
Comité National 24-03-2012 – rapport introductif
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Cher(
e)s camarades, Nous sommes à un mois du 1er tour de l’élection
présidentielle et moins de 3 des
législatives. Le 6 mai
au soir, pas de surprise, le capital aura à nouveau son représentant aux
commandes.
Socialiste ou de Droite, la relève est assurée pour poursuivre sa
politique. La situation du peuple continuera donc de s’aggraver dans tous les
domaines. Seule la lutte pourra faire reculer le capital... Nous l’avons dit, cette élection est antidémocratique.
Elle enferme le citoyen dans un système qui lui ôte tous ses droits. Elle
dessaisit le peuple de son pouvoir de décision. Elle se réduit à une compétition esquivant les problèmes
de fond : l’emploi, les salaires, les retraites, la santé, l’enseignement…Quelles
réponses aux préoccupations des électeurs ? L’avenir de la France, la
croissance, le développement industriel, l’Europe ?… En guise de réponse
à ces questions on nous gave de petites phrases et de faux débats. Cet
enfermement, ce piège qu'est le régime présidentiel est couplé avec les
législatives pour mieux créer une logique de pouvoir. Rappelons que la mise
en place de ce couplage est l'oeuvre concrète du socialiste Jospin et de la
Gauche Plurielle. C’est dans ces conditions que notre candidat Christophe
Ricerchi a été éliminé de la campagne électorale. Cette campagne, relayée puissamment par les médias a pour
but d'entretenir l'illusion d'un choix possible pour les électeurs. Les
candidats poussent même le cynisme jusqu'à parler d'un choix de société. Quel
choix ? Quelle société ? Tous
les candidats n’offrent que le capitalisme comme seule société possible. Tous
se situent dans sa logique : l’exploitation capitaliste. Christophe Ricerchi était le seul candidat
révolutionnaire, anticapitaliste, le seul à montrer que c’est le capitalisme
qui régit notre société, que c’est son existence même qui est au centre de
l’austérité imposée au peuple. Le seul
à dire que l’opposition capital – travail est irréductible et que pour
changer de politique il faut s’attaquer au capital. Voyons les autres candidats. Où en sont-ils ? Hollande
balaie d'un refus
toutes les préoccupations des électeurs (salaires, SMIC, pensions, retraites,
,,,) mais rassure la finance à Londres tout en prétendant à Paris taxer les
plus riches à 75%, une mesure démagogique impossible à mettre en place
concrètement qui ne rapporterait rien.. Autre sujet sur lequel il ne
contrarie pas les tenants du capital, la défense ou plutôt la guerre
puisqu'il préconise de renforcer le nucléaire militaire (silence des écolos) qu'il considère comme « l'assurance
vie de notre pays ». Un curieux terme pour qualifier le surarmement. Il
est aussi pour le maintien de la France dans le commandement de l'OTAN. Il est pour les interventions militaires
extérieures (il a approuvé la guerre en Libye). Sur les dépenses militaires
(39 milliards d'euros en 2011, premier budget du pays) il refuse de
faire du budget militaire « une variable d'ajustement du budget de la
France ». Ainsi il est prompt à préserver le budget de la guerre mais
parle de réalisme et de sacrifices à propos des autres budgets répondant aux
besoins de la population (santé, éducation, équipement). Et le candidat de la
gauche en rajoute puisqu'il entend donner à « l'Europe de la
défense »une nouvelle dimension. Donc sur la question, là aussi pas de désaccord avec
Sarkozy qui lui, préconise « la rationalisation des budgets via la
coopération européenne et la mutualisation des moyens et des
équipements ». Il a dans ce but « engagé une réflexion avec la
grande Bretagne et l'Allemagne ». Autre exemple d'accord entre les deux concurrents
désignés sur l 'Europe et la gestion de la crise : le Mécanisme
Européen de Stabilité (MES). Une machine à fabriquer l'austérité disposant de
500 milliards d'euros pour consentir des prêts à un état en difficulté. Bien
entendu dans ce cas le MES imposera
ses conditions aux états qui eux, feront payer la note aux populations des
pays concernés. C'est une mise sous tutelle des nations souveraines. Le PS
avait l'occasion de s'opposer à l'assemblée nationale et surtout au Sénat où
il est majoritaire à cette machine de guerre du capital pour faire payer la
crise au salarié. Il a choisi de s'abstenir sur cette question essentielle.
Une abstention qui permet au MES d'entrer en vigueur dès juillet. Une
abstention qui est une approbation. Pour en revenir à Sarkozy, candidat sortant, il présente un bilan
où le quotidien des français pèse lourd. D'où une campagne de surenchère, de
fuite en avant agitant la peur, la division et dénonçant à tour de bras tout
ce qui pose problème ou question : le fabriquer français, l'argent,
l'immigration, la délinquance et même l'Europe dont il a été l'un des
artisans les plus farouches pendant son mandat. L'Europe où il veut faire
oublier qu'en 2007 il a imposé aux français la Constitution européenne qu'ils
avaient rejetée en 2005. Comme le dit un cadre de l'UMP « Sarkozy dit
oui à la France du non ». Du racolage aussi avec son discours de
Villepinte visant les accords de Schengen qui a dû plaire à un électorat
sensible aux arguments du FN. Marine
Le Pen
crie partout qu’elle veut « traquer la délinquance »
Laquelle ? Sûrement pas celle du capitalisme, qui est pourtant une
délinquance de taille avec les centaines de milliards que le patronat de
l’industrie et de la finance détourne chaque année à son profit. Elle n’a pas
un mot pour les condamner, au contraire. Un exemple récent : dans un
entretien avec le « Figaro Magazine » du 17 mars, elle
déclare : « je suis la seule à défendre la libre entreprise dans
notre pays…Je veux un Etat stratège qui puisse mener une planification de sa
réindustrialisation en accord et en lien avec les chefs d’entreprises. Mais
pour cela il faut qu’il y ait des règles du jeu ». Nous connaissons
lesquelles. La « délinquance »
qu’elle traque c’est celle d’immigrés sans papiers que le patronat exploite
avec des salaires de misère, la « délinquance » de ceux et celles
qui profitent de services auxquels ils n’auraient pas droit. Non la
délinquance n’est pas d’abord là, il s’en faut de beaucoup, de centaines de
milliards ! Rappelons
les positions de « Communistes » sur l'immigration et l'Europe en cette période électorale.
L'immigration est d’abord le fait du capital qui a besoin d'une main d'oeuvre
très bon marché, corvéable et permettant la mise en concurrence des
travailleurs. Parallèlement c'est aussi une autre forme de pillage de ces
pays d'immigration, pillage des ressources humaines qui se vident des jeunes,
des plus qualifiés, des plus formés, entraînant la stagnation voire la
régression du développement de ces pays. Nous affirmons que ces pays pauvres
ne doivent plus être des réservoirs de main d'oeuvre à la disposition du
capital qui les maintient dans le sous développement et la misère. C'est dans
la lutte commune contre le capital que ces problèmes d'immigration seront
résolus. Quelles que soient leurs envolées lyriques sur le racisme et
l'immigration, le PS et ses alliés ont pris des décisions et des positions
sur les quotas et les flux migratoires qui n'ont rien à envier à la droite.
Les discours de principe masquent mal la difficulté de gérer à la fois les
affaires du capital et ses dégâts. La construction de l'Europe capitaliste avec « la
libre circulation des capitaux et des hommes » est une autre facilité de
l'exploitation des salariés européens et de leur mise en concurrence. Cette
Europe qui n'a rien de social est l'oeuvre des gouvernements de gauche et de
droite depuis plus de 30 ans. Il est là aussi utile de rappeler nos positions de fond
sur l'Europe. Dans notre brochure qui a maintenant plus de 10 ans nous
affirmions que « seuls les peuples pourront imposer par leurs luttes le
développement des nations européennes,
sur une base qui ne sera plus la recherche des profits mais le progrès social, l'augmentation du niveau de vie, le
plein emploi et le développement économique et social, une coopération
internationale profitable aux peuples ». L'Europe qui comptait 16 millions de chômeurs à cette
époque en compte aujourd'hui 25 millions. 23% en Espagne, 10% en France, des
records ! Et les chiffres du chômage des jeunes sont encore plus
accablants. En Europe le taux de chômage des moins de 25 ans s'élève à 22,4%.
et cette tendance devrait s'aggraver. Pour autant les dirigeants de l'Euro Groupe, le président
de la BCE (Banque Centrale Européenne) ont été très clairs : pas
question de remettre en cause l'austérité, une austérité qu’ils jugent
indispensable pour disent-il, sortir de la crise. La commission de Bruxelles prévoit en 2012 une récession
de – 0,3% du PIB de la zone euro. La France se maintiendrait à + 0,4% de
croissance. Un chiffre que nous allons
payer très cher avec les plans de rigueur mis en œuvre et qui accéléreront
encore cette récession. Le chef de file des ministres des finances de la zone
euro Jean Claude Juncker a reconnu dimanche dans un quotidien grec que
la zone euro avait trop insisté sur l 'assainissement des finances
publiques en Grèce sans donner de solution alternative. L'OCDE (Organisation du Commerce et Développement
Economique), experte en austérité, donne des bons points à la France pour
avoir depuis 2007 réformé les
retraites, accordé l'autonomie des universités, supprimé la taxe
professionnelle etc... Bref une politique répondant aux besoins du
capital ! Mais toujours d'après l'OCDE la France doit faire encore des
efforts avec son coût des licenciements encore trop élevé, avec des salariés en CDI encore trop
protégés et le manque « d'incitations au travail » des sans
emploi...Avec les charges fiscales sur le travail trop élevées etc… Bien sûr l'application de ces recommandations ne figure
dans aucun programme des candidats. Electoralement, la promesse de
l'austérité aggravée, ça ne paie pas. Mais les deux prétendants désignés sont
tous les deux prêts, en bons serviteurs du capital, à mettre en œuvre ces
mesures pour une raison toute simple, le capitalisme en crise doit aller
encore plus loin et plus vite, en nous
la faisant payer. La période électorale est un court répit, et on peut
considérer que la position de l'OCDE est une feuille de route pour le futur
président et son gouvernement. Pas
d'illusion ! L'austérité subie par les autres pays européens la Grèce,
l'Espagne, l'Italie et les autres va s'appliquer chez nous au lendemain des
élections.
Nous en subirons les conséquences dès la rentrée. Le mécontentement va se
développer. Les militants de « Communistes » vont donc avoir un
rôle à jouer partout dans le développement des luttes, d'autant plus que les
centrales syndicales les freinent. La CFDT comme toujours est en pointe pour
s’opposer à toute action d’envergure et pour organiser la collaboration de
classe. Ainsi il y a 15 jours la CFDT,
l'UNSA, la Mutualité Française, ATD Quart-Monde, ATTAC, la Ligue de l'Enseignement etc... se
sont retrouvées et ont produit « un manifeste pour un pacte
social ». Ce sont surtout des
règles de bonne conduite à l'égard de Hollande en cas d'élection de ce
dernier que ces organisations se fixent. C'est l'assurance à son égard
qu'elles ne troubleront pas le jeu et qu'elles s'évertueront à maintenir le
calme social. Quant à y réussir, c'est une autre affaire, les syndicats
face à une situation encore aggravée auront du mal à contenir le
mécontentement déjà fort des salariés ! Ce pacte « social »est un morceau d'anthologie
de la collaboration de classe. Quelques extraits : il s’agit de
promouvoir une société où « cohésion sociale et compétitivité doivent
pouvoir s’articuler harmonieusement », une société qui doit assurer « la réduction des déficits publics en
préservant la cohésion sociale ». La seule différence avec le MEDEF de
Mme Parisot est le choix des mots et le fait qu'elle assume clairement son
choix du capitalisme. Ce pacte est une opération visant à installer la forme
actuelle de l'association capital- travail, voulant faire oublier que les
intérêts du capital et du travail sont antagoniques, que c'est le fondement
même de la lutte des classes. En
Europe les plans de rigueur pris contre les populations ont entraîné des
réactions sans précédent.
Dans ces pays les gouvernements de droite comme de gauche ont mis en œuvre cette politique pour
résoudre la crise du capital. Ils n'hésitent pas à répondre par la répression
aux exigences des populations. Ils n'hésitent pas à entraîner leur pays vers
la régression, son appauvrissement, avec les conséquences sociales et
économiques qui en découlent. De telles situations ne supportent aucun
compromis, aucune paix sociale. Les luttes sont la seule réponse comme les manifestations
en Grande Bretagne, Belgique, en Grèce bien sûr, au Portugal en Espagne (le
dimanche 11 mars près d'1,5 millions de manifestants ont défilé), en Estonie
et même en Israël. Ce n'est pas fini, le Portugal le 22 mars était en grève
générale contre l'austérité et la casse des services publics et le 29 mars
c'est l'Espagne qui verra une journée identique, un appel à la grève générale
est lancé en Italie. Ces démonstrations de masse auxquelles on n'avait pas
assisté depuis parfois plus de 10 ans dans certains de ces pays sont la
preuve que malgré l'idéologie dominante les peuples ne sont pas prêts à tout
accepter. D'ailleurs la crainte de mouvements sociaux de grande ampleur est
bien réelle chez les tenants du pouvoir et du capital. Non les choses ne changeront pas le 7 mai au matin. Ceux
qui souffrent dans cette société et ils sont de plus en plus nombreux le
savent, et bien au delà des 8,5 millions de pauvres recensés dans notre pays.
Lorsque 73% des gens déclarent que les candidats ne parlent pas de leurs
problèmes ils n'ont aucune illusion, aucune perspective. La seule perspective
évoquée par Sarkozy, Hollande et les autres c'est celle du renoncement, des
sacrifices nécessaires. Mais quels sacrifices pour les 100.000 locataires qui
depuis le 15 mars risquent l'expulsion de leur logement ? Pour le
smicard à moins de 1000 euros par mois ? Pour ces millions de
travailleurs à la recherche d’un emploi ? Pour les jeunes qui
s'entassent dans les stages parking et les CDD ? Où encore les retraités
(es) dont la pension atteint difficilement 600 euros par mois ? Et des
sacrifices au profit de qui ? D'ailleurs ces appels à l'union nationale,
à la cohésion sociale pour lutter contre la crise sont de plus en plus mal
entendus. La preuve, les luttes des salariés sont plus nombreuses qu'on ne le
voit ou l’entend. La plupart de ces luttes portent sur l'emploi, les
conditions de travail, les privatisations et surtout sur les salaires, ce qui
est significatif en cette période. Tous les secteurs de l'économie, toutes
les régions sont touchés. Dans des entreprises de toute taille : la
chimie, la sidérurgie, l'automobile, la papeterie, l'énergie, l'horticulture,
le commerce, le textile les services bancaires, les assurances, les éboueurs,
l'éducation nationale, les télécoms, l'INSEE, la poste le 15 mars, les
hôpitaux... La liste n'est pas complète mais les médias et les confédérations
syndicales ne s'empressent pas pour populariser ces luttes. (voir notre
site). « Communistes » existe pour développer la lutte des classes, contre
ceux qui la nient et veulent la faire oublier en l'étouffant quand elle
s'exprime. Et justement le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle s'exprime
plus fort depuis quelque temps. Notre
candidat Christophe Ricerchi a été le seul à porter des exigences claires à
la hauteur des besoins
qui s'expriment dans les luttes et lors des rencontres quand il affirme
que : ⁃
le SMIC peut être porté à 1800 euros
nets ⁃
que les salaires pensions et indemnités
peuvent être augmentés ⁃
le déficit de la Sécurité Sociale peut
être comblé pour assurer le droit à la santé de tous ⁃
qu'il faut revenir à la retraite à 60
ans après 37,5 années de cotisation ⁃
qu'il faut construire 600 000 logements ⁃
développer un grand service public de
l'enseignement et de la recherche ⁃
développer une politique industrielle et
de l'emploi par la nationalisation des secteurs clés de l'industrie, de la
finance et du commerce. Pour
cela les moyens sont nécessaires et ils existent. Il faut s'attaquer au capital à ses
profits, aux cadeaux fiscaux qui lui sont consentis et qui représentent au
bas mot 416 milliards d'euros, sans compter les dépenses militaires et la
spéculation. Des sommes faramineuses pour répondre aux besoins de la
population. Elles sont spoliées au profit de quelques uns. On peut nous
répondre utopie et idéalisme, mais la réalité est là. Les seuls groupes du CAC
40 affichent un niveau record de trésorerie soit un chiffre d'affaires de
1318 milliards d'euros (+ 5,2%). Des profits de 73,5 milliards d'euros. Où
est la crise ? En tout cas on sait où est l'argent ! Ces résultats sont « bons » et considérés comme
tels par des spécialistes qui s'expriment dans « Le Monde ». Ils
notent entre autres que la plupart des grands groupes ont obtenu ces
résultats en délocalisant en Chine, au Brésil ou au Maroc comme Renault ou
comme, autre exemple, la société de services informatiques Capgemini dont 38%
des salariés sont désormais indiens. Une société dont les profits s’élèvent à
404 millions d'euros (+ 44% sur 2010). De tels profits réalisés à l'étranger
laissent sceptiques les dits spécialistes sur la volonté politique tant
claironnée des candidats à la présidentielle de soutenir le « made in
France ». La conséquence de cette course aux profits pour les
salariés français ce sont les fermetures d'entreprises et le déclin de nos
industries voire leur disparition. Les chiffres cités dans le dernier rapport
du Comité National étaient éloquents. Pour rappel, un seul exemple illustre
bien la situation. Depuis 3 ans chaque année 100 000 emplois disparaissent.
Le chômage de masse est installé, augmentant chaque mois pour atteindre les
10%. Tous les secteurs de l'économie sont touchés. Et avec les mesures de
réduction des budgets de l'état et leurs conséquences dans les effectifs des
services publics la vie quotidienne des français est gravement
affectée : ⁃
l'éducation nationale où sont
concrètement annoncées en ce moment les fermetures de classe et d'écoles. ⁃
la santé où par exemple à Paris les
malades sont priés d'amener draps ou sacs de couchage en cas
d'hospitalisation d’urgence (bonjour le forfait hospitalier de 18 euros par
jour). Toujours à propos de la santé 75% des français estiment que ce sujet
n'est pas pris en compte par les candidats, 57% souhaitent que cela devienne
une question prioritaire (sondage Harris) ⁃
les transports avec la dégradation du
service de la SNCF. La privatisation rampante de l'entreprise nationale va d'ailleurs s'accélérer ⁃
la poste devenue banque et dont les
bureaux desservant les petites
localités deviennent aussi rares que les médecins dans les campagnes. Les candidats qui ne veulent pas changer le système
esquivent les vraies questions évoquées plus haut et dans un climat social
qui s'alourdit : ⁃
Nous avons déjà parlé de M Le Pen dont
la démagogie racoleuse prétend apporter des réponses. Elle demeure à un niveau élevé dans les sondages. Elle reste un des
3 fers au feu du capitalisme ⁃
Mélenchon,
lui, selon est évalué à 14% (BVA) et devient le seul qui ratisse large
à la gauche du PS, car le NPA de
Poutou et LO d'Arthaud n'ont plus grande utilité au moins pour le moment. Le
candidat du Front de Gauche occupe de plus en plus un espace laissé libre par le PCF et il est
rejoint par les déçus temporaires du PS et des mouvances de gauche. Cette
opération de captation des électeurs trouvera sa finalité le soir du 1er tour
quand Mélenchon appellera à voter Hollande. Il l'a déclaré à plusieurs
reprises. Ainsi : « par sa dynamique, son ambition et ses
propositions le Front de Gauche fait la preuve qu'il est la condition et la
garantie de la victoire de la gauche en 2012 ». Son programme intitulé « l'humain
d'abord » laisse la part belle à toutes les interprétations. Fait
d'intentions imprécises et d'un amoncellement de slogans tels « la
France rebelle, enflammons le débat », ou un appel à la 6ème
république. Le tout ne fera pas
vaciller le système capitaliste auquel il ne s'attaque pas. Dimanche à Paris, il s’est bien gardé de
parler de l’augmentation du SMIC et des salaires, de revenir sur la retraite
à 60 ans, d’imposer le patronat comme il serait indispensable de le faire.
Reste que le rassemblement de dimanche est l'expression d'un fort
mécontentement. Même démagogique la campagne de Mélenchon ne laisse pas
indifférent une partie l'électorat populaire. ⁃
Quant aux verts et à Eva Joly là aussi
l'utilisation médiatique des écolos semble (pour le moment) passée de
mode. Après Cohn-Bendit c'est Mamère
qui propose le retrait pur et simple d'Eva Joly pour voter Hollande dès le
1er tour. Ça a au moins le mérite de la clarté sur le rôle des écologistes
depuis des années. Rapidement les autre candidats de droite, déçus
ministériels ont sagement rejoint Sarkozy. Méhaignerie pour sa part a appelé Bayrou
« à la raison », lequel Bayrou s’emploie à capter une partie de
l’électorat de Sarkozy. Partie difficile ! Je ne reviens pas sur Sarkozy et Hollande dont j'ai parlé
au début, si ce n'est pour évoquer la rencontre de 3 candidats Bayrou
Hollande et Sarkozy avec des patrons réunis par l'Association Française des
entreprises privées (AFEP). Les 3 candidats auditionnés sont d'accord sur
l'impératif « de rétablir l'équilibre des finances publiques ». En
fait tout est dit ! Après, on tombe dans l'anecdote avec Sarkozy qui dit
avoir « découvert qu'une entreprise sur deux du CAC 40 ne payait pas
d'impôt sur les sociétés » et qu'il exigera d'elles « un effort
minimal à payer au trésor public ». Le minimal allait de soi ! Un bref aperçu sur la conception de l'avenir de
l'industrie dans notre pays par les candidats. L'exemple du site de Florange
est significatif. Les salariés d'Arcelor-Mittal se battent contre la
fermeture. Beaucoup de candidats ont défilé. Sans surprise aucun n'a proposé
la nationalisation de la sidérurgie comme solution. Aucune des solutions
avancées ne remet en cause la propriété de l'outil de travail. Hollande
propose « d'obliger un groupe envisageant la fermeture d'un site à le
céder quand une offre de reprise est
jugée pertinente ». Sarkozy voudrait que « l'état décide d'investir
pour donner du travail, pour moderniser ». Mittal s'en frotte les
mains ! Quant à Mélenchon, il veut une loi de préemption permettant aux
salariés d'être prioritaires pour reprendre leur entreprise sous forme de
coopérative. Une priorité surtout pour ceux qui rêvent de l'association
capital travail. Sur
la situation internationale
l'analyse que nous faisons depuis plusieurs mois du risque de guerre ne cesse
de se confirmer. L'accentuation de la crise du capital amplifie ce risque. La concurrence entre les impérialismes s'aiguise avec la recherche et l'exploitation des
matières premières, la conquête des marchés, la recherche des profits maximum
par l'exploitation des travailleurs et les implantations régionales et
stratégiques. Après le pétrole, l'uranium et autres minerais ce sont
aujourd'hui les terres rares qui deviennent l'enjeu d'une compétition qui
s’annonce féroce. Ces minerais (ils sont 17) sont devenus indispensables à la
fabrication d'objets issus des nouvelles technologies (téléphones portables
écrans plats, voitures...). La Chine contrôle 95% des terres rares connues où sont présents ces minerais. Elle a
depuis 20 ans développé leur exploitation. Aujourd'hui elle a un quasi
monopole et les prix flambent. La tension ne cesse de monter, pour l'instant
réduite à des prises de position et des menaces économiques. La conséquence logique de cette tension croissante entre
les appétits des puissances militaires et économiques est une course aux
armements qui repart de plus belle si tant est qu'elle se soit ralentie. 1120
milliards d'euros de dépenses militaires en 2010, 13 fois l'aide globale au
développement. Et la crise ne freine pas les dépenses d'armement dans tous
les pays, au contraire. Dans le même temps 2 milliards d'êtres humains
souffrent du manque d'eau et 1 milliard de la faim. Notre planète vit tous les dangers et les impérialismes concurrents sont prêts à
s'affronter pour maintenir et accroître leur domination respective. Le sort
des peuples ne pèse pas lourd face à cette voracité. Deux décennies en
arrière on désignait l'URSS comme
étant le risque pour la paix avec l'équilibre de la terreur, la guerre froide
etc... Aujourd'hui que l'URSS a disparu, le risque de guerre n'a jamais été
aussi grand. Ainsi le Moyen Orient est une source grandissante de
conflit avec la politique hégémonique d'Israël et de son allié les USA qui ont l'objectif d'occuper tout
le Grand Moyen Orient du Maghreb à l'Iran. Sans trop s'étendre (car nous nous
exprimons fréquemment sur le sujet) après le coup de force contre la Libye
c'est à la Syrie que s'attaquent les « occidentaux ». La France n'est
pas en reste. Même stratégie mise en place pour provoquer la chute de El
Assad qui affaiblirait l'Iran qui lui même deviendrait une proie pour les USA
et Israël. La rencontre Netanyahou- Obama début mars confirme cette volonté.
Obama déclarant « envisager toutes les options face à l'Iran ». Les
positionnements politiques, militaires s'accélèrent avec l'éventualité d'un
affrontement de plus en plus évoqué. Les protagonistes ne s'embarrassant plus
ou si peu de prétextes car les enjeux sont considérables et les causes de
conflits se multiplient. Après
les assassinats de Toulouse et Montauban, tous solidaires ? Non
jamais ! Les crimes horribles qui ont été commis contre des
enfants et un professeur dans une école juive de Toulouse et contre des
militaires français à Montauban et Toulouse sont inqualifiables. Nous
adressons nos plus sincères condoléances à leur famille. Ces lâches
assassinats qui viennent d’être perpétrés en France, ne sont pas sans liens,
directs même dans le cas précis, avec ce qui se passe au Moyen-Orient. Nous
sommes tous solidaires vient de déclarer Sarkozy. Non Monsieur nous ne serons
jamais solidaires, ni de vous, ni de tous ceux qui soutiennent votre
politique. Tant que la France officielle
que vous représentez aujourd’hui, participera à des interventions
impérialistes contre les peuples, tant qu’elle refusera d’intervenir de tout
son poids pour le droit à l’indépendance de la Palestine et la paix dans
cette région, elle figurera à juste titre du côté des agresseurs avec tous
les dangers que cela comporte pour sa sécurité. L'exemple du Grand Nord est peu connu du grand public
mais le réchauffement climatique est
de plus en plus, là encore, source de conflit. Il a des conséquences qui dépassent l'écologie.
Le Grand Nord dispose en effet de ressources pétrolières et gazières qui
deviennent plus facilement accessibles. Toujours avec la fonte des glaces ce
sont aussi de nouvelles routes maritimes qui vont s'ouvrir et raccourcir le
parcours de navires. Conséquences, les experts militaires parlent de « réchauffement
armé ». Ces nouvelles routes et nouvelles richesses ouvrent bien entendu
l'appétit du capital. Les pays de cette région du monde, les USA, la Russie,
le Canada, la Norvège, le Danemark sont des prétendants à la possession de
ces richesses. Tout un symbole, en 2007, la Russie a déposé un drapeau
métallique à 4500m de fond ! Une course mondiale aux armements est donc engagée. Le
bouclier antimissiles des USA fait partie de cet arsenal. De même que de
nouvelles générations de sous marins lanceurs d'engins spécifiques sont en
train de naître. Tout laisse penser que la Chine et l'Europe ne restent pas
les bras croisés ! J'en
arrive à « Communistes », à notre campagne électorale Notre
particularité
est que nous sommes les seuls à pouvoir répondre à la question : comment
sortir de la situation actuelle, comment changer de politique. Nous sommes
les seuls à donner une perspective, la seule qui vaille car nous appelons à
la lutte anticapitaliste qui est le seul moyen pour imposer des reculs au capital,
pour le battre et imposer une
politique de progrès économique et social. Si tout le monde ne nous entend
pas aujourd’hui, loin de là, nous constatons aussi depuis le début de la
campagne, que quand nos analyses, nos solutions, notre combat sont connus, de
nombreux travailleurs, des jeunes, les approuvent, des milliers d’entre eux
s’y intéressent. Nous constatons qu’il y a de la place pour les idées
révolutionnaires de lutte de classe... Elles grandiront car le mécontentement
restera après les élections, il s’élargira et s’exprimera de plus en plus à
la rentrée. Je l’ai dit, Christophe ne peut plus être candidat, je ne
reviens pas sur les raisons, en soulignant quand même le black-out total dans
les médias. Dès
sa désignation par le CN la candidature
de Christophe a créé une dynamique importante de mobilisation, partout
dans les départements.
Des dizaines de milliers de tracts ont été distribués dans les entreprises,
sur les marchés, dans les quartiers populaires. Des points de rencontres, des
réunions ont été organisées. Notre site et notre hebdo, notre journal, les
vidéos qui ont diffusé les propositions de nos candidats dans des domaines
essentiels, nos analyses sur la situation, les évènements, les programmes des
autres candidats, ont été largement consultés et diffusés. Les visites par milliers d’internautes, via les moteurs
de recherche comme Google ont confirmé un intérêt réel pour le candidat de
« Communistes ». Si elles montrent des commentaires de gens qui
nous désapprouvent, elles montrent avant tout qu’un grand nombre
d’internautes qui expriment leur confiance à notre parti, soutiennent nos
idées, notre combat anticapitaliste ; Le bilan de la tournée de Christophe dans plusieurs
départements (dont le compte rendu est sur notre site) a été très positif.
Des dizaines de milliers de tracts distribués pour préparer sa venue, des
articles dans la presse, des interviews dans les radios locales et les télés
régionales, plusieurs dizaines d'initiatives sur le terrain avec des dizaines
de camarades, des rencontres avec des sympathisants, des salariés avec de
riches débats. les camarades ont beaucoup apprécié la façon dont
Christophe présentait notre parti, notre politique, ses arguments, précisait
nos positions et répondait aux nombreuses interrogations... Dire que nous
sommes les seuls à combattre le capitalisme ne suffit pas, il faut expliquer
et faire de la politique. Aux nombreuses questions posées : comment enrayer
cette politique ? Qu’est-ce qu’on peut faire pour que le vote soit
utile ? Et l’Europe quelle est votre position ? Que va-t-il se
passer ? Comment Communistes peut faire pour que ça change ? Christophe a répondu à chaque fois avec le maximum d’arguments. Je pense donc traduire le sentiment de tous en disant que Christophe a grandement contribué
à la qualité de notre campagne. Des
adhésions ont été faites,
3 dans le Calvados, 1 dans les Alpes Maritimes, 1 en Savoie… , des contacts
ont été pris dans tous les départements. Nous
allons continuer la campagne présidentielle jusqu’au 6 mai. Nous allons continuer à faire la clarté
sur la situation, sur les moyens d’en sortir, sur les luttes. Nous continuerons à montrer à partir des faits, qu’il n’y
a rien à attendre de bon du côté des candidats, Hollande, Sarkozy, M. Le Pen
etc… et qu’il ne faut voter pour aucun d’eux ni au 1er ni au
second tour. Nous exprimerons au
lendemain du 1er tour. Nous
appelons à un vote de lutte. Nous éditons pour cela un bulletin de vote pour
le 1er et le second tour. Il sera sur notre site et pourra être reproduit et dans notre
journal début avril. En
ce qui concerne les élections législatives des 10 et 17 juin nous aurons effectivement des candidats. Nous le savons notre score ne laisse
pas indifférent, on nous observe. Nous avons une grande campagne à mener. Ce
que nous avons initié avec Christophe nous pouvons le multiplier dans tous
les départements où nous aurons des candidats. Prétendre comme les autres
faire l'économie des luttes, avancer de fausses solutions, réduire ses
prétentions à battre un concurrent c'est facile. Ce n'est pas notre
politique, nous avons créé « Communistes », parti révolutionnaire
pour offrir une perspective à notre peuple balayant le capital. C'est le sens
de la campagne que nous allons mener. Nous développons une politique claire,
ambitieuse pour l'avenir dans la perspective du socialisme. Nous avons fait
la démonstration de notre capacité à apporter des réponses aux problèmes et
aux difficultés. Nous avons publié une première liste de candidats. Là où
ce n’est pas encore fait, il faut les désigner le plus rapidement possible. Il
nous faut poser très fortement la
question des moyens financiers
à tous, sympathisants, proches, collègues de travail. C'est uniquement grâce
à leurs versements que nous pourrons financer l’ampleur de la campagne. Nous
nous adressons aux travailleurs qui ne sont pas à l'aise financièrement. Nous recevons des
versements de 10, 20, 30 euros. Certains amis qui le peuvent nous font des
versements plus importants. Nous leur disons mille mercis, c’est précieux,
c’est grâce à elles et à eux que nous développerons notre lutte. Mais pour
faire face il est donc nécessaire d'élargir la liste de ceux et celles à qui
nous nous adressons. C’est une tâche essentielle pour tous les militants de
notre parti. Ces
derniers mois, nous avons noués des
liens avec les salariés dans de nombreuses entreprises. Nous côtoyons des salariés, des
jeunes, des retraités qui nous font confiance et qui partagent tout ou partie
de nos idées. C'est en discutant avec eux de leurs préoccupations que nous
pouvons leur poser le problème du renforcement de notre parti et de leur implication plus directe à notre
combat pour sortir de cette situation d'alternance sans lendemain depuis 30 ans.
Ils nous disent combien ils sont satisfaits qu’un parti tel que le nôtre
existe, ils nous disent qu’ils comptent sur nous, ils apprécient notre
soutien à leurs luttes. Dison-leur que nous aussi avons besoin d’eux pour
faire grandir notre capacité, à développer
la lutte pour le changement, à faire progresser les idées révolutionnaires. Disons-leur qu’ils ont toute leur place dans notre parti. Mettons à profit cette période
électorale pour faire avancer nos idées et les objectifs que nous nous sommes
fixés lors de notre dernier congrès : élargir notre travail de
propagande, renforcer notre parti et
développer une intense bataille financière. . Lire, enregistrer
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