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COMMUNISTES

4ème congrès 6-7 juin 2008

 

Rapport introductif – Rolande PERLICAN

 

Cher (e) s camarades,

 

Où en est le parti aujourd’hui, six ans après sa création ?

L’union et le rassemblement contre le capitalisme sont notre objectif central. Les travailleurs, manuels et intellectuels, sont  le nombre, unis ils représentent une force considérable. Leur rassemblement dans l’action, voilà ce qui est indispensable pour créer le rapport de forces qui permettra d’avancer.

Mais pour créer et développer ce mouvement puissant et efficace, l’union doit se faire sur une base claire, sans aucune compromission avec les forces du capital et leurs soutiens, tellement nombreux aujourd’hui.

Il s’agit de tout autre chose que cette union de la gauche, cette union qui va selon les élections du PS à l’extrême gauche en passant par le PCF. Aller dans cette voie ce serait condamner le combat du peuple à l’échec.

L’union est absolument indispensable aux travailleurs pour avancer dans leur lutte contre le capital. Union avec qui, autour de quels objectifs, telle est la grande question, la question posée en permanence aux révolutionnaires.

Union avec qui ? Avec les travailleurs, manuels et intellectuels, avec les habitants des quartiers populaires, avec les jeunes des établissements scolaires et des Facultés, avec les retraités, les sans emploi… avec tous ceux et celles qui sont victimes de cette politique.

Adressons-nous directement à eux, défendons leurs revendications, expliquons  qu’elles peuvent être satisfaites s’ils les imposent à l’ennemi de classe. Montrons-leur les combines politiciennes de tous ceux qui utilisent le peuple comme une masse de manoeuvre au service de leurs seuls intérêts. Disons-leur qu’il existe à nouveau en France un parti révolutionnaire, que ce parti c’est le nôtre, que c’est le seul parti indispensable aux travailleurs et qu’il dépend d’eux, uniquement d’eux, qu’il se développe   vite et devienne un grand parti national, leur parti.

L’union, c’est ça ! C’est d’abord notre parti directement au contact avec les travailleurs qui agissent, qui recherchent une solution aux problèmes de plus en plus difficiles que la vie leur pose.

Depuis notre dernier congrès nous avons beaucoup avancé dans cette voie, même si nous n’en sommes qu’au tout début. Nous savions, quand nous avons créé COMMUNISTES en 2002 que pour que cette union existe, il faudrait mener un combat très long et difficile.

Tous les autres partis, chacun à sa manière, se situent dans un cadre totalement différent. Aucun d’entre eux  n’a pour but d’abolir le capitalisme et de construire une société socialiste.

Nous sommes à contre courant de ce consensus général qui se situe dans le capitalisme, un capitalisme qui serait une sorte d’horizon indépassable, la seule société dans laquelle l’humanité devrait vivre et qu’on ne pourrait aménager que de l’intérieur. « Hors du capitalisme point de salut, la meilleure preuve n’en a-t-elle pas été fournie par la faillite du socialisme ? » répètent les adeptes de toujours de cette société et ce qui est nouveau, les convertis de ces dernières années comme le PCF. Seul « COMMUNISTES » est un parti révolutionnaire qui veut abattre le capitalisme et construire le socialisme dans notre pays.

On sait ce qu’est devenu le PCF qui voulait « dépasser » le capitalisme à coups d’ « aménagements ». Ce parti a disparu comme parti révolutionnaire et son influence en tant que parti tout court s’est réduite à peu de chose. C’est le parti socialiste qui occupe l’essentiel du terrain politique de la collaboration de classe avec le capitalisme. Ce PS qui dirige 21 conseils régionaux sur 22, qui préside   50 communautés d’agglomérations contre 40 à l’UMP et 1 au MODEM. Ce PS qui dirige ou contrôle 12 communautés urbaines sur 14, avec aussi des cohabitations gauche – droite comme à Marseille ou Bordeaux. Ce PS qui abandonne tranquillement un vocabulaire de gauche qu’il avait été contraint d’utiliser, certes du bout des lèvres, en d’autres temps.

Delanoë, maire de Paris, allié au PCF et aux Verts, vient lui aussi de sortir son livre, un livre éloquent. « Les socialistes  du 20ème siècle acceptent enfin pleinement le libéralisme…Ils ne tiennent plus les termes de « concurrence » ou de « compétition » pour des gros mots…Au gouvernement, nous devons être des managers ». Tout le reste est à l’avenant ! C’est en vain qu’on chercherait un seul ouvrage émanant du PS qui fasse entendre un autre son de cloche (si on peut dire !).

A la remorque de ce parti, on trouve le PCF qui a pu « sauver » ainsi les parlementaires, maires et autres élus qui lui restent. Plus que jamais il reste acquis à cette union de la gauche derrière le PS, union sans laquelle il lui serait difficile voire impossible de survivre.

« Union de la gauche » bêlent en chœur tous les partis et organisations qui se disent du côté des travailleurs. La LCR  prépare un nouveau parti pour début 2009,  anticapitaliste comme il se doit mais  pas un parti d’avant-garde. Ce serait « un parti de gauche ». Un de plus ! Besancenot a déclaré au journal « l’Humanité » : « nous n’avons cessé de tendre une main fraternelle à la gauche… nous continuerons à le faire ». Le rêve de la LCR est de créer un nouveau parti concurrent du PS… pour faire finalement la même politique. A Drucker qui lui demandait : « que mettez-vous à la place du capitalisme », il répond : « je ne sais pas, tout est à inventer ». Il vient de préciser lors d’un meeting « le cycle des révolutions s’est refermé dans les années 80 ». Pauvre Marx, pauvre Lénine ! Heureusement, Besancenot est arrivé !

Pour sa part, Lutte ouvrière, qui a tenu son congrès fin 2007, a rejoint elle aussi l’union de la gauche.

Il en est de même d’autres organisations  comme le Parti des Travailleurs.

Un an seulement après l’élection présidentielle, les effets de la politique capitaliste mise en œuvre au gouvernement par Sarkozy et son équipe sont très durement ressentis par les couches populaires. Avec le mécontentement qui s’étend, les luttes qui se développent, on constate que les manœuvres politiques se multiplient pour assurer la relève de Sarkozy quand ce sera devenu nécessaire.

Alternance droite gauche ou alliances, centre, droite et gauche ou avec l’extrême droite en réserve, de toutes les façons, la relève se prépare.

Ne perdons pas de vue que les raisons qui assuraient l’audience de l’extrême – droite de LE PEN demeurent entières. Le fait que la plupart de ses électeurs aient été sensibles à la campagne démagogique de Sarkozy ne change rien à l’affaire. Ce qui vient de se passer lors des élections en Italie, montre que les racines de l’extrême droite sont profondes et que ses électeurs peuvent être utilisés comme un élément de la relève au service du capital.

C’est pourquoi nous ne devons absolument pas envisager et, à plus forte raison pratiquer, une alliance politique avec ces partis et formations qui toutes se réclament de la gauche et qui prétendent toutes défendre les intérêts du peuple. Le faire serait cautionner cette opération d’alternance politique qui se construit sous nos yeux jour après jour. Ce serait cautionner la politique de cette gauche revenue au pouvoir une nouvelle fois pour poursuivre et aggraver celle de la droite. Aller dans cette direction signifierait la fin de notre parti.

A chaque évènement, nous sommes intervenus sans aucune hésitation contre le véritable ennemi de classe. C’est à partir d’une position de classe que nous avons appelé à l’union et au rassemblement.

C’est notre ligne de classe, basée sur le rôle dirigeant de la classe ouvrière, l’apport fondamental du marxisme-léninisme, qui nous permet d’arriver à une vision la plus exacte possible de cette opposition de classe permanente entre le capital et le travail. C’est elle qui nous permet à chaque moment de parvenir à une analyse juste et de définir les mots d’ordre qui conviennent.

Que ce soit dans les luttes quotidiennes contre le capital et les gouvernements en place, ou dans les périodes de grandes batailles politiques – les élections présidentielles et législatives de 2007 – les élections cantonales et municipales de mars dernier – qu’il s’agisse de tous les évènements qui se sont passés en France et dans le monde, c’est à partir de notre position de classe que nous avons établi notre analyse et pris nos décisions. Nous l’avons fait avec le souci constant de contribuer au développement du rassemblement pour l’action.

En gardant cette réalité présente à l’esprit, examinons rapidement nos résultats aux élections cantonales.

Nos candidats ont nettement progressé par rapport aux élections législatives de 2007. Plusieurs ont dépassé les 5% (ce qui nous  a permis d’être remboursés des frais de campagne), 2 candidats ont réalisé 6,88 et 6,5%. Des résultats remarquables dans des cantons très différents – ruraux – urbains- industriels. Par exemple à Ardentes dans l’Indre, on est passés en un an de 77 à 534 voix, à Buzançais de 47 à 338 voix, à Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine dans le quartier des Grésillons, notre candidat obtient 7,93 et 8,82% et son score est supérieur à celui du candidat de droite. Cette progression électorale a été obtenue à partir d’explications politiques claires, qu’il s’agisse de l’énoncé de notre circulaire clairement anticapitaliste, avec la dénonciation des responsables de la situation actuelle, et avec nos propositions ; qu’il s’agisse aussi de notre appel à ne voter pour aucun des autres partis politiques de droite ou de gauche.

Nous avions déjà fait ce constat lors des élections législatives de 2007 ou de plus nous avions présenté des candidats dans un nombre important de circonscriptions où « COMMUNISTES » n’est pas organisé, donc pas connu et où les électeurs n’ont eu que notre circulaire pour apprendre notre existence et faire connaissance avec notre politique.

Obtenir dans de telles conditions les résultats que nous avons obtenus, montre d’une façon évidente que notre parti a vocation à être entendu et notre politique approuvée. Il est apparu comme le seul recours pour celles et ceux qui veulent lutter efficacement contre le capital.

Ajoutons que ces résultats, les progrès de notre influence ont été obtenus malgré :

-un scrutin électoral de voleur à deux tours, qui ne permet de se maintenir au second tour qu’à ceux qui sont au-dessus de 10% au premier tour.

-l’accès aux médias, télévision, radios, interdit.

Nous n’avons donc pu compter que sur nos seules forces militantes sur le terrain et avec des moyens financiers très limités.

Tout confirme que nous avons eu raison de créer COMMUNISTES. La preuve est faite que notre parti répond à une nécessité pour le peuple.

Tout confirme aujourd’hui que nous avons eu raison de ne pas nous engager dans des unions sans principes.

Tout confirme qu’il y a de la place pour COMMUNISTES en France et que nous avançons dans la voie ambitieuse mais indispensable que nous nous sommes fixée : reconstruire un grand parti révolutionnaire dans notre pays.

Je le redis, nous  sommes au tout début d’un processus long, très long, qui ne sera pas linéaire puisqu’il se développe dans une lutte de classe acharnée.

Personne en France ne veut d’un parti révolutionnaire. D’ailleurs nous avons pu le constater une fois de plus pendant la campagne des élections cantonales.

Là où nous sommes actifs, nous ancrons notre parti dans la vie politique.

Nos progrès ne sont que de tout premiers progrès, nous sommes encore très loin d’approcher notre objectif. Mais ce qui compte avant tout aujourd’hui, c’est que nos progrès actuels sont révélateurs de nos possibilités.

Nos possibilités, comment les exploiter plus largement, quels moyens nous donner pour nous engager plus avant dans cette direction ?

Echangeons nos points de vue sur cette question décisive pour l’avenir de notre parti. Discutons de nos résultats, de ce que nous pensons devoir faire, de quelles initiatives prendre.

En restant conscients de nos propres limites, étudions ensemble comment avancer plus vite et aller plus loin.

L’unité idéologique de notre parti est profonde, ce qui n’était pas encore le cas lors de sa création. Nous avons formé des militants, organisé plusieurs écoles et stages de base. Notre parti est mieux structuré. Depuis le dernier congrès des militants et des militantes ont pris des responsabilités. Des collectifs de direction se sont organisés, ont pris des initiatives.

Comment développer des initiatives ; comment être davantage présents à un endroit que nous jugeons important, être présents avec un tract, présents pour discuter avec des salariés, des jeunes, pour soutenir une action, pour engager une discussion, prendre contact, organiser une réunion ?

Comment mieux recruter, créer de nouvelles bases du parti ?  Des adhésions  réalisées dans plusieurs départements sont le résultat de notre activité, le plus souvent collective mais aussi individuelle. On adhère à COMMUNISTES, le plus souvent parce qu’on voit dans notre parti la seule perspective de bousculer l’ordre établi, de changer de société.

Au stade actuel de notre développement, les adhésions se font une par une, grâce au contact que nous pouvons avoir avec des camarades de travail, des amis, des connaissances, avec la famille. Des délégués pourront expliquer comment ils sont parvenus à faire adhérer des camarades qui aujourd’hui, à leur tour, proposent l’adhésion à d’autres.

Adhérer à un parti politique dans une période où tous les partis sont discrédités, c’est une décision importante. Il n’est pas question de dire que l’adhésion à COMMUNISTES va de soi ! Mais on est parfois surpris quand une situation nous pousse à être audacieux. Un exemple, dans l’Indre ; le jour du dépôt des candidatures pour les élections cantonales, un candidat ayant fait défaut, il fallait trouver quelqu’un. On a demandé à une salariée sympathisante. Elle a accepté, a fait une belle campagne et un bon résultat et depuis a adhéré à notre parti.

Pas aussi facile partout ! Mais ne pouvons-nous pas être plus audacieux ?

Comment améliorer et de beaucoup les résultats actuels ? Discutons largement de cette question décisive pour l’avenir.

Examinons maintenant notre activité de propagande. Où en sommes-nous, que devons-nous développer ? Quelles sont les urgences ?

Je rappelle rapidement que nous diffusons des dizaines de milliers de tracts dans les entreprises, que notre journal est reproduit et diffusé à des milliers d’exemplaires, que nous diffusons régulièrement lors des actions et des manifestations. Nous diffusons à des points de rencontres sur des marchés, dans des quartiers populaires. Nous diffusons un bulletin pour les étudiants à la faculté de Jussieu et à Paris8

Mais nous sommes encore très loin de ce qui serait nécessaire si nous voulons avancer plus vite, comme la situation politique l’exige et le permet.

-Comment assurer notre présence dans les grandes entreprises en France ?

-Comment l’assurer dans des établissements scolaires, en particulier dans les Facultés ?

-Comment se procurer les moyens matériels indispensables ?

Notre congrès se doit d’apporter les réponses qui conviennent à ces questions. Ne faudrait-il pas qu’une équipe composée de membres du CN et d’autres camarades soit mise en place pour impulser de plus près notre activité de propagande ?

Quelques mots à propos de notre site qui est devenu un outil de propagande précieux et qui connaît un réel développement. Il nous permet d’avoir une expression permanente dont nous devons encore améliorer la régularité et la quantité, tant sur les questions du jour que sur celles qui doivent être approfondies, telle par exemple l’alternance politique en France. Déjà de nombreux camarades utilisent des articles pour confectionner leur propre matériel de propagande, leurs tracts par exemple.

Ayons l’ambition dès la rentrée d’améliorer encore notre site et d’assurer une bien plus grande diffusion de ce qu’il publie. Il devrait être possible là aussi, d’aller rapidement vers une équipe rédactionnelle plus étoffée.

Chers camarades, le développement de toute notre activité de propagande devient aujourd’hui un impératif. Consacrons-y une part importante de notre discussion.

Comment l’améliorer pour qu’elle soit utile à notre combat ? Dites ce que vous en pensez.

Une autre question très importante, primordiale même puisque toute l’activité de notre parti en dépend, c’est naturellement la question financière. Nous savons tous ici que la réalisation de tous nos projets politiques, à tous les niveaux, du plus petit au plus grand, dépend d’abord des moyens financiers dont nous disposons.

Nous avons pris ensemble la décision de participer aux élections législatives de 2007 et cantonales de 2008. Les résultats, à tous points de vue, montrent que nous avons bien fait. A ces occasions, nous avons collecté des sommes importantes, pas assez cependant pour faire face à nos besoins politiques sans puiser dans notre réserve jusqu’à  l’assécher. Je rappelle au passage que dans les 5 cantons de l’Indre et à Gennevilliers où nous avons obtenu plus de 5% des voix, nous avons été remboursés, ce qui est un argument supplémentaire pour continuer de participer aux batailles électorales.

Je  dis très solennellement au congrès que notre situation financière est très sérieuse. On peut la résumer en quelques mots : au moment même où nous avons un  besoin d’argent sans commune mesure avec notre passé récent, la caisse nationale est vide. Nous ne pouvons pas nous laisser bloquer dans notre activité politique par le manque de moyens financiers. Avoir les moyens financiers de notre politique c’est notre grand objectif.

Nous pouvons encore améliorer la rentrée des cotisations mais la seule façon d’obtenir l’argent nécessaire à notre combat c’est la souscription, le soutien financier de tous ceux et celles qui sont prêts à nous aider. J’invite le congrès à repenser complètement la question de nos finances. Nous avons absolument besoin de beaucoup d’argent, un besoin sans commune mesure avec nos besoins passés. Il faut pour cela mesurer nos problèmes de trésorerie à une tout autre échelle. C’est à notre congrès d’examiner cette question qui conditionne l’avenir de notre parti et de proposer les mesures à prendre pour modifier cette situation. Ceci d’autant plus que l’an prochain, auront lieu les élections européennes et que le Comité National propose que nous y participions. Je vous en parlerai de façon plus détaillée dans un instant.

Renforcement du parti, propagande et moyens financiers, voilà qu’elles sont les questions principales qui nous sont posées, à nous les participants à ce 4ème congrès du parti.

 

Dans quel contexte national et international agissons-nous ?

*La situation dans le monde

Notre époque est celle des transformations énormes et rapides des forces productives et des conditions matérielles de la production.

Des progrès considérables sont intervenus dans le champ des connaissances scientifiques et techniques avec en particulier le développement des technologies de l’information, de la communication et des biotechnologies. Il est aujourd’hui matériellement et techniquement possible d’en finir avec tous les fléaux dont souffre l’humanité.

Or malgré ces atouts majeurs, 1 terrien sur 6 vit dans l’extrême pauvreté. 18.000 enfants meurent chaque jour des conséquences de la faim et de la malnutrition. La maladie ravage des populations. Dans les pays capitalistes développés, le chômage, la précarité, la pauvreté progressent ; la santé, les retraites sont attaquées.

Les techniques, les sciences peuvent être un outil de libération ou un outil d’exploitation et même de destruction massive. Tout dépend de qui a la maîtrise des moyens de production. Laisser ces moyens aux capitalistes, c’est leur laisser les mains libres pour les utiliser à leur profit sur le dos des peuples.

Le capitalisme est un frein au développement de l’humanité. Il faut l’abattre.

La mondialisation est capitaliste. Pour accroître son profit le capitalisme étend partout son exploitation. Il organise partout, par tous les moyens, la baisse du coût de la force de travail.

Le capitalisme mondial évolue. Le monde capitaliste change en permanence mais son évolution depuis ces dernières années est considérable.

Depuis 20 ans, le processus de concentration mondial du capital a amené le règne des groupes géants par des fusions et acquisitions qui sont passées de 2.572 en 1990 à 7.242 en 1999, multipliées par 3 ou presque en 9 ans ! Elles se sont encore accélérées depuis ! En 2007 elles ont progressé de 51% sur 2006 (+ 53% aux USA, + 73% en Europe). Jusqu'à ces dernières années, elles ont été principalement réalisées par des firmes des USA, de l’Angleterre, de l’Allemagne, de la France et de l’Espagne. Aujourd’hui elles s’étendent de plus en plus à des pays comme la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie et l’Argentine…

Ce processus de concentration mondial du capital, d’alliances stratégiques, est indispensable pour rester compétitif dans la concurrence capitaliste.

L’exemple de Danone illustre bien ce processus. Ce groupe est leader de l’industrie agro-alimentaire avec plus de 25% des parts du marché mondial, il est aussi leader des boissons, de l’eau en bouteilles. Il a passé en 2002 une alliance stratégique avec son principal concurrent Coca-Cola.

Les délocalisations dans les pays où la main d’œuvre est la moins chère, à moindres coûts sociaux, permettent au capital de mettre en concurrence les salariés du monde entier.

Depuis les années 1980 la financiarisation de l’économie s’est accélérée. Fin 2007 dans le monde, la capitalisation boursière pesait trois fois plus lourd que le PIB mondial, alors qu’en 1980 le total de la capitalisation était égal au PIB. Chaque jour les opérations boursières représentent 2.046 milliards d’euros. 85% de ces sommes sont englouties dans la spéculation. Les fruits de la croissance vont à la spéculation et dans la poche des actionnaires.

Avant l’éclatement de la crise financière en juillet 2007, la revue financière « l’Expansion » écrivait : « attention il y a trop d’argent dans le monde. Jamais autant d’argent n’a circulé sur la planète. La masse monétaire mondiale a doublé entre 2000 et 2006 progressant trois fois plus vite que la production. Ainsi plus de deux mille milliards de dollars ne sont pas investis, délibérément, dans la production. Tout cet argent entraîne le gonflement de bulles financières ».

La crise financière actuelle, comme les précédentes, est le résultat de l’évolution du système capitaliste basé sur la recherche du profit maximum par la surexploitation des peuples.

« Les crises… un éternel recommencement » écrit une journaliste dans le journal financier bien nommé « Capital ».

Marx, faut-il le rappeler, avait déjà énoncé, il y a 150 ans, cette loi scientifique du développement du capitalisme, suivant laquelle la part du capital reposant sur le travail produit reculait alors que la spéculation progressait.

Aujourd’hui, le fait que le capitalisme soit pratiquement le maître du monde accélère considérablement ce phénomène. La Chine, l’Inde, le Brésil et bien d’autres pays sont entrés dans ce circuit et de quelle façon ! D’autres suivront sous peu. Tous ces pays développent leurs capacités techniques, scientifiques, leur force militaire. La Chine se situe au 2ème rang mondial pour les moyens affectés à la recherche juste derrière les USA, pour le moment. Elle est présente partout pour l’exploitation des matières premières en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud.

L’impérialisme est le gendarme du monde.

La perspective du capitalisme c’est l’affrontement  poussé à l’extrême, jusqu’au conflit armé s’il le juge nécessaire.

Le monde est confronté à l’agressivité croissante de l’impérialisme, avec à sa tête les USA qui veulent étendre leur domination politique et militaire pour la conquête de nouveaux  marchés, l’exploitation des matières premières, des ressources énergétiques, stratégiques.

Les USA veulent établir et renforcer leur domination militaire et politique sur ce qu’ils nomment « le grand Moyen-Orient » qui va du Maroc jusqu’au Pakistan et aux ex Républiques Soviétiques, soit 22 pays, 400 millions d’habitants. C’est aujourd’hui la région du monde qui constitue le plus grand réservoir de pétrole et de gaz.

Le maintien sous le joug israélien de la Palestine s’inscrit dans cette lutte. Israël est armé et soutenu financièrement d’abord par les USA.

Cela donne une idée de la lutte économique et politique sans merci que se livrent les grands groupes à l’échelle mondiale.

On pourrait continuer l’énumération avec ce qui se passe en Afrique ou ailleurs. Partout il s’agit de la même chose.

Les gouvernements des pays impérialistes dépensent des centaines de milliards pour imposer leur domination militaire. 400.000 soldats US sont déployés dans le monde. L’an dernier, 1.200 milliards de dollars –officiels – ont été destinés aux armements. Le budget militaire 2008 (avoué) de la France a été de 38,6 milliards d’euros. La course aux armements nucléaires se poursuit partout.

Le capitalisme renforce la régression sociale.

Partout, le capitalisme renforce ses moyens d’exploitation des peuples, le mot d’ordre universel c’est : faire baisser en permanence le coût de la force de travail.

Dans tous les pays capitalistes avancés c’est la remise en cause de tout ce qui a été acquis par les peuples : retraites – sécurité sociale – salaires – emploi- enseignement…

Le dirigeant  socialiste Strauss-Kahn directeur du FMI, en visite à Paris, a proposé de surmonter la crise actuelle en accélérant les « réformes libérales » engagées en Europe (casse des retraites, système de santé, baisse du coût du travail…) Strauss-Kahn veut lui aussi être candidat PS à la présidentielle dans 4 ans ! probablement pour combattre le capitalisme !

Des émeutes de la faim ont éclaté dans 40 pays. 850 millions d’êtres humains  souffrent  de la faim, 1,6 milliards n’ont pas accès à l’eau potable.

En finir avec la malnutrition à l’échelle de la planète d’ici 2015 coûterait 24 milliards de dollars par an (trois mois d’occupation en Irak coûtent 18 milliards de dollars). Avec 15 milliards de dollars par an on pourrait fournir en eau potable tous les habitants du globe. Avec 12 milliards de dollars par an on pourrait donner une éducation élémentaire à tous les enfants du monde.

La caractéristique du monde aujourd’hui c’est aussi le développement de la lutte des peuples.

La disparition de l’URSS et des pays socialistes de l’Est Européen a porté un rude coup au mouvement ouvrier et révolutionnaire.

Cela a amené un changement considérable du rapport des forces dans le monde entier à l’avantage du capitalisme mondial.

Mais cela ne signifie pas pour autant la fin de la lutte des classes. Cette lutte continue dans d’autres conditions.

Il y a la lutte du peuple Palestinien pour le droit à l’indépendance. En France, les médias ont animé une campagne scandaleuse pour fêter les 60 ans de la création de l’Etat d’Israël. Israël qui enferme, tue, affame le peuple palestinien.

Nous voulons redire ici que nous soutenons complètement la lutte de ce peuple.

La seule solution est de contraindre Israël à cesser la colonisation, à arrêter ses agressions. La France doit agir dans ce sens en rompant ses relations avec Israël. Si le gouvernement le faisait, cela ferait vite bouger la situation et d’autres pays suivraient.

En Amérique Latine, la volonté des peuples de vivre mieux et de se libérer de la tutelle US s’exprime de plus en plus fortement.

Nous tenons d’abord à assurer de notre entière solidarité le peuple cubain, les femmes et les hommes de progrès qui aux cotés des forces révolutionnaires luttent pour conserver et développer les acquis de la révolution.

Au Vénézuela, Hugo Chavez qui développe une politique sociale et nationalise les principaux moyens de production, se heurte à l’intervention de plus en plus directe des USA. Il en est de même en Bolivie avec Evo Moralès.

Nous suivons aussi les luttes qui se développent au Nicaragua, au Paraguay, au Brésil également.

La lutte de classe est dure dans ces pays où les forces réactionnaires soutenues par les multinationales, USA en particulier, tentent de stopper l’évolution progressiste.

Dans tous les pays capitalistes des salariés développent des luttes nombreuses pour défendre leurs acquis, partout menacés. C’est le cas en particulier dans les pays européens (j’y reviendrai plus loin).

Nous sommes solidaires de tous les peuples qui luttent, fidèles en cela à l’appel du manifeste communiste de 1848 « prolétaires de tous les pays unissez-vous ».

Dans un certain nombre de pays, des camarades travaillent à créer ou recréer un parti révolutionnaire. Nous suivons leurs initiatives avec beaucoup d’attention et de sympathie car il est capital que se développent de véritables partis révolutionnaires partout.

Dans le cadre de la situation actuelle, nous regardons avec intérêt tout ce qui se fait, nous avons parfois des échanges de propagande, sans que cela nous conduise automatiquement à cautionner tous ceux qui se proclament révolutionnaires

L’Europe

Parmi les grands ensemble capitalistes qui se sont formés et se développent dans le monde, l’Europe – 500 millions d’habitants – est aujourd’hui le plus puissant économiquement. Pour combien de temps ?

Naturellement cette Europe est le lieu de rivalités énormes entre groupes multinationaux et tous les pays, américains et autres.

Les fusions acquisitions galopent. En 2007 on en compte 73% de plus qu’en 2006.

C’est en particulier dans cette Europe que le niveau de vie des peuples les plus industrialisés est fortement remis en cause. C’est le cas de l’Allemagne, de la France, l’Italie, la Grande-Bretagne… Faire baisser le coût du travail par tous les moyens est devenu un impératif pour tous les gouvernements. Il leur faut aujourd’hui aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite. La concurrence internationale l’exige.

Il y a en Europe : 108 millions de travailleurs précaires – 26 millions de travailleuses et travailleurs pauvres selon un rapport de Bruxelles – 19 millions d’enfants, soit 1 sur 5, vivent au-dessous du seuil de pauvreté.

Dans tous les pays, le mécontentement grandit. Des luttes, des grèves se développent  en particulier pour la hausse des salaires, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Roumanie, en Bulgarie… Des luttes pour la garantie de l’emploi, contre l’augmentation du temps de travail…

Le développement de l’Europe capitaliste implique à terme la disparition des nations. Celles-ci freinent le déploiement du capitalisme dans cette région du monde. Chaque étape de la construction européenne passe par des abandons de souveraineté des nations qui la composent. Un exemple en France : la régionalisation qui se met en place progressivement avec 8 entités régionales dépendant de plus en plus étroitement de Bruxelles. On va vers de grandes directions régionales directement reliées à l’Europe.

La France prendra la présidence de l’Union Européenne en Juillet. Le traité européen, dit « simplifié », est en place. L’objectif de Sarkozy et de tous les gouvernements européens est de pousser les feux de cette Europe capitaliste et d’accélérer en particulier la construction de l’Europe politique appelée à supplanter les Etats Nationaux.

L’Union  Européenne est déjà une grande puissance militaire mais encore insuffisante aux yeux de ses dirigeants qui veulent encore la renforcer.

Nous savons par ailleurs que l’industrie d’armement est une énorme source de profits. La France à elle seule a vendu officiellement en 2005 pour plus de 6 milliards de dollars d’armes aux seuls pays en développement.

Les partis politiques qu’ils soient de droite, socialistes et de gauche, oeuvrent pour la construction de cette Europe capitaliste. C’est évidemment le cas en France où la différence entre le PS et le parti se Sarkozy ne porte que sur d’infimes détails.

Le parti socialiste dans son nouveau document d’orientation, énonce qu’il « est un parti européen qui agit dans l’Union Européenne, qu’il a non seulement voulue mais en partie conçue et fondée ».  Ajoutons que les champions PS du NON en 2005, Fabius et compagnie, se sont rapidement réconciliés avec les tenants du OUI.

Contrairement aux promoteurs de l’Europe dite « sociale » de 2005, notre NON n’était pas un « OUI mais ». Nous combattons cette Europe capitaliste. Nous la combattons parce que nous avons une  tout autre vision de l’avenir de notre continent. Une véritable coopération ne peut exister et se développer que sur la base du développement de chaque nation dans le respect de l’indépendance nationale, sur la base du progrès économique et social pour les peuples, sur la base d’une Europe qui développera une politique de paix dans le monde.

L’année prochaine auront lieu les élections des députés européens. Nous participerons à cette grande bataille politique avec tous les moyens dont nous disposerons. Le Comité National sortant vous propose de confirmer que nous aurons des candidats.

La situation en France

Dans sa dernière intervention télévisée du 24 avril, Sarkozy a déclaré à propos de la mondialisation capitaliste : la France doit s’y adapter, je suis là pour procéder aux ruptures nécessaires, je le ferai.

Procéder aux ruptures nécessaires c’est mettre en place les moyens d’une surexploitation des travailleurs et du peuple encore plus poussée que celle qui existait jusque-là. Les ruptures nécessaires c’est liquider les grands acquis sociaux, en particulier le  modèle social français issu du Conseil National de la Résistance. C’est liquider ce qui reste d’un grand secteur public et des nationalisations. C’est en finir avec le salaire minimum garanti, le droit à la protection sociale et à la retraite pour tous etc … etc…

Les 55 réformes que Sarkozy veut réaliser visent à adapter toute la société française aux objectifs de développement du capital. 

Nous subissons les premières conséquences de cette politique.

Selon les données de l’INSEE publiées le 23 avril, les dépenses des ménages en produits manufacturés – rien que pour le mois de mars – ont reculé de 1,7%

Les prix sont en hausse constante et vertigineuse.  « 60 produits et services qui font exploser les compteurs » titre le journal économique « Capital » du mois de mai.  Une étude publiée par la revue spécialisée « Linéaire » portant sur 100 produits étudiés et suivis dans les grandes surfaces, montre que, entre 2002 et 2007, la viande de bœuf  a augmenté de 23%, le pain de 19%, les pommes de terre de 25%, les loyers de 21%, l’eau de 25%, le gaz de 33%, le fioul de 140%. Depuis 1 an : le lait + 15%, la farine de 41%, les pâtes de 1,5%, le fioul domestique de 38%. L’essence a augmenté de 53% . Le gazol a augmenté depuis le début de l’année 2008 de 50%  (ex.d’un camarade  en Savoie qui utilise du gazol dans sa voiture. Il habite à 25km  de son usine : il dépense, par mois, 130 euros  pour son transport - sur un salaire moyen après 17 ans d’ancienneté de 1300 euros).  Au premier trimestre 2008, en 3 mois, les produits de première nécessité ont augmenté de 8% etc…

Les salaires sont bloqués. Faut-il rappeler que 12% des salariés sont payés au SMIC soit 1.000 euros par mois, que 7% des travailleurs occupent un emploi qui ne leur permet pas de dépasser le seuil de pauvreté.

Selon le baromètre de la pauvreté du haut-commissariat aux solidarités, le nombre de travailleurs pauvres a augmenté de 21%. 7,1 millions de personnes dont 2 millions d’enfants vivent sous le seuil de pauvreté – 817 euros par mois. Une personne pauvre sur deux  a moins de 669 euros par mois.

Les médias feignent de découvrir et de  s’inquiéter des personnes à faibles revenus, des rmistes, des salariés précaires, des retraités… Un certain Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution a déclaré cyniquement : « Ce n’est pas une situation qui me gêne si ça peut être utile à certaines personnes ».

A l’autre bout de la chaîne c’est l’envolée des profits, les entreprises du CAC 40 ont engrangé plus de 100 milliards d’euros de profits en 2007 et annoncent déjà de substantielles augmentations pour 2008.

Citons le groupe Galeries Lafayette, son Président Philippe Houze annonce pour 2007 un chiffre d’affaires en hausse de 6,5% sur 2006 – 4,956 milliards d’euros et les premiers mois de 2008 sont bons. Le magasin Haussmann à Paris a atteint 1 milliard d’euros, c’est dit-il fièrement « le premier magasin en chiffre d’affaires » mais il refuse d’augmenter les salaires, il veut mettre en place un système individuel au mérite et étendre l’ouverture du magasin le soir car «il y a la contrainte économique et nous sommes en retard sur nos confrères européens ».

Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision de l’OFCE, explique dans la revue « Capital », « que loin de se dégrader la rentabilité (les profits) moyenne des PME n’a pas cessé de progresser depuis 1990. Elle atteignait 10% en 2006 contre 7,2% en 1992.

Les grands patrons aussi s’enrichissent, ils ont gagné en 2007, 58% de plus qu’en 2006. En voilà qui n’ont pas entendu  l’appel de Sarkozy aux sacrifices !

J.Paul Agon de l’Oréal et Henri de Castries de Axa ont perçu  plus de 5 millions d’euros, plus 25% qu’en 2006, Jean Paul Tricoire PDG de Schneider- électric a perçu 2,50 millions d’euros, plus 51% sur 2006, Michel Rollier de Michelin, 4,25 millions plus68%...

C’est ça la France capitaliste

Le mécontentement a énormément grandi ces dernières semaines. Il s’étend à de nouvelles couches de travailleurs. Le 10 juin,  journée de grève et de manifestions de la fonction publique. A la SNCF, la CGT et Sud-Rail ont déposé un préavis de grève reconductible à partir du 9 juin. Le 17 juin, journée de grèves et de manifestations dans toute la France, pour la défense des retraites et la durée légale du travail à 35h. à l’appel de la CGT, de la CFDT, de la FSU et Solidaires.

Il faut ajouter les luttes qui ont lieu dans un grand nombre d’entreprises pour obtenir des augmentations de salaires, pour la défense de l’emploi. Les actions vont continuer à se développer et, à la rentrée, elles continueront inévitablement. Elles prendront des formes diverses, avanceront des revendications de plus en plus étendues.

L’heure est au développement des luttes, c’est la politique même du patronat et du pouvoir qui en est à l’origine car les salariés, le peuple n’agissent jamais sans raison, nous le savons tous ici.

La participation de COMMUNISTES à ces actions qui vont prendre de l’ampleur, est capitale : montrer aux salariés en lutte que « Communistes » participe à leur combat, leur dire comment nous voyons la situation présente, quelles solutions  nous proposons, leur proposer de nous rejoindre.

Nous avons besoin en tout premier lieu, de nous faire connaître et apprécier par ceux et celles qui ressentent le plus directement les effets de la politique actuelle. Les familles d’ouvriers et d’employés, les précaires, les chômeurs, les retraités. Mais notre intervention va plus loin, pensons à ces 3 millions de jeunes qui fréquentent l’université et les grandes classes des lycées et qui manifestent de plus en plus fréquemment ; pensons aussi à ces centaines de milliers de personnels de l’enseignement.

Comment être près d’eux dans l’action ? Voilà une grande question posée à notre congrès

Si les luttes se développent devant les attaques du patronat et du gouvernement, elles sont encore loin de suffire pour barrer la route à la politique du gouvernement.

Plusieurs raisons à cela.

Il y a pour une part l’affaiblissement considérable du syndicalisme révolutionnaire en France. La CGT qui l’incarnait a compté sur cette base jusqu’à plus de deux millions d’adhérents. Aujourd’hui elle en annonce 720.000, ce qui la situe derrière la CFDT qui annonce 800.000 adhérents. Ce recul, recul également des positions de lutte, s’est effectué en plusieurs années, mais s’est encore accentué dans les années 80. Il est utile d’avoir ces données en tête quand on examine le panorama syndical dans la France d’aujourd’hui. Ce qui faisait son originalité et sa force c’était cette existence d’un grand syndicat révolutionnaire, le plus grand syndicat du pays. Ce n’est plus le cas et nous mesurons tous les jours le handicap que cela représente pour les travailleurs.

D’un Chérèque et de la CFDT, rien ne saurait nous étonner. Depuis sa création le rôle d’un tel syndicat est de « négocier » avec le patronat et les gouvernements en place pour éviter que l’action des salariés se développe en dehors des limites permises, limites  fixées par ce syndicat en accord tacite ou avoué avec l’ennemi de classe. Ce fut le cas en 2003 quand il a cassé le mouvement contre la réforme des retraites, c’est le cas aujourd’hui sur tous les sujets, les exemples ne manquent pas !

Aujourd’hui tous les syndicats français sont adhérents à la CES (Confédération Européenne des Syndicats) et à la CSI (Confédération Syndicale Internationale), organisations réformistes intégrées au capitalisme. La CGT occupe même des responsabilités dans la direction de ces organisations !

Revenons à la CGT et répétons que les forces réformistes et de collaboration de classe ont marqué de nombreux points quant à son orientation et la mise en place de cadres acquis à une telle orientation

En 2003, notre Comité National avait discuté du syndicalisme révolutionnaire et de son absolue nécessité. Dans un document intitulé « syndicalisme et lutte de classe » nous disions :

« Face à cette offensive pour casser le syndicat révolutionnaire, des forces importantes agissent. Partout des syndiqués, des responsables syndicaux, à tous les niveaux ne sont pas disposés à accepter cela. Nombreux sont les membres de la CGT qui ressentent le besoin de conserver et de développer le syndicalisme de classe. Avec eux, des centaines de milliers de salariés luttent contre le capital. N’est-ce pas sur tous ceux-là que le syndicalisme révolutionnaire doit s’appuyer, pour que grandisse l’exigence d’un syndicalisme de classe ? Son existence et son renforcement dépendent du poids que pèseront les syndiqués et les travailleurs. C’est vers eux, c’est vers vous que nous tournons parce que c’est de vous que dépend l’issue de ce combat.

C’est avec tous ces camarades que les militants de « Communistes » syndicalistes, agissent partout où ils se trouvent avec leur syndicat, pour défendre les revendications, définir des mots d’ordre de lutte avec les travailleurs dans chaque entreprise et à tous les niveaux où il est possible de le faire. Dans la CGT, la partie n’est pas encore jouée loin s’en faut !

Les évènements actuels et ceux qui vont suivre rendent et rendront la collaboration de classe de plus en plus visible.

Aujourd’hui il est évident  qu’un appel commun des syndicats à une action nationale de grève et de manifestations de tous les salariés du privé comme du public, les jeunes, contre les attaques du pouvoir et pour leurs revendications, salaires, retraites, emploi, enseignement… aurait un retentissement énorme et marquerait le début de luttes très importantes !

Rappelons  qu’au début de l’année 68, le patronat et le gouvernement affirmaient d’une même voix, qu’il n’était pas possible d’augmenter les salaires, de satisfaire les revendications. Quelques mois après, en mai - juin 68, 10 millions de grévistes les ont contraints à reculer, à accepter les conquêtes que nous connaissons :  le SMIG  augmenté de 35%, les bas salaires augmentés de 30%, les avancées des droits des salariés etc…

On comprend pourquoi un tel appel national à l’action n’est pas lancé. C’est le travail des militants de «Communistes avec tous les syndicalistes révolutionnaires de travailler avec persévérance à en créer les conditions.

C’est le travail de tout notre parti de montrer patiemment les obstacles qu’il faut franchir.

Le principal obstacle au développement de l’action, c’est l’influence, encore infiniment trop réduite du parti révolutionnaire que nous avons créé, il y a maintenant 6 ans, je veux parler de « COMMUNISTES ».

Développer la conscience révolutionnaire en France, c’est notre mission, nous sommes les seuls à pouvoir l’accomplir. Mais je m’empresse de répéter qu’il s’agit d’une tâche de très longue haleine et que l’impatience est le pire des dangers.

Comment franchir une nouvelle étape du développement de notre parti en nous appuyant sur nos acquis et sur les possibilités nouvelles qui existent ?

Voilà, je l’ai dit en débutant cette intervention, la question qui nous est posée aujourd’hui.

Intervenir beaucoup plus fortement sur les questions idéologiques est notre rôle premier.

Le capital et tous ses adeptes livrent en permanence une guerre idéologique pour accroître leur capacité d’intervention dans la sphère politique. Ils disposent à cet effet de forces considérables. Les médias avec la totalité de la presse écrite nationale et régionale, les revues, les télévisions, les radios et déjà une bonne partie d’Internet sont entre les mains des puissances financières – Dassault – Lagardère – Bolloré – Bouygues… et du gouvernement à leur service, qui les contrôlent étroitement.

La place que tient la manipulation de l’opinion est énorme. Par ex. le martelage de thèmes quotidiens repris par tous les médias, dès le matin par la radio, puis les journaux, les télévisions. Toutes les émissions qui détournent de la réalité, la tronquent : les faits-divers ou people, les campagnes sur la soi-disant défense des droits de l’homme – les OGM – le réchauffement de la planète – le micro-crédit avenir du capitalisme (ce doit être pour ça que S. Royal l’a mis en place dans la région Poitou-Charente qu’elle préside !). Les thèmes martelés tels : la France est endettée, chaque enfant qui naît a 20.000 euros de dettes. Les détournements de l’objet des luttes pour tenter de dresser les salariés les uns contre les autres. Les réformistes intégrés au capitalisme, par leur politique, leurs campagnes, participent de cette intoxication de l’opinion. Ils contribuent – c’est leur but – à la maintenir sous la coupe du capitalisme.

Que devons-nous expliquer ?

-Les raisons de la situation

-les objectifs du capital et du gouvernement- leur but – où ils veulent aller

-clarifier le comportement des forces politiques et syndicales dans cette situation

‘Comment en sortir, changer la donne

Nous affirmons qu’on peut faire autrement que ce que font le patronat et le gouvernement et nous le démontrons. Nous affirmons qu’il y a en France les moyens financiers, économiques, scientifiques, culturels de développer  politique économique et sociale.

Nous donnons des exemples concrets. J’en rappelle quelques-uns :

*Le SMIC à 1500 euros nets tout de suite c’est  possible.

*Augmenter tous les salaires, les pensions, les indemnités, c’est possible

*Maintenir une sécurité sociale pour tous – combler le déficit

*Maintenir le droit à la retraite au bout de 37 ans ½ de cotisations

*Construire pour commencer 600.000 logements sociaux urgents.

*développer un grand service public d’enseignement, de formation et de recherche

*développer une véritable politique industrielle et de l’emploi

Tout cela est possible. L’argent ?

*pour les salaires, il suffit de prendre une petite partie sur les profits pharamineux des entreprises (j’en ai cités), sur la part des actionnaires et les salaires scandaleux des patrons.

*Pour la Santé, il suffit de supprimer les exonérations de cotisations patronales (32 milliards d’euros en 2008), de ramener la part de la cotisation patronale à ce qu’elle était en 1980, à 50%

*pour les retraites, on nous annonce, 4,1 milliards d’euros de déficit d’ici 2020, il faut faire payer la part patronale.

*il y a une toute autre utilisation possible du budget de la France. Rappelons que sur 300 milliards d’euros de recettes, la TVA rapporte 135 milliards, l’impôt sur le revenu 60,5 milliards et la TIPP sur l’essence 16,5 milliards.soit au total 212 milliards,c'est-à-dire 70% du budget national qui sont payés par le peuple.

*On peut réduire les dépenses d’armements – 40 milliards d’euros qui servent à participer à des opérations militaires à l’étranger et à la course aux armements nucléaires

*Il faut recréer un grand service public nationalisé, stopper les privatisations, se réapproprier les services qui ont été privatisés.

Mais pour engager une telle politique, utiliser l’argent autrement, il faut se placer sur une ligne anticapitaliste, il faut avoir la volonté de s’attaquer aux puissances financières qui nous gouvernent.

A part nous, je le redis, aucun parti politique ne souscrit à de tels engagements.

J’ajoute que, quels que soient l’intérêt, la valeur de nos propositions, nous ne pouvons pas faire l’économie d’expliquer et de convaincre le maximum de gens qu’on n’aura rien sans lutte. Les propositions les plus belles ne sont rien sans lutte.

C’est quoi donner une perspective aujourd’hui ? C’est expliquer que pour    changer réellement la vie, il faut se rassembler de plus en plus nombreux et mener la lutte de classe de plus en plus fort.

Nous ne gagnerons pas tout le monde aujourd’hui, mais il y a beaucoup de monde à gagner à cette idée.

Nous ne pouvons pas faire l’économie de cette bataille-là. Nous le redisons sans cesse, mais l’expérience ne fait que le confirmer.

Il n’y a pas de raccourci dans cette lutte

Nous voulons supprimer le capitalisme et le remplacer par une société socialiste qui assurera cette émancipation par :

-le pouvoir au peuple

-la propriété sociale des principaux moyens de production et d’échange et leur gestion démocratique par le peuple.

-Une société qui assurera une politique de paix, de coopération et de rapprochement entre les peuples.

Mais le plus beau programme n’est rien s’il n’est accompagné du seul moyen qui permette sa réalisation : la lutte. Sinon, il ne s’agit que d’un simple trompe l’œil, un de plus. Comme on dit familièrement, du baratin politique.

Etre révolutionnaire, c’est l’être au quotidien.

Notre parti depuis sa création en 2002 mène quotidiennement le combat contre le capitalisme, pour le faire reculer, obtenir des revendications, pour développer la conscience d’en finir avec lui.

J’insiste, nous sommes aujourd’hui à une nouvelle étape de notre développement.

Pour la franchir :

*Organisons notre activité de propagande – avec la diffusion de notre journal, les tracts. Nous allons continuer à développer notre site, à l’améliorer, à publier plus régulièrement et sur de plus nombreux sujets

*Développons considérablement notre bataille financière à la hauteur de nos ambitions

*Proposons largement l’adhésion à nos sympathisants, prenons des contacts parmi les collègues, les syndicalistes, les amis, organisons des rencontres, des discussions.

Pour cela, allons partout où il se passe quelque chose, dans les luttes, dans les entreprises, les quartiers populaires, les Facultés

*Développons la vie politique du parti. Réunissons régulièrement les adhérents pour discuter politique et décider de nos activités.

*Des collectifs de direction ont été mis en place dans la préparation du congrès. Au fur et à mesure de notre développement, donnons des responsabilités à de nouveaux camarades

*Après le congrès, nous allons organiser partout un nouveau cycle de stages théoriques pour tous les adhérents. La théorie, cela s’apprend dans les écoles, par l’étude. Dans un parti révolutionnaire, elle est indispensable pour tous les adhérents.

Ce rapport a évoqué de nombreuses questions qu’on peut approfondir.

La discussion, l’échange que nous allons avoir jusqu’à demain soir, à partir des expériences, de notre activité, des réflexions, nous permettra sans aucun doute de prendre les meilleures décisions pour franchir un nouveau pas dans le développement de notre parti.

Demain nous élirons notre direction nationale.

Depuis 2002, que de chemin parcouru ! Nous sommes un parti politique ancré dans la vie politique nationale et là où nous sommes actifs, nous sommes déjà reconnus comme un parti politique qui compte, avec qui il faut compter.

Nous avons la possibilité aujourd’hui d’aller encore plus loin dans la voie que nous nous sommes tracés.

Cher (e) s camarades,

Je vous invite à vous exprimer largement, sans réserve. C’est ensemble que nous avancerons.

 

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