COMMUNISTES
4ème congrès 6-7 juin 2008
Rapport introductif – Rolande
PERLICAN
Cher (e) s camarades,
Où en est le parti aujourd’hui, six ans
après sa création ?
L’union et le rassemblement contre le capitalisme
sont notre objectif central. Les travailleurs, manuels et intellectuels,
sont le nombre, unis ils représentent une force considérable. Leur
rassemblement dans l’action, voilà ce qui est indispensable pour créer le
rapport de forces qui permettra d’avancer.
Mais pour créer et développer ce mouvement
puissant et efficace, l’union doit se faire sur une base claire, sans aucune
compromission avec les forces du capital et leurs soutiens, tellement nombreux
aujourd’hui.
Il s’agit de tout autre chose que cette
union de la gauche, cette union qui va selon les élections du PS à l’extrême
gauche en passant par le PCF. Aller dans cette voie ce serait condamner le
combat du peuple à l’échec.
L’union est absolument indispensable aux
travailleurs pour avancer dans leur lutte contre le capital. Union avec qui,
autour de quels objectifs, telle est la grande question, la question posée en
permanence aux révolutionnaires.
Union avec qui ? Avec les
travailleurs, manuels et intellectuels, avec les habitants des quartiers
populaires, avec les jeunes des établissements scolaires et des Facultés, avec
les retraités, les sans emploi… avec tous ceux et celles qui sont victimes de
cette politique.
Adressons-nous directement à eux, défendons
leurs revendications, expliquons qu’elles peuvent être satisfaites s’ils
les imposent à l’ennemi de classe. Montrons-leur les combines politiciennes de
tous ceux qui utilisent le peuple comme une masse de manoeuvre au service de
leurs seuls intérêts. Disons-leur qu’il existe à nouveau en France un parti
révolutionnaire, que ce parti c’est le nôtre, que c’est le seul parti
indispensable aux travailleurs et qu’il dépend d’eux, uniquement d’eux, qu’il
se développe vite et devienne un grand parti national, leur parti.
L’union, c’est ça ! C’est d’abord
notre parti directement au contact avec les travailleurs qui agissent, qui
recherchent une solution aux problèmes de plus en plus difficiles que la vie
leur pose.
Depuis notre dernier congrès nous avons
beaucoup avancé dans cette voie, même si nous n’en sommes qu’au tout début.
Nous savions, quand nous avons créé COMMUNISTES en 2002 que pour que cette
union existe, il faudrait mener un combat très long et difficile.
Tous les autres partis, chacun à sa
manière, se situent dans un cadre totalement différent. Aucun d’entre eux
n’a pour but d’abolir le capitalisme et de construire une société
socialiste.
Nous sommes à contre courant de ce
consensus général qui se situe dans le capitalisme, un capitalisme qui serait
une sorte d’horizon indépassable, la seule société dans laquelle l’humanité
devrait vivre et qu’on ne pourrait aménager que de
l’intérieur. « Hors du capitalisme point de salut, la meilleure
preuve n’en a-t-elle pas été fournie par la faillite du
socialisme ? » répètent les adeptes de toujours de cette société et
ce qui est nouveau, les convertis de ces dernières années comme le PCF. Seul
« COMMUNISTES » est un parti révolutionnaire qui veut abattre le
capitalisme et construire le socialisme dans notre pays.
On sait ce qu’est devenu le PCF qui voulait
« dépasser » le capitalisme à coups
d’ « aménagements ». Ce parti a disparu comme parti
révolutionnaire et son influence en tant que parti tout court s’est réduite à
peu de chose. C’est le parti socialiste qui occupe l’essentiel du terrain politique
de la collaboration de classe avec le capitalisme. Ce PS qui dirige 21 conseils
régionaux sur 22, qui préside 50 communautés d’agglomérations
contre 40 à l’UMP et 1 au MODEM. Ce PS qui dirige ou contrôle 12 communautés
urbaines sur 14, avec aussi des cohabitations gauche – droite comme à Marseille
ou Bordeaux. Ce PS qui abandonne tranquillement un vocabulaire de gauche qu’il
avait été contraint d’utiliser, certes du bout des lèvres, en d’autres temps.
Delanoë, maire de Paris, allié au PCF et
aux Verts, vient lui aussi de sortir son livre, un livre éloquent. « Les
socialistes du 20ème siècle acceptent enfin pleinement le
libéralisme…Ils ne tiennent plus les termes de « concurrence » ou de
« compétition » pour des gros mots…Au gouvernement, nous devons être
des managers ». Tout le reste est à l’avenant ! C’est en vain qu’on
chercherait un seul ouvrage émanant du PS qui fasse entendre un autre son de
cloche (si on peut dire !).
A la remorque de ce parti, on trouve le PCF
qui a pu « sauver » ainsi les parlementaires, maires et autres élus
qui lui restent. Plus que jamais il reste acquis à cette union de la gauche
derrière le PS, union sans laquelle il lui serait difficile voire impossible de
survivre.
« Union de la gauche » bêlent en
chœur tous les partis et organisations qui se disent du côté des travailleurs.
La LCR prépare un nouveau parti pour début 2009, anticapitaliste
comme il se doit mais pas un parti d’avant-garde. Ce serait « un
parti de gauche ». Un de plus ! Besancenot a déclaré au journal
« l’Humanité » : « nous n’avons cessé de tendre une main
fraternelle à la gauche… nous continuerons à le faire ». Le rêve de la LCR
est de créer un nouveau parti concurrent du PS… pour faire finalement la même
politique. A Drucker qui lui demandait : « que mettez-vous à la place
du capitalisme », il répond : « je ne sais pas, tout est à
inventer ». Il vient de préciser lors d’un meeting « le cycle des
révolutions s’est refermé dans les années 80 ». Pauvre Marx, pauvre
Lénine ! Heureusement, Besancenot est arrivé !
Pour sa part, Lutte ouvrière, qui a tenu
son congrès fin 2007, a rejoint elle aussi l’union de la gauche.
Il en est de même d’autres
organisations comme le Parti des Travailleurs.
Un an seulement après l’élection
présidentielle, les effets de la politique capitaliste mise en œuvre au
gouvernement par Sarkozy et son équipe sont très durement ressentis par les
couches populaires. Avec le mécontentement qui s’étend, les luttes qui se
développent, on constate que les manœuvres politiques se multiplient pour
assurer la relève de Sarkozy quand ce sera devenu nécessaire.
Alternance droite gauche ou alliances,
centre, droite et gauche ou avec l’extrême droite en réserve, de toutes les
façons, la relève se prépare.
Ne perdons pas de vue que les raisons qui
assuraient l’audience de l’extrême – droite de LE PEN demeurent entières. Le
fait que la plupart de ses électeurs aient été sensibles à la campagne
démagogique de Sarkozy ne change rien à l’affaire. Ce qui vient de se passer
lors des élections en Italie, montre que les racines de l’extrême droite sont
profondes et que ses électeurs peuvent être utilisés comme un élément de la
relève au service du capital.
C’est pourquoi nous ne devons absolument
pas envisager et, à plus forte raison pratiquer, une alliance politique avec
ces partis et formations qui toutes se réclament de la gauche et qui prétendent
toutes défendre les intérêts du peuple. Le faire serait cautionner cette
opération d’alternance politique qui se construit sous nos yeux jour après jour.
Ce serait cautionner la politique de cette gauche revenue au pouvoir une
nouvelle fois pour poursuivre et aggraver celle de la droite. Aller dans cette
direction signifierait la fin de notre parti.
A chaque évènement, nous sommes intervenus
sans aucune hésitation contre le véritable ennemi de classe. C’est à partir
d’une position de classe que nous avons appelé à l’union et au rassemblement.
C’est notre ligne de classe, basée sur le
rôle dirigeant de la classe ouvrière, l’apport fondamental du marxisme-léninisme,
qui nous permet d’arriver à une vision la plus exacte possible de cette
opposition de classe permanente entre le capital et le travail. C’est elle qui
nous permet à chaque moment de parvenir à une analyse juste et de définir les
mots d’ordre qui conviennent.
Que ce soit dans les luttes quotidiennes
contre le capital et les gouvernements en place, ou dans les périodes de
grandes batailles politiques – les élections présidentielles et législatives de
2007 – les élections cantonales et municipales de mars dernier – qu’il s’agisse
de tous les évènements qui se sont passés en France et dans le monde, c’est à
partir de notre position de classe que nous avons établi notre analyse et pris
nos décisions. Nous l’avons fait avec le souci constant de contribuer au
développement du rassemblement pour l’action.
En gardant cette réalité présente à
l’esprit, examinons rapidement nos résultats aux élections
cantonales.
Nos candidats ont nettement progressé par
rapport aux élections législatives de 2007. Plusieurs ont dépassé les 5% (ce
qui nous a permis d’être remboursés des frais de campagne), 2 candidats
ont réalisé 6,88 et 6,5%. Des résultats remarquables dans des cantons très
différents – ruraux – urbains- industriels. Par exemple à Ardentes dans l’Indre,
on est passés en un an de 77 à 534 voix, à Buzançais de 47 à 338 voix, à
Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine dans le quartier des Grésillons, notre
candidat obtient 7,93 et 8,82% et son score est supérieur à celui du candidat
de droite. Cette progression électorale a été obtenue à partir d’explications
politiques claires, qu’il s’agisse de l’énoncé de notre circulaire clairement
anticapitaliste, avec la dénonciation des responsables de la situation
actuelle, et avec nos propositions ; qu’il s’agisse aussi de notre appel à
ne voter pour aucun des autres partis politiques de droite ou de gauche.
Nous avions déjà fait ce constat lors des
élections législatives de 2007 ou de plus nous avions présenté des candidats
dans un nombre important de circonscriptions où « COMMUNISTES » n’est
pas organisé, donc pas connu et où les électeurs n’ont eu que notre circulaire
pour apprendre notre existence et faire connaissance avec notre politique.
Obtenir dans de telles conditions les
résultats que nous avons obtenus, montre d’une façon évidente que notre parti a
vocation à être entendu et notre politique approuvée. Il est apparu comme le
seul recours pour celles et ceux qui veulent lutter efficacement contre le
capital.
Ajoutons que ces résultats, les progrès de
notre influence ont été obtenus malgré :
-un scrutin électoral de voleur à deux
tours, qui ne permet de se maintenir au second tour qu’à ceux qui sont
au-dessus de 10% au premier tour.
-l’accès aux médias, télévision, radios,
interdit.
Nous n’avons donc pu compter que sur nos
seules forces militantes sur le terrain et avec des moyens financiers très
limités.
Tout confirme que nous avons eu raison de
créer COMMUNISTES. La preuve est faite que notre parti répond à une nécessité
pour le peuple.
Tout confirme aujourd’hui que nous avons eu
raison de ne pas nous engager dans des unions sans principes.
Tout confirme qu’il y a de la place pour
COMMUNISTES en France et que nous avançons dans la voie ambitieuse mais
indispensable que nous nous sommes fixée : reconstruire un grand parti
révolutionnaire dans notre pays.
Je le redis, nous sommes au tout
début d’un processus long, très long, qui ne sera pas linéaire puisqu’il se
développe dans une lutte de classe acharnée.
Personne en France ne veut d’un parti
révolutionnaire. D’ailleurs nous avons pu le constater une fois de plus pendant
la campagne des élections cantonales.
Là où nous sommes actifs, nous ancrons
notre parti dans la vie politique.
Nos progrès ne sont que de tout premiers
progrès, nous sommes encore très loin d’approcher notre objectif. Mais ce qui
compte avant tout aujourd’hui, c’est que nos progrès actuels sont révélateurs
de nos possibilités.
Nos possibilités, comment les exploiter plus
largement, quels moyens nous donner pour nous engager plus avant dans cette
direction ?
Echangeons nos points de vue sur cette
question décisive pour l’avenir de notre parti. Discutons de nos résultats, de
ce que nous pensons devoir faire, de quelles initiatives prendre.
En restant conscients de nos propres limites, étudions
ensemble comment avancer plus vite et aller plus loin.
L’unité idéologique de notre parti est
profonde, ce qui n’était pas encore le cas lors de sa création. Nous avons
formé des militants, organisé plusieurs écoles et stages de base. Notre parti est
mieux structuré. Depuis le dernier congrès des militants et des militantes ont
pris des responsabilités. Des collectifs de direction se sont organisés, ont
pris des initiatives.
Comment développer des initiatives ;
comment être davantage présents à un endroit que nous jugeons important, être
présents avec un tract, présents pour discuter avec des salariés, des jeunes,
pour soutenir une action, pour engager une discussion, prendre contact,
organiser une réunion ?
Comment mieux recruter, créer de nouvelles
bases du parti ? Des adhésions réalisées dans plusieurs
départements sont le résultat de notre activité, le plus souvent collective
mais aussi individuelle. On adhère à COMMUNISTES, le plus souvent parce qu’on
voit dans notre parti la seule perspective de bousculer l’ordre établi, de
changer de société.
Au stade actuel de notre développement, les
adhésions se font une par une, grâce au contact que nous pouvons avoir avec des
camarades de travail, des amis, des connaissances, avec la famille. Des délégués
pourront expliquer comment ils sont parvenus à faire adhérer des camarades qui
aujourd’hui, à leur tour, proposent l’adhésion à d’autres.
Adhérer à un parti politique dans une
période où tous les partis sont discrédités, c’est une décision importante. Il
n’est pas question de dire que l’adhésion à COMMUNISTES va de soi ! Mais
on est parfois surpris quand une situation nous pousse à être audacieux. Un
exemple, dans l’Indre ; le jour du dépôt des candidatures pour les
élections cantonales, un candidat ayant fait défaut, il fallait trouver
quelqu’un. On a demandé à une salariée sympathisante. Elle a accepté, a fait
une belle campagne et un bon résultat et depuis a adhéré à notre parti.
Pas aussi facile partout ! Mais ne
pouvons-nous pas être plus audacieux ?
Comment améliorer et de beaucoup les résultats
actuels ? Discutons largement de cette question décisive pour l’avenir.
Examinons maintenant notre activité de
propagande. Où en sommes-nous, que devons-nous développer ? Quelles sont
les urgences ?
Je rappelle rapidement que nous diffusons
des dizaines de milliers de tracts dans les entreprises, que notre journal est
reproduit et diffusé à des milliers d’exemplaires, que nous diffusons
régulièrement lors des actions et des manifestations. Nous diffusons à des points
de rencontres sur des marchés, dans des quartiers populaires. Nous diffusons un
bulletin pour les étudiants à la faculté de Jussieu et à Paris8
Mais nous sommes encore très loin de ce qui
serait nécessaire si nous voulons avancer plus vite, comme la situation
politique l’exige et le permet.
-Comment assurer notre présence dans les
grandes entreprises en France ?
-Comment l’assurer dans des établissements
scolaires, en particulier dans les Facultés ?
-Comment se procurer les moyens matériels
indispensables ?
Notre congrès se doit d’apporter les
réponses qui conviennent à ces questions. Ne faudrait-il pas qu’une équipe
composée de membres du CN et d’autres camarades soit mise en place pour
impulser de plus près notre activité de propagande ?
Quelques mots à propos de notre
site qui est devenu un outil de propagande précieux et qui connaît un réel
développement. Il nous permet d’avoir une expression permanente dont nous
devons encore améliorer la régularité et la quantité, tant sur les questions du
jour que sur celles qui doivent être approfondies, telle par exemple
l’alternance politique en France. Déjà de nombreux camarades utilisent des
articles pour confectionner leur propre matériel de propagande, leurs tracts
par exemple.
Ayons l’ambition dès la rentrée d’améliorer
encore notre site et d’assurer une bien plus grande diffusion de ce qu’il
publie. Il devrait être possible là aussi, d’aller rapidement vers une équipe
rédactionnelle plus étoffée.
Chers camarades, le développement de toute
notre activité de propagande devient aujourd’hui un impératif. Consacrons-y une
part importante de notre discussion.
Comment l’améliorer pour qu’elle soit utile
à notre combat ? Dites ce que vous en pensez.
Une autre question très importante, primordiale
même puisque toute l’activité de notre parti en dépend, c’est naturellement la
question financière. Nous savons tous ici que la réalisation de tous nos
projets politiques, à tous les niveaux, du plus petit au plus grand, dépend
d’abord des moyens financiers dont nous disposons.
Nous avons pris ensemble la décision de
participer aux élections législatives de 2007 et cantonales de 2008. Les
résultats, à tous points de vue, montrent que nous avons bien fait. A ces
occasions, nous avons collecté des sommes importantes, pas assez cependant pour
faire face à nos besoins politiques sans puiser dans notre réserve
jusqu’à l’assécher. Je rappelle au passage que dans les 5 cantons de
l’Indre et à Gennevilliers où nous avons obtenu plus de 5% des voix, nous avons
été remboursés, ce qui est un argument supplémentaire pour continuer de
participer aux batailles électorales.
Je dis très solennellement au congrès
que notre situation financière est très sérieuse. On peut la résumer en
quelques mots : au moment même où nous avons un besoin d’argent sans
commune mesure avec notre passé récent, la caisse nationale est vide. Nous ne
pouvons pas nous laisser bloquer dans notre activité politique par le manque de
moyens financiers. Avoir les moyens financiers de notre politique c’est notre
grand objectif.
Nous pouvons encore améliorer la rentrée
des cotisations mais la seule façon d’obtenir l’argent nécessaire à notre
combat c’est la souscription, le soutien financier de
tous ceux et celles qui sont prêts à nous aider. J’invite le congrès à repenser
complètement la question de nos finances. Nous avons absolument besoin de
beaucoup d’argent, un besoin sans commune mesure avec nos besoins passés. Il
faut pour cela mesurer nos problèmes de trésorerie à une tout autre échelle.
C’est à notre congrès d’examiner cette question qui conditionne l’avenir de
notre parti et de proposer les mesures à prendre pour modifier cette situation.
Ceci d’autant plus que l’an prochain, auront lieu les élections européennes et
que le Comité National propose que nous y participions. Je vous en parlerai de
façon plus détaillée dans un instant.
Renforcement du parti, propagande et moyens
financiers, voilà qu’elles sont les questions principales qui nous sont posées,
à nous les participants à ce 4ème congrès du parti.
Dans quel contexte national et international
agissons-nous ?
*La situation dans le monde
Notre époque est celle des transformations
énormes et rapides des forces productives et des conditions matérielles de la
production.
Des progrès considérables sont intervenus dans
le champ des connaissances scientifiques et techniques avec en particulier le
développement des technologies de l’information, de la communication et des
biotechnologies. Il est aujourd’hui matériellement et techniquement possible
d’en finir avec tous les fléaux dont souffre l’humanité.
Or malgré ces atouts majeurs, 1 terrien sur
6 vit dans l’extrême pauvreté. 18.000 enfants meurent chaque jour des
conséquences de la faim et de la malnutrition. La maladie ravage des
populations. Dans les pays capitalistes développés, le chômage, la précarité,
la pauvreté progressent ; la santé, les retraites sont attaquées.
Les techniques, les sciences peuvent être
un outil de libération ou un outil d’exploitation et même de destruction
massive. Tout dépend de qui a la maîtrise des moyens de production. Laisser ces
moyens aux capitalistes, c’est leur laisser les mains libres pour les utiliser
à leur profit sur le dos des peuples.
Le capitalisme est un frein au développement
de l’humanité. Il faut l’abattre.
La mondialisation est capitaliste. Pour
accroître son profit le capitalisme étend partout son exploitation. Il organise
partout, par tous les moyens, la baisse du coût de la force de travail.
Le capitalisme mondial évolue. Le monde
capitaliste change en permanence mais son évolution depuis ces dernières années
est considérable.
Depuis 20 ans, le processus de
concentration mondial du capital a amené le règne des groupes géants par des
fusions et acquisitions qui sont passées de 2.572 en 1990 à 7.242 en 1999,
multipliées par 3 ou presque en 9 ans ! Elles se sont encore accélérées
depuis ! En 2007 elles ont progressé de 51% sur 2006 (+ 53% aux USA, + 73%
en Europe). Jusqu'à ces dernières années, elles ont été principalement
réalisées par des firmes des USA, de l’Angleterre, de l’Allemagne, de la France
et de l’Espagne. Aujourd’hui elles s’étendent de plus en plus à des pays comme
la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie et l’Argentine…
Ce processus de concentration mondial du
capital, d’alliances stratégiques, est indispensable pour rester compétitif
dans la concurrence capitaliste.
L’exemple de Danone illustre bien ce
processus. Ce groupe est leader de l’industrie agro-alimentaire avec plus de
25% des parts du marché mondial, il est aussi leader des boissons, de l’eau en
bouteilles. Il a passé en 2002 une alliance stratégique avec son principal
concurrent Coca-Cola.
Les délocalisations dans les pays où la
main d’œuvre est la moins chère, à moindres coûts sociaux, permettent au
capital de mettre en concurrence les salariés du monde entier.
Depuis les années 1980 la financiarisation
de l’économie s’est accélérée. Fin 2007 dans le monde, la capitalisation
boursière pesait trois fois plus lourd que le PIB mondial, alors qu’en 1980 le
total de la capitalisation était égal au PIB. Chaque jour les opérations
boursières représentent 2.046 milliards d’euros. 85% de ces sommes sont
englouties dans la spéculation. Les fruits de la croissance vont à la
spéculation et dans la poche des actionnaires.
Avant l’éclatement de la crise financière en
juillet 2007, la revue financière « l’Expansion » écrivait :
« attention il y a trop d’argent dans le monde. Jamais autant d’argent n’a
circulé sur la planète. La masse monétaire mondiale a doublé entre 2000 et 2006
progressant trois fois plus vite que la production. Ainsi plus de deux mille
milliards de dollars ne sont pas investis, délibérément, dans la production.
Tout cet argent entraîne le gonflement de bulles financières ».
La crise financière actuelle, comme les
précédentes, est le résultat de l’évolution du système capitaliste basé sur la
recherche du profit maximum par la surexploitation des peuples.
« Les crises… un éternel
recommencement » écrit une journaliste dans le journal financier bien
nommé « Capital ».
Marx, faut-il le rappeler, avait déjà
énoncé, il y a 150 ans, cette loi scientifique du développement du capitalisme,
suivant laquelle la part du capital reposant sur le travail produit reculait
alors que la spéculation progressait.
Aujourd’hui, le fait que le capitalisme
soit pratiquement le maître du monde accélère considérablement ce phénomène. La
Chine, l’Inde, le Brésil et bien d’autres pays sont entrés dans ce circuit et
de quelle façon ! D’autres suivront sous peu. Tous ces pays développent
leurs capacités techniques, scientifiques, leur force militaire. La Chine se
situe au 2ème rang mondial pour les moyens affectés à la recherche
juste derrière les USA, pour le moment. Elle est présente partout pour
l’exploitation des matières premières en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud.
L’impérialisme est le gendarme du monde.
La perspective du capitalisme c’est
l’affrontement poussé à l’extrême, jusqu’au conflit armé s’il le juge
nécessaire.
Le monde est confronté à l’agressivité
croissante de l’impérialisme, avec à sa tête les USA qui veulent étendre leur
domination politique et militaire pour la conquête de nouveaux marchés,
l’exploitation des matières premières, des ressources énergétiques,
stratégiques.
Les USA veulent établir et renforcer leur
domination militaire et politique sur ce qu’ils nomment « le grand
Moyen-Orient » qui va du Maroc jusqu’au Pakistan et aux ex Républiques
Soviétiques, soit 22 pays, 400 millions d’habitants. C’est aujourd’hui la
région du monde qui constitue le plus grand réservoir de pétrole et de gaz.
Le maintien sous le joug israélien de la
Palestine s’inscrit dans cette lutte. Israël est armé et soutenu financièrement
d’abord par les USA.
Cela donne une idée de la lutte économique
et politique sans merci que se livrent les grands groupes à l’échelle mondiale.
On pourrait continuer l’énumération avec ce
qui se passe en Afrique ou ailleurs. Partout il s’agit de la même chose.
Les gouvernements des pays impérialistes
dépensent des centaines de milliards pour imposer leur domination militaire.
400.000 soldats US sont déployés dans le monde. L’an dernier, 1.200 milliards
de dollars –officiels – ont été destinés aux armements. Le budget militaire
2008 (avoué) de la France a été de 38,6 milliards d’euros. La course aux
armements nucléaires se poursuit partout.
Le capitalisme renforce la régression sociale.
Partout, le capitalisme renforce ses moyens
d’exploitation des peuples, le mot d’ordre universel c’est : faire baisser
en permanence le coût de la force de travail.
Dans tous les pays capitalistes avancés c’est
la remise en cause de tout ce qui a été acquis par les peuples : retraites
– sécurité sociale – salaires – emploi- enseignement…
Le dirigeant socialiste Strauss-Kahn
directeur du FMI, en visite à Paris, a proposé de surmonter la crise actuelle
en accélérant les « réformes libérales » engagées en Europe (casse
des retraites, système de santé, baisse du coût du travail…) Strauss-Kahn veut
lui aussi être candidat PS à la présidentielle dans 4 ans ! probablement
pour combattre le capitalisme !
Des émeutes de la faim ont éclaté dans 40
pays. 850 millions d’êtres humains souffrent de la faim, 1,6
milliards n’ont pas accès à l’eau potable.
En finir avec la malnutrition à l’échelle
de la planète d’ici 2015 coûterait 24 milliards de dollars par an (trois mois
d’occupation en Irak coûtent 18 milliards de dollars). Avec 15 milliards de
dollars par an on pourrait fournir en eau potable tous les habitants du globe.
Avec 12 milliards de dollars par an on pourrait donner une éducation
élémentaire à tous les enfants du monde.
La caractéristique du monde aujourd’hui c’est
aussi le développement de la lutte des peuples.
La disparition de l’URSS et des pays
socialistes de l’Est Européen a porté un rude coup au mouvement ouvrier et
révolutionnaire.
Cela a amené un changement considérable du
rapport des forces dans le monde entier à l’avantage du capitalisme mondial.
Mais cela ne signifie pas pour autant la
fin de la lutte des classes. Cette lutte continue dans d’autres conditions.
Il y a la lutte du peuple Palestinien pour
le droit à l’indépendance. En France, les médias ont animé une campagne
scandaleuse pour fêter les 60 ans de la création de l’Etat d’Israël. Israël qui
enferme, tue, affame le peuple palestinien.
Nous voulons redire ici que nous soutenons
complètement la lutte de ce peuple.
La seule solution est de contraindre Israël
à cesser la colonisation, à arrêter ses agressions. La France doit agir dans ce
sens en rompant ses relations avec Israël. Si le gouvernement le faisait, cela
ferait vite bouger la situation et d’autres pays suivraient.
En Amérique Latine, la volonté des peuples
de vivre mieux et de se libérer de la tutelle US s’exprime de plus en plus
fortement.
Nous tenons d’abord à assurer de notre
entière solidarité le peuple cubain, les femmes et les hommes de progrès qui
aux cotés des forces révolutionnaires luttent pour conserver et développer les
acquis de la révolution.
Au Vénézuela, Hugo Chavez qui développe une
politique sociale et nationalise les principaux moyens de production, se heurte
à l’intervention de plus en plus directe des USA. Il en est de même en Bolivie
avec Evo Moralès.
Nous suivons aussi les luttes qui se
développent au Nicaragua, au Paraguay, au Brésil également.
La lutte de classe est dure dans ces pays
où les forces réactionnaires soutenues par les multinationales, USA en
particulier, tentent de stopper l’évolution progressiste.
Dans tous les pays capitalistes des
salariés développent des luttes nombreuses pour défendre leurs acquis, partout
menacés. C’est le cas en particulier dans les pays européens (j’y reviendrai
plus loin).
Nous sommes solidaires de tous les peuples
qui luttent, fidèles en cela à l’appel du manifeste communiste de 1848
« prolétaires de tous les pays unissez-vous ».
Dans un certain nombre de pays, des
camarades travaillent à créer ou recréer un parti révolutionnaire. Nous suivons
leurs initiatives avec beaucoup d’attention et de sympathie car il est capital
que se développent de véritables partis révolutionnaires partout.
Dans le cadre de la situation actuelle, nous
regardons avec intérêt tout ce qui se fait, nous avons parfois des échanges de
propagande, sans que cela nous conduise automatiquement à cautionner tous ceux
qui se proclament révolutionnaires
L’Europe
Parmi les grands ensemble capitalistes qui
se sont formés et se développent dans le monde, l’Europe – 500 millions
d’habitants – est aujourd’hui le plus puissant économiquement. Pour combien de
temps ?
Naturellement cette Europe est le lieu de
rivalités énormes entre groupes multinationaux et tous les pays, américains et
autres.
Les fusions acquisitions galopent. En 2007
on en compte 73% de plus qu’en 2006.
C’est en particulier dans cette Europe que
le niveau de vie des peuples les plus industrialisés est fortement remis en
cause. C’est le cas de l’Allemagne, de la France, l’Italie, la Grande-Bretagne…
Faire baisser le coût du travail par tous les moyens est devenu un impératif
pour tous les gouvernements. Il leur faut aujourd’hui aller beaucoup plus loin
et beaucoup plus vite. La concurrence internationale l’exige.
Il y a en Europe : 108 millions de
travailleurs précaires – 26 millions de travailleuses et travailleurs pauvres
selon un rapport de Bruxelles – 19 millions d’enfants, soit 1 sur 5, vivent
au-dessous du seuil de pauvreté.
Dans tous les pays, le mécontentement
grandit. Des luttes, des grèves se développent en particulier pour la
hausse des salaires, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, en Italie, en
Roumanie, en Bulgarie… Des luttes pour la garantie de l’emploi, contre l’augmentation
du temps de travail…
Le développement de l’Europe capitaliste
implique à terme la disparition des nations. Celles-ci freinent le déploiement
du capitalisme dans cette région du monde. Chaque étape de la construction
européenne passe par des abandons de souveraineté des nations qui la composent.
Un exemple en France : la régionalisation qui se met en place
progressivement avec 8 entités régionales dépendant de plus en plus étroitement
de Bruxelles. On va vers de grandes directions régionales directement reliées à
l’Europe.
La France prendra la présidence de l’Union
Européenne en Juillet. Le traité européen, dit « simplifié », est en
place. L’objectif de Sarkozy et de tous les gouvernements européens est de
pousser les feux de cette Europe capitaliste et d’accélérer en particulier la
construction de l’Europe politique appelée à supplanter les Etats Nationaux.
L’Union Européenne est déjà une
grande puissance militaire mais encore insuffisante aux yeux de ses dirigeants
qui veulent encore la renforcer.
Nous savons par ailleurs que l’industrie
d’armement est une énorme source de profits. La France à elle seule a vendu
officiellement en 2005 pour plus de 6 milliards de dollars d’armes aux seuls
pays en développement.
Les partis politiques qu’ils soient de
droite, socialistes et de gauche, oeuvrent pour la construction de cette Europe
capitaliste. C’est évidemment le cas en France où la différence entre le PS et
le parti se Sarkozy ne porte que sur d’infimes détails.
Le parti socialiste dans son nouveau
document d’orientation, énonce qu’il « est un parti européen qui agit dans
l’Union Européenne, qu’il a non seulement voulue mais en partie conçue et
fondée ». Ajoutons que les champions PS du NON en 2005, Fabius et
compagnie, se sont rapidement réconciliés avec les tenants du OUI.
Contrairement aux promoteurs de l’Europe
dite « sociale » de 2005, notre NON n’était pas un « OUI
mais ». Nous combattons cette Europe capitaliste. Nous la combattons parce
que nous avons une tout autre vision de l’avenir de notre continent. Une
véritable coopération ne peut exister et se développer que sur la base du
développement de chaque nation dans le respect de l’indépendance nationale, sur
la base du progrès économique et social pour les peuples, sur la base d’une
Europe qui développera une politique de paix dans le monde.
L’année prochaine auront lieu les élections
des députés européens. Nous participerons à cette grande bataille politique
avec tous les moyens dont nous disposerons. Le Comité National sortant vous
propose de confirmer que nous aurons des candidats.
La situation en France
Dans sa dernière intervention télévisée du
24 avril, Sarkozy a déclaré à propos de la mondialisation capitaliste : la
France doit s’y adapter, je suis là pour procéder aux ruptures nécessaires, je
le ferai.
Procéder aux ruptures nécessaires c’est
mettre en place les moyens d’une surexploitation des travailleurs et du peuple
encore plus poussée que celle qui existait jusque-là. Les ruptures nécessaires
c’est liquider les grands acquis sociaux, en particulier le modèle social
français issu du Conseil National de la Résistance. C’est liquider ce qui reste
d’un grand secteur public et des nationalisations. C’est en finir avec le
salaire minimum garanti, le droit à la protection sociale et à la retraite pour
tous etc … etc…
Les 55 réformes que Sarkozy veut réaliser
visent à adapter toute la société française aux objectifs de développement du
capital.
Nous subissons les premières conséquences
de cette politique.
Selon les données de l’INSEE publiées le 23
avril, les dépenses des ménages en produits manufacturés – rien que pour le
mois de mars – ont reculé de 1,7%
Les prix sont en hausse constante et
vertigineuse. « 60 produits et services qui font exploser les
compteurs » titre le journal économique « Capital » du mois de
mai. Une étude publiée par la revue spécialisée « Linéaire »
portant sur 100 produits étudiés et suivis dans les grandes surfaces, montre
que, entre 2002 et 2007, la viande de bœuf a augmenté de 23%, le pain de
19%, les pommes de terre de 25%, les loyers de 21%, l’eau de 25%, le gaz de
33%, le fioul de 140%. Depuis 1 an : le lait + 15%, la farine de 41%, les
pâtes de 1,5%, le fioul domestique de 38%. L’essence a augmenté de 53% . Le
gazol a augmenté depuis le début de l’année 2008 de 50% (ex.d’un
camarade en Savoie qui utilise du gazol dans sa voiture. Il habite à
25km de son usine : il dépense, par mois, 130 euros pour son
transport - sur un salaire moyen après 17 ans d’ancienneté de 1300 euros). Au
premier trimestre 2008, en 3 mois, les produits de première nécessité ont
augmenté de 8% etc…
Les salaires sont bloqués. Faut-il rappeler
que 12% des salariés sont payés au SMIC soit 1.000 euros par mois, que 7% des
travailleurs occupent un emploi qui ne leur permet pas de dépasser le seuil de
pauvreté.
Selon le baromètre de la pauvreté du
haut-commissariat aux solidarités, le nombre de travailleurs pauvres a augmenté
de 21%. 7,1 millions de personnes dont 2 millions d’enfants vivent sous le
seuil de pauvreté – 817 euros par mois. Une personne pauvre sur deux a
moins de 669 euros par mois.
Les médias feignent de découvrir et de
s’inquiéter des personnes à faibles revenus, des rmistes, des salariés
précaires, des retraités… Un certain Jérôme Bédier, président de la Fédération
des entreprises du commerce et de la distribution a déclaré cyniquement :
« Ce n’est pas une situation qui me gêne si ça peut être utile à certaines
personnes ».
A l’autre bout de la chaîne c’est l’envolée
des profits, les entreprises du CAC 40 ont engrangé plus de 100 milliards
d’euros de profits en 2007 et annoncent déjà de substantielles augmentations
pour 2008.
Citons le groupe Galeries Lafayette, son
Président Philippe Houze annonce pour 2007 un chiffre d’affaires en hausse de
6,5% sur 2006 – 4,956 milliards d’euros et les premiers mois de 2008 sont bons.
Le magasin Haussmann à Paris a atteint 1 milliard d’euros, c’est dit-il
fièrement « le premier magasin en chiffre d’affaires » mais il refuse
d’augmenter les salaires, il veut mettre en place un système individuel au
mérite et étendre l’ouverture du magasin le soir car «il y a la contrainte
économique et nous sommes en retard sur nos confrères européens ».
Xavier Timbeau, directeur du département
analyse et prévision de l’OFCE, explique dans la revue « Capital »,
« que loin de se dégrader la rentabilité (les profits) moyenne des PME n’a
pas cessé de progresser depuis 1990. Elle atteignait 10% en 2006 contre 7,2% en
1992.
Les grands patrons aussi s’enrichissent,
ils ont gagné en 2007, 58% de plus qu’en 2006. En voilà qui n’ont pas
entendu l’appel de Sarkozy aux sacrifices !
J.Paul Agon de l’Oréal et Henri de Castries
de Axa ont perçu plus de 5 millions d’euros, plus 25% qu’en 2006, Jean
Paul Tricoire PDG de Schneider- électric a perçu 2,50 millions d’euros, plus
51% sur 2006, Michel Rollier de Michelin, 4,25 millions plus68%...
C’est ça la France capitaliste
Le mécontentement a énormément grandi ces
dernières semaines. Il s’étend à de nouvelles couches de travailleurs. Le 10
juin, journée de grève et de manifestions de la fonction publique. A la
SNCF, la CGT et Sud-Rail ont déposé un préavis de grève reconductible à partir
du 9 juin. Le 17 juin, journée de grèves et de manifestations dans toute la
France, pour la défense des retraites et la durée légale du travail à 35h. à
l’appel de la CGT, de la CFDT, de la FSU et Solidaires.
Il faut ajouter les luttes qui ont lieu dans
un grand nombre d’entreprises pour obtenir des augmentations de salaires, pour
la défense de l’emploi. Les actions vont continuer à se développer et, à la
rentrée, elles continueront inévitablement. Elles prendront des formes
diverses, avanceront des revendications de plus en plus étendues.
L’heure est au développement des luttes, c’est
la politique même du patronat et du pouvoir qui en est à l’origine car les
salariés, le peuple n’agissent jamais sans raison, nous le savons tous ici.
La participation de COMMUNISTES à ces
actions qui vont prendre de l’ampleur, est capitale : montrer aux salariés
en lutte que « Communistes » participe à leur combat, leur dire
comment nous voyons la situation présente, quelles solutions nous
proposons, leur proposer de nous rejoindre.
Nous avons besoin en tout premier lieu, de
nous faire connaître et apprécier par ceux et celles qui ressentent le plus
directement les effets de la politique actuelle. Les familles d’ouvriers et
d’employés, les précaires, les chômeurs, les retraités. Mais notre intervention
va plus loin, pensons à ces 3 millions de jeunes qui fréquentent l’université
et les grandes classes des lycées et qui manifestent de plus en plus
fréquemment ; pensons aussi à ces centaines de milliers de personnels de
l’enseignement.
Comment être près d’eux dans
l’action ? Voilà une grande question posée à notre congrès
Si les luttes se développent devant les
attaques du patronat et du gouvernement, elles sont encore loin de suffire pour
barrer la route à la politique du gouvernement.
Plusieurs raisons à cela.
Il y a pour une part l’affaiblissement
considérable du syndicalisme révolutionnaire en France. La CGT qui l’incarnait
a compté sur cette base jusqu’à plus de deux millions d’adhérents. Aujourd’hui
elle en annonce 720.000, ce qui la situe derrière la CFDT qui annonce 800.000
adhérents. Ce recul, recul également des positions de lutte, s’est effectué en
plusieurs années, mais s’est encore accentué dans les années 80. Il est utile
d’avoir ces données en tête quand on examine le panorama syndical dans la
France d’aujourd’hui. Ce qui faisait son originalité et sa force c’était cette
existence d’un grand syndicat révolutionnaire, le plus grand syndicat du pays.
Ce n’est plus le cas et nous mesurons tous les jours le handicap que cela
représente pour les travailleurs.
D’un Chérèque et de la CFDT, rien ne
saurait nous étonner. Depuis sa création le rôle d’un tel syndicat est de
« négocier » avec le patronat et les gouvernements en place pour
éviter que l’action des salariés se développe en dehors des limites permises,
limites fixées par ce syndicat en accord tacite ou avoué avec l’ennemi de
classe. Ce fut le cas en 2003 quand il a cassé le mouvement contre la réforme
des retraites, c’est le cas aujourd’hui sur tous les sujets, les exemples ne
manquent pas !
Aujourd’hui tous les syndicats français
sont adhérents à la CES (Confédération Européenne des Syndicats) et à la CSI
(Confédération Syndicale Internationale), organisations réformistes intégrées
au capitalisme. La CGT occupe même des responsabilités dans la direction de ces
organisations !
Revenons à la CGT et répétons que les
forces réformistes et de collaboration de classe ont marqué de nombreux points
quant à son orientation et la mise en place de cadres acquis à une telle
orientation
En 2003, notre Comité National avait
discuté du syndicalisme révolutionnaire et de son absolue nécessité. Dans un
document intitulé « syndicalisme et lutte de classe » nous
disions :
« Face à cette offensive pour casser
le syndicat révolutionnaire, des forces importantes agissent. Partout des
syndiqués, des responsables syndicaux, à tous les niveaux ne sont pas disposés
à accepter cela. Nombreux sont les membres de la CGT qui ressentent le besoin
de conserver et de développer le syndicalisme de classe. Avec eux, des
centaines de milliers de salariés luttent contre le capital. N’est-ce pas sur
tous ceux-là que le syndicalisme révolutionnaire doit s’appuyer, pour que
grandisse l’exigence d’un syndicalisme de classe ? Son existence et son
renforcement dépendent du poids que pèseront les syndiqués et les travailleurs.
C’est vers eux, c’est vers vous que nous tournons parce que c’est de vous que
dépend l’issue de ce combat.
C’est avec tous ces camarades que les
militants de « Communistes » syndicalistes, agissent partout où ils
se trouvent avec leur syndicat, pour défendre les revendications, définir des
mots d’ordre de lutte avec les travailleurs dans chaque entreprise et à tous
les niveaux où il est possible de le faire. Dans la CGT, la partie n’est pas
encore jouée loin s’en faut !
Les évènements actuels et ceux qui vont
suivre rendent et rendront la collaboration de classe de plus en plus visible.
Aujourd’hui il est évident qu’un
appel commun des syndicats à une action nationale de grève et de manifestations
de tous les salariés du privé comme du public, les jeunes, contre les attaques
du pouvoir et pour leurs revendications, salaires, retraites, emploi,
enseignement… aurait un retentissement énorme et marquerait le début de luttes
très importantes !
Rappelons qu’au début de l’année 68,
le patronat et le gouvernement affirmaient d’une même voix, qu’il n’était pas
possible d’augmenter les salaires, de satisfaire les revendications. Quelques
mois après, en mai - juin 68, 10 millions de grévistes les ont contraints à
reculer, à accepter les conquêtes que nous connaissons : le SMIG
augmenté de 35%, les bas salaires augmentés de 30%, les avancées des droits des
salariés etc…
On comprend pourquoi un tel appel national
à l’action n’est pas lancé. C’est le travail des militants de «Communistes avec
tous les syndicalistes révolutionnaires de travailler avec persévérance à en
créer les conditions.
C’est le travail de tout notre parti de
montrer patiemment les obstacles qu’il faut franchir.
Le principal obstacle au développement de
l’action, c’est l’influence, encore infiniment trop réduite du parti
révolutionnaire que nous avons créé, il y a maintenant 6 ans, je veux parler de
« COMMUNISTES ».
Développer la conscience révolutionnaire en
France, c’est notre mission, nous sommes les
seuls à pouvoir l’accomplir. Mais je m’empresse de répéter qu’il s’agit d’une
tâche de très longue haleine et que l’impatience est le pire des dangers.
Comment franchir une nouvelle étape du
développement de notre parti en nous appuyant sur nos acquis et sur les
possibilités nouvelles qui existent ?
Voilà, je l’ai dit en débutant cette
intervention, la question qui nous est posée aujourd’hui.
Intervenir beaucoup plus fortement sur les
questions idéologiques est notre rôle premier.
Le capital et tous ses adeptes livrent en
permanence une guerre idéologique pour accroître leur capacité d’intervention
dans la sphère politique. Ils disposent à cet effet de forces considérables.
Les médias avec la totalité de la presse écrite nationale et régionale,
les revues, les télévisions, les radios et déjà une bonne partie d’Internet
sont entre les mains des puissances financières – Dassault – Lagardère –
Bolloré – Bouygues… et du gouvernement à leur service, qui les contrôlent
étroitement.
La place que tient la manipulation de
l’opinion est énorme. Par ex. le martelage de thèmes quotidiens repris par tous
les médias, dès le matin par la radio, puis les journaux, les télévisions.
Toutes les émissions qui détournent de la réalité, la tronquent : les
faits-divers ou people, les campagnes sur la soi-disant défense des droits de
l’homme – les OGM – le réchauffement de la planète – le micro-crédit avenir du
capitalisme (ce doit être pour ça que S. Royal l’a mis en place dans la région
Poitou-Charente qu’elle préside !). Les thèmes martelés tels : la
France est endettée, chaque enfant qui naît a 20.000 euros de dettes. Les
détournements de l’objet des luttes pour tenter de dresser les salariés les uns
contre les autres. Les réformistes intégrés au capitalisme, par leur politique,
leurs campagnes, participent de cette intoxication de l’opinion. Ils contribuent
– c’est leur but – à la maintenir sous la coupe du capitalisme.
Que devons-nous expliquer ?
-Les raisons de la situation
-les objectifs du capital et du
gouvernement- leur but – où ils veulent aller
-clarifier le comportement des forces politiques
et syndicales dans cette situation
‘Comment en sortir, changer la donne
Nous affirmons qu’on peut faire autrement
que ce que font le patronat et le gouvernement et nous le démontrons. Nous
affirmons qu’il y a en France les moyens financiers, économiques,
scientifiques, culturels de développer politique économique et sociale.
Nous donnons des exemples
concrets. J’en rappelle quelques-uns :
*Le SMIC à 1500 euros nets tout de suite
c’est possible.
*Augmenter tous les salaires, les pensions,
les indemnités, c’est possible
*Maintenir une sécurité sociale pour tous –
combler le déficit
*Maintenir le droit à la retraite au bout
de 37 ans ½ de cotisations
*Construire pour commencer 600.000
logements sociaux urgents.
*développer un grand service public d’enseignement,
de formation et de recherche
*développer une véritable politique
industrielle et de l’emploi
Tout cela est possible. L’argent ?
*pour les salaires, il suffit de prendre
une petite partie sur les profits pharamineux des entreprises (j’en ai cités),
sur la part des actionnaires et les salaires scandaleux des patrons.
*Pour la Santé, il suffit de supprimer les
exonérations de cotisations patronales (32 milliards d’euros en 2008), de
ramener la part de la cotisation patronale à ce qu’elle était en 1980, à 50%
*pour les retraites, on nous annonce, 4,1
milliards d’euros de déficit d’ici 2020, il faut faire payer la part patronale.
*il y a une toute autre utilisation
possible du budget de la France. Rappelons que sur 300 milliards d’euros de
recettes, la TVA rapporte 135 milliards, l’impôt sur le revenu 60,5 milliards
et la TIPP sur l’essence 16,5 milliards.soit au total 212
milliards,c'est-à-dire 70% du budget national qui sont payés par le peuple.
*On peut réduire les dépenses d’armements –
40 milliards d’euros qui servent à participer à des opérations militaires à
l’étranger et à la course aux armements nucléaires
*Il faut recréer un grand service public
nationalisé, stopper les privatisations, se réapproprier les services qui ont
été privatisés.
Mais pour engager une telle politique,
utiliser l’argent autrement, il faut se placer sur une ligne anticapitaliste,
il faut avoir la volonté de s’attaquer aux puissances financières qui nous
gouvernent.
A part nous, je le redis, aucun parti
politique ne souscrit à de tels engagements.
J’ajoute que, quels que soient l’intérêt,
la valeur de nos propositions, nous ne pouvons pas faire
l’économie d’expliquer et de convaincre le maximum de gens qu’on n’aura rien
sans lutte. Les propositions les plus belles ne sont rien sans lutte.
C’est quoi donner une perspective
aujourd’hui ? C’est expliquer que pour changer
réellement la vie, il faut se rassembler de plus en plus nombreux et mener la
lutte de classe de plus en plus fort.
Nous ne gagnerons pas tout le monde aujourd’hui,
mais il y a beaucoup de monde à gagner à cette idée.
Nous ne pouvons pas faire l’économie de
cette bataille-là. Nous le redisons sans cesse, mais l’expérience ne fait que
le confirmer.
Il n’y a pas de raccourci dans cette lutte
Nous voulons supprimer le capitalisme et le
remplacer par une société socialiste qui assurera cette émancipation par :
-le pouvoir au peuple
-la propriété sociale des principaux moyens
de production et d’échange et leur gestion démocratique par le peuple.
-Une société qui assurera une politique de
paix, de coopération et de rapprochement entre les peuples.
Mais le plus beau programme n’est rien s’il
n’est accompagné du seul moyen qui permette sa réalisation : la lutte.
Sinon, il ne s’agit que d’un simple trompe l’œil, un de plus. Comme on dit
familièrement, du baratin politique.
Etre révolutionnaire, c’est l’être au
quotidien.
Notre parti depuis sa création en 2002 mène
quotidiennement le combat contre le capitalisme, pour le faire reculer, obtenir
des revendications, pour développer la conscience d’en finir avec lui.
J’insiste, nous
sommes aujourd’hui à une nouvelle étape de notre développement.
Pour la franchir :
*Organisons notre activité de propagande –
avec la diffusion de notre journal, les tracts. Nous allons continuer à
développer notre site, à l’améliorer, à publier plus régulièrement et sur de
plus nombreux sujets
*Développons considérablement notre
bataille financière à la hauteur de nos ambitions
*Proposons largement l’adhésion à nos
sympathisants, prenons des contacts parmi les collègues, les syndicalistes, les
amis, organisons des rencontres, des discussions.
Pour cela, allons partout où il se passe
quelque chose, dans les luttes, dans les entreprises, les quartiers populaires,
les Facultés
*Développons la vie politique du parti.
Réunissons régulièrement les adhérents pour discuter politique et décider de
nos activités.
*Des collectifs de direction ont été mis en
place dans la préparation du congrès. Au fur et à mesure de notre
développement, donnons des responsabilités à de nouveaux camarades
*Après le congrès, nous allons organiser
partout un nouveau cycle de stages théoriques pour tous les adhérents. La
théorie, cela s’apprend dans les écoles, par l’étude. Dans un parti
révolutionnaire, elle est indispensable pour tous les adhérents.
Ce rapport a évoqué de nombreuses questions
qu’on peut approfondir.
La discussion, l’échange que nous allons
avoir jusqu’à demain soir, à partir des expériences, de notre activité, des
réflexions, nous permettra sans aucun doute de prendre les meilleures décisions
pour franchir un nouveau pas dans le développement de notre parti.
Demain nous élirons notre direction
nationale.
Depuis 2002, que de chemin parcouru !
Nous sommes un parti politique ancré dans la vie politique nationale et là où
nous sommes actifs, nous sommes déjà reconnus comme un parti politique qui
compte, avec qui il faut compter.
Nous avons la possibilité aujourd’hui
d’aller encore plus loin dans la voie que nous nous sommes tracés.
Cher (e) s camarades,
Je vous invite à vous exprimer largement,
sans réserve. C’est ensemble que nous avancerons.
Envoyer
ce rapport à un(e) ami(e)
http://www.sitecommunistes.org