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Chers camarades,
Etant donné l’abondance de l’actualité en
cette rentrée, je me cantonnerai à l’essentiel des questions que nous avons
à traiter pour que notre parti se mette le plus vite possible en action.
Les 18
premiers mois de cette année ont été marqués par le fort mécontentement, le
rejet profond que suscite la politique actuelle. Ce mécontentement s’est
exprimé dans les luttes notamment contre la loi «travail», mais aussi dans
la kyrielle de sondages publiés et la forte abstention constatée dans
diverses élections partielles.
Ce
mécontentement n’a jamais diminué, 70% des français se prononcent encore
aujourd’hui contre la loi travail, la dernière initiative syndicale du 15
septembre dernier a été un vrai succès malgré l’annonce répétée d’un «
baroud d’honneur » par l’ensemble des médias.
Des
luttes se poursuivent ou se préparent dans de nombreux secteurs :
• Dans l’enseignement, des classes sont
occupées un peu partout pour obtenir des postes supplémentaires ou des
ouvertures de classes nouvelles.
• Arcelor Mittal ou de nouvelles
suppressions d’emplois sont annoncées,
• AXA ou 650 emplois sont menacés,
• Les licenciements prévus chez
Caterpillar Belgique vont avoir des conséquences en France, la mobilisation
est en cours.
• Chez SFR la lutte s’organise contre
les 5000 suppressions d’emplois annoncées.
• Beaucoup d’autres entreprises sont
touchées par cette continuelle vague de licenciements, la Banque Postale,
Michelin, Philips, HSBC, la lunetterie Logo dans le Jura va fermer ses portes, 170 emplois sont
menacés, et bien sûr Alstom qui prévoit de fermer son site de fabrication
de matériel de transport à Belfort 400 salariés sont concernés, j’y
reviendrai plus longuement pour vous faire part de ma rencontre avec les
syndicalistes du site.
Comme
on le voit, tout s’accélère au nom du profit. Peu importe les moyens
employés et quel que soit l’endroit, le capitalisme poursuit sa recherche
de profits nouveaux. Ce sont les peuples qui en subissent les conséquences.
Il utilise les armes, massacre les peuples pour s’accaparer les richesses
des pays qui en sont pourvus, ou organise une « démocratie » à sa botte pour
imposer ses choix dans les pays dits « développés » ; le but est le
même : le profit.
Ce sont
les multinationales qui dirigent partout, elles choisissent les états et
leurs équipes de dirigeants pour appliquer leur politique. La quasi-absence
de partis révolutionnaires notamment depuis la chute de l’URSS pèse
beaucoup sur la situation économique et sociale actuelle subie par les
peuples du monde. Cela nous amène à répéter ce que nous savons déjà : le
capitalisme est incapable de résoudre est de répondre aux besoins des
peuples, il est l’unique cause des difficultés rencontrées par les peuples.
Construire une société débarrassée du capital est donc indispensable à
condition de mener la lutte politique pour y parvenir. Cette question est
valable pour tous les pays et pour ce qui nous concerne nous devons sans
cesse faire le clair, développer nos propositions, tracer une perspective
politique révolutionnaire.
Se
débarrasser du capitalisme, nous sommes le seul Parti à proposer cette
perspective, nous le savons.
La
bataille idéologique est intense pour détourner, dévoyer les vraies
questions. Tout est fait par la propagande capitaliste pour éviter le
débat, empêcher les luttes, tous les prétextes sont bons, tout est utilisé
pour détourner l’attention, dernièrement l’envolée médiatique initiée par
Sarkozy concernant nos origines gauloises a fait la une de tous les médias
pendant une semaine. L’utilisation des religions, la question des réfugiés
qualifiés de « migrants » fuyant leurs pays pour échapper aux
bombes de l’impérialisme.
Tout
est utilisé pour empêcher toute réflexion sur les causes, les responsables
des situations dramatiques vécues dans le monde.
La
France n’échappe pas bien sûr à cette bataille idéologique, aucun parti ne
remet en cause le capitalisme, tous veulent le développer ou partager avec
lui, l’aménager. La droite, le Parti Socialiste veulent appliquer le
programme des multinationales comme ils l’ont toujours fait. Le Front
National veut rassembler le peuple mais se tait sur son programme et pour
cause il est totalement en faveur des entreprises et contre « les grèves
qui menacent le pays ». Il veut favoriser l’aide aux entreprises «
patriotes », il veut lui aussi appliquer le programme du capitalisme.
Mélenchon,
quant à lui (interview à l’humanité du 26 septembre) veut une autre
«répartition des richesses entre le capital et le travail », le Parti
Communiste Français prône le plus « large rassemblement possible à gauche
». Tous ces partis ont un point commun, ils ne remettent pas en cause le
capitalisme et de ce fait, font croire qu’il n’y a pas d’autre système,
d’autre société possible, d’autre politique en dehors du capitalisme.
Les
candidatures annoncées par tous ces partis sont autant d’impasses
politiques, de diversions pour éviter le vrai, le seul débat qui compte : changer la
société.
Tout
cela est accompagné de manipulations et de mises en scène qui frôlent le
ridicule avec l’organisation de « primaires » présentées comme étant le
summum de la démocratie mais qui consiste avant tout à occuper tout
l’espace médiatique d’ici les élections.
C’est
donc une grande bataille politique qu’il faut mener. Nos propositions, la
perspective politique que nous portons n’ont rien à voir ni de près de loin
avec celles des autres partis.
Nous avons
décidé de participer à toutes les élections nationales pour mener la
bataille politique, pour utiliser les espaces politiques, faire connaître
nos propositions, renforcer notre parti. C’est une grande responsabilité,
nous savons que cette bataille sera difficile mais nous ne partons pas de
rien. Nos dernières participations aux élections ont démontré la place qui
existe pour développer nos idées, nous gagnons en influence et nous
renforçons le parti. Nous connaissons les obstacles, le caractère antidémocratique
des élections mais à chaque fois nous avons progressé.
- Rien ne
remplacera notre activité dans les cellules, dans les départements avec les
adhérents, les sympathisants.
- Rien ne
remplacera l’activité militante le contact avec les travailleurs dans les
usines, les quartiers.
- Rien ne
remplacera le débat dans les réunions publiques pour développer nos idées
sur la société que nous voulons construire.
Il ne
s’agit pas d’employer des slogans à tout propos, il s’agit d’aider à
comprendre comment s’y prendre pour
que ça change vraiment.
Tous
les candidats promettent le changement mais aucun ne s’attaque aux vraies
causes des difficultés. Ils proclament tous votez pour moi ! Mais pourquoi
faire ? Nous n’avons pas du tout la même conception de la politique.
La
situation en France s’aggrave : chômage – pauvreté – précarité – baisse des
salaires et des pensions – casse de l’industrie – des services publics –
santé – éducation nationale etc.… Tout est soumis à la loi du capital avec
ses multitudes de conséquences. Voilà la situation pour les travailleurs et
le peuple.
Pour
les multinationales tout va bien : elles ont déclaré pour le seul premier
trimestre 2016 42, 3 milliards de profits soit 11% de plus qu’au
premier semestre 2015. Les 30 premières multinationales françaises ont
déclaré 1250 milliards de chiffre d’affaires soit plus de la moitié du
produit intérieur brut national.
Ce sont
ces multinationales qui dirigent la France et qui choisissent les équipes
dirigeantes à mettre en place : hier Sarkozy, actuellement Hollande, et
demain quelle équipe pour appliquer leur politique ?
« La
course à la compétitivité n’est jamais terminée » déclare le PDG de
PSA Carlos Tavares au journal L’Expansion. Pas un mot sur les 8000
suppressions d’emplois, sur la fermeture du site d’Aulnay. À la question
d’un journaliste sur le nombre de postes supprimés Tavares répond : « je ne
crois pas pertinent de se concentrer sur le comptage des emplois, mais
plutôt sur la façon d’améliorer la compétitivité de l’entreprise » il vante
par ailleurs la signature des «partenaires sociaux » (sauf la CGT) du
dernier accord d’entreprise appelé «Nouvel élan pour la croissance » qui
permet davantage de flexibilité, un temps de travail allongé, des
conditions de travail aggravé, et des salaires bloqués. Autre révélation de
Tavares : « contrairement à une idée répandue, il n’existe pas de taille
idéale pour un constructeur si ce n’est celle qui permet de faire du profit
». Cela a le mérite de faire le clair sur l’exploitation capitaliste : elle
touche effectivement toutes les entreprises quelques soient leurs tailles.
Soulignons au passage que le salaire de Tavares a doublé cette année pour
atteindre 5,24 millions d’euros. Voilà la politique du capital telle
qu’elle est appliquée dans toutes les entreprises, voilà pourquoi les
multinationales ont besoin de gouvernants à leur service et de syndicats
gestionnaires ou acteurs des décisions prises contre les travailleurs.
Le
patronat a toujours rêvé d’appliquer ses directives dans la paix sociale,
nous connaissons l’état du syndicalisme en France, la loi
« travail » a révélé s’il en est encore besoin la position des
centrales syndicales : La CFDT totalement à la botte du patronat,
souhaitant même aller plus loin que ce que propose le Medef, la CGT et FO
confrontées au mécontentement des syndicats de base ont dû répondre par des
initiatives nationales. Reste que la loi « travail » qui
représente un recul social d’un demi-siècle existe encore. Nous devons
continuer à expliquer dans nos réunions la nécessité de lutter pour obtenir
son abrogation. FO a trouvé une porte de sortie pour quitter mouvement,
mais le mécontentement est très profond, le 15 septembre l’a révélé. Des
luttes multiples existent, il faut les amplifier, c’est la seule voie à suivre
pour obtenir des résultats.
Voilà
la réalité de la politique du capital :
• D’un côté les difficultés sans cesse
grandissantes du peuple,
• De l’autre l’accumulation de profits
considérables fruit de l’exploitation du travail salarié. Il suffit d’inverser
ces données pour comprendre et expliquer qu’une autre société est possible
Le
capitalisme domine aujourd’hui l’ensemble de la planète, la course au
profit s’est accentuée nous l’avons dit depuis la chute de l’URSS, les
multinationales se livrent à une concurrence effrénée dans leur conquête de
richesses nouvelles. Les guerres se multiplient, les intérêts capitalistes
s’affrontent, on assiste à un nouveau partage du monde au gré des intérêts
des multinationales et des états. Les peuples payent un lourd tribut à
cette course au profit, des centaines de milliers de morts au proche et
Moyen-Orient, en Afrique.
Par
centaines de milliers la population
fuit les guerres et fait l’objet de marchandages ignobles de la part
des états capitalistes responsables de cette situation.
C’est
dans ce contexte que nous entrons dans la phase active de la campagne
électorale qui s’annonce.
Notre
but : mener partout le débat politique,
la bataille politique pour faire avancer l’idée qu’une autre société
est possible, que l’argent, les moyens pour la construire existent. Une
société débarrassée du capital. Une fois qu’on a dit cela, le plus dur
reste à faire, il faut le démontrer, l’expliquer, le faire comprendre.
Lors de
ma rencontre avec des syndicalistes d’Alstom Transport, il a fallu prendre
du temps, beaucoup écouter, puis lancer le débat pour faire le clair sur
les raisons qui conduisent Alstom a fermer le site de Belfort, situer les
responsabilités, faire tomber les illusions, dénoncer les pièges politiques
(et ils sont nombreux) qui ne vont pas manquer et enfin les propositions
politiques à développer et la lutte nécessaire pour les faire aboutir.
Quelques
enseignements sont à retenir après cette rencontre :
• Tout d’abord s’opposer à la fermeture
du site, engager la lutte nécessaire est urgent, mais il faut aussi engager
le débat politique.
• Rien ne remplace le débat sur nos
propositions. Lorsque nous avons abordé la question de la nationalisation
que tous les politiques ou à peu près, mettent en avant aujourd’hui, il a fallu expliquer le sens de cette
proposition, ce que nous entendons par nationalisation. Chacun connaît à
Belfort ce que veut dire nationalisation notamment les Alstom parce qu’ils
ont vécu pour les plus anciens cette expérience. La nationalisation telle
qu’elle a été conçue à l’époque a-t-elle protégé Alstom de la vente à un
actionnaire privé ? La réponse est dans la question.
Qu’est-ce
que veut dire nationaliser pour notre parti ?Quel est le but premier de
l’entreprise aujourd’hui : la réponse aux besoins sociaux où les profits ?
Par exemple chez Alstom, il faudrait développer la fabrication de tout le
matériel roulant (métro, trains, transport des marchandises etc.)
nécessaire pour développer des transports nationaux répondant aux besoins
aujourd’hui. Une entreprise nationalisée doit-elle être dirigée par un
représentant du capital ou gérée démocratiquement ? Elle doit être
soustraite à la domination du capitalisme, entièrement nationalisée et
gérée démocratiquement par les travailleurs et le peuple.
Mais la
question qui a pris le plus de temps et occasionné le plus de débats
est : comment faire? Il est évident qu’il faut convaincre que pour y
parvenir il faut engager la lutte politique, lever les doutes sur les
possibilités, être lucide sur les difficultés, combattre les impatiences et
la résignation, et que pour cela, il faut construire un parti
révolutionnaire suffisamment puissant pour peser dans la vie politique
nationale. Nous avons abordé toutes ces questions au cours de notre
rencontre, il faudra prendre encore
du temps, faire connaître plus largement nos propositions pour avancer
ensemble, mais c’est un début intéressant.
Les
travailleurs d’Alstom préparent une
initiative le 27 à Saint-Ouen et rencontreront le ministre le 30 septembre.
En attendant ils mènent des actions quotidiennes sur le site. Nous avons
convenu de nous rencontrer à nouveau la semaine prochaine pour poursuivre
le débat.
Cette
rencontre montre bien la nécessité d’organiser des débats partout où nous
le pouvons pour expliquer notre politique, lever les doutes et les
ambiguïtés, dénoncer les pièges et les impasses. C’est à cela qu’il faut
consacrer notre énergie dans la période électorale qui s’annonce.
Sur la
préparation de notre campagne électorale :
Pour la
présidentielle nous avons déjà prévu des initiatives en début d’année en
Loire-Atlantique, dans l’Indre, le Calvados. Il faut que le Comité National
débatte de cette question, comment on fait dans les départements ? Quelle
initiative on prend ? Sous quelle forme ? Qui pourrait aider ? À quelle
date ? Il faut décider également de
nos candidat(e) s aux élections législatives. Nous ne manquons pas de
candidat. Il faut réfléchir également aux circonscriptions où nous allons les
présenter.
Tout
cela demande un suivi ou
l’organisation et la propagande travailleront ensemble.
Chers
camarades,
Je ne
peux pas terminer cette introduction sans insister très fortement sur la
question des moyens financiers.
Cela
peut paraître une question « connue » mais la période politique
que nous abordons va coûter beaucoup d’argent et vous savez que nous
n’avons pas d’autres moyens que nos cotisations et la souscription que nous
avons mise en œuvre.
Nous
allons avoir besoin de publier des centaines de milliers de tracts, éditer
des affiches, payer les
déplacements, de faire face aux dépenses électorales, bref nous alla voir
besoin de beaucoup d’argent. N’oublions pas de solliciter celles et ceux
qui partagent nos idées et notre action, celles et ceux qui viennent dans
nos réunions, c’est important.
Nous poserons aussi la
question de l’adhésion à notre parti à tous ceux et celles qui
approuvent notre politique.
Je n’ai
pas parlé de la situation internationale sur laquelle il y a beaucoup aussi
à clarifier, à expliquer notre point de vue. Nous y reviendrons dans la
discussion.
Il y a
de quoi débattre, je vous laisse donc la parole.
° ° °
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