![]()

![]()
![]()
Comité
National 27-09-2008 – rapport introductif
C’est le premier Comité National que nous tenons
depuis notre 4ème congrès qui s’est tenu les 6 et 7 juin. Je
rappelle rapidement les conclusions que nous avons tirées de nos travaux.
1) Depuis la création
de COMMUNISTES en 2002, nous avons fait un pas décisif vers l’existence d’une
solide avant-garde révolutionnaire en France. Parlant des changements auxquels
il a assisté et participé depuis qu’il est membre de COMMUNISTES, un délégué a
pu dire : « En quatre ans nous sommes passés de ce qui était à mes
yeux encore une secte, à un véritable parti révolutionnaire ». Mesurer
tout le chemin accompli et bien voir où nous en sommes aujourd’hui, c’est la
recommandation principale de notre congrès.
2)
Partant de cet acquis, appuyons-nous sur ce qu’est aujourd’hui notre parti,
pour occuper une part bien plus
large de cet énorme vide politique dans lequel pataugent ces millions de travailleurs manuels et
intellectuels, de jeunes, de sans-emploi en désaccord avec toutes les « solutions » dont
les médias les abreuvent à longueur de journées. Ce vide politique
concerne des millions de personnes qui, à des degrés divers, avec beaucoup
d’hésitations et de tâtonnements, recherchent une issue véritable à leur
situation.
Rappelons-nous
qu’aux élections cantonales de mars 2008 nos candidats ont obtenu de 5 à 7,5%
pour la majorité d’entre eux. Rappelons-nous que quelques jours seulement après
l’élection présidentielle, les élections législatives qui ont suivi ont été
marquées par une abstention-record de 39,6% soit 24 points de plus qu’à la
présidentielle. 39,6% nationalement mais 47% à Bobigny, 49% à Epinay, 51,6% à
St Denis Nord, 51% à Aubervilliers etc… Le vide politique est là d’abord, chez
les plus exploités, chez ceux et celles sans perspective d’avenir.
3) Partout
où nous intervenons, où nous sommes présents, nous suscitons de l’intérêt. Pourquoi ?
Parce que ce que nous disons est
différent de tout ce qui peut être raconté par tel ou tel parti ou formation
politique, de gauche comme de droite. Comment mieux nous faire connaître ?
Comment mieux préciser, rendre encore plus claires nos orientations
politiques ? Comment mieux montrer que ce que nous proposons n’a rien à
voir avec ce que raconte la gauche, extrême gauche comprise ? Autant de
questions que notre 4ème congrès a fortement posées.
C’est
en partant de ces lignes de forces que nous allons développer notre travail
jusqu’à l’été prochain. Renforcer notre parti, améliorer
notre activité de propagande, nous donner les moyens financiers indispensables
à notre développement, faire participer aux actions au nombre encore plus
important de nos adhérents, nous rapprocher encore plus d’eux, resserrer encore
plus les liens entre adhérents de
COMMUNISTES… C’est
en ayant de façon permanente ces objectifs présents à l’esprit que nous
progresserons beaucoup.
Comment
mieux être présents sur le terrain, comment mieux occuper l’espace
politique ?
Nous sommes
aujourd’hui en mesure de donner sur chaque évènement une analyse marxiste,
radicalement différente de toutes les autres. En
France aujourd’hui, le pouvoir, les médias, tout le monde politique sauf nous,
tout ce monde vole au secours du capitalisme en crise. Sarkozy veut ni
plus ni moins que « refonder le capitalisme » dévoyé par un système
« qui en a trahi l’esprit ». Pour cela il est déterminé à accélérer
toutes les réformes en cours. Les conséquences seront encore plus dures, sur la
croissance, le chômage, le pouvoir d’achat. Autrement dit, c’est plus de capitalisme
pour secourir le capitalisme. Et pour être bien compris, il ajoute :
« l’anticapitalisme n’offre aucune solution à la crise actuelle ». Il
n’est pas le seul à penser cela. De la droite à la gauche, chacun à sa manière,
tous s’en tiennent à vouloir réformer le capitalisme. Nous sommes le seul parti
à dire, comme nous l’avons fait
sur notre site: face à
cette situation, deux attitudes fondamentales sont possibles. La première qui
va de Strauss-Kahn, directeur du FMI à G. Bush en passant par Sarkozy consiste à faire payer la note aux
salariés par des plans de rigueur extrêmes. La seconde, c’est la nôtre,
organiser la lutte à partir des besoins des salariés pour abattre le système
capitaliste lui-même et lui substituer une société socialiste. Plus que jamais
nous pouvons être compris quand nous disons qu’il faut en finir avec ce régime.
Prenons toutes les initiatives pour lancer une grande
campagne d’explications sur ce point.
En France aussi sur
tous les évènements actuels, la ligne de partage, ou plutôt la ligne de
fracture qui sépare irrémédiablement notre parti et tous les autres, y compris
ceux qui manient à tout propos la phrase révolutionnaire, la ligne de fracture
donc, c’est que tous ceux-là proposent la
gestion du système capitaliste, tandis que nous, nous voulons l’abattre et le
remplacer par un régime nouveau, le socialisme.
Les
prévisions économiques sont désastreuses. Le gouvernement a présenté hier
vendredi le projet de loi de finances 2009. Le gouvernement veut stabiliser le
déficit public et ne pas dépasser la limite européenne. Il faut savoir que le
déficit budgétaire 2008 s’établira autour de 48 milliards d’euros soit près de
10 milliards de plus qu’en 2007.
En 2009 le déficit réel sera de combien ? Pour 2009 des mesures de
« redressement » supplémentaires de la Sécurité Sociale » sont
déjà prévues. Avec beaucoup d’autres choses, bien entendu.
Des économistes,
qualifiés d’ « experts » par le journal financier « Les
Echos » du 22 septembre, s’expriment : «Nous anticipons 0,5% de
croissance l’an prochain et un chômage de 8% (contre 7% officiel aujourd’hui)
dit l’un. Le déficit ? Il ne pourra être que plus important en 2009 à
cause du ralentissement conjoncturel ». Deux autres prévoient 0,6% et 0,5%
de croissance en 2009 et l’économiste de BNP-Paribas prévoit « qu’on attaquera 2009 avec une dynamique
mondiale et une croissance très faibles, la plus faible depuis
2000 ! ». Le même voit le chômage monter à 8,8% l’an prochain.
34 milliards
d’exonérations de cotisations sociales octroyés aux entreprises et pris sur le
budget de l’Etat. Sarkozy n’en dit pas un mot ! Il ne dit rien non plus
des 27 milliards remis aux sociétés, produits grâce à l’abaissement du taux de l’impôt. Silence sur les 12
milliards de taxe professionnelle dûs par les entreprises mais compensés par
l’Etat. Au total 73 milliards pris sur notre budget national qui sont allés
directement dans les poches du capital ! De quoi éponger largement le
déficit budgétaire 2008 ! (une fois ½ exactement).
Tout
est accéléré pour soumettre la société française aux exigences du capital. Mais
c’est encore loin d’être suffisant. Dans la course mondiale et européenne à la baisse
du coût de la force de travail, le capitalisme en France est très en retard.
« Pourquoi ne sommes-nous pas compétitifs ? Parce que les
charges sociales des entreprises sont trop lourdes » a répété à plusieurs
reprises Laurence PARISOT qui était l’invitée sur France Inter jeudi à une
heure d’écoute maximale. D’où pour lui, l’impératif absolu de tailler dans tout
ce qui représente le prix de la force de travail dans notre pays. C'est-à-dire
tout, absolument tout ce qui compose le niveau de vie, le pouvoir d’achat des
salariés et du peuple.
D’abord les
salaires qui sont non seulement bloqués mais aussi réduits considérablement par
l’introduction massive des « petits boulots », par la suppression des
garanties statutaires, salariales etc... Puis l’emploi qui régresse, les
entreprises qui délocalisent de plus en plus.
- Moins 6.000
emplois chez Renault dont 4.000 en France, 1.000 à Sandouville. Avec les
sous-traitants c’est le double d’emplois qui disparaissent.
- Des suppressions
chez Goodyear-Dunlop à Amiens dans la Somme.
- EADS, qui délocalise vers la Chine
- L’INSEE vient d’annoncer que la France a perdu 550.000
emplois industriels en sept ans (entre fin 2.000 et 2008).
- C’est maintenant
le tour de la Poste d’être privatisée, de la SNCF après EDF et GDF, après Air-France.
- Le capital est
actuellement en train de s’emparer de ces trois énormes marchés que sont celui
de la santé, celui de l’enseignement – formation, celui des transports publics.
Pour
résumer, rien n’échappe aux attaques d’un gouvernement qui a comme grand
objectif de s’emparer et de contrôler étroitement tout ce qui peut lui
permettre de tirer le profit maximum, comme jamais ça ne s’était vu en France.
Un sondage paru
dans « l’Humanité » montre à quel point le mécontentement est vif
dans le pays.
*71% des interrogés
ne sont pas satisfaits de cette société
*60% voudraient des
changements rapides sur : le pouvoir d’achat - la réduction des inégalités - l’emploi.
Mais en même temps,
51% pensent que des changements importants sur ces trois points ne sont pas
possibles, ce qui n’est pas pour nous étonner. La
collaboration de classe, de plus en plus affirmée de la gauche et
particulièrement du PS, s’oppose à toute perspective de changement réel dans le
pays. A la veille de leur congrès, quelles sont les positions des leaders
de ce parti ? M. Aubry et L. Fabius marchent ensemble (pour le moment). La
première inscrit le projet socialiste dans l’acceptation de « l’économie
de marché » qui doit être quand même « régulée » ! Fabius
réclame « l’économie sociale et écologique de marché ». Aubry ne
s’oppose pas au principe de l’allongement de la durée de cotisations pour les
retraites. Ségolène Royal est pour le modèle Suédois, elle se prononce sans
hésitation pour la « flexisécurité ». Elle ajoute à tout cela un
« dialogue social efficace » avec les syndicats « rendant
davantage de services aux adhérents ». Delanoë, actuellement proche de
Hollande, est pour un réformisme assumé. Il faut dit-il aider les entreprises
en leur favorisant un accès « aux marchés dynamiques ».
Comment ? En échange d’une productivité développée, les salariés pourraient bénéficier « de meilleures
rémunérations ». Les « partenaires sociaux » doivent pouvoir
être associés aux décisions. « Travailler plus pour gagner plus »
comme dit Sarkozy ! Quant à DSK, directeur du FMI, il attend son heure, 2012 en l’occurrence. En
attendant, il salue « les mesures courageuses de Washington pour
stabiliser le système financier : « je m’attends à ce que leur mise
en œuvre soit efficace » écrit l’ancien ministre des finances de L.
Jospin. « D’autres économies développées devraient aussi se préparer à
adopter des plans d’urgence » estime-t-il. « Toutefois à long
terme », avertit-il, « des ajustements fiscaux importants pourraient
être rendus nécessaires ». Parions qu’il pense tout particulièrement à la
France ! Car tous, sans
exception, ont l’oeil rivé sur la prochaine élection présidentielle. Revenir au
pouvoir en 2012 pour faire la même politique que leurs prédécesseurs,
entièrement au service du capital. L’Europe ? Tous, Fabius inclus, sont
pour une Europe capitaliste, une Europe de grands projets (il va de soi
capitalistes). A charge pour cette Europe de garantir « un véritable
système de sauvegarde sociale » comme dit Delanoë. Qui peut y
croire ?
Sur toutes les
questions internationales, on retrouve le PS aux côtés des américains et de la
droite française. On nous dira que leur groupe à l’Assemblée Nationale a
pourtant voté contre la droite à
propos de l’Afghanistan. C’est vrai mais pour quelle raison ? François Lamy, secrétaire du PS, chargé
des questions de défense s’en est expliqué dès le lendemain: « le vote
négatif est un vote d’exigence sur les conditions que nous posons au
maintien ». J.M. Ayrault a été encore plus clair dans
« Libération ». « Nous ne votons pas contre la poursuite de
l’engagement de la France en Afghanistan. Nous votons contre une conception
politique et militaire qui nous a conduit à l’impasse ». Ce qui signifie
que le PS aurait fait mieux que la Droite !
Passons rapidement
sur les autres partis de cette gauche. Rien de particulier à dire du PCF, sinon qu’il
poursuit une descente qui peut le mener à sa disparition, au moins sous sa
forme actuelle. Notons en passant qu’il s’accroche encore plus étroitement au
PS, probablement pour des raisons de survie.
Rien de spécial à
dire des Verts et autres écologistes. Cohen-Bendit s’agite mais sans trop de
résultat, au moins jusqu’à présent, en attendant les élections européennes qui
s’approchent.
Ne
perdons pas de vue que la domination capitaliste en France est basée
aujourd’hui sur l’alternance sans risque gauche – droite au gouvernement. Ceci pour une
période d’autant plus durable que la différence gauche – droite dans notre pays
est du même type que celle qui existe entre travaillistes et conservateurs en
Grande-Bretagne, entre gauche et droite en Espagne, en Allemagne, en Italie
etc… Partout en Europe la différence n’est plus que nominative.
Arrêtons-nous un
instant sur la LCR, Besancenot et le NPA qu’ils sont en
train de construire. Si ce nouveau parti n’était pas
sur le point d’exister, les forces du capital auraient tout intérêt à créer
quelque chose de similaire à la gauche de la gauche, pour dévoyer le
mécontentement voire les aspirations au changement qui ne se portent plus sur
le PCF et encore moins sur le PS ou les Verts. La place que Besancenot occupe dans
les médias montre toute l’importance que la droite accorde à la promotion de ce
nouveau parti. N’est-ce pas Sarkozy qui a dit en s’en félicitant :
« Jusqu’à présent, la droite devait compter avec Le Pen, dorénavant la
gauche devra compter avec Besancenot » ? La LCR prévient que
l’objectif du tout prochain congrès de fondation est de lancer « un parti
processus », un « laboratoire » qui va « définir ses bases
au fur à mesure ». Sans commentaire !
Nous aurons à faire
un effort particulier de propagande pour expliquer le rôle véritable que ce NPA
entend jouer sur la scène publique française. Ne laissons traîner aucune illusion sur Besancenot
et les siens. Faisons comprendre que nous n’avons rien de commun avec eux.
Expliquons-nous sur
ce point avec beaucoup de vigueur mais n’oublions pas, pour autant, que ce sera
un travail de longue haleine.
Deux mots encore
sur la gauche pour dire nettement que nous n’avons rien de commun avec elle. Ni
avec le PS, ni avec le PCF, ni avec qui que ce soit. Ne laissons planer aucun
quiproquo à ce sujet.
La
lutte idéologique est très forte. Chaque jour nous subissons un pilonnage
extraordinaire qui porte sur des points dont on pouvait penser qu’ils ne
seraient pas utilisés avec autant de force. Pensons à la
visite du pape en France et de l’usage scandaleux qui en a été fait. Idem
du dalaï-lama, des jeux de Pékin
etc, etc….
Raison
de plus pour utiliser bien mieux les moyens de propagande dont nous disposons
et d’en créer de nouveaux. Posons-nous la question : le moment n’est-il
pas venu de donner à notre site une
bien plus large audience ? Nous comptons aujourd’hui plusieurs
camarades qui peuvent – qui doivent- participer plus étroitement à sa tenue
ainsi qu’à la confection de notre matériel de propagande.
On peut penser
qu’il va devenir plus difficile à la CFDT et aux autres organisations syndicales
franchement réformistes, de
s’opposer aussi nettement qu’elles le font aujourd’hui, à l’expression plus
forte du mécontentement des salariés en général et de leurs adhérents en
particulier. L’action des postiers de ce mardi reflète cette situation.
« Forte, a dû reconnaître « Le Figaro » de mardi – la
mobilisation n’est pas pour autant spectaculaire ». Certes, mais qui
s’attendait à un grand mouvement spectaculaire ? Personne de sérieux!
Reste que son ampleur a surpris tous ceux, y compris les dirigeants syndicaux,
qui pensaient pouvoir « négocier » tranquillement avec le capital.
Les syndicats se sont réunis mercredi
pour envisager des suites au mouvement. Lesquelles ? Ils n’ont pas fixé de
date pour une autre journée nationale d’action. Une autre rencontre aura lieu
dans les deux semaines qui viennent. D’ici là les syndicats veulent se
« concentrer » sur la mise en place d’une « commission »
(une de plus) annoncée par Sarkozy lui-même. « Quand je veux enterrer un
problème, je crée une commission » avait déjà dit Clémenceau, il y a un
siècle !
Faisons connaître
aux postiers notre position. Il ne s’agit pas de se faire piéger une fois de
plus dans de nombreuses et interminables « discussions » de sommet,
faites uniquement pour noyer le poisson. Il faut dès maintenant élargir et
prolonger l’action du 23. Si l’action se renforce encore nous mettrons le
pouvoir en échec. La lutte unie de la masse des
postiers est la clé du succès. C’est vrai pour les postiers, c’est vrai pour
tous les travailleurs.
Adressons-nous
également à ceux qui sont proches de notre position politique. Disons-leur que
tant que ce régime existera nous devrons lutter contre l’exploitation
capitaliste. C’est donc ce régime lui-même qu’il faut abattre. Nous avons créé
COMMUNISTES pour mener ce combat avec eux. Le
moment est venu d’engager le dialogue avec des camarades de travail,
discussions avec un ou deux camarades, d’organiser de petites réunions et, partout
où c’est possible, des réunions au niveau d’une entreprise. La période s’y
prête.
Ce
que le capitalisme prépare pour l’année prochaine dans notre pays ne manquera
pas de susciter une montée du mécontentement qui pourra se traduire par une
montée des luttes.
Tenons-nous très
proches d’un lieu de travail,
d’une entreprise, d’un établissement d’enseignement dès que nous savons qu’il
s’y passe quelque chose. Cela se produira dans beaucoup d’endroits où jusqu’à
présent, nous n’étions jamais intervenus. Avons-nous les moyens de suivre de
plus près, à la base, les actions qui s’engagent, sous une forme ou une autre,
dans tel ou tel endroit ? La réponse est oui. Prenons donc les
dispositions nécessaires pour le faire et pour cela tournons plus directement
notre activité dans ce sens. Ces
dernières semaines, nos camarades étaient sur place, en liaison avec les
responsables syndicaux de Goodyear à Amiens Nord. Ils ont apporté aux
travailleurs leur aide et leur solidarité. Ils ont du même mouvement fait
connaître et apprécier notre parti. Lors de la grève des postiers de mardi, nos
camarades de COMMUNISTES étaient présents dans beaucoup d’endroits, à Paris et
ailleurs.
Le
moment n’est-il pas venu d’établir, partout où nous le pouvons, et c’est
possible dans beaucoup d’endroits, un plan de travail visant à entrer en
contact et à nouer des liens avec une entreprise ? Nous savons tous
ici que le mieux est l’ennemi du bien. Avançons donc suivant nos possibilités,
mais avançons partout. L’entreprise est notre priorité.
Nous savons que les
dirigeants de la CGT tirent cette confédération vers des positions réformistes
de plus en plus proches de celles de la CFDT pour ne citer qu’elle. Vis-à-vis
de la CGT, dont beaucoup d’entre nous sont membres, notre position est nette :
nous faisons connaître partout notre opinion de syndicalistes guidés par
l’unique souci que l’action pour la défense des salariés se développe. Ce
qui se passe actuellement nous ouvre des possibilités plus larges pour être
entendus.
Quand B. Thibault
déclare avant-hier au Zénith à Paris devant 5.000 militants de la CGT :
« La
capitalisme financier n’est qu’un des aspects du capitalisme qui accumule des
profits colossaux, privatise les richesses et qui en cas de difficultés,
demande à l’Etat de voler à son secours en nationalisant ses pertes ».
Quand il dit : « Il faut livrer bataille, construire la riposte
sociale » dans les entreprises, les territoires, nationalement, empêcher
la privatisation de la Poste et de la santé, aller au bout avec les sans papiers
et bien sûr augmenter les salaires. La CGT propose, dans ce cadre de porter
immédiatement le SMIC à 1.600 euros,
créer les conditions pour que « ce soient les revendications des salariés
et non celles du patronat qui occupe le devant de la scène ». Emparons
nous de ces déclarations pour développer l’action.
C’est l’intérêt de
tous les travailleurs que la
CGT redevienne le grand syndicat
de lutte de classe qu’elle aurait dû rester.
Certains – dont
nous ne sommes pas – ont créé des organisations groupusculaires comme par
exemple « Continuer la CGT », embryon parait-il d’un nouveau syndicat
dit « de classe ». Outre le fait que les animateurs de ces groupes ne
sont pas fiables, l’essentiel est que c’est la porte ouverte aux gauchistes et
autres révolutionnaires de la phrase, qui rêvent de s’emparer du mouvement
syndical, au nom de la lutte des classes bien sûr ! Raison
de plus pour les camarades de « COMMUNISTES » de militer dans la CGT
qui est leur syndicat et de s’opposer à ces manœuvres.
Cela dit
COMMUNISTES n’est pas un « super-syndicat » dont l’activité se
bornerait à organiser la lutte contre l’exploitation capitaliste. L’état actuel
du mouvement syndical, et hélas de la CGT, nous oblige à suivre son évolution
de près et de prendre position si nécessaire, mais ce qui reste essentiel pour
nous, c’est que l’action du peuple contre le capitalisme lui-même grandisse,
qu’elle grandisse pour l’abattre et le remplacer par un nouveau régime, le
socialisme.
La
situation économique en France est de plus en plus dépendante non seulement de
ce qui se passe dans la Communauté Européenne mais également de ce qui se passe
dans un monde où les évènements s’enchaînent rapidement.
Prenons
la crise américaine : « Les Echos » de lundi titrent
« Crise : le monde est suspendu au sauvetage américain ».
Jacques Cossart, J.M. Harribey, Dominique Plihon sont économistes, membres du
Conseil scientifique d’ATTAC. Ils viennent d’écrire dans le journal « Le
Monde », sous le titre « Les régulations traditionnelles n’ont pas
résisté à la crise financière. Il faut s’attaquer à la racine du
mal » :
« La libre
circulation des capitaux, le développement des marchés à terme portant sur les
produits dérivés, les politiques de dérégulation menées par les Etats sur leur
territoire national ou bien dans un cadre communautaire comme en Europe et les
facilités de crédit accordées au système financier pour participer aux
restructurations gigantesques de l’appareil mondial, ont multiplié les
secousses financières. Crise mexicaine (1995), asiatique (1997), russe (1998),
argentine (2001), crise de la nouvelle économie (2000), crise des
subprimes (2007) se sont succédé, une bulle chassant l’autre … Plus il se
rapproche de sa « pureté » théorique analysée par MARX (le surplus de
la valeur pour l’actionnaire et rien que pour lui), plus il accroît le risque
de délitement des sociétés et éloigne la perspective de régulation de la
planète. Jamais nous n’avons été
aussi proches du franchissement des limites, au-delà desquelles le saut dans
l’inconnu pourrait être catastrophique. Contenir la crise financière, non,
c’est trop tard. Faire reculer l’emprise de la finance qui en est la source, il
est plus que temps ». Tous parlent de « crise financière » mais
qu’y–a-t-il derrière cette crise ? Il y a la crise du capitalisme
lui-même. Sarkozy, Madame Parisot, le PS, les compères américains Mc Cain et Obama et bien
d’autres encore, parlent de « moraliser » le capitalisme. Si c’était
possible, d’autres l’auraient déjà fait. L’ennui c’est que personne n’y est
parvenu !
Des avoirs
financiers équivalents au quart du PIB mondial, soit près de 15.000 milliards
de dollars, sont entre les mains de seulement 100.000 personnes. Et encore dans
ces 100.000, combien ne sont que de pâles comparses ? (si l’on peut
dire !).
J’indique
au passage que nous avons la possibilité de mettre en route un groupe de
recherches économiques composé de camarades économistes et d’autres qui sont
intéressés par ces questions. A nous d’en prendre la décision.
Revenons à la crise
américaine pour indiquer que déjà, à l’étape actuelle 700 milliards de dollars vont être consacrés par l’Etat à
acheter des créances immobilières détenues par des banques, y compris des institutions
étrangères établies aux Etats-Unis. C’est plus que les budgets US cumulés de la
défense, de l’éducation et de la santé. 700 milliards de dollars c’est bien
plus que le budget national français ! Cette somme énorme est ainsi
offerte aux banquiers US ! Facture pour chaque américain : 2000
dollars soit 1300 euros !
Revenons
en France pour rappeler qu’en 2006, deux millions de
ménages soit quatre millions de personnes vivaient en dessous du seuil de
pauvreté alors qu’ils avaient un emploi. Quel est le seuil officiel de
pauvreté ? 880 euros pas mois pour une personne seule, 1320 euros pour un
couple, 1580 euros pour un couple avec un enfant, 1140 pour une famille
monoparentale avec un enfant
Combien
sont-ils aujourd’hui ? A leur nombre, il faut ajouter les millions de
sans-emploi, ce qui fait au total un habitant de la France sur 8 !
En
Europe comme dans le monde, les concentrations s’accélèrent. EDF vient
d’acheter British Energie. Il s’agit, dit la presse financière, d’une offensive
de grande envergure, surtout après l’émergence du nouveau géant GDF-Suez. La
Grande-Bretagne est l’un des grands pays ciblés par EDF dans le cadre de son
développement international. Concentration également dans les transports,
l’énergie etc… L’Europe et la planète toute entière sont devenues un immense
marché, une foire d’empoigne, le lieu d’un affrontement permanent qui va encore
s’aggraver. Que devient l’intérêt national ?
Domination
économique qui ne se conçoit pas sans la domination militaire et politique. La raison fondamentale,
finalement la seule vraie raison qui soit à l’origine de ce qui se passe
aujourd’hui dans le monde est là ! qu’il s’agisse de la Géorgie, de
l’Afghanistan, de l’Ukraine… Qu’il s’agisse de ce qui se passe en Chine, en
Inde, en Iran, en Amérique du Sud ou en Afrique, il
faut avant tout examiner toutes ces questions à partir des rivalités inter-impérialistes
et de leur opposition totale à l’émancipation des peuples
où qu’ils soient.
Nous sommes payés
d’expérience pour savoir que ce sont les peuples qui font les frais des
rivalités et affrontements intercapitalistes.
Aujourd’hui
il est facile de voir que ce sont les impérialistes US et européens qui
agressent de diverses façons leurs rivaux, russes et chinois en particulier,
pour tenter d’établir sur eux leur domination. C’est clair pour
ce qui s’est passé en Géorgie, ça l’est pour ce qui se passe en Afghanistan,
c’est vrai pour ce qui s’est passé en Chine à propos du Tibet et des jeux olympiques.
C’est vrai à propos de l’Iran etc… On imagine mal les dirigeants US et
européens (socialistes compris) luttant pour défendre le droit des peuples à
disposer d’eux-mêmes ! Par exemple, il est facile de voir que ces
dirigeants s’accommodent de plus en
plus mal de voir l’Amérique du Sud – qu’ils ont toujours considéré comme leur
arrière cour- manifester, à des degrés divers certes, leur volonté de
s’émanciper de la tutelle américaine.
C’est ainsi que Evo
Moralès peut compter sur l’axe formé par Caracas, Cuba, le Nicaragua voire
l’Equateur. L’Argentine de Kirchner et le Brésil de Lula lui ont aussi apporté
leur soutien. Et même la présidente chilienne Michelle Bachelot. Une réunion
des nations sud-américaines (UNASUR) s’est tenue pour soutenir les efforts du
gouvernement bolivien. Certes ni Bachelet ni Lula n’envisagent de remettre en
cause leurs relations avec les Etats-Unis. Mais ils tiennent avant tout à la
stabilité de la région. Et celle-ci passe par des partenariats solides avec les
producteurs d’énergie que sont la Bolivie et surtout le Vénézuela.
L’Assemblée
générale des Nations Unies s’est ouverte lundi à New-York sur de fortes
oppositions avec les impérialismes US et européens d’un côté et les pays en
voie de développement appuyés par la Chine et la Russie de l’autre. A l’ONU, « on est sur
la défensive » constate un diplomate occidental. Il note « une montée
des non-alignés, avec des pays comme l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud qui
veulent avoir toute leur place et se sentent frustrés ».
…La notion
fondamentale d’universalité des droits de l’homme, telle que la conçoivent les
occidentaux, est contestée par des blocs de pays. L’organisation de la
Conférence islamique, qui regroupe 56 états au sein de l’ONU, constate que
« seuls trois pays à dominante musulmane, l’Afghanistan, la Bosnie et la
Turquie, figurent parmi les alliés fermes des Européens lors des votes à
l’ONU ». Les positions de la Chine et de la Russie trouvent des appuis
croissants, passant de moins de 50% des votes au sein de l’ONU dans la décennie
90 à 74% aujourd’hui.
Répétons
que nous ne serons jamais les soutiens des impérialismes qu’ils soient russes,
chinois ou autres. Constatons tout simplement qu’aujourd’hui les
impérialismes agresseurs sont ceux des USA et de l’Europe et tirons-en comme
nous venons de le faire, les conclusions qui s’imposent pour la période
présente.
Dans tout ce que nous allons dire et écrire
sur cette question, mettons fortement en avant que la paix mondiale est menacée
comme elle ne l’a jamais été depuis 1945. La lutte pour défendre la paix doit
devenir un grand objectif.
Dans une situation
nationale, européenne et internationale aussi complexe qu’elle l’est
aujourd’hui, laisser aux seuls médias le soin d’apporter leurs explications,
c’est abandonner l’opinion toute entière aux mains du capital, variante de
droite ou de gauche. Nous savons bien que ce n’est pas du jour au lendemain que
nous parviendrons à retourner la situation. Mais
déjà nous pouvons prendre et développer des initiatives pour porter plus haut
nos explications. Nous sommes les seuls en France à pouvoir le faire
correctement, on compte sur nous. Plus les évènements et les
situations apparaissent compliqués, plus les médias les compliquent à dessein
et plus il est indispensable de revenir aux fondamentaux, à partir des notions
marxistes de base en dehors desquelles il est impossible d’y voir clair. Chaque
adhérent de « COMMUNISTES » se doit aujourd’hui de participer à un
stage de base d’éducation marxiste. Notre efficacité en dépend. Non
seulement pour être nous-mêmes
mieux en mesure d’évaluer justement un évènement ou une situation mais
aussi pour convaincre de façon plus efficace ceux et celles que nous pensons
pouvoir gagner à notre combat.
Car
aujourd’hui la grande question pour nous est celle-là : Comment franchir
une nouvelle étape de notre développement à partir des possibilités nouvelles
que nous avons créées ?
Au stade actuel de
notre développement, les adhésions se font une par une, grâce au contact que
nous pouvons avoir avec des camarades de travail, des amis, des connaissances,
avec la famille. Il n’est pas question de dire que l’adhésion à COMMUNISTES va
de soi ! Mais on est parfois surpris quand une situation nous pousse à
être audacieux.
Comment
améliorer de beaucoup les résultats actuels ? Discutons largement de cette
question.
Adressons nous en
priorité à celles et ceux qui sont les plus sensibles à ce que nous proposons.
Ils sont nombreux, parfois plus nombreux qu’on ne le pense. C’est à eux d’abord
que nous montrons qu’il y a en France les moyens financiers, économiques, de
développer une grande politique
économique et sociale (je ne développe pas, dans le rapport au congrès nous avons évoqué toutes les
revendications et la possibilité de les satisfaire. Il est évident qu’il faut y
revenir dans notre argumentation quotidienne).
Cher (e) s
camarades,
A
partir de votre expérience personnelle et des responsabilités que vous pouvez
avoir dans le mouvement social, dites aujourd’hui comment s’est effectuée cette
rentrée, comment les salariés et le peuple vivent la situation présente. Quels
sont les obstacles qu’il faut surmonter, que pouvons-nous faire concrètement
aujourd’hui pour avancer plus vite ? Notre Comité National est composé de
camarades qui, sur la base de leur propre expérience, ont beaucoup d’opinions à
exprimer. Faites-le c’est indispensable à notre réflexion commune.
Les élections
européennes auront lieu en 2009. En 2010 ce seront les régionales. Participer à
la bataille politique de ces élections est pour nous un moyen extraordinaire
d’assurer le rayonnement de notre parti.
Ce qui peut freiner
notre participation c’est la seule question de leur financement. Toutes les
autres : établissement des listes de candidats, intervention auprès des
médias etc…. seront assez
facilement résolues. Le seul grand obstacle à surmonter c’est l’argent.
Nous devons donc
dès aujourd’hui examiner ensemble comment y parvenir. Nous
avons besoin de centaines de milliers d’euros car vous le savez, notre
activité, fort heureusement, est loin de se limiter à ces futures campagnes
électorales.
Une
nouvelle souscription nationale qui ira jusqu’à fin décembre est lancée. Il
faut évidemment donner des carnets
à tous nos adhérents, faire un plan de travail pour nous adresser dans chaque
département à des centaines de salariés dans les entreprises, les
établissements scolaires, aux sympathisants dans les quartiers. Leur demander
leur soutien financier sera l’occasion de multiples discussions politiques. En
même temps il faut nous adresser particulièrement à celles et ceux qui peuvent
nous faire des dons plus importants.
Il
faut beaucoup d’argent, nous devons, nous
pouvons en recueillir beaucoup.
Voilà chers
camarades les questions que j’étais chargé par le Bureau National d’évoquer en
cette rentrée. A vous la parole
Recommander ce document à un ami
http://www.sitecommunistes.org