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2003
Université - Recherche :
des réformes au contenu de classe avéré
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Les
services publics « à la française » sont un obstacle à la réalisation
de l’Europe du profit capitaliste, fascination du MEDEF et d’à peu près
toutes les formations politiques de notre pays…sauf la nôtre. La poste, les hôpitaux,
EDF sont l’objet d’attaques incessantes et subissent des mesures autoritaires
de privatisation décidée ou larvée remettant en cause le fonctionnement des
statuts, les financements. L’Université
et la Recherche ne sont pas épargnées. Tout le monde ou presque a noté la réduction
meurtrière des budgets. A juste titre. Mais il faut y regarder de plus près.
Tout ne diminue pas. Dans la recherche, les « fonds incitatifs »
destinés à financer des thèmes de recherche, des projets qui intéressent (c’est
le cas de le dire) les grands groupes capitalistes, ces fonds incitatifs
donc, augmentent considérablement. Le budget est bien un instrument de
pilotage d’une politique. Les
réformes envisagées pour l’enseignement supérieur font se dresser les étudiants.
Ils ont raison. Même si l’analyse politique de la démarche gouvernementale
reste à faire. Il s’agit bel et bien d’adapter l’Université aux objectifs du
capital. Une réforme des formations supérieures, initiée par ALLEGRE avec le concours de ses homologues européens,
mise en forme par LANG est imposée par FERRY, dénommée « L.M.D. »
(licence –Bac +3, Masters –Bac +5, Doctorat – Bac +8) . Pourquoi
une « harmonisation » européenne ? L’Université, comme son nom
l’indique ne saurait avoir de vocation si étroite. C’est avec le monde entier
que les Universitaires coopèrent et échangent. Enfin quel intérêt pour un étudiant
en chinois ou en russe de pouvoir aller étudier aux Pays-Bas ? Quant aux
étudiants scientifiques, ceux qui le peuvent vont aux Etats-Unis ! De
toute manière, si on voulait favoriser la mobilité (souhaitable) des étudiants
on songerait à développer le système de bourses. Ce que l’on ne fait pas. La
question est au fond de créer une main-d’œuvre mobile, corvéable et exploitable
à merci, dont on ne reconnaîtra
pas la qualification, notion que le MEDEF remplace par celle d’ « employabilité ».
Un exemple pour éclairer ce propos. Les IUT (Instituts Universitaires de
Technologie), dont le recrutement concernait plus les couches populaires que
l’enseignement général, délivrent à Bac +2 un diplôme le DUT, très apprécié
mais qui n’a jamais été reconnu dans les conventions collectives du fait de l’opposition
féroce du patronat. Et bien le système LMFD fait mieux puisqu’il supprime le
niveau Bac +2 ! Ce système supprime la reconnaissance nationale des diplômes
et instaure la sélection pour accéder au Master, grade repris au système américain.
Il y aura d’ailleurs deux sortes de Masters avec choix exclusif entre « professionnalisation »
et « recherche », ce qui est un non-sens scientifique. A
cette réforme est couplée la loi dite de « modernisation » des
Universités. Dans le même esprit, il est question de rendre les Universités
plus « autonomes », autonomes dans la construction de leurs
enseignements, dans les choix de leurs thèmes de recherche, dans la recherche
de financement. Dans la question des personnels, enseignants, chercheurs,
personnels techniques et administratifs dont on remet en cause les statuts.
Cette « régionalisation » a pour but d’introduire la concurrence
entre les établissements, comme aux Etats-Unis et donc d’aggraver les inégalités
sur le territoire. La faiblesse des crédits pousse les Universités et les
organismes de recherche à rechercher toutes sortes de financements privés,
mettant le choix des programmes de recherche ou d’enseignement sous la coupe
du patronat tant local qu’européen. Les crédits publics ont été fortement
diminués, ce qui conduit, par exemple, les organismes de recherche, à s’inscrire
dans des thématiques imposées par le grand capital. La création par le
Ministre, des « fondations » dont le financement est à la fois
public et privé est faite pour concurrencer et vider de sa substance le
service public. Cela s’accompagne de remise en cause des statuts des
personnels. Au CNRS on diminue le nombre de chercheurs fonctionnaires et on
crée des CDD pour la durée des « projets » que l’on privilégie. De
même le statut des enseignants – chercheurs est remis en cause pour assurer
la flexibilité voulue. La grande masse sera surchargée de tâches d’enseignement
et d’administration tandis que ceux qui s’inscrivent dans les projets voulus
par les grandes entreprises capitalistes auront la possibilité de faire de la
recherche. Déjà certains chercheurs reçoivent des primes de 1.500 Euros
(10.000 F) par mois lorsqu’ils s’inscrivent dans ces projets. Ajoutons à cela
la volonté de faire des présidents d’Université de véritables « patrons »
d’entreprise avec des pouvoirs accrus dans la gestion des finances et des
personnels. C’est
un véritable recul de civilisation qu’on nous prépare. C’est un coup porté à
la production et au développement programmé de la réponse aux besoins
sociaux. Cette
politique de privatisation des services publics a déjà suscité des luttes qui
ont imposé des reculs : les enseignants au printemps, les étudiants
aujourd’hui par exemple/ A l’hôpital, des chefs de services qui pourtant n’ont
guère l’habitude de se manifester, écrivent pour défendre le service public.
A EDF des voix s’élèvent. Des
luttes encore plus importantes sont indispensables. Ce qu’il faut c’est un
mot d’ordre syndical appelant à l’action, à une action nationale de grande
envergure. Reste
la question centrale : celle de la perspective politique. Aucune organisation
politique si ce n’est « COMMUNISTES » ne pose la question d’un
changement réel de société, la question du socialisme. Cela montre que nos
explications sont nécessaires. Claude
Lecaille (Paris)
http://www.sitecommunistes.org
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