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17/05/2003

 

« COMMUNISTES »

Rencontre Nationale de JAPY

  Introduction – Rolande PERLICAN

 

Chers amis, chers camarades,

 

Tout récemment le socialiste M. ROCARD, premier Ministre sous F. Mitterrand, s’est épanché dans les colonnes du journal « Le Monde ». Il a dit tout haut ce que des centaines de dirigeants politiques (de droite, du PS, des Verts, du PCF et d’autres) pensent tout bas. Je vous livre trois affirmations de ce personnage : « le capitalisme a gagné, l’économie administrée ça ne marche pas… »- « la révolution c’est fini… »- « ce qui me fait enrager ajoute-t-il, c’est le retour du « il faut prendre l’argent là où il est ». Le modèle pour ROCARD c’est Tony BLAIR car dit-il : « il a complètement accepté l’idée que la société contemporaine a des contraintes terribles ».

Ces contraintes terribles, qui les crée, Mr ROCARD ?

N’est-ce pas le régime capitaliste qui ne peut se développer qu’en exploitant toujours plus les peuples du monde entier ? Ce régime est incapable de résoudre de façon positive les problèmes que pose le développement même de l’humanité. Oui le capitalisme est un frein et quel frein ! au développement de l’humanité. Ce régime il faut l’abattre. NON la révolution ce n’est pas fini, nous n’en sommes qu’à ses tout début !

Notre époque connaît un formidable bond en avant du progrès scientifique et technique. La population mondiale – six milliards d’habitants – a triplé en 70 ans. La planète produit six fois plus de richesses qu’en 1950, mais des possibilités gigantesques de développement économique, scientifique, culturel etc…sont bloqués par le capitalisme. Matériellement et techniquement il serait désormais possible d’en finir avec tous les grands fléaux dont souffre l’humanité, de vivre mieux et plus longtemps, de permettre à tous les peuples d’accéder à l’instruction.

Or, malgré ces atouts majeurs, un humain sur deux survit avec moins de deux euros par jour, un sur quatre n’ont pas d’eau potable, un sur trois n’ont pas d’électricité, un milliard de personnes demeure analphabète. Tous les secteurs de la vie sociale sont touchés. A côté d’un chômage massif il y a la surexploitation de ceux qui travaillent, le travail des enfants…

Selon l’ONU, pour permettre à tous d’arriver à l’école primaire et de se soigner il faudrait 100 milliards de dollars par an d’ici 2015. Pour garantir à toutes les populations l’accès à l’eau potable, il suffirait de 80 milliards de dollars sur dix ans.

Dans le monde, plus de mille milliards d’euros (l’équivalent de deux tiers du PIB de la France) ne sont pas investis dans la production, ils ne servent qu à spéculer, qu’à alimenter une bulle financière qui craque parfois comme on l’a vu récemment en Asie ou en Argentine. Les dépenses militaires mondiales officielles dépassent mille milliards d’euros, mais les dépenses réelles sont bien plus élevées. Quelle réponse cinglante à ceux qui osent affirmer que le système capitaliste est la seule réponse positive aux grands problèmes de notre temps.

L’exploitation capitaliste s’est considérablement aggravée, elle s’est « mondialisée », la seule barrière contre elle c’est la lutte. Avec ce régime aucun accommodement n’est possible !

L’Union Soviétique a disparu mais les idées d’émancipation sociale demeurent. Elles se heurtent de plus en plus fortement au capitalisme. Il faut le supprimer et le remplacer par une société socialiste qui assurera cette émancipation par : le pouvoir du peuple – la propriété sociale des principaux moyens de production et d’échange et leur gestion démocratique par le peuple. Cette société assurera une politique de paix, de coopération et de développement harmonieux de l’humanité.

« L’histoire de toute société n’est que l’histoire de lutte des classes » écrivaient déjà MARX et ENGELS en 1848 dans le manifeste du Parti Communiste. Tout ce qui se passe dans le monde d’aujourd’hui le confirme et de quelle façon !

« COMMUNISTES » entend tenir toute sa place dans cette lutte. Une place qui ira en grandissant.

« Sans théorie révolutionnaire pas de parti révolutionnaire » a écrit LENINE. C’est en nous appuyant sur le marxisme que nous agissons. Nous basons notre analyse sur ce que le marxisme a apporté à la connaissance du capitalisme et de la lutte de classes. Mais attention ! Nous ne considérons pas le marxisme comme un recueil figé de recettes dites révolutionnaires auxquelles il suffirait de se référer. Pour nous « le marxisme n’est pas un dogme, c’est un guide pour l’action, il est en perpétuel développement ». Nous disons à tous ceux qui déclarent d’un ton sans réplique que le marxisme est une idéologie périmée : « il n’y a rien de plus neuf que lui, c’est l’apport scientifique le plus moderne qui soit à la lutte contre le capitalisme ».

 

Dans quel contexte se déroule la lutte des classes à l’échelle mondiale ? Dans quel monde vivons-nous ?

 

La disparition de l’URSS et des pays de l’Est a des conséquences terribles que l’on mesure à la lumière des évènements actuels. C’est une très grave défaite pour tous les peuples du monde entier, elle laisse le champ libre au capitalisme pour imposer sa domination par tous les moyens y compris par la guerre.

Depuis 1992 on compte 28 conflits armés, des centaines de milliers de victimes. L’origine profonde de ces guerres ce sont les intérêts capitalistes. Guerre du Golfe, Yougoslavie dépecée, guerres en Afrique, en Afghanistan… Les interventions militaires capitalistes se multiplient comme en IRAK. Toutes, sans exception, sont menées voire suscitées pour asseoir la domination économique et politique du capital, pour contrôler les sources d’approvisionnement. Cela le plus souvent au nom de « l’ingérence humanitaire ».

L’URSS a joué un rôle immense pour l’émancipation des peuples du colonialisme. Elle a impulsé la création dans nombres de pays, de partis communistes qui ont joué un rôle considérable dans la lutte anticapitaliste, pour le progrès social.

Elle a joué un rôle important, on peut même dire primordial pour la défense de la Paix face à la puissance des Etats impérialistes avec à leur tête les USA, pour l’écrasement du nazisme lors de la deuxième guerre mondiale.

Posons-nous la question :         l’agression US en IRAK, le dispositif que BUSH et les siens mettent sur pied pour dominer toute la région, cela aurait-il eu lieu si l’URSS et les pays de l’Est existaient encore ? Si des partis communistes révolutionnaires puissants étaient encore présents et agissaient dans le monde ? Que seraient devenus le VietNam, le Corée du Nord, Cuba et même la Chine sans l’existence de l’URSS, qui a apporté une aide énorme aux luttes de libération dans le monde, une aide économique, technologique aux pays du tiers-monde d’Asie, d’Afrique, et d’Amérique du Sud ? etc…

C’est vrai, tout n’allait pas bien en URSS et dans les pays de l’Est.. Mais il n’est pas possible de nier leur rôle éminent dans la lutte des classes à l’échelle mondiale. De même qu’il n’est pas possible         de nier l’étendue énorme des sacrifices auxquels ils ont dû consentir dans cette lutte. Au cours de la deuxième guerre mondiale l’Union Soviétique a payé et de très loin le plus lourd tribu à la lutte contre le ,nazisme. En 1945 le pays était dévasté, il comptait 26 millions de morts, 55 fois plus que les USA qui eux, avaient considérablement développé leur économie pendant cette période. Après la guerre et pendant plus de quarante ans, l’URSS et ses alliés durent supporter le poids énorme de la course aux armements que leur imposera le capitalisme, en particulier les USA. La puissance de l’URSS a tenu en respect l’impérialisme mondial, américain en particulier. A quel prix ?

Contrairement à ce que laissent croire la plupart des textes qui paraissent, l’histoire de l’URSS ne s’est pas déroulée dans un monde aseptisé dans une sorte de vase clôt, d’où la lutte de classes internationale serait absente. Nous dénions à ces prétendues études tout caractère sérieux. Elles s’inscrivent dans une grande campagne politique qui voudrait imposer l’idée que le capitalisme est la seule société possible. Nous ne voulons rien passer sous silence, ni les défauts de l’Union Soviétique, ni les crimes de Staline, ni les atteintes à la démocratie. Nous poursuivons notre réflexion sur ces questions, pour nous très importantes, afin d’en tirer les leçons nécessaires et de préparer l’avenir.

 

Depuis la disparition de l’URSS, les impérialistes avec à leur tête les USA ont imposé leur domination dans nombre de pays, par des « coups politiques » par des opérations militaires ou la guerre. Ils se sont rués sur la Yougoslavie, sur les pays de l’Est, en Afrique, en Afghanistan, aujourd’hui en IRAK et dès demain, ils veulent mettre la main sur tout le Moyen-Orient. Certains états du Tiers-monde s’effondrent étranglés par la politique néo-coloniale des grandes puissances et faute de l’aide que leur apportait l’URSS. CUBA est étranglé par le blocus américain.

L’IRAK représente une position stratégique au Proche-Orient à partir de laquelle on peut contrôler toute la région. D’où le déclenchement de la guerre d’agression, quel qu’en soit le prix pour ce pays, pour son peuple, quelles que soient toutes les misères humaines qui résultent de cette agression. Les USA ont décidé de s’installer durablement dans l’occupation de l’IRAK. La Grande Bretagne et la Pologne se sont rangées sous le commandement américain jusqu’à ce que celui-ci ait installé un gouvernement à son entière dévotion. BUSH et les siens menacent, ils font pression sur les pays voisins, sur la SYRIE, sur l’IRAN et d’autres pour qu’ils s’alignent et respectent les exigences américaines.

Avec la « feuille de route » ils veulent imposer en deux ans ( d’ici 2005) à la PALESTINE un  régime à la solde des USA, qui consacrerait la prééminence absolue d’ISRAEL dans la région et enlèverait au peuple Palestinien une grande partie de ses terres. Ils veulent faire vite, très vite, pour imposer une « pax américana » au Moyen-Orient, mettre la main sur son pétrole, contrôler son développement économique, ses relations politiques. En un mot, ils veulent faire de cette région une des plaques tournantes US pour dominer le monde. Les dirigeants d’ISRAEL applaudissent. L’état major militaire a qualifié l’année 2003 « d’année la plus importante pour Israël depuis 1948 ». Les ambitions des chefs israéliens vont très loin, un de leurs dirigeants voit poindre  avec « la feuille de route » un changement structurel des systèmes politiques des monde arabe et musulman dont l’IRAK serait l’exemple.

Personne jusqu’à présent ne trouve à redire à cette situation. Pas plus l’OTAN que l’Union Européenne ou le secrétaire général de l’ONU, KOFI ANNAN n’ont réagi. Une fois de plus, leur silence les accuse. DE VILLEPIN, lui, a parlé. Avec BACHAR EL ASSAD, président de la Syrie, il a        appelé à « tout faire pour faciliter l’application de « la feuille de route ». On voit ce que vaut « l’opposition de CHIRAC à BUSH » que certains ont amplifiée démesurément, on devine pourquoi !

Pour terminer sur ce point, rappelons que les USA ont des bases milita       ires dans onze autres pays du Proche-Orient et qu’ils sont massivement présents dans toute la péninsule Arabique. Le Pentagone annonce parallèlement le redéploiement de ses forces militaires dans le monde : en Pologne, en Hongrie, en Roumanie et jusqu’au Pacifique et aux abords de la Chine et de la Russie. Il veut s’installer  aussi aux Philippines et même au Vietnam pour  faire face à ce que les USA appellent  « les menaces du 21ème siècle ».

Nous connaissons la grande nocivité de l’impérialisme, de l’impérialisme américain en particulier. Mais si puisant qu’ils soient, ils ont en face d’eux des peuples qui le combattent et qui le combattent toujours plus. Ces dernières semaines dans le monde entier des centaines de milliers de personnes ont manifesté leur opposition à l’agression américaine en Irak. Des manifestations monstres, dans les pays européens, y compris aux USA, en Angleterre, en Espagne dont les gouvernements soutenaient l’agression US, des manifestations dans les pays arabes, en Inde, au Pakistan, en Indonésie, aux Philippines, en Afrique du Sud.

Les luttes ne cesseront jamais tant que durera l’exploitation. La lutte est dure mais partout dans le monde des femmes et des hommes mènent ce combat.

Nous sommes solidaires de tous les peuples qui luttent. Nous voulons développer la solidarité avec toutes les forces qui combattent le capitalisme dans le monde entier.

« Prolétaires de tous les pays unissez-vous ». Pour défendre la Paix, contre le capitalisme.

 

Parlons maintenant de l’Europe

 

Derrière l’Union Européenne il y a un grand ensemble de quatre cent millions d’habitants, avec des dizaines de millions de travailleurs expérimentés, qualifiés, un ensemble doté de bases industrielles, techniques, économiques très puissantes.

Dans cette Europe, qui est aux commandes ? Tous les grands groupes capitalistes mondiaux sont là. L’Europe compte le tiers des deux cents plus grandes firmes mondiales, presque autant qu’aux Etats-Unis, deux fois plus qu’au Japon. C’est un ensemble que l’arrivée d’autres états en 2004 et après fera grandir encore.

Nous sommes très loin de cette Europe des peuples que, de la droite aux socialistes, les partis politiques continuent pourtant de nous promettre ! Où a-t-on vu que les capitalistes veulent le bien des travailleurs et du peuple ? Cette Europe, c’est l’escalade dans la guerre économique. C’est à qui évincera le concurrent, dominera le marché. La lutte est sévère pour jouer un rôle déterminant à la tête de ce qui est l’un des plus grands ensembles capitalistes mondiaux. Plus l’Union Européenne prend forme et plus les rivalités s’accentuent, se précisent. A l’intérieur même de cette Europe comme ont vient de le voir, avec ce qui se passe en IRAK mais aussi bien au delà. C’est parce qu’en IRAK les grandes sociétés capitalistes américaines se sont taillées la part du lion que leurs homologues européennes et d’autres aussi s’agitent pour ne pas être écartées du pillage des richesses irakiennes !

Les rivalités sont vives, parfois féroces de part et d’autre de l’Atlantique mais ce sont des rivalités financières entre groupes capitalistes. Où est l’intérêt des peuples là dedans ? NON, l’Union Européenne n’est pas un rempart contre les USA. Les capitalistes américains ont une position extrêmement forte en Europe par la masse de leurs capitaux qui y sont investis. L’Europe est largement sous leur dépendance en matière militaire, par l’intermédiaire de l’OTAN. Les USA exportent vers l’Union Européenne plus de la moitié de leurs exportations d’armes (55% exactement). Inversement (si l’on peut dire) une masse énorme de capitaux « européens » est investie aux USA dans des secteurs imp