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COMMUNISTES 7ème
congrès 28-29 novembre 2014 Compte-rendu de la discussion Pendant ces deux jours une très large discussion s’est
instaurée sur toutes les questions politiques en France et dans le monde, sur
le rôle de notre Parti, le
développement de son influence et son organisation. Nous
publions cette semaine quelques interventions, la suite sera publiée la
semaine prochaine. Louis-Daniel Gourmelen
du Calvados : « Je
veux parler du développement des idées révolutionnaires et du renforcement de
« Communistes » à partir de notre activité dans une entreprise très
importante de notre département et de France, Renault-Trucks (fabrication de
camions). Alors que
Renault-Trucks est le seul concepteur et constructeur de véhicules
industriels en France, le gouvernement a autorisé le groupe Renault à vendre
toutes les parts qu’il détenait dans Volvo. Le signal a ainsi été donné au
groupe suédois, pour opérer la saignée en France : main basse sur les
finances, récupération des brevets et des biens, des fichiers clients
etc. Lorsque Hollande a reçu
les grands patrons à l’Elysée en Octobre, celui de Volvo faisait partie de la
délégation. Notre
activité dans cette entreprise nous a fait mesurer l’enjeu et l’adversaire
que l’on a en face de nous. Conquérir
ou reconquérir la conscience révolutionnaire pour construire une société
débarrassée du capital est une sacrée ambition. La conscience politique n’et
pas spontanée, elle se cultive, elle se forge. Nous distribuons plus de
10.000 tracts chaque mois dans des entreprises du Calvados. La
politique au service du capital fait des dégâts considérables. Il y a
vraiment de quoi en expliquer les causes, dénoncer les responsables et leurs
complices. Nous faisons le constat qu’il n’y a que « Communistes »
pour le faire. Dans ce que nous écrivons, nous sommes les seuls à expliquer
qu’il y a de quoi satisfaire les revendications, développer l’industrie. Il y
a beaucoup d’argent pour cela : Renault-Trucks
en 2013, c’est 700 millions d’euros versés aux actionnaires. Pour vous faire une idée de ces sommes
colossales, c’est 1 fois ½ la valeur
totale de la masse salariale des 9.000 salariés de Renault-Trucks. La
soi- disant « aide aux entreprises pour développer l’emploi » se
traduit par le versement de 8 millions d’euros en 2013 de CICE (Crédit impôt
pour la compétitivité et l’emploi) et… 1.300 suppressions d’emplois. En 2014,
c’est plus de 10 millions que touchera l’entreprise. C’st le contribuable qui
finance. Le CICE ne fait que s’ajouter à d’autres dispositifs d’allégements
de cotisations sociales, d’aides publiques, ou encore le crédit impôt
recherche. Le groupe
Volvo veut aller encore plus loin dans l’exploitation et la recherche du
profit maximum. Le capital n’est pas prêt à céder la moindre part de ses
profits, son existence ne tient qu’à leur accumulation. La puissance de
l’exploitation capitaliste, ses conséquences économiques et sociales, ses
capacités de destruction, son refus de répondre aux besoins sociaux,
s’étalent en plein jour dans cette entreprise. Depuis
quelques semaines, Renault –Trucks
s’est attelé à l’élaboration d’un accord de compétitivité avec l’objectif
d’augmenter le temps de travail. Davantage de flexibilité dans les
centres de production avec une annualisation du temps de travail, l’hiver
22h. – l’été 42h. en fonction des
carnet de commandes avec des journées de 45 minutes en
« ouverture » comme ils disent, sans aucun délai d’information des
salariés. La journée ne serait plus liée à un horaire mais à une production à
assurer. Il faut ajouter à cela le travail le samedi. « Cette
nouvelle réorganisation est nécessaire » dit la direction, il faut
baisser les coûts de 1 milliard d’ici 2016. Et le groupe annonce la
couleur : fermeture d’une usine en France si l’accord de flexibilité
n’était pas signé. Sûre de son coup, la direction avait même déjà fixé au 3
décembre la finalisation d’un accord. Depuis le début de l’année des
mouvements avaient lieu dans les entreprises du groupe sur les conditions de
travail dégradées, la perte de pouvoir d’achat, le chômage technique. Le
temps consacré à la formation professionnelle est passé de 25h. par salarié
en 2011 à 19h. en 2014. Les salariés ont décidé d’engager l’action pour faire
barrage à tous ces plans. « Communistes » par son activité a
contribué à cette montée en puissance du mouvement. Plusieurs débrayages ont
eu lieu, les plus forts se situent justement sur notre site à
Blainville-Sur-Orne dans la banlieue de Caen... Oui en
face, ils s’organisent et pas avec de petits moyens. Selon la CGT, le groupe
Renault-Trucks aurait versé en cotisation au MEDEF et l’UIMM (Patronat de la
métallurgie) en 2013, 400 millions d’euros. Les capitalistes mettent le
paquet pour conserver leurs privilèges. Cela nous encourage, nous sommes sur le bon
chemin. Engageraient-ils de telles sommes s’ils avaient l’esprit tranquille, sûrs d’un combat gagné
d’avance ? NON. Il s’agit
maintenant pour nous d’élargir, de gagner des forces nouvelles pour la lutte
immédiate pour arracher au capital la satisfaction des revendications et sur
le long terme pour gagner à l’idée d’exproprier les actionnaires, de
socialiser les moyens de production. Les richesses créées appartiennent au
peuple, il n’y a pas de concession à faire sur ce sujet. J’ajoute,
que l’entreprise n’est pas un cocon fermé mais une structure rayonnante pour
développer nos idées. Pour 1 salarié en CDI chez Renault-Trucks ce sont 3 à 5
salariés en sous-traitance et souvent dans la même zone géographique. Quand
je dis structure rayonnante, c’est que, ce que l’on dit ou écrit dans
l’entreprise, prend des proportions qui s’amplifient. Un récent évènement
porte à croire que notre activité à Blainville a des répercussions sur le
site de Vénissieux près de Lyon. Les membres du PCF de cet établissement (où
nous n’avons pas d’adhérent) ont écrit à la direction du PCF :
« …Aujourd’hui l’heure est au changement de société. Il faut rompre avec
le système capitaliste cynique et sans pitié qui gangrène toute la société.
Le PCF doit être à la pointe du combat pour la transformation sociale, vers
la construction du socialisme, vers le communisme….Rien ne peut se faire dans
le compromis idéologique avec le pouvoir dominant. Se mettre au goût du jour,
reprendre les mots et les rumeurs à la mode, reprendre sans critique des
communiqués de presse, rompre avec l’intelligence historique du
marxisme-léninisme, est mortifère pour les communistes et pour leur
journal ». Nous idées ne restent
pas cantonnées dans notre établissement de Blainville mais à travers nos
tracts, nos camarades qui vont sur Vénissieux, notre « Hebdo »
internet qui atterrit chaque semaine dans les boites mail de militants de
Vénissieux font donc leur chemin. Expliquer
notre politique, faire les efforts nécessaires pour réunir et débattre avec
celles et ceux qui veulent changer les choses en profondeur, ne passe-t-il
pas par une autre manière d’intervenir ? Comment interpeller ces
militants de Vénissieux ? Démontrons l’utilité de notre Parti. Oui le
chemin est grand ouvert. Engageons le débat politique indispensable partout
pour gagner aux idées révolutionnaires et à la nécessité de renforcer notre
Parti. Il faut faire les choses simplement, réunir les adhérents, proposer
des rencontres avec ceux qui luttent, essayons de trouver les formes. Souvent
nous distribuons des tracts qui peuvent être un déclencheur de la lutte. Mais
ne faut-il pas que nous organisions plus de réunions avec ceux qui luttent,
avec ceux qui s’intéressent avec ce que l’on dit… Le Parti se renforce là où il y
a une activité politique régulière. Ainsi, deux nouveaux camarades de
Renault-Trucks qui ont participé à nos
rencontres sont aujourd’hui à notre congrès. Les travailleurs marquent un
intérêt particulier à ce que l’on dit, ils sont attentifs à ce que nous
proposons. Nous devons décider d’initiatives, de rencontres, plus souvent.
Soyons pugnaces : quelle entreprise, quel quartier, quelle date, avec
qui ? C’est à ce niveau là que dans notre département nous devons
franchir une étape. Nous avons décidé de réfléchir sur notre collectif départemental
qui se réunit chaque semaine. Comment discuter et faire plus de politique
pour se renforcer sur le plan idéologique. Nous avons fait du bon travail
depuis notre dernier congrès. C’est à partir de ce bilan que nous pouvons ouvrir de nouvelles perspectives
dans le Calvados » Olivier Terrien : CHU de Nantes – Loire Atlantique
(12.000 salariés) « La
situation des hôpitaux s’est aggravée avec la promulgation de la loi
« HPST » (Hôpital Patronat Santé Territoire) : fermetures
d’hôpitaux, plan d’économies. Cette loi a renforcé le pouvoir des directeurs
d’hôpitaux qui sont devenus de vrais PDG. Plus de Conseil d’administration,
donc plus d’obstacle pour appliquer la politique du gouvernement. La situation s’aggrave. 10
milliards d’euros d’économies à faire dans les hôpitaux pour financer le
« Pacte de responsabilité » réduction des effectifs, réduction
de l’offre de soins (fermeture
de lits d’hôpitaux), accélération de l’hospitalisation en ambulatoire… Au CHU de Nantes :
réduction de 349 lits programmée et suppression de 800 emplois. Déjà, depuis
la fin de l’année 2013, 103 équivalents temps pleins ont été supprimés.
Depuis 2008, les conditions de travail, comme dans tous les hôpitaux, se sont
considérablement dégradées. Les maladies professionnelles ont été multipliées par
2. Entre 2007 et 2013 les arrêts de maladies ont été multipliés par 2. Le CHU
a déjà dépensé 12,7 millions d’euros soit 375 équivalents temps pleins pour
l’année 2014, pour faire face en partie à ces arrêts maladie qui occasionnent
des fermetures de lits (donc une diminution de l’offre publique de soins).
Alors que la catégorie C est la plus impactée par ces arrêts maladie (elle a
les conditions de travail les plus pénibles), elle va être doublement
sanctionnée, puisque le CHU à compter de 2015 va sanctionner les agents qui
seront en arrêt de travail plus de 5
jours dans l’année. Ces agents n’auront plus droit au reliquat de la prime de
service alors qu’ils subissent déjà un abattement de 1/140ème par
jour d’absence sur la prime de service. Rappelons que la catégorie C est la
moins bien rémunérée Pour les usagers, il est demandé
de faire des économies en réduisant les prescriptions de bilan, d’imagerie, sur les médicaments. On
va déjà vers dérives, par exemple, ne pas prescrire les molécules les plus
onéreuses en considérant l’âge du patient. Toutes ces mesures vont
contraindre le service public à trier les patients comme le fait le privé. Au CHU de
Nants de nombreuses batailles ont été menées avec la CGT. On voit que les hospitaliers
sont fatigués, épuisés, ils veulent déserter les hôpitaux pour faire autre
chose. Leur responsabilité pénale est engagée tous les jours (risque de
commettre des erreurs à cause des
rythmes de travail infernaux). La répression s’organise contre
les militants syndicaux qui s’opposent à la politique mise ne place :
exemple : au CHU 2 représentants CGT ont été condamnés à 10.000 euros,
l’un pour avoir lancé un œuf, l’autre pour avoir donné un coup de pied dans
une porte ! Il y a souvent des suppressions de primes et indemnités aux
représentants CGT. La mobilisation est
difficile mais nous continuons à proposer de nombreuses actions. Des
questions se posent, Comment faire évoluer les luttes ?, comment les
fédérer ? Le rôle de
« Communistes » est très important, créer notre cellule au CHU est
une nécessité car nous avons besoin d’un relai politique digne de ce nom. Au
CHU qui est la plus grosse entreprise du Grand Ouest, 12.000
salariés, il y a un potentiel pour créer une cellule « Communistes ».
L’analyse de « Communistes est partagée à 100% par nombre de militants syndicaux. Nous sommes
déjà plusieurs adhérents. « Communistes » doit poursuivre son
travail sur le terrain et doit continuer à se faire connaître. Michel Gruselle de L’Université
Paris-Jussieu L'impérialisme a le
champ beaucoup plus libre pour remodeler le monde là ou l'URSS constituait un
obstacle à sa domination. Après la défaite de l’URSS, alors que les
idéologues bourgeois proclamaient la fin de l’Histoire et des affrontements,
le monde n’a jamais été autant secoué par des crises profondes et des
conflits armés. C’est au
nom de la lutte contre le « terrorisme » que les USA et leurs
alliés mais à la fois rivaux,
interviennent directement ou indirectement partout dans le monde, détruisant
les Etats qui font obstacle à leur hégémonie du fait de leur politique
d'indépendance. Le capitalisme est
entré dans une crise profonde et générale. Il ne s'agit pas simplement d'une crise financière, comme
l'affirment les idéologues bourgeois, mais bel et bien d'une crise du système
dans sa totalité. La probabilité d'aggravation de la crise actuelle est très
élevée. Dans le passé, le capitalisme a déjà connu des crises de sur
accumulation dont il est sorti plus concentré et puissant. Il a surmonté ces
crises par une dévalorisation massive du capital en particulier en ayant
recours à une purge terrible au cours de deux guerres mondiales. Nous sommes dans une situation durable où les forces du capital
et les Etats qu'elles dirigent pèsent
lourdement pour faire baisser le prix de la force de travail et augmenter
l'exploitation du travail salarié. La politique actuelle de destruction des
conquêtes sociales, de chômage de masse, de diminution des salaires et des
prestations sociales va continuer et s'aggraver. Dans le même temps la lutte
des classes, pour les salaires, l'emploi, la protection sociale, les
retraites.... vont s'approfondir. Pour parvenir à relancer un cycle d'expansion du capitalisme il lui faudrait détruire des masses gigantesques
de capital au regard de la masse des capitaux qui circulent et qui sont
engloutis dans la spéculation. De même, une relance de type keynésienne par
la consommation n'est pas aujourd'hui de nature à relancer l'accumulation,
l'expérience des trente dernières années le montre clairement. Ces bornes si
elles limitent les marges de manœuvre du capital, conduisent l'impérialisme à
une plus grande agressivité dans la conquête des marchés, des voies de
communications et dans l'exploitation de
la force de travail. Depuis que
Lénine, en 1916, a publié : « L’impérialisme stade suprême du capitalisme », les processus
de concentration des monopoles industriels et bancaires, leur fusion dans une
économie mondialisée et financiarisée, se sont profondément accentués.
Aujourd’hui les grands systèmes de monopoles contrôlent des pans entiers de
l’économie mondiale. Ils possèdent une puissance supérieure à de nombreux
États, ils se caractérisent par une interpénétration des capitaux. Pour
autant, ils restent largement dominés par le capitalisme Étasunien, le
capitalisme japonais et en Europe par le capitalisme allemand. Même s’ils ont
une certaine autonomie vis-à-vis des États, même s’ils agissent pour la mise
en place de superstructures sous leur contrôle, les États constituent le cadre
qui leur est nécessaire pour réguler l’exploitation de la force de travail et
contrôler les moyens de l’expression de la domination intérieure et
extérieure. Mais à
côté de ces monopoles qui se sont constitués dans l’histoire du capitalisme,
émergent de nouveaux concurrents tout particulièrement dans le domaine
énergétique et des communications avec ceux constitués en Russie, en Chine en
Inde au Brésil…..Ces monopoles sont organisés et soutenus par les États à
leur service. Ils interviennent vigoureusement pour soutenir leurs propres
capitalistes et monopoles. Ainsi l’accès aux ressources naturelles, leur
exploitation, leur transport, l’ouverture de nouveaux marchés, la possession
de terres comme sources nouvelles de profit et enjeux stratégiques deviennent-ils
l’objet d’affrontements violents exacerbés par une crise d’accumulation qui
implique pour le capital monopoliste et l’impérialisme dominant de
s’accaparer des ressources et des moyens des États mineurs ou en
développement en créant les conditions de leur soumission. Il est évident que
dans ces affrontements les puissances régionales ont besoin de l’appui de
l’impérialisme dominant tout en essayant de préserver une part de gâteau
suffisante pour les exigences de leurs propres capitalistes. C’est dans
ce contexte que l’on peut comprendre la nature des affrontements en cours, Si l’impérialisme US domine encore
aujourd’hui, il est de plus en plus contesté par des impérialismes émergents.
Et c’est aussi parce que les Peuples luttent pour leur émancipation et pour
l’indépendance nationale que les impérialistes ont le besoin absolu de
maîtriser ces luttes et de les annihiler. Face à cette situation
redoutable d’un affrontement inter impérialiste qui ne se limiterait plus à
des guerres régionales, les forces politiques révolutionnaires doivent porter
une attention soutenue à la question de l’impérialisme aujourd’hui, à celle
de la paix et du désarmement. La liquidation de nombreux partis communistes
de par le Monde en même temps que la disparition de l’URSS ont porté un coup
terrible au mouvement révolutionnaire. Mais les choses bougent à nouveau. En
Europe et aussi dans le Monde de nouvelles organisations politiques
révolutionnaires voient le jour. COMMUNISTES participe de ce mouvement. « Communistes Université
Recherche invite à une conférence « l’impérialisme contre les peuple et
les luttes aujourd’hui » le samedi 6 décembre (toutes les indications sont ici sur notre site). . Lire, enregistrer et/ou imprimer ce
document au format PDF (8 pages) .
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