursuivies avec l’ouverture totale à la concurrence du gaz et de l’électricité. Il a été procédé à l’installation de comités pour conduire et engager de nouvelles réformes : « comité « Balladur » chargé de réfléchir sur la « modernisation » des institutions, au sein duquel siège J. Lang, comité chargé de la condition enseignante avec la personnalité phare de Michel Rocard premier Ministre de Mitterrand, comité Attali chargé d’explorer les voies de la concurrence accrue.

Des négociations patronat-syndicats se sont ouvertes sur deux thèmes : la modernisation du marché du travail et les conditions de travail. Un calendrier de conférences tripartites (Etat – patronat – syndicats) a été arrêté avec la tenue de trois conférences en octobre sur les thèmes suivants : égalité salariale et professionnelle hommes – femmes, amélioration des conditions de travail, emploi et pouvoir d’achat. Et enfin, quatre lois ont été adoptées :

* loi travail-emploi- pouvoir d’achat, instaurant diverses dérogations fiscales au bénéfice de quelques-uns et libéralisant les heures supplémentaires (exonération et défiscalisation), en d’autres termes, légalisant le travail au noir, banalisant l’heure supplémentaire pour mieux remettre en cause la notion même de durée légale du travail.

*Loi Rachida Dati renforçant le répressif et reposant sur le tout carcéral en instaurant les peines plancher et écartant « l’excuse de minorité » pour les plus de 16 ans. *Loi sur les universités, généralisant d’ici à cinq ans, l’autonomie budgétaire et de gestion des ressources humaines soit autrement dit, engageant une mise en concurrence et une privatisation des universités et de leurs enseignants.

*Loi sur le service minimum dans les transports terrestres réguliers. Avec cette loi il s’agit d’instaurer sur un secteur donné, les transports, un service minimum et une nouvelle réglementation du droit de grève, véritable laboratoire pour étendre voire généraliser demain de nouveaux encadrements du droit de grève, l’objectif étant d’écraser l’action, la mobilisation, de contenir, d’assujettir ; la grève étant elle-même selon l’article 4 de la loi, considérée être une atteinte à la liberté de mouvement des individus, à la liberté du commerce, de l’industrie, du travail et d’accès aux services publics et d’autre part, tolérable que dans la mesure où elle ne porte à ces aspects, qu’une atteinte modérée, non disproportionnée avec ces derniers. C’est tout le principe de proportionnalité portée par les conceptions européennes qui là, est appliqué. Toujours au sujet de cette loi sur le service minimum, ne nous laissons pas leurrer par l’idée qu’il en irait de la protection des usagers des services publics. Depuis des années les gouvernements successifs, de privatisations en ouverture à la concurrence, les jettent en pâture à la sphère capitaliste.

Enfin pendant l’été, le gouvernement a arrêté un plan de  « redressement » de l’assurance maladie qui pour l’assuré se traduit par des déremboursements, des suppressions de tiers payants et le déplafonnement journalier du forfait de 1€, soit un dispositif enfermant dans le parcours de soins, la médication générique.

Ces trois mois d’été ont aussi vu de multiples communications gouvernementales développant des axes de la politique du gouvernement tels ceux relatifs à la dépendance et à la création d’une cinquième branche de la sécurité sociale, à l’emploi fonctionnaire, aux régimes spéciaux de retraites etc…

Tout dans cet ensemble, poursuit la construction engagée depuis des décennies, du nouvel ordre économique et du nouvel ordre social qu’appelle l’évolution du capitalisme et l’état de sa mondialisation.

Dans son discours du 18 septembre, Sarkozy ne dit pas autre chose. Discours qui n’est ni plus ni moins que le développement des axes du candidat qu’il fut à l’élection présidentielle et des axes portés par la déclaration de politique générale du gouvernement.  Discours qui ne surprend que ceux qui veulent l’être. Dans ce discours Sarkozy explique d’entrée qu « l’ampleur des réformes… c’est un nouveau contrat social ». Elles sont en d’autres termes une régulation répondant à la compétitivité du capitalisme français dans la concurrence européenne et mondiale, abaissant le coût du travail par tous les moyens.

Ainsi il engage un nouveau recul social, une nouvelle série de réformes qui devront voir le jour d’ici la fin de l’année ou début 2008 :

*réformes libéralisant le temps de travail en vue d’en finir avec la notion de durée légale du temps de travail.

*réforme instaurant de nouvelles règles de fixation du SMIC afin de le sortir du domaine de la loi

*réforme développant le travail des seniors afin de mieux faire admettre l’écrasement à venir du niveau des pensions

*réforme du contrat de travail, qu’il qualifie de « ligne Maginot… d’accumulation de protection… de trop de droits », pour aller vers un système plus fluide ou séparabilité se conjuguerait avec mission, objectif, projet ; le contrat n’ayant d’existence que pour la durée de la réalisation de l’objectif recherché.

*réforme refondant l’indemnisation chômage et le marché du travail avec la fusion UNEDIC-ANPE.

*réforme refondant l’assurance maladie « qu’est-ce qui doit être financé par la solidarité, qu’est-ce qui doit relever de la responsabilité individuelle à travers une couverture complémentaire »a développé Sarkozy.

*réforme réaffirmant un nouveau droit à la protection sociale pour les personnes âgées dépendantes en créant une cinquième branche, libérant totalement le capital de son financement qui reposerait sur le tribut des salaires par la journée nationale dite de solidarité et le tribut des malades via de nouvelles franchises (50 centime d’euro par boite de médicament, par acte paramédical, 2€ par transport médical, dans un plafond de 50€), l’enjeu étant à terme d’aller vers une privatisation de la dépendance « il s’agit ensuite de développer l’assurance individuelle contre le risque dépendance » trouve-t-on dans le discours de Sarkozy.

*enfin, réforme des régimes spéciaux des retraites (EDF – SNCF…), harmonisés dans un premier temps sur le régime des fonctionnaires, soit un passage de durée de cotisation de 37,5 ans à 40 ans pour aller dans un deuxième temps vers une durée de cotisations à 41 ans voire 42 ans (privé – public – fonctionnaires) d’ici 2012 et 2020.

*Par ailleurs, si la TVA sociale n’est plus sur le devant de la scène, le Conseil économique et social vient de s’emparer du dossier pour mieux le réintroduire.

*A cela s’ajoute la réforme de la fonction publique, présentée par Sarkozy dans son discours du 19 septembre qui, outre la suppression de 22700 emplois dont 10 à 15000 dans l’éducation nationale, engage le démantèlement du statut général des fonctionnaires, la mise en place d’une fonction publique dite d’emplois, une fonction publique telle qu’elle existe outre atlantique, une fonction publique reposant sur des concepts totalement opposés à la fonction publique dite de carrière que porte le statut général des fonctionnaires et qui sort l’emploi fonctionnaire de la précarité, de la sphère marchande et du clientélisme politique.

Aussi devons-nous relever deux constantes dans ces réformes. D’une part lorsqu’elles abordent les questions du pouvoir d’achat, c’est toujours en terme de fiscalité, d’allongement de la durée du travail ou de nouvelles libéralisations (il faut davantage de concurrence pour faire baisser les prix selon le commissaire Attali, il faut supprimer des emplois de fonctionnaires pour augmenter les traitements de ceux-ci), jamais elles ne sont abordées en terme d’augmentation de salaire. Quelle duperie !

Quand le gouvernement parle de donner plus de pouvoir d’achat c’est pour mieux consacrer encore l’abaissement du coût du travail.

D’autre part toutes ces réformes reposent sur la recherche d’une institutionnalisation d’un « dialogue social », l’institutionnalisation des relations syndicats – état – patronat, intégrant les salariés, leurs organisations syndicales qualifiées de corps intermédiaires, dans une démarche d’association  capital-travail, dans une démarche relevant du corporatisme où il n’y aurait qu’intérêts communs entre salariés et patronat. « Que chacun s’approprie les règles et les adapte aux situations concrètes sur la base de compromis constructifs, plutôt que de poursuivre dans l’affrontement stérile et déconnecté » disait Sarkozy le 18 septembre.

Par toutes ces réformes structurantes, celles mises en place hier, celles à venir, c’est une nouvelle société qui émerge, une société que le capitalisme adapte à sa mondialisation et c’est bien à ce niveau-là que la bataille se déroule.

Dans « Les Echos », un économiste de l’OFCE écrit : « Nous sommes passés depuis l’écroulement du mur de Berlin (entendez la disparition du socialisme) à une  mondialisation totale, universelle (le capitalisme domine le monde) et il conclut « les Etats Nations sont désormais au pied du mur, il leur faut s’adapter ».

En d’autres termes, le capitalisme s’organise en fonction de la bataille internationale, il se place dans la concurrence capitaliste mondiale.

Au niveau de l’Europe, le capitalisme pousse à la concentration économique et politique. Les 25 qui constituent l’Union Européenne travaillent à un nouveau traité constitutionnel qu’ils entendent faire rentrer en vigueur avant les élections européennes de 2009. Tout est fait pour créer des empires capitalistes géants, dans un univers mondial de concurrence.

La fusion Suez GDF est faite pour mener la bataille internationale. Ce sera le 2ème groupe de l’énergie européen, derrière l’Allemand EON et le 3ème dans le monde, le groupe russe Gazprom étant le 1er.

Les fusions, les restructurations ont encore progressé de 51% au 1er semestre 2007. Les appétits capitalistes s’aiguisent. Danone, cet été, a  vendu sa branche biscuits pour 5,5 milliards de dollars à l’Américain Kraft et fait une offre d’achat pour 12,3 milliards de dollars au Néerlandais Numico (alimentation infantile).

Le rapprochement AGRR et « La Mondiale » vise la création du 8ème assureur de France. Unilever qui a déjà supprimé ces dernières années, 50000 postes et fermé plus d’une centaine d’usines, annonce la suppression sur 4 ans de 20000 nouveaux postes (11% de ses effectifs) et la fermeture d’une cinquantaine de sites sur 300 qu’il détient dans le monde.

La sphère nucléaire française est au cœur d’une refonte avec l’ouverture du capital d’AREVA (détenu à 87% par l’Etat) et un rapprochement avec Alsthom, donnant naissance à un groupe pesant 40 milliards d’euros de capitalisation boursière. Le groupe Vinci (autoroutes) déjà internationalisé se dit intéressé par Aéroport de Paris. Les grands groupes du CAC 40 et en premier lieu les plus internationalisés continuent à bien se porter et à afficher des profits florissants : en moyenne + 14% au premier semestre 2007. BNP-Paribas, deuxième groupe de la zone euro, a enregistré au premier semestre un bénéfice net record de 4,8 milliards d’euros, en hausse de 22,4%.

Ceci dit, le capitalisme n’avance pas sans ressac ni turbulences. La crise boursière de cet été illustre bien cela. Elle est le fruit de la recherche du profit maximal et immédiat, soit autrement dit du développement de la financiarisation, de la spéculation, de l’accumulation au détriment de l’investissement utile, des salaires, de l’emploi. La sphère globale de la finance pèse aujourd’hui trois fois plus lourd que le PIB mondial. En 1980, le PIB et le total des actifs financiers étaient équivalents.

Si la dernière crise financière a été endiguée, elle en appelle d’autres. Si le ralentissement de l’économie américaine entraîne dans son sillage les pays occidentaux et d’autres, les pays émergents connaissent une grande croissance générant autant de contradictions intercapitalistes dans le développement de la mondialisation avec une course effrénée et permanente des uns et des autres pour la domination économique et politique et l’exploitation des peuples et des pays pour mettre la main sur de nouvelles sources de profits allant des marchés d’armements à la maîtrise des ressources énergétiques.  Guerres qui deviennent pudiquement « conflits régionaux » de L’Afrique à l’Arctique en passant par le Moyen-Orient, l’Asie centrale etc…

Ce jeu de la mondialisation capitaliste se traduit par une surexploitation des peuples, aucun n’y échappe, qui paient le prix, non pas comme l’a écrit un éditorialiste des « Echos » des excès d’un jeu de hasards financiers, mais bien de la course aux profits capitalistes.

La politique extérieure et intérieure de la France se situe dans le jeu de cette mondialisation. Le capitalisme français adapte la France à cette nécessité : se placer en permanence dans la concurrence. D’où les politiques d’hier qu’elles soient conduites par la droite ou les sociaux-démocrates, d’où aujourd’hui la politique du gouvernement avec pour les salariés un recul social généralisé.

Le quotidien des salariés, notre quotidien c’est, la précarisation de l’emploi, l’exclusion, la pauvreté pour une part de plus en plus grande de la population, au-delà une précarisation généralisée de la vie, un SMIC net qui avec l’augmentation du 1er juillet ne dépasse pas 1000 euros, avec des prix qui ne cessent de flamber.

A titre d’illustration, depuis la création de l’euro en 2002, le sans plomb 95 a augmenté de 40%, la consultation chez un généraliste de 25%, la baguette de 16% et pour la période en cours et à venir on peut citer l’électricité +1,1%, la rentrée scolaire +2,4%, les transports en commun +7%, les produits laitiers +4 à 5%, sans compter qu’en matière de santé par le biais des franchises existantes et à venir, l’assuré social règlera une addition en 2008 de 1,5 milliards d’euros  dégageant d’autant le capital, l’entreprise qui pour le MEDEF doit être libérée de toute contrainte.

C’est ce à quoi répondent les politiques d’hier et celles du gouvernement d’aujourd’hui qui franchit avec sa série de réformes un cap certain.

D’ailleurs, Laurence Parisot, à l’issue du discours de Sarkozy du 18 septembre, a déclaré « aujourd’hui N. Sarkozy a prononcé un discours fondateur, il a esquissé une nouvelle architecture sociale, un contrat social qui répond aux attentes du patronat, à ce que porte son livre blanc « Besoin d’air ».

 

Quant aux syndicats :

F. Chérèque déclare « la CFDT est prête à s’engager sur l’ harmonisation des régimes de retraite et sur le service public de l’emploi... Je demande une réunion pour construire un agenda social ».

J.C. Mailly (FO) note que « l’insistance du discours du président sur la fraude des chômeurs est stigmatisante. Il est hors de questions de rentrer dans un mécanisme de négociation de sanctions qu’il faudrait leur infliger s’ils refusent un emploi », sous-entendant visiblement qu’il serait ouvert à négocier sur tous les autres sujets.

B. Thibault (CGT) : « quinze jours pour se mettre d’accord sur des éléments de base des régimes spéciaux, cela n’est pas possible. Le président prépare de nouveaux reculs pour les salariés. Nous ne pouvons qu’inciter à la mobilisation » donnant rendez-vous à la manifestation du 13 octobre portant sur la santé au travail organisée par l’Association Nationale de défense des victimes de l’amiante et pendant que les fédérations de cheminots réunies le 19 septembre décidaient d’une journée de grève pour le 18 octobre.

Gérard Aschieri (FSU) : note qu’Il y a « un gros manque » mais n’appelle pas pour autant à réagir.  

Alain Olive (UNSA)  se dit ouvert à la négociation. « C’est bien de donner sa chance à la négociation car des conflits peuvent survenir à tout moment ».

Bernard Van Crayenest (CGC) « Sur le financement de la protection sociale, d’accord pour discuter ce qui relève de la solidarité ou de l’assurance individuelle.

Jacques Voisin (CFTC) « N. Sarkozy veut tout mener de front, mais va-t-il donner toute sa place au dialogue social… Il faut laisser le temps à la négociation ».

En clair, tous se disent prêts à négocier.

C’est ce paysage syndical, dominé par des concepts sociaux-démocrates, démocrates-chrétiens, qui faisaient dire à Dominique Seux dans « les Echos » à propos des négociations sur la modernisation du marché du travail : «  le patronat réclame un licenciement à l’amiable et de la prévisibilité, les syndicats un accompagnement  des salariés, un accord équilibré ne devrait pas être impossible ».

 

Quant aux partis politiques de gauche, tous se situent dans le jeu de la mondialisation capitaliste, dans la construction européenne, dans une  logique non de combat mais d’adaptation  à la société capitaliste, à partir de plus ou moins de social. Création de nouvelles structures, nouvelles organisations, recompositions, sont les perspectives qu’ils avancent, tout en ayant en ligne de mire les élections à venir (municipales et cantonales), la reconquête de pouvoirs.

Le Parti socialiste à son université d’été a prôné l’union avec tous ses partenaires de gauche contre Sarkozy et la mise en place d’un comité de liaison pour les municipales et confirmé sa vocation de parti au service du capital, H. Emmanuelli fustigeant ceux qui douteraient que le PS est pour l’économie de marché. H. Védrine ancien ministre PS, aujourd’hui chargé par Sarkozy d’un rapport sur la mondialisation, explique « que la France doit passer d’un refrain stérile à un dynamisme offensif dans la mondialisation et réveiller l’Europe ». Enfin, le PS n’est en rien opposé à la suppression des régimes spéciaux. « L’allongement de la durée de vie rend inéluctable la hausse du nombre d’années de cotisations et les régimes spéciaux doivent être alignés sur le régime général » a déclaré Manuel Valls député maire d’Evry…C’est demandé par le pays et c’est une question de justice » a-t-il insisté. A la Rochelle, Michel Rocard comme B. Delanoë, Arnaud Montebourd ; J.M. Ayrault ou F. Hollande ont plaidé pour une révision déchirante de la gauche sur les retraites. Le premier secrétaire du PS a centré ses critiques sur la forme « toute précipitation serait contraire à l’idée même de la réforme ».

Le PCF, au moment où le capitalisme frappe de toutes parts, où la contradiction capital-travail s’approfondit, appelle à tout réinventer et tient un congrès extraordinaire en décembre. J. Cl. Gayssot  dans l’humanité du 7 septembre met en relief la démarche poursuivie : « Je crois que les militants communistes sont capables d’être à l’initiative d’une nouvelle force politique. J’ai vu que M.G. Buffet disait qu’il faudrait aller plus loin que tout ce qui avait été tenté dans le passé, qu’elle n’excluait pas le changement de nom. Très bien. Il faut en finir avec la conception de l’organisation qui a prévalu jusqu’ici. La force de transformation qu’il faut créer ne peut être sous le label ou la houlette du parti… Il ne faut pas négliger la conquête de positions dans les institutions… Il faut rompre avec la matrice. Nous devrions dès la préparation du congrès extraordinaire, annoncer notre volonté de créer avec d’autres cette force politique nouvelle… Au sein du PS, des gens se refusent à la sociale libéralisation. Je pense aussi aux altermondialistes, aux écologistes. C’et là que nous avons le plus à créer. Ce n’est pas tant le marché mais sa loi, fondée sur la concurrence entre les peuples et les individus, sur l’exploitation et les dominations qui est inacceptable ». En d’autres termes, l’économie de marché peut être acceptable pour peu qu’elle soit « sociale ».

Autre dirigeant du PCF, P. CohenSeat  (dans un livre) ouvre dit-il des pistes pour une nouvelle conception du combat  pour l’émancipation humaine qui se situe là aussi dans l’acceptation et l’aménagement de la société capitaliste. Il conclut son propos par «  l’heure est à l’ouverture de tous les dialogues. Pour cela dans ce moment de crise très grave de la gauche, nous devons donner un signal fort que nous sommes prêts à nous révolutionner… ».

La LCR annonce la création d’un nouveau parti « qui ressemble à la société » « pas une avant-garde révolutionnaire ». Elle propose aussi à toute la gauche, PS inclus, des comités de vigilance pour la riposte et la résistance.

Tout ce monde-là s’est d’ailleurs retrouvé à la fête de l’humanité pour un débat amical et s’est réuni vendredi dernier.

Ces forces politiques, les organisations syndicales se situent dans leur diversité, sur le terrain de l’accompagnement social, du moindre mal, sur le terrain du réformisme. Aucun ne porte une analyse de la politique du capital, toutes s’inscrivent dans sa logique même quand elles en contestent les effets.

La recomposition de la société, ce n’est pas qu’une série de réformes économiques et sociales, c’est aussi un état du rapport des forces qui permet de mettre en œuvre, de faire accepter ces réformes. Cet état du rapport des forces qui n’est pas issu d’une génération spontanée est lui-même issu d’une réforme sourde, non perceptible mais permanente qui s’affirme sur tous les opportunismes, qui a pour vecteur les médias. Une réforme des mentalités conduite par le capital, générant un profond glissement idéologique dans la société, n’épargnant personne, aucune organisation syndicale, aucun parti, conduisant à la perte de la perception des enjeux de classe, à la perte de la perception de l’exploitation capitaliste, de l’antagonisme de classe et au renoncement et au désarroi, sans pour autant faire disparaître les mécontentements, les sentiments de révolte qui dépourvus de sens de classe peuvent mener à des aventures.

D’où la nécessité pour « COMMUNISTES » d’éclairer les enjeux pour gagner à une prise de conscience, de ne pas bouger de notre ligne politique clairement anticapitaliste. D’où la nécessité de développer nos analyses, les raisons de la situation, les objectifs du capitalisme, du pouvoir. D’où la nécessité de faire comprendre le rôle que jouent les conceptions qui animent les forces politiques autres que COMMUNISTES, de faire percevoir qu’il y a les moyens d’une autre politique, que rien ne se fera sans lutte.

C’est une bataille de longue haleine certes, mais il y a des gens pour nous entendre. Tout ce que l’on fait compte. Par exemple, sur 45 candidats aux élections législatives, dans des conditions difficiles, sans activité politique dans un certain nombre d’entre elles, nous avons recueilli 12.885 voix. Reporté dans le pays, cela représente un potentiel de 165.000 personnes avec qui parler.

Nous devons donc placer la reprise de notre activité sur un terrain offensif. Continuer à capitaliser les contacts, dans les entreprises, les établissements d’enseignement, les quartiers populaires. Là où nous avons présenté des candidats, nous sommes ancrés dans la vie politique, les camarades l’ont ressenti et apprécié.  Il y a des adhésions dans les départements, le Puy de Dôme, les Alpes-Maritimes, le Morbihan, le Lot, la Meuse l’Oise… Des contacts sont en cours en Meurthe et Moselle, le Pas-de-Calais…

Des réunions de rentrée de nos adhérents ont eu lieu, d’autres sont en préparations. Partout nous devons les faire rapidement, discuter politique, développer notre activité à partir d’un plan de travail, cibler les entreprises, les établissements d’enseignement, les quartiers, les localités. Nous devons  réfléchir aux candidats pour les élections cantonales de mars 2008 dans les cantons renouvelables.

Nous devons travailler à des expressions. Nous avons le journal qui va sortir d’ici une semaine, notre site qui publie régulièrement un certain nombre d’articles.

Nous devons attacher beaucoup de soin à l’éducation, préparer de nouveaux stages  en particulier avec nos nouveaux adhérents.

Les finances :

Enfin dans notre activité, une question est centrale si nous voulons accroître nos capacités, celle de nos moyens financiers.

Si pour les élections législatives un travail important a été réalisé, il est à mettre à l’actif de notre bataille politique  et aux moyens financiers que nous y avons consacrés. Moyens financiers réunis grâce à la collecte dans les départements et à une contribution importante de la trésorerie nationale.

Aujourd’hui, il nous faut porter bien plus haut notre bataille financière pour nous donner les moyens de développer notre propagande, nous faire connaître plus largement, développer notre activité dans tout le pays et préparer les élections cantonales avec le maximum de candidats.

Il y a les cotisations. Nous avons amélioré, mais il faut faire mieux, le paiement régulier des cotisations est un lien important avec tous nos adhérents.

Il y a, bien entendu, toutes les initiatives financières dans les départements à développer.

Notre Comité National lance une souscription nationale avec récompenses. Des carnets de 10 bons à raison de 5 euros le bon sont à la disposition des camarades.

Elle démarre aujourd’hui 22 septembre et se prolongera jusqu’à la fin de l’année. Le tirage des récompenses aura lieu le 20 décembre.

Notre objectif est de rassembler rapidement 50.000 euros.

Il s’agit de placer des milliers de bons pour être la hauteur de nos objectifs. Placer un bon dans une entreprise, dans notre quartier, à un collègue, un ami… est un moyen politique, pour discuter, faire connaître notre parti, le faire soutenir par ceux qui pensent que notre activité est utile à leur combat.

Des camarades et amis qui en ont la possibilité ne manqueront pas d’acheter plusieurs bons voire plusieurs carnets.

Etablissons un plan de diffusion, avec nos adhérents, fixons- nous les objectifs que nous voulons atteindre.

Chers camarades, un énorme travail qui nous attend en cette rentrée. Nous avons la capacité de le conduire.

 

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