Comité
National 22-09-2007 – rapport introductif
L’actualité sociale, au terme de
la période d’été, quatre mois après les élections présidentielles et
législatives, c’est la poursuite et l’accélération des réformes ; réformes
structurantes, recomposant, adaptant
la société française à la compétitivité du capitalisme à son stade
d’évolution dans son expansion mondiale.
Depuis plus de 25
ans déjà, le paysage social, économique, politique, idéologique, de
restructurations industrielles en réformes (retraites, sécurité sociale, droit
du travail…) de privatisations en ouvertures à la concurrence, de traités
européens en régionalisation, a été l’objet de profondes transformations pour
mieux mettre la société française au service du capitalisme, pour éliminer tout
ce qui fait obstacle à la marche du capital, avec pour conséquence pour la
classe ouvrière un recul social généralisé.
Aujourd’hui,
fort de l’existant, il veut aller encore plus loin et encore plus vite, d’une
part dans la poursuite du remodelage de la société française dans tous les
domaines et d’autre part dans la poursuite de la construction européenne.
Remodelage de la société française et construction européenne allant de pair.
Durant
cet été, les libéralisations se sont poursuivies avec l’ouverture totale à la
concurrence du gaz et de l’électricité. Il a été procédé à l’installation de
comités pour conduire et engager de nouvelles réformes : « comité
« Balladur » chargé de réfléchir sur la « modernisation »
des institutions, au sein duquel siège J. Lang, comité chargé de la condition
enseignante avec la personnalité phare de Michel Rocard premier Ministre de
Mitterrand, comité Attali chargé d’explorer les voies de la concurrence accrue.
Des négociations
patronat-syndicats se sont ouvertes sur deux thèmes : la modernisation du
marché du travail et les conditions de travail. Un calendrier de conférences
tripartites (Etat – patronat – syndicats) a été arrêté avec la tenue de trois
conférences en octobre sur les thèmes suivants : égalité salariale et
professionnelle hommes – femmes, amélioration des conditions de travail, emploi
et pouvoir d’achat. Et enfin, quatre lois ont été adoptées :
* loi
travail-emploi- pouvoir d’achat, instaurant diverses dérogations fiscales au
bénéfice de quelques-uns et libéralisant les heures supplémentaires
(exonération et défiscalisation), en d’autres termes, légalisant le travail au
noir, banalisant l’heure supplémentaire pour mieux remettre en cause la notion
même de durée légale du travail.
*Loi Rachida Dati
renforçant le répressif et reposant sur le tout carcéral en instaurant les
peines plancher et écartant « l’excuse de minorité » pour les plus de
16 ans. *Loi sur les universités, généralisant d’ici à cinq ans, l’autonomie
budgétaire et de gestion des ressources humaines soit autrement dit, engageant
une mise en concurrence et une privatisation des universités et de leurs
enseignants.
*Loi sur le service
minimum dans les transports terrestres réguliers. Avec cette loi il s’agit
d’instaurer sur un secteur donné, les transports, un service minimum et une
nouvelle réglementation du droit de grève, véritable laboratoire pour étendre
voire généraliser demain de nouveaux encadrements du droit de grève, l’objectif
étant d’écraser l’action, la mobilisation, de contenir, d’assujettir ; la grève
étant elle-même selon l’article 4 de la loi, considérée être une atteinte à la
liberté de mouvement des individus, à la liberté du commerce, de l’industrie,
du travail et d’accès aux services publics et d’autre part, tolérable que dans
la mesure où elle ne porte à ces aspects, qu’une atteinte modérée, non
disproportionnée avec ces derniers. C’est tout le principe de proportionnalité
portée par les conceptions européennes qui là, est appliqué. Toujours au sujet
de cette loi sur le service minimum, ne nous laissons pas leurrer par l’idée
qu’il en irait de la protection des usagers des services publics. Depuis des
années les gouvernements successifs, de privatisations en ouverture à la
concurrence, les jettent en pâture à la sphère capitaliste.
Enfin pendant l’été,
le gouvernement a arrêté un plan de « redressement » de
l’assurance maladie qui pour l’assuré se traduit par des déremboursements, des
suppressions de tiers payants et le déplafonnement journalier du forfait de 1€,
soit un dispositif enfermant dans le parcours de soins, la médication
générique.
Ces trois mois
d’été ont aussi vu de multiples communications gouvernementales développant des
axes de la politique du gouvernement tels ceux relatifs à la dépendance et à la
création d’une cinquième branche de la sécurité sociale, à l’emploi
fonctionnaire, aux régimes spéciaux de retraites etc…
Tout dans cet
ensemble, poursuit la construction engagée depuis des décennies, du nouvel
ordre économique et du nouvel ordre social qu’appelle l’évolution du
capitalisme et l’état de sa mondialisation.
Dans
son discours du 18 septembre, Sarkozy ne dit pas autre chose. Discours qui
n’est ni plus ni moins que le développement des axes du candidat qu’il fut à
l’élection présidentielle et des axes portés par la déclaration de politique
générale du gouvernement. Discours
qui ne surprend que ceux qui veulent l’être. Dans ce discours Sarkozy explique
d’entrée qu « l’ampleur des réformes…
c’est un nouveau contrat social ». Elles sont en d’autres termes une
régulation répondant à la compétitivité du capitalisme français dans la
concurrence européenne et mondiale, abaissant le coût du travail par tous les
moyens.
Ainsi il engage un
nouveau recul social, une nouvelle série de réformes qui devront voir le jour
d’ici la fin de l’année ou début 2008 :
*réformes
libéralisant le temps de travail en vue d’en finir avec la notion de durée
légale du temps de travail.
*réforme instaurant
de nouvelles règles de fixation du SMIC afin de le sortir du domaine de la loi
*réforme
développant le travail des seniors afin de mieux faire admettre l’écrasement à
venir du niveau des pensions
*réforme du contrat
de travail, qu’il qualifie de « ligne Maginot… d’accumulation de
protection… de trop de droits », pour aller vers un système plus fluide ou
séparabilité se conjuguerait avec mission, objectif, projet ; le contrat
n’ayant d’existence que pour la durée de la réalisation de l’objectif
recherché.
*réforme refondant
l’indemnisation chômage et le marché du travail avec la fusion UNEDIC-ANPE.
*réforme refondant
l’assurance maladie « qu’est-ce qui doit être financé par la solidarité,
qu’est-ce qui doit relever de la responsabilité individuelle à travers une
couverture complémentaire »a développé Sarkozy.
*réforme
réaffirmant un nouveau droit à la protection sociale pour les personnes âgées
dépendantes en créant une cinquième branche, libérant totalement le capital de
son financement qui reposerait sur le tribut des salaires par la journée
nationale dite de solidarité et le tribut des malades via de nouvelles franchises
(50 centime d’euro par boite de médicament, par acte paramédical, 2€ par
transport médical, dans un plafond de 50€), l’enjeu étant à terme d’aller vers
une privatisation de la dépendance « il s’agit ensuite de développer
l’assurance individuelle contre le risque dépendance » trouve-t-on dans le
discours de Sarkozy.
*enfin, réforme des
régimes spéciaux des retraites (EDF – SNCF…), harmonisés dans un premier temps
sur le régime des fonctionnaires, soit un passage de durée de cotisation de
37,5 ans à 40 ans pour aller dans un deuxième temps vers une durée de
cotisations à 41 ans voire 42 ans (privé – public – fonctionnaires) d’ici 2012
et 2020.
*Par ailleurs, si
la TVA sociale n’est plus sur le devant de la scène, le Conseil économique et
social vient de s’emparer du dossier pour mieux le réintroduire.
*A cela s’ajoute la
réforme de la fonction publique, présentée par Sarkozy dans son discours du 19
septembre qui, outre la suppression de 22700 emplois dont 10 à 15000 dans
l’éducation nationale, engage le démantèlement du statut général des
fonctionnaires, la mise en place d’une fonction publique dite d’emplois, une
fonction publique telle qu’elle existe outre atlantique, une fonction publique
reposant sur des concepts totalement opposés à la fonction publique dite de
carrière que porte le statut général des fonctionnaires et qui sort l’emploi
fonctionnaire de la précarité, de la sphère marchande et du clientélisme
politique.
Aussi
devons-nous relever deux constantes dans ces réformes. D’une part lorsqu’elles
abordent les questions du pouvoir d’achat, c’est toujours en terme de
fiscalité, d’allongement de la durée du travail ou de nouvelles libéralisations
(il faut davantage de concurrence pour faire baisser les prix selon le
commissaire Attali, il faut supprimer des emplois de fonctionnaires pour
augmenter les traitements de ceux-ci), jamais elles ne sont abordées en terme
d’augmentation de salaire. Quelle duperie !
Quand
le gouvernement parle de donner plus de pouvoir d’achat c’est pour mieux
consacrer encore l’abaissement du coût du travail.
D’autre
part toutes ces réformes reposent sur la recherche d’une institutionnalisation
d’un « dialogue social », l’institutionnalisation des relations
syndicats – état – patronat, intégrant les salariés, leurs organisations
syndicales qualifiées de corps intermédiaires, dans une démarche
d’association capital-travail,
dans une démarche relevant du corporatisme où il n’y aurait qu’intérêts communs
entre salariés et patronat. « Que chacun s’approprie les règles et les adapte
aux situations concrètes sur la base de compromis constructifs, plutôt que de
poursuivre dans l’affrontement stérile et déconnecté » disait Sarkozy le
18 septembre.
Par toutes ces
réformes structurantes, celles mises en place hier, celles à venir, c’est une
nouvelle société qui émerge, une société que le capitalisme adapte à sa
mondialisation et c’est bien à ce niveau-là que la bataille se déroule.
Dans « Les
Echos », un économiste de l’OFCE écrit : « Nous sommes passés
depuis l’écroulement du mur de Berlin (entendez la disparition du socialisme) à
une mondialisation totale,
universelle (le capitalisme domine le monde) et il conclut « les Etats
Nations sont désormais au pied du mur, il leur faut s’adapter ».
En d’autres termes,
le capitalisme s’organise en fonction de la bataille internationale, il se
place dans la concurrence capitaliste mondiale.
Au niveau de
l’Europe, le capitalisme pousse à la concentration économique et politique. Les
25 qui constituent l’Union Européenne travaillent à un nouveau traité
constitutionnel qu’ils entendent faire rentrer en vigueur avant les élections
européennes de 2009. Tout est fait pour créer des empires capitalistes
géants, dans un univers mondial de concurrence.
La fusion Suez GDF
est faite pour mener la bataille internationale. Ce sera le 2ème
groupe de l’énergie européen, derrière l’Allemand EON et le 3ème
dans le monde, le groupe russe Gazprom étant le 1er.
Les fusions, les
restructurations ont encore progressé de 51% au 1er semestre 2007.
Les appétits capitalistes s’aiguisent. Danone, cet été, a vendu sa branche biscuits pour 5,5
milliards de dollars à l’Américain Kraft et fait une offre d’achat pour 12,3
milliards de dollars au Néerlandais Numico (alimentation infantile).
Le rapprochement
AGRR et « La Mondiale » vise la création du 8ème assureur
de France. Unilever qui a déjà supprimé ces dernières années, 50000 postes et
fermé plus d’une centaine d’usines, annonce la suppression sur 4 ans de 20000
nouveaux postes (11% de ses effectifs) et la fermeture d’une cinquantaine de
sites sur 300 qu’il détient dans le monde.
La sphère nucléaire
française est au cœur d’une refonte avec l’ouverture du capital d’AREVA (détenu
à 87% par l’Etat) et un rapprochement avec Alsthom, donnant naissance à un
groupe pesant 40 milliards d’euros de capitalisation boursière. Le groupe Vinci
(autoroutes) déjà internationalisé se dit intéressé par Aéroport de Paris. Les
grands groupes du CAC 40 et en premier lieu les plus internationalisés
continuent à bien se porter et à afficher des profits florissants : en
moyenne + 14% au premier semestre 2007. BNP-Paribas, deuxième groupe de la zone
euro, a enregistré au premier semestre un bénéfice net record de 4,8 milliards
d’euros, en hausse de 22,4%.
Ceci dit, le
capitalisme n’avance pas sans ressac ni turbulences. La crise boursière de cet
été illustre bien cela. Elle est le fruit de la recherche du profit maximal et
immédiat, soit autrement dit du développement de la financiarisation, de la
spéculation, de l’accumulation au détriment de l’investissement utile, des
salaires, de l’emploi. La sphère globale de la finance pèse aujourd’hui trois
fois plus lourd que le PIB mondial. En 1980, le PIB et le total des actifs
financiers étaient équivalents.
Si la dernière
crise financière a été endiguée, elle en appelle d’autres. Si le ralentissement
de l’économie américaine entraîne dans son sillage les pays occidentaux et
d’autres, les pays émergents connaissent une grande croissance générant autant
de contradictions intercapitalistes dans le développement de la mondialisation
avec une course effrénée et permanente des uns et des autres pour la domination
économique et politique et l’exploitation des peuples et des pays pour mettre
la main sur de nouvelles sources de profits allant des marchés d’armements à la
maîtrise des ressources énergétiques.
Guerres qui deviennent pudiquement « conflits
régionaux » de L’Afrique à l’Arctique en passant par le Moyen-Orient,
l’Asie centrale etc…
Ce
jeu de la mondialisation capitaliste se traduit par une surexploitation des
peuples, aucun n’y échappe, qui paient le prix, non pas comme l’a écrit un
éditorialiste des « Echos » des excès d’un jeu de
hasards financiers, mais bien de la course aux profits capitalistes.
La politique
extérieure et intérieure de la France se situe dans le jeu de cette
mondialisation. Le capitalisme français adapte la France à cette
nécessité : se placer en permanence dans la concurrence. D’où les
politiques d’hier qu’elles soient conduites par la droite ou les
sociaux-démocrates, d’où aujourd’hui la politique du gouvernement avec pour les
salariés un recul social généralisé.
Le quotidien des
salariés, notre quotidien c’est, la précarisation de l’emploi, l’exclusion, la
pauvreté pour une part de plus en plus grande de la population, au-delà une
précarisation généralisée de la vie, un SMIC net qui avec l’augmentation du 1er
juillet ne dépasse pas 1000 euros, avec des prix qui ne cessent de flamber.
A
titre d’illustration, depuis la création de l’euro en 2002, le sans plomb 95 a
augmenté de 40%, la consultation chez un généraliste de 25%, la baguette de 16%
et pour la période en cours et à venir on peut citer l’électricité +1,1%, la
rentrée scolaire +2,4%, les transports en commun +7%, les produits laitiers +4
à 5%, sans compter qu’en matière de santé par le biais des franchises
existantes et à venir, l’assuré social règlera une addition en 2008 de 1,5
milliards d’euros dégageant
d’autant le capital, l’entreprise qui pour le MEDEF doit être libérée de toute
contrainte.
C’est ce à quoi
répondent les politiques d’hier et celles du gouvernement d’aujourd’hui qui
franchit avec sa série de réformes un cap certain.
D’ailleurs,
Laurence Parisot, à l’issue du discours de Sarkozy du 18 septembre, a déclaré
« aujourd’hui N. Sarkozy a prononcé un discours fondateur, il a esquissé
une nouvelle architecture sociale, un contrat social qui répond aux attentes du
patronat, à ce que porte son livre blanc « Besoin d’air ».
Quant
aux syndicats :
F.
Chérèque déclare « la CFDT est prête à
s’engager sur l’ harmonisation des régimes de retraite et sur le service
public de l’emploi... Je demande une réunion pour construire un agenda
social ».
J.C.
Mailly (FO) note que « l’insistance du discours du président sur la fraude
des chômeurs est stigmatisante. Il est hors de questions de rentrer dans un
mécanisme de négociation de sanctions qu’il faudrait leur infliger s’ils
refusent un emploi », sous-entendant visiblement qu’il serait ouvert à
négocier sur tous les autres sujets.
B.
Thibault (CGT) : « quinze jours pour se mettre d’accord
sur des éléments de base des régimes spéciaux, cela n’est pas possible. Le
président prépare de nouveaux reculs pour les salariés. Nous ne pouvons
qu’inciter à la mobilisation » donnant rendez-vous à la manifestation du
13 octobre portant sur la santé au travail organisée par l’Association
Nationale de défense des victimes de l’amiante et pendant que les fédérations
de cheminots réunies le 19 septembre décidaient d’une journée de grève pour le
18 octobre.
Gérard
Aschieri (FSU) : note qu’Il y a « un gros manque »
mais n’appelle pas pour autant à réagir.
Alain
Olive (UNSA) se
dit ouvert à la négociation. « C’est bien de donner sa chance à la
négociation car des conflits peuvent survenir à tout moment ».
Bernard
Van Crayenest (CGC) « Sur le financement de la protection
sociale, d’accord pour discuter ce qui relève de la solidarité ou de
l’assurance individuelle.
Jacques
Voisin (CFTC) « N. Sarkozy veut tout mener de front, mais
va-t-il donner toute sa place au dialogue social… Il faut laisser le temps à la
négociation ».
En clair, tous se
disent prêts à négocier.
C’est ce paysage
syndical, dominé par des concepts sociaux-démocrates, démocrates-chrétiens, qui
faisaient dire à Dominique Seux dans « les Echos » à propos des
négociations sur la modernisation du marché du travail : « le
patronat réclame un licenciement à l’amiable et de la prévisibilité, les
syndicats un accompagnement des
salariés, un accord équilibré ne devrait pas être impossible ».
Quant
aux partis politiques de gauche, tous se situent dans le jeu de la
mondialisation capitaliste, dans la construction européenne, dans une logique non de combat mais d’adaptation à la société capitaliste, à partir de
plus ou moins de social. Création de nouvelles structures, nouvelles
organisations, recompositions, sont les perspectives qu’ils avancent, tout en
ayant en ligne de mire les élections à venir (municipales et
cantonales), la reconquête de pouvoirs.
Le
Parti socialiste à son université d’été a prôné l’union avec tous
ses partenaires de gauche contre Sarkozy et la mise en place d’un comité de
liaison pour les municipales et confirmé sa vocation de parti au service du
capital, H. Emmanuelli fustigeant ceux qui douteraient que le PS est pour l’économie
de marché. H. Védrine ancien ministre PS, aujourd’hui chargé par Sarkozy d’un
rapport sur la mondialisation, explique « que la France doit passer d’un
refrain stérile à un dynamisme offensif dans la mondialisation et réveiller
l’Europe ». Enfin, le PS n’est en rien opposé à la suppression des régimes
spéciaux. « L’allongement de la durée de vie rend inéluctable la hausse du
nombre d’années de cotisations et les régimes spéciaux doivent être alignés sur
le régime général » a déclaré Manuel Valls député maire d’Evry…C’est
demandé par le pays et c’est une question de justice » a-t-il insisté. A
la Rochelle, Michel Rocard comme B. Delanoë, Arnaud Montebourd ; J.M.
Ayrault ou F. Hollande ont plaidé pour une révision déchirante de la gauche sur
les retraites. Le premier secrétaire du PS a centré ses critiques sur la forme
« toute précipitation serait contraire à l’idée même de la réforme ».
Le
PCF,
au moment où le capitalisme frappe de toutes parts, où la contradiction
capital-travail s’approfondit, appelle à tout réinventer et tient un congrès
extraordinaire en décembre. J. Cl. Gayssot dans l’humanité du 7 septembre met en relief la démarche
poursuivie : « Je crois que les militants communistes sont capables
d’être à l’initiative d’une nouvelle force politique. J’ai vu que M.G. Buffet
disait qu’il faudrait aller plus loin que tout ce qui avait été tenté dans le
passé, qu’elle n’excluait pas le changement de nom. Très bien. Il faut en finir
avec la conception de l’organisation qui a prévalu jusqu’ici. La force de
transformation qu’il faut créer ne peut être sous le label ou la houlette du
parti… Il ne faut pas négliger la conquête de positions dans les institutions…
Il faut rompre avec la matrice. Nous devrions dès la préparation du congrès
extraordinaire, annoncer notre volonté de créer avec d’autres cette force
politique nouvelle… Au sein du PS, des gens se refusent à la sociale
libéralisation. Je pense aussi aux altermondialistes, aux écologistes. C’et là
que nous avons le plus à créer. Ce n’est pas tant le marché mais sa loi, fondée
sur la concurrence entre les peuples et les individus, sur l’exploitation et
les dominations qui est inacceptable ». En d’autres termes, l’économie de
marché peut être acceptable pour peu qu’elle soit « sociale ».
Autre dirigeant du
PCF, P. CohenSeat (dans un livre)
ouvre dit-il des pistes pour une nouvelle conception du combat pour l’émancipation humaine qui se
situe là aussi dans l’acceptation et l’aménagement de la société capitaliste.
Il conclut son propos par « l’heure est à l’ouverture de tous les
dialogues. Pour cela dans ce moment de crise très grave de la gauche, nous
devons donner un signal fort que nous sommes prêts à nous
révolutionner… ».
La
LCR
annonce la création d’un nouveau parti « qui ressemble à la société »
« pas une avant-garde révolutionnaire ». Elle propose aussi à toute
la gauche, PS inclus, des comités de vigilance pour la riposte et la
résistance.
Tout ce monde-là
s’est d’ailleurs retrouvé à la fête de l’humanité pour un débat amical et s’est
réuni vendredi dernier.
Ces
forces politiques, les organisations syndicales se situent dans leur diversité,
sur le terrain de l’accompagnement social, du moindre mal, sur le terrain du
réformisme. Aucun ne porte une analyse de la politique du capital, toutes s’inscrivent
dans sa logique même quand elles en contestent les effets.
La
recomposition de la société, ce n’est pas qu’une série de réformes économiques
et sociales, c’est aussi un état du rapport des forces qui permet de mettre en
œuvre, de faire accepter ces réformes. Cet état du rapport des forces qui n’est
pas issu d’une génération spontanée est lui-même issu d’une réforme sourde, non
perceptible mais permanente qui s’affirme sur tous les opportunismes, qui a
pour vecteur les médias. Une réforme des mentalités conduite par le
capital, générant un profond glissement idéologique dans la société,
n’épargnant personne, aucune organisation syndicale, aucun parti, conduisant à
la perte de la perception des enjeux de classe, à la perte de la perception de
l’exploitation capitaliste, de l’antagonisme de classe et au renoncement et au
désarroi, sans pour autant faire disparaître les mécontentements, les
sentiments de révolte qui dépourvus de sens de classe peuvent mener à des
aventures.
D’où
la nécessité pour « COMMUNISTES » d’éclairer les enjeux pour gagner à
une prise de conscience, de ne pas bouger de notre ligne politique clairement
anticapitaliste. D’où la nécessité de développer nos analyses, les raisons de
la situation, les objectifs du capitalisme, du pouvoir. D’où la nécessité de
faire comprendre le rôle que jouent les conceptions qui animent les forces
politiques autres que COMMUNISTES, de faire percevoir qu’il y a les moyens
d’une autre politique, que rien ne se fera sans lutte.
C’est une bataille
de longue haleine certes, mais il y a des gens pour nous entendre. Tout ce que
l’on fait compte. Par exemple, sur 45 candidats aux élections législatives,
dans des conditions difficiles, sans activité politique dans un certain nombre
d’entre elles, nous avons recueilli 12.885 voix. Reporté dans le pays, cela
représente un potentiel de 165.000 personnes avec qui parler.
Nous devons donc
placer la reprise de notre activité sur un terrain offensif. Continuer à
capitaliser les contacts, dans les entreprises, les établissements
d’enseignement, les quartiers populaires. Là où nous avons
présenté des candidats, nous sommes ancrés dans la vie politique, les camarades
l’ont ressenti et apprécié. Il y a
des adhésions dans les départements, le Puy de Dôme, les Alpes-Maritimes, le
Morbihan, le Lot, la Meuse l’Oise… Des contacts sont en cours en Meurthe et
Moselle, le Pas-de-Calais…
Des réunions de
rentrée de nos adhérents ont eu lieu, d’autres sont en préparations. Partout
nous devons les faire rapidement, discuter politique, développer notre activité
à partir d’un plan de travail, cibler les entreprises, les établissements
d’enseignement, les quartiers, les localités. Nous devons réfléchir aux candidats pour les
élections cantonales de mars 2008 dans les cantons renouvelables.
Nous devons
travailler à des expressions. Nous avons le journal qui va sortir d’ici une
semaine, notre site qui publie régulièrement un certain nombre d’articles.
Nous devons
attacher beaucoup de soin à l’éducation, préparer de nouveaux
stages en particulier avec nos
nouveaux adhérents.
Les
finances :
Enfin dans notre
activité, une question est centrale si nous voulons accroître nos capacités,
celle de nos moyens financiers.
Si pour les
élections législatives un travail important a été réalisé, il est à mettre à
l’actif de notre bataille politique
et aux moyens financiers que nous y avons consacrés. Moyens financiers
réunis grâce à la collecte dans les départements et à une contribution
importante de la trésorerie nationale.
Aujourd’hui,
il nous faut porter bien plus haut notre bataille financière pour nous donner
les moyens de développer notre propagande, nous faire connaître plus largement,
développer notre activité dans tout le pays et préparer les élections
cantonales avec le maximum de candidats.
Il y a les
cotisations. Nous avons amélioré, mais il faut faire mieux, le paiement
régulier des cotisations est un lien important avec tous nos adhérents.
Il y a, bien
entendu, toutes les initiatives financières dans les départements à développer.
Notre Comité
National lance une souscription nationale avec
récompenses. Des carnets de 10 bons à raison de 5 euros le bon sont à la
disposition des camarades.
Elle
démarre aujourd’hui 22 septembre et se prolongera jusqu’à la fin de l’année. Le
tirage des récompenses aura lieu le 20 décembre.
Notre
objectif est de rassembler rapidement 50.000 euros.
Il
s’agit de placer des milliers de bons pour être la hauteur de nos objectifs.
Placer un bon dans une entreprise, dans notre quartier, à un collègue, un ami…
est un moyen politique, pour discuter, faire connaître notre parti, le faire
soutenir par ceux qui pensent que notre activité est utile à leur combat.
Des
camarades et amis qui en ont la possibilité ne manqueront pas d’acheter
plusieurs bons voire plusieurs carnets.
Etablissons
un plan de diffusion, avec nos adhérents, fixons- nous les objectifs que nous
voulons atteindre.
Chers
camarades, un énorme travail qui nous attend en cette rentrée. Nous avons la
capacité de le conduire.
Recommander ce rapport à un ami
http://www.sitecommunistes.org