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22-10-2004

LES EMPLOYEURS

LIBRES DE LICENCIER

 

Après les retraites et la sécu, c’est un autre projet visant à la transformation de notre société qui risque d’aboutir. La réforme du licenciement que le gouvernement a présenté aux syndicats la semaine dernière et au conseil des ministres ce mercredi, est un autre volet de la liquidation du code du travail et des acquis sociaux.

La semaine dernière le gouvernement présentait aux « partenaires sociaux » (les bien-nommés) son projet de loi de réforme des licenciements : c’est une machine de guerre contre l’emploi puisque le seul critère qui justifie l’emploi sera la rentabilité d’une entreprise.

En langage capitaliste cela veut dire que si la rentabilité n’est pas suffisante pour les actionnaires en termes de profits et dividendes le patron peut prendre en toute légalité les mesures de licenciements, fermetures d’entreprises, et de délocalisations.

C’est depuis longtemps que le projet est en chantier. Par petites touches et rapports divers(Devirville, Camdessus), avec la complicité des médias, le silence des partis politiques, et ce qu’il faut bien appeler les gesticulations sans conséquence  des organisations syndicales,  le MEDEF, grâce au gouvernement, veut faire aboutir son droit à disposer des salariés quand bon lui semble.  L’absence de toute opposition politique sérieuse laisse au MEDEF les coudées franches. Ainsi il exige pour les employeurs le droit de licencier alors que l’emploi est la préoccupation essentielle des français, et qu’on compte en France officiellement  trois millions de chômeurs (ils sont hélas bien plus nombreux).

Jusqu’à présent quelques lois sociales freinaient les ardeurs patronales, demain sera autorisé et pleinement légal au nom, bien sûr, de la rentabilité. C’est le régime du capitalisme triomphant qui peut tout se permettre sans retenue pour amasser des fortunes, désertifiant notre pays, l’entraînant sur la pente du déclin.

Le duo GOUVERNEMENT-MEDEF  a joué sa partition une nouvelle fois avec une redoutable efficacité. En plaçant d’abord la barre très haut le gouvernement a eu beau jeu de la baisser ensuite tout en maintenant l’essentiel. Le « coup de gueule » du MEDEF contre le gouvernement « cédant  aux partenaires sociaux » n’est  qu’un élément du petit jeu. On imagine mal SARKOZY Nicolas ministre et SARKOZY Guillaume dirigeant du MEDEF en désaccord ! Maurice NEYME directeur des ressources humaines (DRH) chez SPIE BATIGNOLLES, grosse entreprise de travaux publics, ne s’y est pas trompé, il trouve ce projet « marqué par le bon sens ».

Gouvernement et patronat foncent  dans l’intérêt du capital.

 

Le seul moyen de les bloquer c’est la lutte.  

 

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