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20-11-2004
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LA POSTE : la CGT signe « l’accord sur la relation sociale du
courrier » |
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Après
une consultation précipitée de ses organisations, la Fédération CGT des PTT a
décidé d’apposer sa signature aux côtés de la direction du courrier, ce qui
constitue une reconnaissance explicite du « dialogue social »
impulsé par J. Claude BAILLY, PDG de la Poste. Dialogue social ?
Sur quoi porte-t-il vraiment ? Sur les orientations
industrielles et commerciales, La Poste a pris soin de maintenir la totalité
de ses objectifs qui tendent dans des délais rapprochés à rejoindre le « club
des privatisables », après France-Télécom, la SNECMA, Air France… avec
pour conséquence des suppressions d’emplois et une chute importante de la
masse salariale. L’accord prévoit d’engager
des discussions sur cinq points (revalorisation des métiers du courrier –
promotion – recrutement – égalité homme/femme – santé au travail –
formation), discussions qui vont s’étaler jusqu’à la fin de l’année 2005. Signer un tel accord
alors qu’on ne connaît pas encore ce qui est susceptible d’être obtenu, c’est
ce qu’on appelle donner un chèque en blanc. Certes des mesures immédiates
sont annoncées (transformation sur trois ans de 10.000 CDD en CDI –
attribution aux agents du courrier d’une mesure financière de 150 euros en décembre
2004 et en décembre 2005). Ces mesures vont « bénéficier » aux
personnels dont les salaires sont parmi les plus bas du secteur public et
elles ne compenseront pas les pertes subies depuis plusieurs années ( depuis
1982 notre pouvoir d’achat a chuté de plus de 20%). La Poste a de la suite
dans les idées et elle sait habilement manier la carotte et le bâton pour
mieux faire passer sa politique de casse du service public. La Poste a aussi de la
persévérance. Au moment de la réforme de 1990-91 impulsée par l’équipe ROCARD
– QUILES, une mesure financière modeste accompagnait son projet de démantèlement
ce qui a permis à la CFDT ( et aussi FO) de rouler à fond en sa faveur. Et aujourd’hui
on voit le chemin parcouru avec la privatisation en cours… A l’époque
la Fédération CGT ne s’est pas laissée entraîner sur la voie de la
compromission et du renoncement. Elle a appelé à lutter pour la défense du
service public et du statut du personnel. Aujourd’hui dans un
contexte similaire, bien des choses ont changé du côté syndical. La CGT
rejoint les minoritaires de la signature et permet à La Poste d’annoncer avec
satisfaction : «l’accord est signé par des organisations syndicales représentant
75% du personnel ». Prochainement l’Assemblée
Nationale va discuter d’une « vaste réforme » portant sur l’avenir
de La Poste avec une ouverture importante vers la privatisation… comme cela
est en train de se réaliser partout en Europe. Le PDG de La Poste, en
faisant quelques gestes en direction des syndicats et du personnel a délibérément
choisi son terrain, « celui d’un dialogue social évitant la
conflictualité ». Les militants CGT dans
les services sont interpellés par le personnel sur le bien fondé d’un accord
dont les résultats et le contenu ne sont pas encore connus. Le moment n’est donc
pas à l’attentisme. Seule la lutte sur la base des revendications exprimées
par le personnel et principalement sur la revalorisation des salaires et
pensions est à même de déboucher sur des acquis.
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