Retour ACCUEIL

 

 

Comité National 25-09-2004 – rapport introductif

 

Je veux d’abord puisque c’est la première réunion du CN après notre congrès, souhaiter la bienvenue à tous les camarades nouvellement élus.

 

Quelle est la situation en cette rentrée ?

 

Gouvernement et MEDEF continuent à avancer de concert leurs objectifs, dont le but est : réduire toujours le coût du travail, payer le moins cher possible la force de travail pour réaliser la plus-value maximum, accroître les profits capitalistes.

 

Après les retraites, la réforme de la Sécurité Sociale a été adoptée avec les toutes premières conséquences que l’on connaît déjà.

Car ce n’est qu’un début. La brèche est ouverte, ils veulent aller plus loin et vite. La Cour des Comptes – présidée par Ph. SEGUIN nommé par Chirac- a rendu son rapport annuel le 21 septembre. Elle épingle la Sécurité Sociale pour que, je cite « Le ralentissement des dépenses maladies apparaisse comme l’enjeu central de la réforme pour 2005 et plus encore les années suivantes ».  Dans la foulée, le gouvernement déclare mettre un terme à la « dérive des dépenses ». En 2005 il veut fixer leur évolution à un maximum de 3,2%. Il chargera un comité d’alerte de le prévenir dès que l’ONDAM (objectif national d’évolution des dépenses d’assurance maladie) dépassera de 0,75%. Dans ce cas, précise le décret en préparation, les caisses disposeront d’un délai d’un mois pour proposer des mesures de redressement.

En clair, il faut faire payer les salariés, les assurés pour se soigner, pour avoir droit à une retraite. Il faut progresser rapidement dans la voie de la privatisation.

Le 24 août, F. FILLON prenait un décret réformant le système des pensions de réversion, en instaurant un nouveau système de calcul élevant considérablement le plafond pour y avoir droit et le montant de la réversion étant révisable chaque année sur déclaration des revenus. Résultat, 30 à 40% des bénéficiaires seraient exclus ou verraient leurs revenus considérablement amputés, jusque 50%. Evidemment, comme d’habitude, devant le tollé soulevé par cette décision, le gouvernement annonce qu’il suspend momentanément l’application pour une enquête complémentaire sur les conséquences du décret, mais l’affaire est lancée.

L’Epargne retraite, les fonds de pension sont installés et progressent et les Mutuelles annoncent l’augmentation de leurs cotisations d’ici la fin de l’année.

 

Ils veulent faire travailler plus et gagner moins. Après BOSCH, on voit se multiplier le chantage à la délocalisation, aux licenciements, à la fermeture. Ils veulent imposer cela aux salariés. Il s’agit là d’une vaste entreprise qui vise à généraliser l’augmentation du temps de travail et la baisse des salaires.

Le MEDEF demande une liberté totale, absolue pour les entreprises. Pour laisser les mains libres au patronat, il veut mettre à plat la législation du travail. Comment ? En renvoyant à ce qu’il nomme le « dialogue social » par entreprise, le soin de définir les règles les mieux adaptées aux besoins réels des entreprises, c’est à dire des patrons. C’est SEILLIERE lui-même qui l’a déclaré !

 

Le code du travail, les statuts, les conventions collectives les gênent, car les travailleurs peuvent s’appuyer dessus pour les empêcher de faire tout ce qu’ils veulent. Il faut les faire sauter. Il faut réduire le droit de grève pour empêcher les travailleurs de riposter, de se défendre.

 

L’essentiel des privatisations a été fait ou est bien engagé mais « le travail doit être achevé, il faut ouvrir le capital de toutes les entreprises publiques » dit E. BALLADUR dans une interview au « MONDE ».    C’est déjà bien avancé : F.TELECOM, EDF-GDF, la SNECMA, bientôt LA POSTE… Il s’agit de dénationaliser tout ce qui reste du secteur public pour laisser le champ libre au capitalisme français et Européen.

 

La décentralisation, dont le but est d’adapter la France à l’Europe capitaliste, avec à terme huit régions directement rattachées à elle, doit leur permettre de faire disparaître tout ce qui reste du secteur public. Le transfert aux régions et aux départements de plus en plus de compétence de l’Etat : formation professionnelle, personnel TOS (technicien, ouvriers, personnel de service) de l’enseignement, Equipement, attribution des aides aux entreprises, financement de projets hospitaliers, régionalisation de la SNCF etc…Tout cela vise à accélérer la casse des Services Publics, pour ne laisser à l’Etat que l’armée, la police, l’appareil judiciaire.

« La réduction des dépenses publiques est plus impérative que jamais » dit le gouvernement. Il veut remplacer seulement un départ à la retraite sur deux dans le secteur public. D’ici 2010,  30% des fonctionnaires partiront en retraite soit plus de 780.000. Cela fera 390.000 emplois de moins. 10.000 suppressions de postes dans la Fonction Publique dont 5.000 dans l’Enseignement sont déjà annoncées pour 2005.

 

Le budget 2005 dit J.P. RAFFARIN dans un entretien au « FIGARO » du 17 septembre « doit reposer sur une maîtrise absolue des dépenses » c’est à dire, réduction des dépenses publiques, sociales : santé, retraites, indemnité des chômeurs, fonctionnaires, enseignement, hausse des tarifs publics (transports, EGF notamment), augmentation des impôts locaux et parallèlement, nouveaux cadeaux pharamineux aux entreprises : allègement de cotisations, de la taxe professionnelle, d’impôts sur les sociétés :  plus de 20 milliards d’euros, plus des dégrèvements pour les hauts revenus, et 700 millions de plus pour le budget de la défense. Le budget adopté en Conseil des Ministres mercredi confirme ces orientations.

 

Le fameux plan BORLOO confirme cette politique

 

La situation est identique dans tous les pays de l’Union Européenne. L’offensive capitaliste est générale en Europe (et dans le monde). C’est une course vers le bas, contre les acquis sociaux, les salaires, les droits etc…

Pour ne prendre qu’un exemple : l’Allemagne. SCHROEDER taille des coupes dans l’assurance maladie, les retraites, les indemnités de chômage. Il prend des mesures pour, dit-il, rendre plus souple le marché de l’emploi, en augmentant le temps de travail et en donnant plus de libertés aux entreprises pour négocier les conventions collectives. WOLSKVAGEN veut réduire les coûts salariaux de 30% d’ici 2011 sinon il menace de supprimer 30.000 emplois. A son tour MICHELIN Allemagne annonce qu’il va réduire ses coûts de 30%.

 

Je m’arrête sur la situation Internationale et la politique extérieure de la France :

 

Le monde dominé par le capitalisme sans entrave depuis la disparition de l’URSS et du camp socialiste, subit la politique d’expansion des Impérialistes avec à leur tête les USA, pour s’accaparer les richesses des pays, trouver de nouvelles sources de profits. Ils n’hésitent pas à faire directement la guerre comme en IRAK, en AFGHANISTAN, pour contrôler le Moyen –Orient. Ils fomentent et attisent des violences comme en AFRIQUE, eu Nigéria, au Soudan, en Côte d’Ivoire… qui font des dizaines de milliers de morts, affament les populations. Derrières ces soi-disant guerres tribales, ethniques, il y a les ressources pétrolières et toutes les richesses que les USA mais aussi la France et l’Europe, la Russie,  etc… veulent s’accaparer. Un représentant de l’Institut           des relations publiques du NIGERIA (117 millions d’habitants, le pays  le plus peuplé  d’Afrique) HAROUN Andu a déclaré : « mais il ne faut pas être dupes, ces rivalités ne sont pas totalement spontanées. Elles sont manipulées et excitées par des groupes d’intérêts économiques ou des hommes politiques »

D’un côté des profits fabuleux, de l’autre des populations maintenues dans la misère, l’arriération. Notre journal a publié les profits des quatre majors pétroliers mondiaux. Leurs profits pour 2004 représentent l’équivalent de deux fois le PIB de l’Argentine, trois fois celui de l’Egypte, cinq fois celui du Nigéria, du Pérou ou de l’Algérie.

 

Les rivalités des grandes puissances sont vives. Elles se battent pour les zones d’influence économiques et politiques, pour exploiter les ressources et les populations pour leurs sociétés capitalistes. Il ne faut pas s’y tromper, leurs contradictions portent uniquement sur la question : qui aura la plus grosse part mais leur stratégie est concertée pour exploiter au maximum. On le voit d’ailleurs dans les différentes structures internationales où se prennent les décisions : FMI – OCDE – Banque mondiale etc… qui sont au service du capitalisme.

 

Il ne faut pas se tromper non plus sur la politique extérieure de J. CHIRAC. Elle est dictée par les intérêts du capitalisme et bien entendu, du capitalisme français en priorité. D’où sa position sur l’IRAK où TOTAL entre autre a ses intérêts.

Au début de la semaine à l’ONU, CHIRAC avec le Président brésilien et le Premier Ministre espagnol, a proposé une résolution pour soi-disant apporter une aide aux pays en voie de développement. CHIRAC, champion de la lutte contre la pauvreté dans le monde ? Alors que dans son propre pays sa politique au service du capital aggrave les difficultés du peuple? Non, il vise à  placer en bonne position les intérêts des capitalistes français, en Afrique et en Amérique Latine.

Israël soutenu par les Américains, maintient la PALESTINE sous son  joug, mais la France continue de donner à Israël des gages renforcés. Celui qui critique SHARON, qui se bat contre l’occupation israélienne et pour la liberté du peuple Palestinien, tombe sous le coup de l’antisémitisme !

Pour détourner la responsabilité des agresseurs impérialistes dans le monde, ils utilisent les actions terroristes. Faut-il redire que nous ne soutenons pas Ben Laden et que nous condamnons les prises d’otages, mais nous ne nous rangeons pas pour autant, comme l’ont fait encore les partis politiques, derrière CHIRAC pour lui délivrer un brevet de démocratie.

La France doit mener une autre politique à l’intérieur et à l’extérieur.

Ce qui menace le monde, ce qui met les peuples à feu et à sang, qui maintien des milliards d’êtres humains dans la misère (deux personnes sur cinq vivent avec moins de deux dollars par jour : 13F) c’est l’impérialisme, c’est le capitalisme exploiteur.

Il faut développer la lutte contre le capitalisme et tous ceux qui gèrent ses intérêts qu’ils soient de droite ou de gauche.

 

Pour adapter la Société française, lui faire accepter la politique menée en France, lui faire admettre la vision capitaliste du monde, la bataille idéologique relayée par les médias, presse, télévision, radio, ne néglige rien. On assiste à un  pilonnage, à une manipulation quotidienne de l’information dans le but de conditionner l’opinion. 3 exemples :

 

1-Ce n’est plus l’impérialisme qui écrase le monde, qui veut imposer sa domination y compris par la guerre mais c’est le terrorisme qui prend les démocraties en otages, qui menace le monde entier. Exemple : l’IRAK, les otages, les USA menacés, la Russie, les kamikazes Palestiniens etc… Les agresseurs sont devenus les agressés, les coupables des victimes qui doivent se défendre.

 

2-En France : sur chaque décision, l’idée est martelée qu’on ne peut pas faire autrement, qu’il n’y a pas d’autre solution. Retraites – Sécurité Sociale, on ne peut plus financer, c’est la faillite, il faut accepter des sacrifices.

Les responsables de cette situation ? Le déficit de la Sécurité Sociale : les gens consomment trop de médicaments, la gestion de la S.Sociale est mauvaise. D’ailleurs la Cour des Comptes dans son rapport officiel assène « on peut faire quatre milliards d’économies sur les médicaments » et « les caisses sont mal gérées, leur productivité est insuffisante, il faut réduire les effectifs ». Les délocalisations, les réductions d’emplois, c’est la faute au coût du travail trop élevé. Les grèves dans les transports, les usagers, les salariés sont pénalisés par la grève, c’est la faute aux grévistes, il faut limiter le droit de grève.

 

3-Sur l’Europe : ils réduisent la question de l’Europe à la Constitution. Il n’y a plus la construction d’un ensemble capitaliste avec tout ce que cela comporte pour les peuples. Il n’y a plus qu’une question : la constitution bonne ou moins bonne selon les uns ou les autres, qu’il faudrait adapter ou modifier. Tout dépendrait de ça. Et bien sûr on nous abreuve des querelles au PS. Le contenu de l’Europe capitaliste faite par les capitalistes et pour les capitalistes est éliminé.

Il est caractéristique que quotidiennement, les premières pages des journaux nationaux aient, sans exception, sur chaque événement, les mêmes titres, que vous retrouvez d’ailleurs sur les ondes des radios et que vous retrouvez dans les journaux télévisés. C’est le règne absolu de la pensée unique. D’ailleurs la nouvelle concentration des médias les met pratiquement tous, presse y compris les quotidiens régionaux, chaînes de  télévision (TF1, M6, chaines d’histoire…) radios etc.. dans les mains de DASSAULT, BOUYGUES, LAGARDERE, SEILLIERE.

Le pouvoir de contrôler les informations et les idées est un enjeu de société.  La bataille idéologique est primordiale, j’y reviendrai dans notre travail.

 

Nous savons que seule l’action la plus large et déterminée contre les coups du patronat et du gouvernement peut les faire reculer. Seul le développement de l’exigence d’un changement de politique, l’action anticapitaliste, peut faire bouger les choses.

Où en sont les luttes, le mouvement social ?

Le mécontentement se développe, l’inquiétude est là. Les questions au centre des préoccupations, sont les salaires et l’emploi. Le mécontentement s’exprime dans des luttes,  des appels à l’action dans différentes branches ou entreprises : France-Télécom, la Poste, des entreprises menacées de délocalisation, de fermetures ou qui suppriment des emplois. Mais tout cela ne fait pas le compte. On est loin de l’action  nécessaire pour faire reculer le gouvernement et le patronat qui continuent à faire passer leurs mesures de régression.

Quelles en sont les raisons ? On l’a dit et cela reste essentiel, la limite des luttes est d’abord politique. Les travailleurs manquent de perspective, ils ne voient pas comment les faire reculer, changer de politique. Les idées de lutte de classe ont reculé, l’opportunisme et avec lui la résignation ont progressé. Les coups portés aux salariés, au jeunes, à la population sont extrêmement durs et les gens n’ont personne nationalement qui les aide à organiser leur résistance, à développer leurs luttes, à les coordonner, personne sur qui compter. Ce qui développe le fatalisme. Les gens sont désorientés. Cela se voit lors des élections ou les abstentionnistes sont massifs, des votes dévoyés. Ils ne peuvent compter sur aucun des partis politiques, en dehors de « COMMUNISTES ».

 

Tous les partis de droite et de gauche, préparent l’alternance à l’américaine. Qui dirigera en 2007 ? La droite ou la gauche ? Aucune importance, ce sera toujours le capitalisme qui dominera. Tous ont les mêmes idées, tous sont intégrés au capitalisme quelles que soient leurs nuances.

Prenez l’Europe, qu’ils soient pour ou contre la constitution, ils sont tous pour la construction de l’Union Européenne capitaliste et son élargissement. Prenez la situation en France, les coups portés, les mesures pour réduire le coût du travail. Aucun parti de gauche n’appelle à la mobilisation à l’action pour les faire reculer. Ils débattent de leurs » propositions respectives » avec la droite, les patrons, comme récemment à la fête de l’Humanité. Et tous, PS, PCF, Verts, LCR, préparent une nouvelle « union de la gauche » pour l’alternance. Leur seule question est : qui aura le plus de place.  D’ailleurs ils savent déjà se retrouver ensemble pour avoir des places d’élus à chaque élection. Par exemple aux sénatoriales demain 26 septembre, socialistes, communistes, verts, sont sur les mêmes listes.

 

Et les syndicats ?

Il faut bien constater que les centrales syndicales n’appellent pas à se mobiliser au niveau nécessaire, à une action de grande ampleur des travailleurs de toutes les corporations, tous concernés car tous atteints par les mesures de régressions sociales qui se succèdent. Par contre, tous sans exception, avec des nuances mais avec une même orientation sur le fond, tous ils pratiquent le jeu de la concertation avec le gouvernement et le MEDEF.

La CFDT est directement le relais du pouvoir. Les autres centrales syndicales, FO, FSU, UNSA, SUD… pratiquent aussi ce jeu de la concertation entre partenaires.

Et la CGT ? On peut constater hélas, l’accélération du glissement réformiste de sa direction. Elle ne donne aucune analyse de la stratégie du capital et du gouvernement, de leurs objectifs. On peut lire dans le rapport d’un dirigeant, à propos de la réforme de la Sécurité Sociale : « certes elle est loin d’être anodine mais ils visaient une régression beaucoup plus profonde ». Idem à propos des retraites. Ou a propos d’EDF : « ils ont changé de statut mais il ne faut pas sous estimer le fait que l’ouverture du capital soit limitée à 30%, ni négliger que les salaires aient été augmentés de 2,5% », autrement dit : ça aurait pu être pire, soyons contents.  Alors qu’on sait d’expérience que quand la brèche est ouverte, gouvernement et patronat ont la voie libre pour aller au bout.

Est-ce cela le rôle du syndicat, du syndicat de classe ? La direction de la CGT dit « on ne peut pas faire plus car les syndicats sont désunis, la condition pour avancer c’est le syndicalisme rassemblé ». On a pu lire, que B. THIBAULT lance l’idée d’un « front uni » pour dessiner les contours d’une ligne blanche à ne pas dépasser sur le code du travail ». Où se situe cette ligne ? Il a précisé dans un débat à la fête de l’Humanité qu’il ne suggère pas que les syndicats s’unissent sur les seuls objectifs de la CGT. Sur lesquels ? Ceux de la CFTD qui négocie les reculs ? Il donne en exemple les syndicats européens. Parlons-en : partout en Europe, je l’ai dit plus haut, les gouvernements de droite et de gauche prennent les mêmes mesures de régression. Le mécontentement est grand. Il y a des luttes par exemple en  Allemagne des manifestations importantes. Comme en France, elles sont limitées par l’absence de perspectives. Ils n’ont pas de parti politique sur lequel ils puissent compter et les syndicats sont partenaires du pouvoir et du patronat.

La CES, à laquelle tous les syndicats des pays européens sont adhérents (la CGT a un dirigeant au secrétariat) soutient la constitution européenne qu’elle juge comme une avancée. La CFDT appelle à voter OUI, FO réfléchit, la CGT dit qu’elle veut avoir un véritable échange sur le bilan de l’Europe sociale, comme si l’Europe pouvait être sociale. Le soutien de la CES a été adopté à l’unanimité par le Comité directeur. Guy JUQUEL, responsable CGT pour les questions européennes a déclaré dans une intervention au comité directeur de la CES le 13 juillet : « il est indéniable que le traité constitutionnel représente une avancée réelle sur les traités actuels ». John MONKS secrétaire de la CES, dans une interview au « FIGARO »  a déclaré « l’Europe sociale est une réalité, elle existe notamment grâce à Jacques DELORS (socialiste français), grâce à lui, le traité de MAASTRICHT a reconnu le dialogue social ». A propos des règles qu’il appelle pudiquement « libérales » (et non capitalistes) du marché commun, John Monks ajoute en parlant du rôle de la CES : « je ne parlerai pas de contrepoids, ce terme fait référence de façon très française à votre culture syndicale. Je préfère me mettre en position de partenaire, médiateur entre les entreprises, le parlement et les travailleurs ». « Le Figaro cite, Guy JUQUEL qui explique que « partout en Europe les formes d’actions syndicales convergent » et il affirme qu’il faut « dépasser nos cultures syndicales pour rendre le syndicalisme européen plus efficace ». Converger, s’unir, s’aligner sur le syndicalisme réformiste partenaire des gouvernements et du patronat pour négocier des reculs ? C’est de la collaboration de classe. Ce n’est pas de cela dont ont besoin les travailleurs. Ils ont besoin d’un syndicat de lutte sur qui ils peuvent compter en toute circonstance, qui les aide à tous les niveaux à organiser la résistance aux coups, à obtenir des revendications.

Dans la CGT, nous l’avons dit, de très nombreux syndicalistes partout, se battent et veulent garder un syndicat de classe. Nous le redisons, c’est sur eux avant tout qu’il faut s’appuyer pour avancer.

 

L’analyse lucide de la situation politique actuelle, du rapport des forces actuel entre le capital et les travailleurs ne nous conduit pas à baisser les bras. Il n’est pas inscrit dans l’histoire que le rapport des forces reste toujours en faveur du capital. Toute l’histoire du mouvement ouvrier montre au contraire que ce n’est pas le cas.

La lutte de classe est rude mais les idées même de lutte de classe, les idées révolutionnaires si elles ont beaucoup reculé, n’ont pas disparu pour autant. Le nombre d’actions limitées, l’insuffisance évidente de grandes luttes à l’échelon national ne veulent surtout pas dire que la politique actuelle serait massivement approuvée. C’est le contraire qui se passe. L’opposition à cette politique est massive, elle concerne des millions de travailleurs, de sans emploi, de retraités, de jeunes salariés et étudiants, la grande majorité des couches populaires. Etre désorienté, ne pas voir encore comment développer l’action ne signifie pas être d’accord avec l’ennemi de classe. Les évènements de ces derniers mois montrent, au contraire, que le mécontentement a beaucoup grandi comme l’ont prouvé les lutes importantes pour défendre les retraites et la Sécurité Sociale pourtant déviées et freinées par les directions syndicales, comme l’ont prouvé les résultats électoraux où l’abstention, une abstention politique qui a atteint des chiffres records, comme le prouvent nos propres résultats électoraux dans les 21 cantons où « COMMUNISTES » présentait des candidats.

Oui ils sont des millions ceux qui cherchent une issue à la politique actuelle parce qu’ils savent qu’il n’y a rien a en attendre, que de nouvelles et graves difficultés. Certes pour le moment leur mécontentement est dévoyé, récupéré par les uns et par les autres. D’autant que des millions de ces personnes ne savent pas que « COMMUNISTES » existe. Mais des dizaines de milliers d’entre elles sont déjà prêtes à soutenir notre politique et de très nombreuses sont prêtes à rejoindre nos rangs. Nous pouvons aujourd’hui développer à notre échelle bien sûr, une politique hardie de propagande et de recrutement. On nous attend. Nous sommes les seuls qui occupons le terrain de la lutte de classe véritable contre le capitalisme, nous sommes les seuls qui nous appuyons sur le marxisme pour mener notre combat. Ce que nous disons est différent de tout ce que disent tous les autres, ceux qui l’ont abandonné et ceux qui l’ont toujours combattu qu’ils soient de gauche et de droite. Et nous sommes les seuls qui mettons en accord nos actes et nos paroles car nous avons créé « COMMUNISTES » et nous  travaillons à reconstruire ce parti révolutionnaire en France. C’est pourquoi nos actes, nos prises de positions peuvent provoquer un grand écho là où nous les faisons connaître. Partout, dans les entreprises, les quartiers et les localités populaires il est sûr que nous rencontrerons des gens qui nous approuvent parce qu’ils approuvent nos idées. Sur ce nombre certains sont prêts à adhérer à « COMMUNISTES » aujourd’hui.

Continuer de construire »COMMUNISTES » d’étendre son influence dans tout le pays, c’est notre tâche primordiale pour les années qui viennent.

Nous venons de tenir notre deuxième congrès. Le constat que nous avons fait :

-nous sommes dans la bonne voie

-nous sommes déjà solidement ancrés comme parti marxiste

-mais nous devons impérativement avancer pour jouer notre rôle dans la vie nationale.

 

Cela m’amène à notre plan de travail pour l’année qui vient :

 

1-Au centre cette question primordiale du renforcement de « COMUNISTES », des adhésions, de notre implantation. Si nous voulons développer notre travail de masse, être de plus en plus utile aux travailleurs, peser dans la vie nationale, il faut développer le parti.

Là où nous existons, partout où nous avons une activité même réduite dans les entreprises, les localités, cela donne des résultats, chacun est à même de le vérifier, d’autant, j’y reviens, que ce que nous disons est fondamentalement différent de tout ce que disent les autres qu’il s’agisse de la droite et du FN bien sûr mais aussi de la gauche, des gauchistes.  Nous savons que ce qui limite actuellement notre progression c’est notre activité trop réduite. Aujourd’hui nous sommes en mesure de progresser largement. Largement ne veut pas dire sans difficulté. Faire adhérer quelqu’un à « COMMUNISTES » nécessite un travail persévérant. Mais il y a beaucoup d’adhésions possibles, il faut aller les chercher avec ténacité. Nous avons des exemples qui montrent que c’est parfaitement possible.

Le Bureau National propose que dans chaque département on fasse le point : les entreprises où on existe, est-ce qu’on peut élargir, voir tel ou tel, faire une rencontre, un débat politique. Est-ce qu’on peut avoir un contact avec un ou plusieurs syndicalistes dans des entreprises où l’on n'existe pas. Il y a bien entendu le travail de propagande régulier dans des entreprises qui peut créer des contacts avec les travailleurs. Faire le point des localités et quartiers populaires où l’on peut trouver de nouveaux contacts. Le BN lui-même va faire un plan  pour rechercher des contacts dans des départements où nous ne sommes pas encore organisés.

Cette question du renforcement doit avoir une grande place au Comité National. Nous devons faire le point régulièrement. Dès aujourd’hui, donnez votre opinion sur cette question, vos idées, faites part de vos expériences.

 

2-J’ai souligné le rôle essentiel que nous avons à jouer, comme parti, dans la bataille idéologique. Si on veut aujourd’hui ouvrir la perspective aux travailleurs : la lutte anticapitaliste, il faut mener un travail de clarification, d’explications énorme, que, je le répète, nous sommes les seuls à faire. Sur chaque problème, chaque évènement, nous devons donner notre explication : le pourquoi de la situation, qui est responsable, en quoi il y a moyen de faire autrement, qu’est-ce qui peut modifier la situation : la lutte incontournable qui seule donne des résultats.

 

Je prends un seul exemple, l’Europe :

« COMMUNISTES » doit être clair. Nous ne devons pas nous laisser détourner par les débats annexes, des leurres. Nous devons être en phase avec l’aspiration des gens. L’Europe a été conçue, construite, par le capitalisme, pour lui. Qu’est-ce qu’elle a apporté aux travailleurs depuis sa création, qu’est-ce qu’elle promet pour l’avenir ? Toutes les régressions : emplois, salaires, casse des acquis, exploitation. A partir de là ont peut développer les explications : décentralisation, la question de la Nation : ils veulent la faire disparaître parce qu’elle est une entrave à l’extansion du capitalisme, nous pouvons dire ce que nous voulons : la coopération pour le progrès social etc… Nous pouvons montrer ce que veut dire l’alternance gauche-droite à l’éméricaine en France et dans tous les pays européens etc…

Le moment venu le BN vous propose qu’on fasse un texte clair pour le NON à l’Europe capitaliste, à faire signer, ce qui nous permettra d’aller au contact dans les entreprises et les quartiers. Mais gardons à l’esprit que cette question du référendum, avancée par les partis politiques et les médias pour des raisons d’opportunité, ne deviendra vraiment une préoccupation populaire importante que dans plusieurs mois.

Le Bureau National vous propose concernant la propagande, sous la responsabilité au secrétariat de Paul Fraisse et Georges Marchand, d’arriver d’ici les prochaines vacances d’été, à ce que le Site devienne un hebdo d’information, donnant notre position et nos commentaires sur chaque événement important. Le travail est entamé pour produire déjà plus de textes sur des questions d’actualité. Il faut progressivement mettre un collectif en place pour réaliser ce travail. Il faut également améliorer encore le contenu du journal.

 

3-l’éducation : Nous avions au précédent CN, décidé de développer  l’éducation de tous les adhérents sur la base du marxisme. Vous avez eu les cinq schémas préparés par le BN. On peut donc avancer. Le BN vous propose, sous la responsabilité d’Alain Even au secrétariat :

*que partout on fixe selon les possibilités, un stage sur un jour ou deux dans le week-end ou, comme certains l’ont fait, en plusieurs fois.

*de faire l’éducation pour nous-mêmes au CN. Proposition : à partir du prochain CN nous pourrions, le matin, avoir la discussion politique et sur les tâches. A la reprise de  13h.30 jusque 16h : un cours. Nous ferons les cinq dans l’ordre. On conseillera quelques lectures, un camarade fera le cours et la discussion suivra.

 

4-Le Bureau National a décidé qu’il ferait dans une réunion courant novembre le point du syndicalisme. Non pas pour refaire un document de fond, on en a un mais pour apprécier et réfléchir comment se battre. Nous pourrions ensuite réserver une partie d’une réunion du CN à une large discussion sur cette question.

 

5-Les finances. Il faut qu’on se donne plus de moyens pour notre bataille. De plus, nous sommes en recherche d’un  local, il est évident que quand nous l’aurons cela accroîtra nos besoins. Au secrétariat,  Robert Veyrier et Roger Domard sont chargés d’animer la bataille financière. Le BN vous propose de porter les efforts dans deux directions :

*mettre en place de façon plus générale et suivie le paiement de la cotisation.

*l’aide aux départements pour organiser des initiatives financières.. Trouver des initiatives financières Nationales en plus de la souscription.

 

Enfin, en fonction du calendrier politique de 2005, nous proposons que partout où c’est possible dans les départements il y ait avant juillet 2005, des réunions publiques pour débattre et nous faire connaître. Cela      peut se faire évidemment sur deux ou trois départements groupés.

 

Actuellement se tiennent les réunions de rentrée des collectifs, des adhérents. Il est évidemment très important d’en soigner le contenu politique et de veiller à la participation si on veut que notre activité progresse.

Voilà ce que j’étais chargée de vous rapporter. Je vous invite à intervenir, à donner votre opinion sans réserve sur les questions politiques, le plan de travail, à dire comment ça se passe dans vos départements, vos expériences.

 

Recommander ce rapport à un(e) ami(e)

 

Haut de page

http://www.sitecommunistes.org