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Comité National 27-11-2004 – rapport introductif

 

Le capital attaque aujourd’hui en profondeur dans tous les domaines : salaires, pensions, protection sociale, emploi, enseignement, droits…

16 ans après l’écroulement de l’URSS, les changements déjà énormes, s’amplifient encore. Le capitalisme réorganise le monde pour trouver de nouvelles sources de profits. De grands ensembles capitalistes s’organisent et la concurrence devient nettement plus vive.

Le capitalisme français est contraint de s’y adapter et de le faire le plus vite possible pour ses intérêts. Ce qui a été fait depuis deux ans en témoigne.

La réforme des retraites votée en 2003 est aujourd’hui poussée plus loin vers l’instauration de la retraite individuelle payée par le salarié. L’épargne retraite lancée par FABIUS en 2001, complétée par la loi FILLON d’août 2003, représentera 150 milliards d’euros d’ici 15 ans disent les établissements financiers eux-mêmes. Le budget actuel des retraites représente 200 milliards d’euros, l’équivalent de 70% du budget de la France.

Devant le tollé suscité par le décret d’août dernier durcissant les conditions d’attribution de la pension de réversion, J.P. RAFFARIN a fait marche arrière. Pour combien de temps ? Il faut savoir qu’aujourd’hui, 60% des retraités ont des pensions inférieures à 900 euros mensuels.

La Sécurité Sociale. La réforme telle qu’elle est, est déjà jugée insuffisante. D’autres mesures sont nécessaires. La loi de financement 2005 (qui représente un budget aussi élevé que celui de l’Etat) a fixé l’objectif de réduire les dépenses publiques en faisant payer assurés : augmentation du forfait hospitalier, augmentation de la CSG, 1 euro par consultation, baisse des remboursements, 850 millions d’euros d’économies sur trois ans réalisées par les hôpitaux etc… Tout cela n’est qu’un début, la voie est désormais ouverte pour de nouvelles augmentations. Pour aller plus loin, le gouvernement a nommé un super directeur à la caisse du régime général maladie. Il s’agit du directeur de cabinet du Ministre de la santé, qui vient de chez AXA. Une « haute autorité de santé » sera chargée de prendre des mesures immédiates en cas de dépassement des dépenses.

Et tout naturellement, les assurances et les mutuelles annoncent des augmentations considérables allant jusqu’à 10%. Déjà en 2004 elles ont augmenté de 3 à 15%

MEDEF et Gouvernement continuent de casser le code du travail. La réforme du licenciement qu’ils annoncent, vise à donner en toute impunité au patronat le droit de disposer des salariés quand bon lui semble.

En même temps on nous sort le rapport CAMDESSUS (ancien directeur général du FMI et ancien gouverneur de la Banque de France) commandé par N. SARKOZY en mai dernier. Il s’inscrit directement dans la politique du gouvernement, au service du modèle capitaliste français. Il préconise :

*De remplacer les CDI par un contrat de travail d’une durée variable selon les besoins ( par exemple, 5 ans), de flexibiliser la durée hebdomadaire du travail, de faciliter les suppressions d’emplois.

*D’abaisser le niveau du SMIC jugé trop élevé.

*D’instaurer sans restriction le travail des retraités.
*De réduire considérablement les dépenses publiques et de ne remplacer d’un départ à la retraite sur trois dans le secteur public pour les cinq prochaines années.

Comme si cela ne suffisait pas, un nouveau rapport commandé par BOORLO et SARKOZY reprend les idées de Camdessus et ajoute deux volets :

*Il préconise la baisse des indemnités chômage car dit-il, le taux de reprise de l’emploi a tendance à augmenter fortement à l’approche de la fin de la période d’indemnisation.

*De lever les « barrières réglementaires » pour « dynamiser » l’emploi dans certaines professions trop réglementées : la grande distribution, les hôtels, les cafés, les taxis etc…

Le plan BOORLO présenté comme la solution d’avenir pour l’emploi, le développement massif des emplois de service à la personne. Son objectif : 500.000 en trois ans. L’avenir pour l’emploi, pour les jeunes : des petits boulots payés au SMIC ou en dessous. Ainsi l’avenir pour la France n’est plus le développement industriel, mais le développement des boulots sans qualification !

Parallèlement, la fin du monopole de l’ANPE est décidée. Elle sera mise en concurrence avec le privé. Deux expériences sont en cours pour 6000 chômeurs à Lille et Rouen et 150 en Région parisienne. Deux cabinets, l’un Australien et l’autre Néerlandais vont être chargés de reclasser ces chômeurs. L’opération va coûter cher à l’UNEDIC. On annonce qu’elle versera à ces cabinets, 2800 euros par chômeur au moment de la prise en charge et 1500 après son embauche. Le reclassement exigé signifie CDI ou CDD de plus de 6 mois, à 12 heures minimums par semaine. Ils seront aidés par la loi qui contraindra les chômeurs à accepter n’importe quel emploi sous peine de perdre ses indemnités !

L’objectif central de tout ce qui se met en place : c’est que tout doit tourner autour de l’entreprise pour assurer sa rentabilité. Il faut « dégager la route » pour que le capital puisse aller encore plus vite : salaires, emploi, protection sociale, retraites, statuts, code du travail. Il faut tout privatiser, tout individualiser, briser les réflexes collectifs, syndicaux etc…etc…

Après la privatisation de France-TELECOM, le gouvernement a ouvert de capital d’EDF, il veut accélérer la privatisation de La Poste, il vient d’accélérer celle de la SNECMA en la fusionnant avec la SAGEM, il a mis sur le marché les autoroutes Paris-Rhin-Rhône et il s’apprête à privatiser le nucléaire en ouvrant le capital d’AREVA.

Le rapport THELOT sur l’enseignement remis au gouvernement le 12 octobre, vise à adapter de façon plus directe l’école ( l’enseignement, les personnels) aux besoins du capitalisme français, dans une structure régionale adaptée à l’Europe capitaliste.

Par ailleurs, le journal « Les Echos » annonce que les Universités et les Grandes Ecoles si elles veulent rester dans la compétition internationale, vont devoir (avec la bénédiction du gouvernement) faire appel à des fonds privés, des fonds investis par les entreprises qui bénéficieront d’une réduction d’impôt égale à 60% du montant de leur versement. Les entreprises s’assureront ainsi la mainmise sur les formations supérieures, sur l’établissement des programmes et donc sur celle de leurs futurs cadres étroitement adaptés à leurs besoins.

Avec la décentralisation qui permet la casse du cadre national des services publics, donc de casser les statuts des personnels (déjà les personnels ATOS de l’enseignement, les services de l’équipement sont décentralisés), de privatiser. Les transferts de charges aux collectivités vont accroître les impôts locaux. Ils ont déjà augmenté en moyenne de 4,6% en 2004, on parle d’une moyenne de 10% pour 2005... Bien entendu les présidents de régions socialistes (21 sur 22) n’appellent pas les populations à se battre, ils se contentent de répercuter les augmentations gouvernementales sur le dos de leurs administrés.

Le budget de l’Etat 2005 réduit de façon drastique la dépense publique pendant qu’il allège encore les impôts sur les sociétés. Le gouvernement bloque les salaires des fonctionnaires, il voudrait individualiser les salaires, installer le salaire au mérite.

En France, la pauvreté s’accroît, d’abord dans les quartiers populaires. Le premier rapport de l’observatoire national des zones urbaines sensibles, constate que 32% des locataires HLM de ces zones sont démunis, contre 18% sur le reste du territoire. Le taux de chômage y est de 20%. En 2003, un tiers des 20 – 30 ans étaient sans travail ni formation.

La situation du peuple continue de s’aggraver. C’est vrai en France, ça l’est aussi ailleurs. Partout les peuples subissent cette offensive capitaliste, parce que c’est une course capitaliste européenne et mondiale pour faire baisser le coût de la force de travail. Il faut tout tirer par le bas. Une grande cible du gouvernement sont les dépenses publiques qu’il faut réduire toujours plus.

Je donnerai un seul exemple qui illustre la même situation dans les autres pays : les salariés allemands qui avaient jusque là un niveau de vie assez élevé, reculent à vive allure. Des dizaines de milliers d’emplois sont supprimés, OPEL, Général Motors, Siemens, 60.000 emplois détruits au premier semestre 2004, les augmentations des horaires de travail sans augmentation de salaire, la réduction des primes, Wolkwasgen qui veut réduire ses coûts de 30% d’ici 2011, Siemens et la Général Motors de même, les grands magasins gèlent les salaires pour trois ans… Le gouvernement socialiste de SCHROEDER après avoir réformé les retraites et la Sécurité Sociale, annonce l’augmentation du temps de travail pour les fonctionnaires fédéraux (40h. par semaine au lieu de 37 1/2), la réforme du mode de rémunération. Il n’y aura plus d’avancement à l’ancienneté mais aux performances, Idem pour l’attribution des primes et il parle de réduire le nombre de fonctionnaires de 150.000.

 

L’Europe capitaliste s’élargit et s’organise pour se donner plus de moyens de renforcer l’exploitation des peuples qui la composent. Elle a été créée, faut-il le rappeler une fois de plus, dans ce but. Depuis 1967 date du traité de Rome, instituant la communauté économique européenne, elle n’a cessé d’évoluer dans ce sens. Son but c’est la libre circulation des hommes, des marchandises, les fusions, acquisitions, selon les besoins capitalistes. Libre circulation des capitaux, des sièges d’entreprises là où le taux de profit à en retirer est le plus élevé.

Le pouvoir économique, militaire, est entre les mains des capitalistes. Aujourd’hui les capitalistes avec les gouvernements qui les représentent, franchissent une nouvelle étape. On voit mieux aujourd’hui que les nations sont un frein au renforcement de la domination capitaliste européenne, la souveraineté nationale est un handicap, il faut s’en libérer.

En France les différents gouvernements ont travaillé à la mise en place des régions. La décentralisation en cours est conçue dans cet objectif. La création officielle de la première Euro-Région Pyrénées-Méditerrannée, initiée par deux présidents socialistes français et trois espagnols, qui aura son siège à Bruxelles, est une première étape qui sera suivie d’autres rapidement.

La Constitution européenne doit être placée dans ce cadre. Elle est l’émanation de l’Europe capitaliste et un élément dans la poursuite de sa construction. C’est pourquoi nous dénonçons ceux bien entendu qui disent OUI à la constitution mais nous dénonçons aussi ceux qui entraînent les gens sur des fausses pistes, qui voudraient faire croire qu’en quelque sorte, tout dépendrait de cette constitution, qu’il suffit de dire NON pour que la voie soit ouverte et permette de construite une Europe « sociale ». Dire NON à la constitution « pour construire l’Europe car nous avons besoin de l’Europe » comme l’écrit un appel de dirigeants du PS, PCF, LCR, ATTAC, J. Bové… c’est être aussi pour l’Europe capitaliste.

Cette Europe ne peut pas être sociale. Elle a été conçue par le grand capital, c’est lui qui la dirige par l’intermédiaire des gouvernements dans l’alternance        droite – sociaux-démocrates. C’est contre l’Europe capitaliste qu’il faut continuer de développer la lutte. Nous devons être clairs là-dessus.

Nous appellerons à voter NON au référendum comme un acte de lutte contre l’Europe capitaliste. La pétition que nous éditerons pour la campagne, nous aidera à organiser la discussion dans les entreprises et les quartiers sur la seule base qui soit juste.

 

Je veux maintenant m’arrêter sur quelques questions concernant la situation internationale.

Les élections américaines. Nous savions bien que quelque qu’ait été l’élu, BUSH ou KERRY cela ne changerait rien à la marche du monde. Tous les deux sont des représentants du capital, chargés chacun avec sa méthode de défendre ses intérêts aux USA et de servir l’impérialisme dans le monde. Le peuple américain n’avait qu’un choix : aller voter pour une seule politique ou ne pas voter. D’ailleurs, 44% des électeurs ne sont pas allés voter (plus de 62 millions) essentiellement dans les zones populaires. Aucun média n’en a parlé et pour cause. Un  président élu avec 1/3 des électeurs seulement, cela aurait mérité un commentaire. La fracture sociale s’élargit de plus en plus aux USA comme en Europe, 40 millions d’américains vivent au-dessous du seuil de pauvreté, 45 millions n’ont pas de couverture sociale, alors que parallèlement les profits des sociétés d’assurances et des sociétés de soins ne cessent d’augmenter. Un sujet que nous connaissons bien.

La Palestine. Y. ARAFAT est décédé il y a un peu plus de deux semaines. Evidemment son décès a fait redoubler les spéculations de ceux qui voudraient imposer définitivement une paix américaine. La situation en Palestine est explosive parce qu’on ne peut pas impunément imposer à un peuple par la force, le joug d’une puissance étrangère. Nous l’avons dit, la paix passe par l’indépendance et la liberté de la Palestine, par la création d’un Etat palestinien. Cela exige l’évacuation de tous les territoires palestiniens par Israël.

Le gouvernement français doit arrêter d’agir comme il agit. Michel BARNIER, Ministre des affaires étrangères, est allé fin octobre en Israël assurer SHARON du soutien de la France au moment ou Israël lançait ses chars et ses troupes dans la bande de GAZA. J. CHIRAC et le gouvernement doivent condamner clairement Israël et agir pour que soit mis fin à la colonisation de la Palestine.

En IRAK on voit ce qu’est le résultat de la guerre d’agression américaine. En fait de liberté et de démocratie, l’armée américaine massacre des populations comme à Falloudja, au nom de la lutte contre le terrorisme... Une conférence Internationale sur l’IRAK à la demande des USA, comprenant l ‘ONU, l’Union Européenne, l’OCI (organisation de la conférence islamique) et le G8, s’est tenue les 22 et 23 de ce mois. Elle a abouti, comme prévu, à cautionner la politique des USA. Les participants réaffirment leur soutien aux élections de janvier 2005 préparées par les USA, qui vont élire ALLOUI un homme à la solde des américains. « C’est un message d’unité » a pu dire C. POWEL. D’ailleurs à Londres la semaine dernière, J.CHIRAC a déclaré qu’il fallait tourner la page irakienne. Les intérêts capitalistes se rejoignent toujours. Le peuple irakien continue de subir les destructions, les massacres, la misère.

Depuis les élections présidentielles du 21 novembre en UKRAINE, des manifestations, des affrontements, opposent des populations. On nous présente cela comme une réaction à des fraudes électorales, comme l’expression d’une opposition irréductible des deux parties d’un pays coupé en deux. D’un côté de par son histoire la partie pro-Russe, de l’autre des populations pro-européennes.

Qu’y a-t-il en réalité derrière ces évènements ? L’Ukraine, près de 60 millions d’habitants, est riche en ressources, l’acier, le pétrole, traversée par des oléoducs qui approvisionnent l’Europe en gaz et en pétrole russe (un pays donc hautement stratégique), qui de plus a des terres très fertiles. Derrière la situation d’aujourd’hui il y a les rivalités économiques des multinationales américaines, d’Europe occidentale, celles de la Russie etc… Toutes les affirmations sentencieuses des médias ne sont qu’un voile de fumée qui sert à camoufler ce qui se passe réellement : les rivalités impérialistes à l’œuvre.

La Côte d’Ivoire. Le gouvernement relayé par les médias nous présente les évènements de Côte d’Ivoire d’une façon très simple, trop simple. La France généreuse sous mandat de l’ONU envoie ses soldats pour maintenir la paix entre le gouvernement GBAGBO et ceux qu’ils nomment les « rebelles ». Et voilà qu’on s’en prend à nos soldats, aux familles françaises qu’on pille, qu’on menace etc…etc… Alors rassemblons-nous pour défendre les nôtres et imposer la paix.

Qu’en est-il ? Pour résumer, on peut dire, qu’en Côte d’Ivoire, comme dans d’autres pays d’Afrique, derrière les conflits, les guerres tribales, il y a les intérêts des grands empires capitalistes, à la fois hérités du colonialisme et qui se sont installés depuis. Empires capitalistes qui s’affrontent pour exploiter les richesses, le pétrole, le caoutchouc, le cacao en Côte d’Ivoire, le gaz, pour dominer à leur profit le développement économique aujourd’hui mais aussi de demain de l’Afrique. Le capitalisme français est très implanté en Côte d’Ivoire : 240 filiales, 600 sociétés. La France c’est 68% des investissements étrangers dans ce pays. Les USA à leur tour s’installent progressivement en Afrique, Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest. D’autres pays commencent à s’intéresser à l’Afrique. Il y a aussi l’Afrique du Sud qui veut accroître ses profits en Afrique et bien sûr les dirigeants ivoiriens comme Gbagbo dont le rôle, probablement secondaire, n’est pourtant pas à négliger. On retrouve là les effets de la concurrence capitaliste, pendant que les populations qui vivent misérablement en font les frais.

On peut constater une fois de plus à propos de ces évènements, que la politique extérieure de J. CHIRAC est uniquement dictée par les intérêts capitalistes.  Il cherche à apparaître comme proposant des solutions aux problèmes du monde, comme se préoccupant des intérêts des peuples. Il ne faut pas s’y tromper et comme le font unanimes les partis politiques français du PCF à la droite, faire l’union sacrée derrière CHIRAC comme ce fut le cas à propos de la Côte d’Ivoire. Tous gomment le capitalisme, sa politique. Chirac fait à l’extérieur la même politique qu’en France, celle des capitalistes. Il faut faire la clarté sur la politique extérieure de la France. Personne d’autre que nous ne le fera.

 

La Bataille idéologique :

Tous ceux qui directement ou indirectement défendent les intérêts capitalistes, font un énorme effort idéologique. Ils ont tous les médias à leur disposition, radios, presse nationale et régionale, télévisions. Nous pouvons constater sur chaque question comment ils fabriquent, comment ils conditionnent l’opinion, comment ils l’orientent.

*Ils décident les sujets sur lesquels il faut parler (vous pouvez écouter les radios, regarder la une de tous les journaux, regarder les journaux télévisés) Idem partout. Par exemple ces dernières semaines, les informations sont remplies par les élections américaines, la Côte d’Ivoire, l’Irak, l’Ukraine, les démêlés au PS sur la constitution européenne, le sacre de Sarkozy, etc…

*Ils n’hésitent pas à falsifier les faits, martèlent les mêmes idées, balaient tout le terrain. Je vous rappelle quelques exemples :

Les élections américaines. La soi-disant opposition Bush-Kerry, comme si le sort du monde allait changer selon que ce soit l’un ou l’autre.

La mort d’ARAFAT. Les spéculations orientées. Empoisonné ou pas ? Arafat était un frein à la Paix, sa disparition permettra un rapprochement entre Israël et la Palestine.

La côte d’Ivoire. Un seul son. On s’attaque aux français, ces pauvres installés là-bas qui y ont fait leur vie. Il faut les sauver.

La constitution européenne. On déplace la question centrale. La constitution est le centre et on nous abreuve des démêlés au PS.

On prépare la présidentielle. On nous abreuve depuis une semaine du sacre de SARKOZY à la tête de l’UMP et du référendum au PS dont dépendrait l’avenir de la France. « Libération » l’a résumé lundi ainsi, je cite « 2007 c’est dans 10 jours. Le 2 décembre au matin (lendemain de la désignation de Sarkozy et du référendum PS) le paysage de la prochaine compétition présidentielle apparaîtra dégagé ».

Citons encore : - Sécurité sociale : les Français consomment  des médicaments à tort et à travers ; les fonctionnaires sont privilégiés par rapport au privé, on monte les catégories les unes contre les autres ; les Français ne travaillent pas assez, dans les autres pays on travaille plus. Etc… etc…

 

En face de ce déferlement, on voit bien que notre tâche primordiale est de donner les explications qui sont forcément différentes, uniques sur chaque problème. Nous ne devons évacuer aucune question, montrer  tout ce qu’on  dissimule dont on ne parle pas (j’en ai donné des exemples dans ce rapport), expliquer : pourquoi telle situation, qui est responsable, comment faire autrement… Nous ne devons pas nous laisser détourner des vraies questions, nous laisser emmener sur les chemins où ils veulent nous promener, tomber dans le panneau de la gauche qui proposerait autre chose ou du soutien à Chirac...

Bien entendu nous devons continuer à faire grandir les moyens pour la bataille idéologique à notre disposition : Notre journal qu’on peut reproduire plus largement, distribuer dans les entreprises. Notre site. Nous avançons vers l’objectif d’en faire un hebdomadaire. Nous y mettons déjà plus de textes. Ambitionnons d’en faire une référence politique. Les départements peuvent s’en servir pour s’exprimer sur telle ou telle question. Il y a le matériel,  journaux, tracts, édités par les départements, diffusés dans les entreprises, les quartiers populaires.

 

Quelques mots sur les autres partis politiques. Ils sont tous tournés vers la seule question qui les préoccupe, comment faire pencher la balance de l’alternance de leur côté en 2007 ? Parviendront-ils à s’assurer les premiers rôles lors de la présidentielle ? Pendant que le capital avec le gouvernement cassent tout, les partis politiques manoeuvrent pour se placer, la droite, le PS, le PCF, les Verts, les gauchistes. Ils sont loin des préoccupations des salariés et du peuple.

 

Où en sont les luttes ? Chez celles et ceux qui subissent la politique du patronat et du gouvernement, les reculs sociaux, le mécontentement est énorme, l’inquiétude grandit. Le mécontentement s’exprime dans certaines luttes, des grèves, des journées d’action, sur l’emploi, les salaires, les statuts, les conditions de travail. Il y en a eu ces dernières semaines, chez Total, à La Poste, à l’Equipement, dans des entreprises, jeudi la manifestation des cheminots. Pourtant les luttes sont limitées. Elles sont insuffisantes pour faire reculer le patronat et le gouvernement.

Dans d’autres pays il y a aussi des luttes, par exemple en Allemagne et malgré les syndicats. Mais là aussi elles ont leur limite et sont insuffisantes.

Les salariés et le peuple sont hélas enfermés dans ce cadre d’alternance gauche-droite qui permet au capital de continuer son chemin. Leur mécontentement, leur volonté de lutte auraient besoin d’être soutenus et accompagnés par une bataille politique et syndicale très forte qui n’existe pas.

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Les Syndicats continuent de s’enfoncer encore plus profondément dans la collaboration de classe.

A l’occasion des 40 ans de la CFDT, F. CHEREQUE a confirmé carrément sa ligne réformiste, de partenaire du MEDEF et du gouvernement pour « négocier les réformes indispensables », c’est à dire les reculs.

Syndicats réformistes, FO, la FSU, SUD se comportent de la même façon.

Quant à la CGT. Nous constatons ainsi que nous l’avons dit au dernier CN, une accélération de la dérive réformiste de la direction. L’intervention de la CGT dans tout ce qui est l’analyse des objectifs du capital et du gouvernement, leurs conséquences, comment les repousser, se rétrécit de plus en plus. Elle parle de moins en moins d’opposition de classe. Elle pratique de plus en plus le « dialogue social » avec le patronat, le gouvernement, les pouvoirs publics et signe de plus en plus souvent des accords qui consacrent un recul des droits des travailleurs. Rappelons l’accord sur la formation professionnelle il y a un an.

Récemment, la fédération des Cheminots a signé avec cinq autres syndicats et la direction de la SNCF, un accord sur la prévention de conflits. La presse, les radios, les télés ont parlé de signature historique avec trois vainqueurs : le Premier Ministre, le PDG et le secrétaire général de la CGT. Et les salariés ? Avant d’engager une action, les organisations devront alerter la direction. La phase dite de « concertation » est fixée à 10 jours. Finit le conflit qui peut éclater pour un mécontentement, une revendication. La grève est encadrée par des procédures administratives et syndicales. D’ailleurs une deuxième partie d’accord est en préparation. En cas d’échec de la conciliation, un plan qui précisera les trains devant circuler sera communiqué par voie de presse et dans les gares aux usagers, 24 h. à l’avance. Accréditer l’idée que c’est une avancée pour éviter une loi sur le service minimum est dangereux. Cet accord est déjà l’acceptation du recul du droit de grève et il affaiblit la capacité de riposte des salariés pour défendre les revendications.

Il y a 10 jours, la fédération PTT a signé à son tour avec d’autres syndicats un accord avec la direction du courrier de la poste pour engager un « dialogue social » sur un certain nombre de questions. Sur quoi porte le dialogue ? Sur les orientations industrielles et commerciales qui ont pour but de permettre la privatisation le plus vite possible, la direction a maintenu ses objectifs. L’Assemblée Nationale va d’ailleurs prochainement discuter de la réforme de la Poste et de l’ouverture de son capital. A partir de là, l’accord prévoit des discussions sur cinq points : revalorisation des métiers du courrier, promotion, recrutement, égalité hommes femmes, santé, formation. Personne ne sait ce que la direction veut accorder là dessus. Donc, c’est un chèque en blanc et un quitus au dialogue social façon PDG. Rappelons que La Poste veut supprimer 6000 bureaux. Le PDG qui a tiré les leçons du passé fait un geste en direction des syndicats et du personnel pour les amener sur son terrain et éviter la conflictualité. Il accorde 150 euros pour les plus bas salaires fin 2004 et fin 2005 et il annonce la transformation de 10.000 CDD en CDI (ce qui ne veut pas dire titularisation). D’ailleurs, entre 1994 et 2004 à la Poste, on compte 60.000 fonctionnaires de moins et 52.000 contractuels de plus. Au passage il y a eu 8.000 emplois de supprimés. QUILES Ministre socialiste en 1990 s’y était pris de la même façon pour commencer à démanteler les Télécoms et la Poste. Mais à l’époque, la CGT ne s’était pas comportée comme elle se comporte aujourd’hui !

Enfin, la semaine dernière, on apprend que la CGT Banques a décidé de fusionner avec la CFDT pour créer une nouvelle fédération appelée « Banques et Assurances ». Chacune va faire un congrès de dissolution et dans le premier semestre 2005 aura lieu un  congrès constitutif. Sur qu’elle ligne ? La CGT et la CFDT Banques lancent un appel à la recomposition syndicale. D’après la CGT Banques c’est cela le syndicat rassemblé que veut la CGT.

Je reviens en quelques mots sur la position de la CGT sur l’Europe. Le rôle du syndicat n’est-il pas d’intervenir sur une question aussi fondamentale, de donner une analyse, d’appeler les salariés à intervenir ? Or, je cite une intervention du secrétaire général sur ce sujet. « Les salariés, les adhérents n’attendent pas de nous que nous leur dictions la conduite à tenir, ils attendent des éléments d’information ». Deux dirigeants de la CGT, J. DECAILLON maintenant secrétaire de la CES et D. RETUREAU membre du conseil économique et social de l’Union Européenne et représentant CGT au Bureau International du Travail, dans un article commun dans le journal « Le Monde » écrivent : « les droits fondamentaux incorporés au traité, sont en l’état une ouverture et un  progrès notable dans le droit européen ».

On comprend qu’Edmond MAIRE, ancien dirigeant de la CFDT, explique dans une interview récent au journal « Les échos » que la voie du réformisme progresse et il ajoute à propos de la CGT, qu’elle va dans le bon sens mais qu’il faut lui laisser le temps car elle a son passé et avance pas à pas.

Si nous avons rappelé ces faits, c’est pour qu’on prenne bien conscience du sérieux de la situation, du préjudice que cela porte au développement de l’action nécessaire et pour que nous réfléchissions comment contribuer à faire grandir la prise de conscience que ça ne va pas et comment développer la bataille des militants, des adhérents dans leurs organisations pour un syndicat de lutte de classe. Nous l’avons dit, il y a des militants, des salariés qui veulent un syndicat de classe et qui militent, qui se battent pour que leur syndicat soit cela. Ils ont d’ailleurs des résultats dans leurs entreprises, leur corporation, nous en avons des exemples. Nous devons à la fois jouer notre rôle politique et être avec ceux là dans la CGT, pour lui garder son caractère de classe. Nous aurons une réunion du BN le 8 décembre pour faire le point des questions qui concernent le syndicalisme. Au prochain Comité National nous vous proposons de réserver un moment à cette discussion.

 

J’en viens à « COMMUNISTES »

Tous les évènements actuels soulignent l’importance que nous devons apporter à développer « COMMUNISTES », son organisation, son fonctionnement. Notre deuxième congrès a rappelé justement que nous avions progressé de ce point de vue mais que nous devions et pouvions passer à une nouvelle étape. D’abord en portant notre activité de propagande à un niveau bien plus élevé. J’ai parlé des ravages que font les médias dans la conscience des travailleurs, médias qui sont les maîtres pratiquement absolus du terrain tant la riposte est inexistante. On mesure tous les jours ce que l’absence d’un grand parti révolutionnaire coûte aux français. La dérive de la CGT vers le réformisme est en train de priver les travailleurs de leur principal moyen de défense sur le terrain économique.

Ainsi, au moment même où le mécontentement grandit et gagne des couches plus larges de salariés, nous ne disposons pas d’un  moyen important de propagande qui serait nécessaire pour donner aux millions de personnes qui les attendent les informations, les explications, les commentaires de plus en plus indispensables au développement et à l’orientation de leur combat. Nous savons tous que ce ne sera pas du jour au lendemain que nous pourrons y remédier, mais il est indispensable que nous élevions notre travail de propagande à un  tout autre niveau. Les exemples trop rares que nous connaissons montrent que le matériel que nous diffusons est lu et qu’il est apprécié. Fixons-nous comme premier objectif d’étendre notre diffusion d’abord dans les grandes entreprises et les quartiers populaires. Ayons l’ambition de faire de « COMMUNISTES » et de notre site un lieu de référence politique, que des travailleurs, des syndicalistes…bref, celles et ceux qui s’intéressent à la vie sociale, puissent consulter et y trouver les réponses qu’ils cherchent, les arguments qu’ils peuvent utiliser. Nous avons commencé je l’ai dit plus haut, avec notre site. Beaucoup d’améliorations sont encore nécessaires mais déjà nous pouvons dire que le départ est donné. Trouver les moyens d’éditer, de reproduire et de diffuser là où on juge essentiel de le faire, tel ou tel tract, devrait devenir une tâche essentielle pour chacun de nous.

Nous avons besoin de renforcer notre organisation. Pour cela, continuons ce que nous avons commencé, le contact individuel avec des syndicalistes, des travailleurs dans les entreprises, des habitants dans les quartiers populaires. Dans la période présente nous réaliserons des adhésions d’abord en posant la question à ceux et celles qui nous entourent, qui sont mécontents et à la recherche d’une issue véritable. Nous connaissons tous des parents, des amis, des collègues qui sont dans cette situation. Organisons des petites rencontres, 3-4-5 personnes, parfois plus.

Nous allons remettre les cartes 2005, ce sera l’occasion de se retrouver autour d’un pot, non seulement pour les adhérents mais aussi leurs amis, des collègues, qui souhaitent nous connaître. Les membres du CN pourraient inciter à en faire le plus possible dans leur département. Nous sommes assurés au cours de ces réunions, ces rencontres amicales, d’avoir un débat très riche sur tous les problèmes actuels, débats d’autant plus nécessaires que les évènements s’enchaînent à une allure accélérée. Nous sommes assurés aussi d’avoir la présence d’une ou deux personnes, parfois plus qui participeront à la discussion et peut être adhéreront.

 

Le dernier CN a décidé d’organiser des rencontres publiques dans les départements ou plusieurs départements ensemble, avant les vacances 2005. Quelques départements ont déjà pris la décision. A Japy en 2003 nous étions 400. En décentralisant, nous visons plus haut. Il nous faut maintenant fixer des dates et discuter de la préparation si on veut que ce soit réussi. Nous r reviendrons sur cette question dès janvier.

Les directions et les réunions régulières d’adhérents fonctionnent de mieux en mieux et c’est très important si nous voulons avancer. Nous devons continuer à améliorer notre fonctionnement.

La fin de l’année doit être l’occasion d’améliorer encore le paiement des cotisations et des versements à la souscription. Bien qu’en progrès, nous devons constater des carences. Je rappelle qu’outre l’apport financier indispensable, le paiement des cotisations permet un contact régulier avec l’adhérent.

Des départements ont décidé d’organiser des stages d’éducation. Je n’insiste pas sur le côté indispensable de la formation marxiste des adhérents. Nous aurons l’occasion d’en parler cet après-midi puisque nous examinerons le cours N°1 (5 schémas de cours ont été édités) que P. FABRE vous présentera.  

 

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