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Comité National 24-09-2005 – rapport introductif

La flambée du prix de l’essence à la pompe a soulevé un mécontentement, une colère légitime. Elle ponctionne sévèrement le pouvoir d’achat des français, des millions de salariés qui utilisent leur voiture pour aller travailler, des familles qui se chauffent au fioul domestique. Les plus pauvres en subissent encore plus directement les conséquences.

C’est un nouveau recul du pouvoir d’achat alors que les compagnies pétrolières s’enrichissent encore : 100 milliards de dollars de profits en 2004 pour les cinq majors mondiaux, 9 milliards d’euros au premier semestre 2005 pour TOTAL (65% de plus qu’en 2004). Le gouvernement empoche 70% de taxes (TVA – TIPP) sur le prix de l’essence à la pompe.

D’autres profitent de l’envolée du prix du pétrole. Les supermarchés qui détiennent 1/3 des 14.000 pompes existant en France se réjouissent. L’essence représente 10% du chiffre des hypermarchés. Une station service augmente les ventes globales du magasin de 20 à 25%.

Les pétroliers viennent de baisser le prix à la pompe de 2 centimes d’euro en moyenne par litre. Le gouvernement a généreusement accordé 75 euros à ceux qui se chauffent au fioul s’ils ne sont pas imposables et si ils ont acheté leur fioul après le premier septembre. De qui se moque-t-on ? Le Ministre de l’économie a réuni les pétroliers, soi-disant « pour prendre des mesures compensant les effets des hausses sur le pouvoir d’achat. Résultat : rien. D’ailleurs toute la presse a titré : « TH. Breton s’en remet à la concurrence », ou « Des annonces en trompe l’œil ». Le même TH. Breton averti : « Le gouvernement n’a rien a reverser sur les taxes, il n’y a pas de cagnotte » !

Là comme dans tous les domaines, patronat et gouvernement appliquent leur objectif : tout pour l’entreprise, pour son profit maximum, il faut faire payer les salariés, le peuple. Ils sont décidés à aller toujours plus loin contre les salaires, l’emploi, les droits, à liquider tous les acquis pour accélérer la mainmise des multinationales sur toute la société française, pour adapter celle-ci à leurs exigences dans la concurrence mondiale.

Réagir vite et puissamment est la seule réponse possible et efficace aux coups portés par le patronat et le gouvernement contre les salariés, la population et qui peut les faire reculer. La seule chose qu’ils craignent c’est le mouvement social, se sont les luttes, c’est leur développement.

Le 4 octobre les centrales syndicales appellent à une journée nationale d’action et de mobilisation par des arrêts de travail, des rassemblements, des manifestations.

Notre tâche première est de tout faire, partout dans les entreprises, les localités, pour que soit une journée massive, qu’elle soit le début d’une mobilisation de plus en plus ample, déterminée, jusqu’à contraindre le patronat et le gouvernement à reculer, à répondre aux revendications, en premier lieu sur les salaires et l’emploi.

 

Les mauvais coups portés pendant l’été contre les travailleurs avec les ordonnances sur l’emploi, connaissent leur prolongement dans tous les domaines depuis la rentrée.  Quelques rappels :

*Les salaires : Baisser en permanence le prix de la force de travail est un objectif central..

Le salaire direct. Les salaires stagnent voire régressent. Ils ne veulent pas les augmenter. Ils visent à individualiser le salaire en faisant sauter les références collectives : le SMIC – l’échelle indiciaire nationale pour les fonctionnaires – par les primes, l’intéressement ( le gouvernement relance en grand l’actionnariat salarié).

Le salaire indirect : La santé. La réforme de la Sécurité Sociale ne suffit pas. Le Ministre de la Santé annonce 11,6 milliards d’Euros de déficits pour 2005. Pour la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2006, le gouvernement veut trouver 6 milliards ; il lance un plan d’économies sur le dos des assurés :

-221 médicaments  de plus non remboursés. -un forfait payé par l’assuré sur chaque boite de médicament est à l’étude (on a parlé de 1 euro par boite). -de nouveaux prélèvements sur les assurés par la CSG  .

Les hôpitaux sont en ligne de mire. D’ici fin 2007 ils sont sommés d’économiser plus de 850 millions d’euros. « Les hôpitaux sont mal gérés, il faut faire la chasse aux gaspis, il aurait fallu supprimer 15000 emplois cette année pour équilibrer les budgets » vient de déclarer Gérard Vincent, délégué général de la Fédération Hospitalière de France. Le gouvernement annonce la fermeture de 150 services de chirurgie dans les villes de moins de 10.000 habitants. Une campagne de culpabilisation des assurés est développée en grand par les médias avec le rapport de la Cour des Comptes présidée par Ph. Seguin, qui vient à point pour fustiger les dépenses et réclamer des mesures drastiques dans les plus brefs délais. Ils veulent aller au bout de leur objectif : la fin du système de solidarité permettant l’accès aux soins, à la santé pour tous, créé en 1945 avec l’instauration de la Sécurité Sociale, pour le remplacer par les assurances privées, qui déjà prennent progressivement le relais à chaque nouveau coup porté à notre système de santé.

Les retraites.  Là aussi la réforme se met en place. Elle recule progressivement l’âge de la retraite, attaque le taux de la retraite. Le travail des retraités s’organise. Une agence a été créée qui a déjà un grand succès, surtout chez les retraités qui n’ont pas suffisamment  pour vivre.

*L’emploi. Patronat et gouvernement veulent des salariés mobiles, flexibles, qu’ils peuvent ou licencier à volonté, sans contraintes selon leurs besoins et à moindre coût. C’est l’orientation du contrat « nouvelle embauche » du gouvernement. C’est la circulaire qui vient de sortir qui organise une véritable chasse contre les chômeurs : 1 refus d’offre d’emploi, moins 20% sur les indemnités, 2 refus moins 50%, 3 refus suppressions définitives des droits au chômage. Ce sont les recettes du gouvernement pour faire reculer le chômage.

Une nouvelle vague de suppressions massives d’emplois est annoncée : Hewlett-Packard qui a fait 3,5 milliards de dollars de profits nets en 2004, supprime 6000 emplois dont 1250 en France pour multiplier ses profits, Chez Aricelle filiale de Safran 620 suppressions d’emplois d’ouvriers et ingénieurs, dans la Drôme à Romans 1000 emplois dans la chaussure, chez Neuf-Cégétel 661, chez SONY, chez IBM…Dans tous les départements des suppressions d’emplois, des délocalisations sont en cours.

Le gouvernement tente de faire illusion avec quelques « mesures » qui ne sont que de la poudre aux yeux comme : la prime pour l’emploi versée par l’Etat (dons payée par les contribuables) aux SMICARD à conditions qu’ils travaillent à temps plein. Elle favorise d’abord les patrons. Pour ces salariés c’est un tout petit coup de pouce aujourd’hui mais qui ne comptera pas pour leur retraite (puisqu’il n’y pas de cotisation sur la prime). Le patron lui outre qu’il ne paie pas de cotisation sociale à intérêt à ne pas augmenter les salaires pour qu’ils ne dépassent pas le SMIC. J. Chirac voudrait faire croire qu’il défend l’emploi et les salariés en faisant de l’esbroufe autour  d’Helwett-Packard, alors que c’est sa politique, celle de son gouvernement qui se met là en œuvre. Quelle impudence ! Les salariés ne s’y tromperont pas.

*Contre le droit du travail.

Ils veulent réformer complètement le code du travail, supprimer les garanties statutaires et collectives, supprimer toute garantie de l’emploi. Le gouvernement annonce sa réécriture d’ici la fin de l’année et il entend procéder par ordonnance pour son application dès le premier semestre 2006. Rappelons que déjà 70% des jeunes sont embauchés avec seulement un CDD et avec le contrat nouvel embauche le patrons a le salarié complètement à sa merci pendant deux ans, sans droit. C’est un sérieux coup de hache dans le code du travail.

Pour le MEDEF qui a le concours complet du gouvernement, rien ne doit interférer, ni convention nationale, ni garantie collective, ni statut…entre le patron et le salarié.

*Ils attaquent le droit de grève : ils voudraient instaurer le service minimum dans le Service Public. La répression syndicale se développe de plus en plus partout comme, à Bègles où les postiers sont sanctionnés, menacés de révocation pour avoir défendu l’emploi, à Nancy où un militant est condamné à deux ans de prison avec sursis pour avoir animé la lutte pour les droits des salariés contre un patron voyou, à Citroën Aulnay qui annonce 650 licenciements et menace le secrétaire de la CGT de licenciement pour avoir dénoncé ce plan, etc… Les syndicalistes qui défendent les salariés sont traités comme de dangereux malfaiteurs.

*L’école et la formation . En cette rentrée, l’école privée refuse des élèves et réclame de nouveaux crédits à l’Etat pour se développer. L’enseignement supérieur, la formation professionnelle, la recherche sont poussés de plus en plus vers la recherche de crédits privés. On assiste progressivement à la mainmise directe du patronat sur l’enseignement et la recherche. Tout pour l’entreprise au service de la concurrence capitaliste mondiale.

Dans les 15 premier pôles de compétitivité à vocation européenne agréés par le gouvernement, conçus pour dessiner «  la future carte industrielle de la France », l’objectif est clairement énoncé : « faire travailler ensemble sur un même territoire, entreprises, centres de formations, unités de recherche publiques et privés pour des projets communs d’ambition internationale ». Projets financés par le budget de l’Etat. Le gouvernement a prévu pour commencer : 1,5 milliards d’euros sur 3 ans.

Précisons  que les directions de régions (toutes socialistes sauf l, auxquelles participent les élus PCF) concourent activement à la mise en place de ces orientations. J P. Huchon, Président socialiste de l’Ile de France, dans une conférence de presse le 12 juillet  a dit à ce propos : « l’accompagnement par la région, les départements d’Ile de France et la ville de Paris (dont B. Delannoé est maire) sera à la hauteur de l’enjeu : confirmer la place de la région dans la compétition économique qui se joue à l’échelle de la planète ».

*Tout ce qui reste du secteur Public est en train d’être privatisé. Après GDF, EDF 15% pour commencer, la voie est ouverte, les autoroutes,  l’ouverture de la poste à la concurrence.

C’est  ce que Laurent Mauduit, journaliste au « Monde » nomme dans un récent article « une nouvelle économie sans tabou ». On en a déjà fait reculer, il faut tous les faire sauter complètement explique-t-il : le tabou du droit social – du SMIC – des Services Publics – de la retraite – des fonds de pension – de l’impôt sur la fortune…

*La décentralisation, restructuration de la société française dans la construction européenne, se poursuit avec la casse des statuts, les transferts des dépenses de l’Etat aux collectivités locales.

De Villepin prépare le budget 2006. L’orientation est tracée : réduction des dépenses publiques, sociales – nouveaux cadeaux aux entreprises : 2,2 milliards d’euros  supplémentaires d’allègement de cotisations sociales sur les bas salaires (au total 21 milliards d’euros), 1,4 milliards de dégrèvement de la taxe professionnelle – la refonte du barème des impôts qu’on peut résumer ainsi : plus on gagne, plus on est riche et moins on paiera.

 

Le recul du pouvoir d’achat des salariés, des familles est considérable. C’est le problème Numéro un. Dans un sondage publié par le journal « La Tribune » début septembre, 57% des personnes interrogées placent en premier le pouvoir d’achat, 73% se disent pessimistes sur l’évolution des six prochains mois.

L’été au moment des vacances,  les difficultés des familles se mesurent. Selon les statistiques du ministère du tourisme : 1 ouvrier sur 2 n’est pas parti en vacances, 26% des la population est exclue des vacances, 25% des 15/24 ans sont non partants.

Au recul des salaires, au chômage, s’ajoutent les hausses de prix. J’ai parlé de la hausse de l’essence. Ajoutons, la hausse du prix des loyers, des transports, de l’électricité, du gaz, les hausses des produits de consommation…

Les difficultés ne sont pas pour tout le monde. Les profits battent de nouveaux records. Nous avons le 12 août publié sur notre site les profits pour le 1er semestre 2005 : les actionnaires pavoisent, après avoir touché 22,26 milliards d’euros de dividendes en 2004, ils toucheront au moins 24,75 milliards pour 2005, écrit « Le Monde ». Les profits des entreprises qui avaient déjà progressé de plus de 55% en 2004 par rapport à 2003 font un bond considérable au 1er semestre 2005. « Les grandes entreprises au sommet de leur forme » titre « Le Figaro » de jeudi. Les 40 groupes français du CAC 40(indice de la Bourse) dégagent pour les six premiers mois de l’année, 41 milliards d’euros de profits (+32% en moyenne sur 2004), l’équivalent du budget militaire de la France, 3 fois ½ le déficit de la Sécurité Sociale. Ajoutons que bien entendu, les fortunes des familles à la tête des entreprises progressent aussi, elles se comptent en milliards d’euros.

Le MEDEF se réjouit et en demande plus.

Laurence Parisot nouvelle patronne du MEDEF « souhaite une prochaine étape de l’action du gouvernement consacrée à la baisse du coup du travail ». Elle a fermé brutalement la porte à toute perspective d’augmentation salariale : « on ne peut pas donner ce que l’on a pas » a-t-elle déclaré.

 

La situation en France se déroule dans le contexte mondial.

Dans un contexte de concurrence capitaliste, de guerre économique pour la course au profit, de guerre meurtrière (comme en Irak) pour imposer la domination impérialiste, exploiter les sources de matières premières (ex. le pétrole, le gaz), exploiter les peuples. Regardons ce qui se passe dans quelques pays :

 

Les USA le pays le plus puissant du monde. Le cyclone qui s’est abattu sur la Nouvelle Orléans, ces populations coincées pendant des jours, sans eau, sans soins, sans hygiène, manquant de nourriture ; ces morts, ces disparus, ont ému et indigné le monde entier. Cela a révélé au monde entier ce que nous connaissons bien, le produit du capitalisme triomphant : 37 millions de pauvres dont 18 millions d’enfants sur 280 millions d’habitants, 1 américain sur 8, en Louisiane 30% de la population. 44 millions d’américains n’ont pas d’assurance médicale ni même d’assurance pour leur maison. Le gouvernement américain prépare une réforme des retraites (qui est déjà à 65 ans) pour faire sauter la retraite par répartition au profit de la retraite par capitalisation. Le Budget militaire américain des USA en hausse permanente a été de 435 milliards de dollars pour 2005. Deux semaines après le passage du cyclone  Katrina les multinationales, parmi elles deux dirigées par le Vice Président Dick Cheney s’étaient déjà assurées des contrats juteux pour la reconstruction prévue avec les milliards de dollars de l’aide d’urgence et de la solidarité.

 

En Grande Bretagne, parlons de la performance britannique qui aurait divisé le chômage par deux : on dénombrait en 2004, 12,5 millions de nécessiteux (22% de la population), 30% d’enfants vivant au dessous du seuil de pauvreté, 2,8 millions de personnes sont considérées comme handicapées et reçoivent une allocation d’incapacité, pourtant 750.000 d’entre elles voudraient travailler. Si un chômeur refuse 4 offres d’emplois il perd toutes ses allocation (346 euros par mois quelque soit le dernier salaire). 26% des salariés travaillent à temps partiel. Nombre d’entre eux cumulent plusieurs emplois. Pas de limite aux horaires de travail, nombreux travaillent 50 à 55h. par semaine.

 

En Allemagne. Les élections législatives ont eu lieu dimanche 18 sur fond de difficultés sociales accrues pour le peuple, alors que les entreprises battent des records de profits. Le SPD de Schroeder avec 34,3% a perdu 2.210.000 électeurs sur 2002. La CDU d’A.Merkel avec 35,2% a perdu 2.360.000 électeurs sur 2002

« Pas de majorité » a titré la presse au lendemain de cette élection.

La situation en Allemagne illustre bien ce que nous connaissons en France ou dans les autres pays européens : droite ou social-démocratie en alternance, la politique est la même : au service du capital, c’est le peuple qui paye. Les électeurs ont fait entendre leur mécontentement. Tout ce qu’ils connaissent à échoué, ils veulent du neuf. Ils sont désorientés, 10% sont allés sur le Parti libéral (il gagne 3,2% sur 2002). Mais nombreux sont aussi ceux qui veulent autre chose. C’est ainsi que  8,5%, 4 millions d’électeurs ont voté pour ce nouveau parti « Linke », qui se situe à gauche de la gauche, composé de l’ancien PDS, des altermondialistes, des déçus du SPD comme Oskar Lafontaine.

Les grandes manœuvres, les tractations en tous genres pour trouver une coalition sont en cours. Quel que soit ce qui sortira de ce consensus gauche droite, il n’y aura rien de bon pour le peuple allemand. La seule issue possible pour lui comme  pour les autres peuples est dans le développement de la lutte anticapitaliste.

 

En Norvège, pays vanté comme celui où on vit parait-il le mieux du monde, viennent de se dérouler les élections législatives. « La gauche victorieuse » titrait l’humanité. Là aussi l’alternance fonctionne a merveille et la situation du peuple se détériore. Le parti d’extrême droite qui s’est appuyé sur les inquiétudes sociales a recueilli 22% des suffrages. Dans ce pays de 3,4 millions d’habitants, 50.000 emplois industriels ont été supprimés ces dernières années. Des ouvriers ont manifesté contre les fermetures d’entreprises, les délocalisations.

 

En Pologne demain 25 septembre, les élections vont se tenir sur fond de difficultés sociales, d’un accroissement des inégalités. Le mécontentement est grand. Les gens sont déçus de la social-démocratie au pouvoir. Elle avait recueilli 41% en 2001, on la donne très largement battue par la droite.

 

Bref, dans tous les pays industrialisés, c’est la course à la baisse du coût du travail, les attaques – sans limite que l’action des salariés- contre les salaires, l’emploi, les systèmes de santé, de retraite…

Les objectifs internationaux impérialistes avec à leur tête les USA sont d’asseoir leur domination économique, politique, militaire sur les régions du monde, pour s’assurer de nouvelles sources de profits. Par exemple : l’organisation du grand Moyen Orient sous la direction des USA. D’où la guerre en Irak et son occupation, l’Afghanistan, la crise avec l’Iran déclaré comme Etat voyou parce qu’il affirme son indépendance vis-à-vis des USA. D’où, le maintien de la colonisation d’Israël sur la Palestine. Sharon a fait évacuer Gaza dont il continue à contrôler les frontières et l’espace aérien, mais il développe la colonisation sur la Cisjordanie. Il est allé à l’ONU se faire plébisciter. Bush et Sharon ont déclaré geler « la feuille de route ». Ils ne veulent pas d’un état palestinien indépendant qui gênerait la réalisation du Grand Moyen –Orient.

Les grands ensembles économiques et politiques continuent de s’organiser dans la concurrence Mondiale.

L’Europe continue sa construction. Les USA veulent pénétrer encore plus l’Europe et en même temps l’Europe est aussi de plus en plus aux USA. Les pays d’Asie s’organisent et en même temps des pays comme l’Inde et la Chine qui connaissent un développement rapide sont concurrents. Le premier Ministre de l’Inde est venu récemment en France. L’Inde veut asseoir son statut de puissance mondiale. Elle donne la priorité à son accord avec les USA mais elle a besoin de la France pour développer le nucléaire. Elle a acheté des Airbus et les entreprises françaises joueront un rôle chez elle dans le domaine de l’énergie, de la défense, des hydrocarbures.

La Chine pénètre en Afrique, en Amérique Latine, elle fait des manœuvres militaires communes avec la Russie.

Les pays d’Amérique Latine organisent des coopérations régionales pour se libérer de l’emprise des USA. Le Vénézuela 5ème producteur mondial de pétrole utilise l’arme du pétrole pour bouleverser la stratégie des échanges dans la région.

Les USA ont encore de l’avance comme première puissance mondiale. Pour combien de temps ? 10 ans, 15 ans ? Selon une étude de l’OCDE la Chine pourrait dès le début de la prochaine décennie, être le premier exportateur mondial devant les USA et l’Allemagne.

Les dépenses militaires mondiales, c’est plus de 1.000 milliards de dollars note dans son rapport annuel l’Institut de Recherche sur la Paix de Stockholm, en raison principalement des « opérations » militaires dans le monde.

Dans le même temps, 6 millions d’enfants meurent chaque année de maladies liées à la mal nutrition. Sur les 6,5 milliards d’habitants de la planète, 852 millions ont faim, 2 milliards souffrent de carences graves.

L’assemblée générale de l’ONU qui vient de se réunir à New York fait des discours sur le développement mais maintien la situation des pays sous développés. Et pour cause, comme tous les organismes internationaux elle est au service du capitalisme mondial qui la dirige.

Partout c’est la loi du capitalisme, la surexploitation des travailleurs et des peuples.

Voilà le contexte dans lequel se déroule la situation en France.

 

Revenons à la lutte en France

 

Le 4 octobre doit être une grande journée pour les salaires, l’emploi, pour contraindre le patronat et le gouvernement à reculer. Je l’ai dit partout les adhérents de « COMMUNISTES » dans les entreprises, les départements se mobilisent avec leur syndicat pour l’action. Son succès dépend avant tout des salariés, de la capacité à la préparer ensemble dans chaque entreprise, chaque établissement d’enseignement, avec les sans emplois, dans les localités. La volonté d’action est grande, témoins les luttes importantes ces dernières semaines dans des entreprises : grève, à la raffinerie TOTAL de Gonfreville l’Orcher, aux biscuiteries Balsen en Loire Atlantique,  pour l’augmentation des salaires, grève des marins de la SNCM (Société Nationale Corse Méditerranée) contre la privatisation, lutte chez Helweet Packard contre les licenciements etc… On voit déjà que partout où l’enjeu est clairement posé : faire reculer le patronat et le gouvernement, des décisions d’arrêts de travail, de mobilisations sont prises.

Avec notre journal, nos tracts, sur notre site, nous appelons à la mobilisation. Le jour du 4 octobre, nous seront présents dans les rassemblements, les manifestations avec nos tracts (la direction nationale vous fera parvenir un projet  au début de la semaine). En plus du Badge CGT, nous mettrons nos badges « Communistes ». Tous les prétendants de « gauche »  à 2007 ont déjà annoncé leur présence. Allons faire entendre une autre voix.

Nous avons dit au lendemain de la victoire du NON au référendum du 29 mai : « les travailleurs ne doivent compter que sur leur action, sur la force irrésistible qu’ils représentent quand ils luttent tous ensemble contre le capital ». La situation le confirme.

 

Le mécontentement a contraint la CFDT à se rallier à l’action.

J.C. Mailly, secrétaire de FO a déclaré que « la contestation est la seule réponse aux mesures gouvernementales y compris pour un syndicat réformiste comme FO.

B. Thibault a estimé que « cette rentrée est bien différente des autres, que les ingrédients sont réunis pour une riposte d’envergure ». Dans les rassemblements inter-régionaux de la CGT il s’est félicité de la perspective de la journée d’action. Au cours du rassemblement à Lille il a lancé la préparation du 48ème congrès de la CGT qui se tiendra dans cette ville  du 24 au 28 avril 2006.

Nous sommes concerné, tout ce qui touche à la vie des salariés, à la société, à la lutte nous concerne. Le syndicat est de la responsabilité des militants syndicaux dans leurs organisations, mais notre responsabilité comme parti politique est  de prendre position chaque fois que c’est nécessaire, sur la situation et sur le positionnement des syndicats. Nous le faisons dans le seul souci que la conscience de classe grandisse chez les salariés, car c’est de la masse des syndiqués, des salariés que dépend l’issue du combat engagé contre le capital.

Je serai courte car cet après midi nous reviendrons sur ces questions avec le cours sur le syndicalisme. Je dirai seulement, que la question posée aujourd’hui, qui doit être au cœur des débats et des décisions, partout avec les syndicalistes, car c’est la question posée au 48ème congrès CGT: quelle orientation pour quel syndicat, face au patronat capitaliste et aux gouvernements qui gèrent ses intérêts, pour répondre aux exigences de la situation, pour défendre les revendications, répondre à l’attente des salariés. Syndicat réformiste ou syndicat de lutte de classe, c’est la question posée. Les salariés ont besoin d’un syndicat de lutte de classe sur lequel ils peuvent compter en toutes circonstances. Conserver ce syndicat est un combat rude. Rien n’est joué. Comment faire avancer, grandir cette exigence, pour la part qui nous revient ?

 

Voyons maintenant les partis politiques

Ils dissertent tous – de gauche comme de droite – sur « la rupture ». Les compétiteurs de 2007 appellent à la rupture. Sarkozy appelle la « rupture avec les habitudes, les conformismes… ». Bayrou appelle à « la rupture pour combattre la terrible continuité ». J. Lang dans son dernier livre, juge « indispensable de rompre avec les mœurs politiques ». Fabius « appelle le changement ». Etc…

Une journaliste des « Echos » à sorti un livre où elle explique : «  dans le passé tous les prétendants aux présidentielles , en 74, 81, 2002…ont joué sur le credo : rompre ». « pour 2007, dans la course à l’homme neuf, les prétendants sont nombreux. Ils cherchent tous à se démarquer sans rien changer ». Tout est dit.

La droite veut garder le pouvoir. Chirac ou Sarkozy, Villepin, deux faces d’une même politique. (C’est comme pile ou face d’une pièce d’un euro, ce n’est toujours qu’une pièce d’un euro). F. Bayrou joue à « l’opposant » pour tenter de se faire une place. Son programme est celui de l’UMP. Ph. De Villiers essaie de concurrencer le FN. Le FN prépare aussi les présidentielles en surfant sur les difficultés sociales, avec le même programme antisocial que les autres.

La gauche donne déjà de la voix aussi pour 2007. Elle vise l’alternance. On voit déjà la manœuvre qui est en train de s’organiser sur l’union, autour de l’idée : « il faut s’unir à gauche pour battre la droite ». Ils vont tous coller au mouvement social, ils seront là le 4 octobre. Depuis le « NON de gauche » on voit se poursuivre les rapprochements de tous les réformistes de droite et de gauche, les pseudo-révolutionnaires. On les a d’ailleurs tous vu à la fête de l’Humanité. « l’Humanité » du lundi titrait : « toute la gauche était présente à la Courneuve ». En effet, du Parti socialiste (ceux du OUI et ceux du NON) aux verts, en passant par la LCR ou lutte ouvrière, les comités du NON, ATTAC, Bové… Bien sûr ils ont chacun la question, qui sera candidat, quel rôle, quelle place pour chaque formation en 2007. Chacun veut le maximum pour lui. Mais au final tout ce beau monde se rassemblera car ils ont tous besoin les uns des autres pour les présidentielles, pour les législatives, pour les municipales de 2008.

Le P.S.   est en train de recoller les morceaux. Pour l’instant chacun dépose sa motion pour le congrès de  novembre mais comme a dit J. Lang à l’issu du Conseil National : « les différences entre les motions ne sont pas majeurs, nous appartenons tous à la même famille ». Hollande lui , affirme : « les conditions du rassemblement sont réunies. Fabius invite à rassembler les socialistes sans s’arrêter aux OUI et aux NON.

Le PCF appelle à se rassembler pour chasser la droite. M.G. Buffet proclame : « faisons la gauche ensemble, changeons le monde ensemble ». Elle a annoncé un meeting unitaire de toute la gauche fin octobre, contre la droite.  La direction du PCF réunie mercredi « n’exclut pas une candidature unique de la gauche en 2007 ». Dans ce cas, elle proposerait  à ses partenaires, des candidats communs aux législatives, municipales et cantonales, avec partage des circonscriptions .Le PCF qui a depuis longtemps abandonné son but révolutionnaire pour se consacrer à un autre but : être dans les pouvoirs,  devient cette formation à la gauche du PS qui se retrouve avec lui à chaque occasion, sur le même terrain, pour le même objectif : l’alternance dans le capitalisme.

La LRC avec Besancenot qui a aussi des ambitions pour 2007 tenait pignon sur rue à la Courneuve. Elle est de toutes les initiatives avec la gauche.

Quand à Bové il « est conscient de son rôle pour 2007 » et il se tient en réserve en cas de besoin.

Oublié aujourd’hui ce qui opposait les apôtres du OUI et ceux du « NON de gauche » au référendum. Il faut se mettre d’accord pour être en mesure de l’emporter en 2007. Pour quelle politique ?

Il y a quelques déclarations ronflantes. Hollande : «il est urgent d’offrir un débouché politique à la colère qui monte ». M.G. Buffet : « je propose de construire une union populaire sur la base d’un programme antilibéral ».

A part ces phrases creuses, ces slogans, concrètement quoi ? Question taboue et pour cause. Non seulement ceux là même, Jospin, Fabius, Buffet et compagnie ont été aux gouvernement deux fois de longues années en 1981 et 1997. On les a vu à l’œuvre, comme on les voit à l’œuvre dans d’autres pays. Ils sont tous parfaitement intégrés au régime capitaliste, ils s’affirment d’ailleurs tous pour la construction de l’Europe capitaliste.

 

La majorité des français aspire au changement, à autre chose. Nous l’avons dit dans la déclaration après le référendum : « en votant NON massivement, plus de 15 millions d’électeurs ont condamné sans appel la politique du gouvernement ».

Changer, oui. Avec qui ? Comment ?

Des élections législatives ou cantonales partielles ont eu lieu ce mois ci. 70% d’abstention, les gens ne se sont pas déplacés plus au 2ème tour qu’au premier. La gauche n’a pas profité du rejet de la politique gouvernementale. A Lille où Martine Aubry socialiste est maire, le candidat socialiste à reculé de 3% sur 2002, il a été éliminé dès le premier tour. Le 2ème tour s’est déroulé entre deux candidats de droite.

Dans un récent sondage, 64% des français disent que la gauche ne ferait pas mieux que la droite.

Nous devons dénoncer dès maintenant les manœuvres de l’union « des gauches » en vue de 2007, en montrant qu’elles ne peuvent que mener les travailleurs, le peuple, une fois de plus à une impasse. Nous dénonçons parce que nous disons qu’il y a une autre solution que celle dans laquelle cette « gauche unie » veut enfermer le peuple. Oui il y a moyen de faire une autre politique. Nous disons comment. Par exemple :

*augmenter les salaires, porter le SMIC à 1500 euros nets par mois (nous estimons que c’est un minimum pour vivre). J’ai rappelé les records de profits, en augmentation constante . Il y a de quoi augmenter les salaires. En 10 ans, entre 1994 et 2004, les profits ont progressé de 74%, les salaires de 8%, la hausse des prix a été de 30% . Depuis 2004 l’écart s’est encore creusé.

*stopper les suppressions massives d’emplois, les délocalisations, créer des emplois. 1 exemple : Total, de restructurations en fermetures, en abandons d’activités de production au mépris du devenir industriel a supprimé 6000 emplois pour multiplier ses profits. Avec 9 milliards d’euros (à peine plus que les profits du ler semestre 2005) il couvrirait l’embauche de 4.000 salariés et assurerait leur rémunération pendant 10 ans.

Le parlement peut par une loi interdire les licenciements, les délocalisations. Les gouvernements de gauche comme de droite s’y sont toujours refusés.

*Le déficit de la Sécurité Sociale : 11,6 milliards d’euros pour 2005. Le gouvernement sur le budget de la France fait cadeau de 21 milliards d’euros de cotisations sociales. Sans compter que l’augmentation des salaires, le maintien et les créations d’emplois feraient rentrer de l’argent. Rénover et démocratiser la protection sociale, ramener la part de cotisation patronale à ce qu’elle était en 1980 à 50%, permettrait une grande politique sociale, pour la santé, les retraites.

*Baisser le prix des carburants à la pompe (nous l’avons écrit sur le site) en limitant la part exorbitante les majors pétroliers, en revoyant la fiscalité  sur les produits pétroliers pour réduire les taxes (70% du prix) , c’est possible.

Il faut aussi mettre en place une politique énergétique qui prenne en compte les besoins économiques et sociaux. Il faut que la Nation se réapproprie en totalité les entreprises du secteur énergétique, dont les entreprises pétrolières.

*On a les moyens d’assurer et de développer un grand service public qui assure l’accès à tous les français quelques soient leurs conditions, en arrêtant les privatisations, en gardant la maîtrise de tous les grands secteurs, en se réappropriant ceux qui ont été privatisés .

*La France consacre 42 milliards d’euros au budget militaire qui est en augmentation constante. Elle participe à la course aux armements nucléaires. Une politique de Paix irait dans le sens d’un monde sans guerre et libérerait des milliards pour notre peuple.

Ce ne sont que quelques exemples, nous aurons l’occasion d’y revenir, de compléter, de préciser dans la préparation du congrès.

 

Mais, pour faire une telle politique, mettre les capacités de la France au service des intérêts des travailleurs et du peuple, il faut en avoir la volonté politique. En clair, il faut s’attaquer aux capitalistes à leurs privilèges. Ce sont les travailleurs qui créent les richesses, elles doivent en retour servir à améliorer la vie, à développer les capacités économiques, scientifiques, culturelles du pays et non  servir au profit exclusif de quelques uns qui se les approprient. Il faut prendre des mesures anticapitalistes, appeler à la lutte anticapitaliste, c’est là toute la différence entre  tous ces prétendants de gauche à l’alternance en 2007, qui gèrent le capitalisme et « COMMUNISTES » qui appelle à la lutte quotidienne contre le capital et à la lutte pour un changement fondamental de politique. « Communistes » qui a pour objectif le changement de société avec au cœur, la propriété sociale des grands moyens de production et d’échange. Tous les programmes, les déclarations « sociales » sont voués à l’échec, si on ne s’attaque pas au capital. Ces discours sont de la démagogie. Il n’y a de rupture qu’avec le capital. Pour s’attaquer au capital, il faut se rassembler, développer les luttes de plus en plus fortes sur le plan social et politique. On n’a rien sans lutte. Les salariés, le peuple sont le nombre. Ils sont une force s’ils décident de lutter. L’histoire de notre pays montre qu’on peut obtenir des victoires importantes.

La seule perspective aujourd’hui qui peut faire bouger les choses, est la lutte sans ambiguïté, de plus en plus large et déterminée, contre le capital.

C’est pourquoi nous devons expliquer qu’il n’y a pas de débouché avec ces partis de gauche plus ou moins plurielle.

 

Plus que jamais, un parti révolutionnaire, Marxiste est nécessaire. Il faut un parti révolutionnaire qui influence toute la société, la lutte sociale, la lutte politique. Il existe, c’est « COMMUNISTES ».

Il faut continuer à le développer, développer son influence. C’est notre tâche centrale.

Les départements ont repris l’activité. Des réunions de rentrée se sont tenues. Nous avons immédiatement à travailler pour le succès du 4 octobre.

Nous avons besoin de continuer à construire un parti marxiste. Pour cela nous devons continuer dans la ligne décidée à notre congrès, ne pas nous laisser tirer en arrière , et  continuer de construire l’avant-garde politique dont les travailleurs ont besoin pour développer leur lutte anticapitaliste.

Ce qui suppose :

-l’unité idéologique du parti. Nous devons faire beaucoup de politique à tous les niveaux, avec tous les adhérents.

-continuer à développer l’éducation marxiste dans les écoles les stages. Ceux qui ont été déjà faits montrent que c’est utile et nécessaire.

-Agir, aller encore plus à la rencontre le plus près possible des salariés, des gens, dans les entreprises, les établissements d’enseignement, dans les cités, les quartiers populaires.

Nous devons développer plus largement notre travail de propagande :

Avec le matériel, les tracts, le journal qui est un bon moyen pour faire connaître notre politique, notre parti.

Le site : nous l’avons amélioré mais l’objectif est d’en faire dans les prochaines semaines, un hebdo avec un édito et des sujets d’actualité traités rapidement.

Nous préparons une nouvelle affiche pour fin Novembre.

 

Nous allons vers notre 3ème congrès en juin 2006 (cela fera 2 ans que nous avons tenu le second). Nous voulons qu’il marque un renforcement de « Communistes » :

*renforcement de notre organisation. Nous savons que la bataille est rude. La lutte de classe est sans merci mais il n’y a pas d’autre chemin possible, il ne faut pas chercher à le contourner. Il y a de la place pour nous. Il y a une force qui ne trouve pas encore à s’exprimer parce qu’on ne connaît pas encore notre existence partout. Alors allons – y, faisons nous connaître encore plus largement. Il y a des salariés, des travailleurs qui sont en recherche, c’est à eux que nous nous adressons. Il y en a qui sont en phase avec nous. Il y en a pour nous entendre. Nous le constatons chaque fois que nous allons à leur rencontre.

Il ne faut pas sous-estimer ce que nous faisons.

Nous faisons les adhésions une à une, mais nous en faisons, des jeunes, des femmes. Ceux qui viennent chez nous, viennent pour militer pour bâtir un parti révolutionnaire, leur parti. C’est ce qui nous permet d’avancer.

*renforcement idéologique par la formation des militants

Nous y ferons bien entendu le point politique et idéologique.

Voilà ce que j’étais chargée de vous rapporter en introduction.

 

 

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