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     10-12-2004

EUROPE 

 

 

 

Référendum sur la Constitution Européenne: Où est le vrai problème ?

 

La semaine dernière F. HOLLANDE demande à J. CHIRAC « d’organiser le référendum en le déconnectant de tout enjeu de politique intérieure ».

 

Autrement dit, ne parlons surtout pas aux français de ce qui les concerne : l’emploi, les salaires, les retraites, la santé etc… Ce serait bien arrangeant pour tout le monde à gauche comme à droite. Cela éviterait de parler de la responsabilité des gouvernements successifs qui, en France, ont mis sur pied cette Europe avec les autres chefs d’Etats Européens, qui l’ont construite sur le dos des peuples.

 

Cette Europe, parlons en

 

Cette Europe a inscrit dès 1957 dans le traité de ROME le principe de « concurrence libre et non faussée » (pour le capital s’entend). Principe repris et élargi dans l’acte unique européen de 1986, signé pour la France par un certain L. FABIUS alors premier Ministre de F. MITTERRAND. Au nom de l’Europe, on a cassé les mines, la sidérurgie, le textile…

 

JOSPIN et CHIRAC, pendant qu’ils cohabitaient, ont approuvé ensemble lors des sommets des chefs d’Etats  européens, la réforme structurelle des retraites et de la Sécurité Sociale faites aujourd’hui en France. Toujours ensemble, ils ont été les artisans de la casse des Services publics, de l’extension phénoménale des privatisations. A leurs côtés, chaque gouvernement a fait sa part du travail. Les gouvernements de droite ou de gauche qui se relayent au pouvoir depuis des années, sont les pères de la décentralisation et de la régionalisation  qui préparent les futures régions directement rattachées à l’Europe.

On pourrait multiplier les exemples.

 

Pour ces gens là c’est loin de suffire.

 

 Ils exigent  pour « dégager la route », de supprimer tout ce qui peut rester de barrières à la libre circulation des marchandises, des services et des hommes. Ils veulent rendre totalement libre la concurrence capitaliste, la conquête de nouveaux marchés pour trouver de nouvelles sources de profits.

Ils veulent tout privatiser. Dernier exemple : le gouvernement vient de décider la privatisation de la construction navale. Ils veulent tout individualiser, le travail, les salaires, faciliter les licenciements détruire le code du travail, etc…

 

Dans tous les pays Européens c’est la même chose. C’est partout en Europe que les peuples subissent cette offensive capitaliste.

 

La constitution est l’expression de cette Europe. Elle est une étape dans sa construction.

 

Par exemple, les articles 137- 138.2- 142 du chapitre 3 formalisent leur décision de faire sauter les barrières qui pourraient gêner l’expansion capitaliste. Ils énoncent que les entreprises tout comme les salariés doivent circuler et s'implanter librement, que la concurrence doit être libre et non faussée, qu’il faut « une main d’œuvre susceptible de s’adapter ainsi que des marchés du travail aptes à réagir rapidement à l’évolution de l’économie ». Les entreprises pourront s’implanter, avoir leur siège, là où la législation est la plus avantageuse pour les patrons et la main d’œuvre. On sait ce que cela veut dire.

 

La vérité c’est qu’ils construisent l’Europe capitaliste pour renforcer leurs moyens d’exploitation des peuples et placer les capitalistes français et Européens dans la concurrence mondiale. Mais de tout ça ils ne veulent pas qu’on parle !

 

Pour eux la Nation est une barrière gênante qu’il faut faire disparaître.  Comment ?

Pour commencer, ils vont modifier la constitution française dans le sens qu’on devine.

 

De ça non plus personne ne parle. Ni J. CHIRAC, ni F. HOLLANDE, ni M.G. BUFFET, ni les autres… Même discrétion dans tous les médias.

C’est pourtant, dès le premier trimestre 2005, bien avant le référendum, que le congrès (constitué des députés et sénateurs) se réunira à Versailles pour modifier à la constitution française.

Que veulent-ils faire ? Ils veulent mettre la constitution française en conformité avec la constitution européenne, parce qu’ils veulent transférer au Conseil européen des compétences qui relèvent actuellement de la souveraineté de la France.

 

Par exemple, dans la constitution européenne, il est dit dès le Chapitre I :

 « Que le droit adopté par les institutions de l’Union prime sur le droit des états membres ». (article 6).

 « Que les états membres prennent toutes les mesures propres à assumer les obligations découlant de la constitution ou des décisions de l’Union ». (article 5-2)

Autrement dit c’est la perte de la souveraineté de l’Etat français dans les domaines écomonique, social, politique, qui est programmée.

C’est l’application du principe de ce qu’ils nomment la « subsidiarité ». Subsidiarité  explique  le dictionnaire Larousse édition 2003 : c’est le « principe de délégation verticale des pouvoirs notamment dans l’Union Européenne ».

Ce principe a été établi clairement dans le préambule du traité de Maastricht de 1992 : « la poursuite du processus créant une Union sans cesse plus étroite de l’Europe est mise en œuvre conformément au principe de subsidiarité ».

 

Non seulement la réforme de la Constitution française est une étape de plus vers la disparition de la Nation (la mise en place de l’Euro supprimant les monnaies nationale était déjà un pas de plus dans cette direction), elle  est aussi la mise en cause de la possibilité d’intervention des salariés et du peuple contre leur propre gouvernement.

 

Voilà ce qu’ils sont en train de préparer derrière le dos des citoyens. Ils adaptent  la constitution la constitution française à la sauce européenne et c’est seulement ensuite qu’ils nous demanderont  de dire OUI ou NON. C’est la démocratie selon de capitalisme. Pas étonnant qu’ils ne veuillent surtout pas en parler

 

Un nouveau consensus gauche droite se créé pour emmener l’opinion sur des chemins de traverse.

 

« Ne parlons que de la constitution l’Europe c’est l’avenir, les peuples qui s’entendent, la Paix etc…etc… »

 

CHIRAC ne peut qu’être d’accord avec HOLLANDE, ne parlons pas de la vie des français, de la politique des gouvernements. D’ailleurs à la Télévision CHIRAC s’est empressé de dire : « le référendum portera sur la constitution européenne ».

 

Ceux qui disent « on a besoin de l’Europe, il faut voter NON pour ouvrir la voie à une Europe sociale, on fera une autre constitution plus sociale » apportent de l’eau au moulin de Hollande et Chirac car eux aussi détournent du véritable problème.

 

Le vrai problème

 

Comme si  cette Europe pouvait  être sociale ! Elle a été conçue par les capitalistes et pour les capitalistes, ne l’oublions jamais. Dans les conditions actuelles où les capitalistes sont les maîtres de l’Europe, comment serait-il possible d’avoir une constitution qui s’oppose à eux ?

 

L’enjeu

 

Ce n’est pas de faire un autre texte de Constitution. C’est de lutter contre l’Europe capitaliste.

L’enjeu c’est : vont-ils  pouvoir continuer leur offensive contre les peuples, ou parviendrons nous à les faire reculer ?

Pour cela il n’y a que la lutte des peuples

 

Notre NON n’a rien de commun avec celui de FABIUS, M.G. BUFFET, BESANCENNOT, J.BOVE et compagnie…

Notre NON c’est un NON à l’Europe capitaliste.

          

 

 

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