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12/10/2007

 

L’ECOLOMANIA

 

 

LEAD Technologies Inc. V1.01A u début ce fut un murmure, puis une vérité, enfin ce fut la seule voie possible, une nouvelle religion est née : l’écologie. Et malheur à l’incroyant, au je-m’en-foutiste, l’hérésie est maintenant pourchassée ! C’est une autre forme d’intégrisme dans notre société. Les grands prêtres ont regroupé leurs fidèles qui en période électorale portent la bonne nouvelle et les conversions sont nombreuses et variées. L’écologie serait l’avenir de l’homme. On peut mourir de faim à un bout de la planète être mal soigné à un autre endroit, ou les deux, ou sous la menace permanente de missiles nucléaires, ce qui est important c’est - sans nier les problèmes écologiques - que la mer soit bleue, que les cimes soient enneigées, que les ours blancs aient leur banquise, que les ours bruns puissent déguster les moutons et que nous disposions tous d’un vélo (made in China à Paris).

 

Ce que l’on remarque  depuis quelque temps ce sont les conversions à cette religion qui est et sera lucrative, et là bien sûr, le capital sous toutes ses formes entre en scène. On peut déjà noter les signes forts : plus une publicité où l’écologie n’est pas évoquée, plus un produit dans le commerce qui ne soit labellisé écolo. Bref l’écologie plus qu’une mode est aussi et surtout une manne pour l’industrie, le commerce, la finance. Et ce n’est pas étonnant car la finalité de cette diversion idéologique réside dans  les profits à réaliser qui sont colossaux dans ce secteur.

 

L’écolomania est porteuse, la preuve, un chiffre vient d’être avancé par « l’expansion » dans son numéro d’octobre, d’ici 2020 le chiffre d’affaire de ce business devrait avoisiner les 3000 milliards d’euros et entre 2020 et 2050 ce serait 10 000 milliards d’euros. Le capital s’est naturellement engouffré dans ce créneau.

 

Globalement tous les secteurs d’activité sont intéressés. Détaillons l’ensemble des chiffres dans ces différents secteurs.

-          le BTP 250 milliards d’euros de chiffre d’affaire en 2020 avec les technologies et matériaux employés dans la construction qui auront toutes les vertus et cela autant dans la construction de pavillons que dans celle de tours de dizaines d’étages. Là c’est le groupe Banque Populaire qui propose déjà des prêts à des taux préférentiels pour la rénovation et l’isolation de ce type d’habitation. Le marché est énorme.

-          Les  produits bio. 5 milliards en 2020,  avec des produits bio dans tous les rayons : alimentation, cosmétiques, vêtements, chaussures, détergents, et même les emballages. Bref notre mode de vie se transforme avec ces produits, plus chers (tant pis pour les pauvres) mais là aussi le marché s’ouvre et s’éclate…

-          Agriculture 20 milliards à empocher pour certains en 2020 avec les agro carburants et la « chimie verte ». Cette fausse bonne solution a comme conséquence d’avoir fait monter le prix des aliments de base. L’exemple du maïs au Mexique est maintenant connu. Mais c’est aussi le cas du blé, de la pomme de terre dont  la fécule pourrait produire du plastique ou encore des huiles végétales comme le colza le soja, le tournesol. Alors que 40 millions d’êtres humains meurent de faim et que d’autres voient leur quantité de nourriture diminuer faute de moyens cela ne freine pas l’enthousiasme de certains. Ainsi JP Leflanchec directeur de biotec-distribution estime que « les débouchés des bioplastics semblent fantastiques ». C’est vrai 1.3 millions de tonnes seront produits en 2030 alors qu’ils ne pèsent que 3000 tonnes aujourd’hui.

-          Le traitement de l’eau et du sol. Une manne de 25 milliards d’euros pour 2020. ce qui fait applaudir les industriels du secteur et voir le consommateur craindre  pour son  porte monnaie. Il faut dire que la mise aux normes des stations d’épuration, des canalisations va voir l’activité de ce secteur progresser de 3 à 5% par an jusqu’en 2015. le PDG de la Lyonnaise des Eaux estime lui que la croissance dans son métier « devrait être supérieure de 2 points à l’inflation ». Quant à la dépollution des sols, après les avoir pollués les « spécialistes » qui avaient dans cette activité un chiffre d’affaire de « seulement » 450 millions en 2006, vont voir grimper ces chiffres de 8 à 10 millions l’an jusqu’en 2011.

-          Energies renouvelables, 22 milliards c’est sûr, ce serait le poids en euros des éoliennes et du solaire en 2020. Mais la création de 214 000 emplois envisagés, là c’est moins sûr d’après les analystes ! Il est vrai que la France a du retard alors que l’Allemagne et l’Espagne ont pris de l’avance notamment dans l’éolien et c’est une croissance à 3 chiffres que réalisent ces énergies « propres » ( plus 544% entre 2004 et 2006 dans l’éolien et 115% dans le solaire en 2005 et 2006). Toutes les multi nationales sont dans ce coup écologique. Total (dont nous reparlerons) n’est pas en reste comme les autres compagnies pétrolières, ou EDF ou Alsthom.

Autres perspectives encore plus prometteuses sont les énergies d’après demain autour de l’hydrogène et l’exploitation des vagues et des courants marins !

Et aussi…

-          L’automobile propre, 30 milliards d’euros dans une décennie.

-          Le recyclage des déchets, 30 milliards d’euros en 2020 avec le tri des ordures et leur recyclage. La « Suez Environnement » (oui ça existe !) est sur le coup car Bruxelles exige que les états européens « valorisent leurs poubelles », ce qui amènerait 5% d’accroissement par an au minimum à la filière. Cela passe bien sûr par le coût croissant du ramassage des ordures payé par les habitants et aussi par le tri sélectif et les contraintes encore plus poussées que le tri, comme vu dans des communes test.

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Nous ne sommes bien sûr pas dupes. L’écologie n’est pour le capital qu’un nouveau moyen de réaliser des profits. Mais l’hypocrisie perdure. Ainsi ceux qui ont pollué la planète, créé des problèmes de santé révélés par des scandales comme l’amiante dans l’industrie pendant plus de 100 ans, la vache folle et autres problèmes alimentaires, tué comme à Bhopal en Inde ou avec l’usage encore intensif des éthers de glycol dans l’industrie, ceux là pour leur profit continuent. Ainsi les compagnies pétrolières qui par souci d’économie font naviguer des pétroliers pourris exploitent au Canada une pâte bitumeuse pour en extraire des hydrocarbures et malgré le coût d’exploitation c’est rentable !  Parole de Total qui va investir 5 milliards d’euros dans une usine de traitement. Le détail pas écolo du tout c’est que cette exploitation accélère dangereusement l’effet de serre, assèche les rivières et détruit la forêt boréale…

 

Alors arrêtons de nous laisser culpabiliser pour nous embrigader car cet exemple est une preuve, une seule et une de plus que ce n’est pas l’homme qui est coupable de la pollution mais le capitalisme dont la seule conversion à l’écologie commence et s’arrête à la couleur verte …du dollar !

 

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