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Journal N° 21 de juin 2001
SOMMAIRE
UNE REUNION QUI COMPTERA (Editorial)
Le rapport de Rolande PERLICAN (extraits)
Modernisation sociale : Une réaction à chaud
Europe : JOSPIN et CHIRAC d’une seule voix
Recommander ce journal à un (e) ami (e)
MMUNISTES ”
Précision :
Venus de
différentes régions de notre pays 200 camarades représentant les 1787 adhérents
de « Communistes » ont participé le 16 juin à la réunion nationale qui s’est
tenue à Paris. Il y avait majoritairement des ouvriers mais aussi des employés,
des agents des services publics, des cadres, des enseignants. Ils étaient venus
des départements les plus divers : du Nord, de l’ Hérault, du Morbihan, du
Calvados, des Alpes-Maritimes, du Pas de Calais, du Doubs, des Hauts de Seine,
de la Loire Atlantique, de Paris de l’ Ariège, de l’ Indre… et de bien d’autres
.
Les jeunes étaient nombreux et la plupart d’entre eux
assument des responsabilités à « Communistes » dans les départements où ils
militent.
Un an après la création de « Communistes, il était
nécessaire de mesurer nos progrès dans la construction de notre organisation et
d’étudier ce que nous pourrions entreprendre dès la rentrée de Septembre pour
aller plus rapidement vers notre objectif : reconstruire un parti
révolutionnaire en France.
22 camarades sont intervenus dans la discussion. Elle
nous a permis de préciser les moyens qui nous permettront une nouvelle
progression. Discussion riche et fructueuse, basée sur une unité de vue
profonde qui s’est traduite par un large accord sur la question pour nous décisive
: celle de la nécessité de développer une organisation révolutionnaire dans
notre pays.
Large accord, unité de vue n’ont jamais voulu dire
uniformité. Des opinions distinctes, parfois différentes se sont exprimées sur
tel ou tel point. Le développement même de la lutte soulève des questions
nouvelles auxquelles l’expérience et la discussion nous permettront d’apporter
les réponses qui conviennent.
Une réunion combative qui a confirmé la détermination
de tous les participants à développer partout notre activité.
LA REUNION DU 16
JUIN
Michel GOGAIL, ouvrier chez TOTAL à Gonfreville
l’Orcher en Seine Maritime préside. Il précise le but de notre réunion.
Extraits
Il rappelle que chaque fois qu’il s’est agi de prendre
des positions de classe, des camarades, militants politiques et syndicaux, se
sont retrouvés pour défendre nos idées révolutionnaires, contrairement à ceux
qui sombraient dans la compromission.
Je pense, ajoute-t-il, que nous sommes dans une de ces
périodes de notre histoire et qu’il y a aujourd’hui nécessité de reconstruire
le parti révolutionnaire dont notre pays a besoin.
Notre démarche depuis un an s’appuie sur cette
réflexion pour construire pas à pas cette organisation politique. Nous allons
poursuivre ce combat là où nous nous trouvons les uns et les autres.
(extraits)
Je voudrais d’abord rappeler les
principaux évènements de ces derniers jours en les accompagnant d’un rapide
commentaire.
Les travailleurs qui ont participé à Paris à la
manifestation du 9 Juin ont vu dans cette manifestation l’occasion de lutter
contre les patrons qui licencient. Les organisateurs, eux, n’étaient pas animés
de la même intention.… tous ont monté ensemble le 9 Juin une opération politique
de diversion…
Le vote de la loi à l’Assemblée Nationale mercredi
dernier l’a confirmé. On ne peut être plus cynique. Quelle duperie à l’égard
des travailleurs ! Prétendre agir contre la politique actuelle alors même qu’on
la met en œuvre au gouvernement, dans la Gauche plurielle et au Parlement !
Des élections viennent d’avoir lieu en Grande
Bretagne.Voyons ce qu’il en est réellement. Les abstentions passent de 29,5% il
y a quatre ans à 41% aujourd’hui. Du jamais vu depuis 1918 ! Leur taux est très
fort dans les quartiers ouvriers, il atteint 66% à Liverpool. Cependant, avec
seulement 29% des voix des inscrits, BLAIR et les travaillistes obtiennent 413
sièges sur 659 députés. Bel exemple de démocratie ! .
En Italie, où BERLUSCONI est le vainqueur des
élections, l’extrême-droite sera majoritaire au gouvernement. Les milieux
industriels et financiers ont apporté leur soutien à Berlusconi.
La disparition du parti révolutionnaire puissant
qu’était le PCI , qui s’est sabordé pour passer au réformisme n’est pas pour
rien dans la situation de l’Italie aujourd’hui…
En France, les profits ont connu un accroissement
considérable, pendant que le pouvoir d’achat a reculé de 30% en 20 ans.
Mais le MEDEF en veut toujours plus. La « refondation
sociale » qu’il voudrait nous imposer est la pièce maîtresse de l’attaque du
capital contre notre niveau de vie, nos droits nos libertés.
Il veut tout privatiser :les retraites remplacées par
des assurances privées, supprimer les conventions collectives, tous les
statuts, il veut instaurer le travail précaire et le sous-emploi comme la forme
de travail normal.
La politique du gouvernement de la Gauche plurielle et
ses projets répondent aux exigences du MEDEF . Il continue les privatisations :
EDF-GDF, la POSTE, la SNCFsont menacées très sérieusement. Il installe
progressivement la privatisation de la Sécurité sociale et favorise
l’introduction des assurances privées comme AXA… Il réduit les dépenses de
santé.
Pour atteindre leurs objectifs le MEDEF et ses alliés
ont besoin d’intégrer les forces politiques et syndicales. Pour cela il leur
fallait d’abord liquider le parti révolutionnaire qu’était le PCF : c’est fait.
Ils ont besoin de syndicats intégrés aux objectifs du capital, cogestionnaires.
La CFDT est la pointe avancée de cette collaboration de classe. D’autres vont
dans le même sens : FO, la FSU etc…
Et la CGT ? elle est l’objet de pressions énormes qui
ne sont pas toujours sans effet. La CGT s’est construite dans la lutte de
classe contre le capitalisme. Elle a joué un rôle décisif dans les conquêtes
sociales dans notre pays. C’est le seul syndicat de lutte de classe en France.
On comprend les assauts qu’elle subit. Un syndicat de classe est indispensable
aux travailleurs. Il faut lutter pour lui conserver ce caractère.
Grand patronat, droite, Gouvernement de la Gauche
plurielle, social-démocratie et syndicats intégrés agissent ensemble, ils
renforcent leur collaboration pour modifier la situation française.
Le mécontentement grandit dans des couches de plus en
plus larges. Il y a des luttes contre les licenciements, contre les
privatisations, pour les salaires, pour les conditions de travail. Des
questions viennent : Est-ce que ce n’est pas le moment d’une action plus forte
? Le moment n’est-il pas venu en effet de réunir les conditions de luttes plus
importantes, jusqu’à une grande action d’ampleur nationale ?
…Ce qui est très important, c’est que la prise de
conscience que la politique actuelle n’est pas bonne pour le peuple est en
train de grandir. Depuis 4 ans des illusions sur le PS, la Gauche plurielle, le
PCF ont disparu, même s’il est vrai qu’il en reste encore trop !
Les capitalistes et ceux qui les servent sentent
monter cette prise de conscience. Ils cherchent à la détourner, à la récupérer
. On assiste à une promotion sans précédent du réformisme sous les formes les
plus diverses… Chaque jour les médias conditionnent l’opinion, mettent en avant
les opérations politiciennes qui appellent à la collaboration de classe…
« COMMUNISTES »
« Communistes » s’est développé sur la base de la
lutte de classe là où l’affrontement est le plus fort. Ce n’est pas un hasard
si nous sommes le mieux implanté dans la classe ouvrière, dans les entreprises
de la métallurgie et de la chimie, dans les grands services publics. Nous
comptons aussi dans nos rangs des sans emploi, des enseignants, des chercheurs,
des étudiants. Les salariés, les jeunes qui nous rejoignent apprécient notre
clarté politique. Les bases de notre développement sont d’abord là.
Une constatation : Partout où nous sommes présents sur
le terrain, nous sommes reconnus comme une organisation sur laquelle les gens
peuvent compter. Des ouvriers, des salariés de toutes catégories, des chômeurs
qui jusque là n’avaient jamais été adhérents d’un parti politique ont adhéré à
« COMMUNISTES ». Ce sont eux l’avenir de notre organisation, eux qui ont trouvé
dans « COMMUNISTES » la formation politique qui répond à leurs aspirations
Je l’ai dit, nous voulons l’union parce que le
rassemblement est indispensable pour faire reculer le patronat et le
gouvernement, et à plus forte raison pour anéantir le capitalisme…
L’objectif que nous nous sommes fixés, c’est la lutte
unie contre le patronat et ceux qui le servent. Mais nous n’avons aucune
naïveté. Tout notre passé nous rappelle que l’union, réalisée autour
d’objectifs flous ne peut aboutir qu’à servir l’adversaire. .
On retrouve dans cette question le clivage réformistes
– révolutionnaires. Les réformistes, eux, voudraient nous entraîner sur leur
terrain, celui de la collaboration de classe. Si nous cédions sur ce terrain
c’en serait fini du développement d’un parti révolutionnaire en France.
Quelques mots sur les groupes qui se sont formés avec
la disparition du PCF comme parti révolutionnaire.
Nous avons crée « COMMUNISTES » à partir du constat
que le PCF ne redeviendrait jamais un parti révolutionnaire. D’autres ne
partagent pas notre opinion. Ils sont dans le PCF. Ils pensent ou disent,
qu’ils pourront modifier radicalement son orientation. Ce faisant, ils servent
de caution à la direction du PCF qui va légaliser à son prochain congrès
d’octobre l’existence d’oppositions en son sein.
Continuons donc à être nous-mêmes, sans nous laisser
détourner de notre objectif et de notre ligne.
Avant d’aborder notre activité pour la prochaine
période, je veux vous faire une proposition.
Nous avons dit en créant « COMMUNISTES » que nous
tiendrions le moment venu le congrès constitutif de notre parti.
Aujourd’hui, nous pouvons l’envisager, parce que nous
en avons créé les conditions. Nous avons posé les fondations de notre futur
parti en implantant « Communistes » dans le pays, ce qui était décisif pour la
suite. Nous pouvons aborder l’étape suivante de la construction.
Tenir notre premier congrès ne peut être qu’une étape
seulement, surtout pas un achèvement. Nouvelle étape pour un nouveau
développement.
A propos de notre activité dans les prochains mois, je
m’arrêterai sur trois questions :
LA PROPAGANDE qui, dans les conditions actuelles est
un point essentiel de notre activité dans les entreprises, sur les marchés,
dans les établissements d’enseignement.
Allons y pour faire connaître notre organisation «
Communistes » pour donner notre point de vue sur toutes les questions
politiques qu’il nous est possible d’aborder. Si nous parvenons à renforcer de
beaucoup notre expression politique, si nous réussissons à être présents de
façon régulière devant telle entreprise, dans tel quartier ou marché nous
aurons franchi un nouveau pas très important.
Déjà les premiers résultats obtenus de cette façon, se
traduisent par l’établissement de liens politiques avec les salariés, les
habitants. Des liens qui vont jusqu’à l’adhésion.
…Où en sommes nous de la diffusion de notre brochure ?
3000 exemplaires sont en mains, une bonne partie est diffusée et payée à la
trésorerie nationale. Elle répond à un besoin, elle est un moyen efficace
d’établir le contact. A la rentrée nouvelle étape de sa diffusion
LE RECRUTEMENT. Petit à petit nous nous implantons
solidement. Notre organisation progresse de façon très différente d’un
département à l’autre. Mais ce qui est essentiel c’est que nous progressons
partout, même si le rythme de notre progression est différent d’un endroit à
l’autre. Nous comptons aujourd’hui 1787 adhérents. Cela va de 307 dans le Nord,
plus de 60 dans le calvados, 63 dans le Morbihan, 31 dans l’Indre, 84 dans les
Hauts de Seine…à quelques adhérents dans certains départements.
Prenons de nouveaux contacts, organisons des
rencontres, des discussions, des débats. Partout où nous le faisons nous avons
des résultats très positifs.
A la rentrée nous pourrions organiser partout une
grande campagne d’adhésions. Si nous retenons l’idée d’un congrès, nous
pourrions bien sûr mettre à profit sa préparation pour nous faire connaître et
recruter largement.
LES FINANCES. Plus nous développons notre activité et
plus nous avons besoin de la financer. Nos besoins sont énormes. Quelques
exemples :
*la confection, le tirage et l’envoi par la poste de
notre journal « Communistes » coûte 3.600f.
*La location d’une salle pour une réunion comme celle
d’aujourd’hui coûte 10300f, plus les frais de voyage pour les camarades.
*la fabrication du matériel de propagande par les
départements coûte cher.
*l’achat d’un local à Paris ou dans sa banlieue qui
servira de siège à « Communistes » et de lieu de réunion si possible, nous
coûtera autour d’un million de f. Les départements ont aussi besoin d’acheter
leur local.
*nous avons besoin également dans les départements où
nous sommes déjà bien implantés d’acheter d’un matériel à reproduire etc… etc…
Bien entendu, il ne saurait être question d’opposer
les besoins dits « nationaux » à ceux des départements. Nous devons nous
procurer les moyens de faire face aux uns et aux autres.
…Pour atteindre nos objectifs, la souscription doit et
peut être considérablement développée. Par ex. ne pourrions nous pas à rentrée
lancer une grande souscription à l’occasion du congrès constitutif ( si vous donnez
votre accord bien sûr) en faisant connaître nos besoins et donc comment nous
utiliserons l’argent qui nous sera remis.
Aujourd’hui nous allons échanger nos expériences, nos
points de vue. Nous sommes engagés dans une tâche qui demande du courage et de
la persévérance. Le combat est rude mais comme l’ont écrit des camarades dans
leur journal départemental, c’est un combat exaltant.
LA DISCUSSION
*Tous les intervenants ou presque ont dit que
l’exploitation des travailleurs et du peuple s’était aggravée depuis un an. Des
camarades ont montré avec force que la France était devenue un pays de bas
salaires et de précarité de l’emploi.Dans le Nord, les jeunes qui adhèrent à «
Communistes » gagnent 4500 f par mois et la plupart ont un emploi précaire. A
Renault-Douai, 800 jeunes intérimaires embauchés depuis 4 mois ont été jetés à
la rue fin mai. au centre de tri postal de Trappes dans les Yvelines (600
travailleurs) la RTT a créé… 5 emplois, la charge de travail a augmenté
énormément et la précarité se développe. Michelin qui reçoit 153 millions par
an de l’Etat a supprimé un emploi sur deux en 10 ans. A la faculté de Jussieu
les jeunes « doctorants » ( niveau Bac + 5) sont des précaires payés 6000 f par
mois. 300 d’entre eux ont manifesté à la direction. La loi de « modernisation
sociale » dira un camarade ne se limite pas à augmenter les licenciements, elle
confirme que la classe ouvrière est considérée comme une marchandise qu’on peut
faire circuler selon les besoins du capital.
*Après avoir lui aussi dénoncé l’aggravation de
l’exploitation capitaliste en France, un camarade de l’Hérault demande: Quelle
peut être l’utilité immédiate de « Communistes » quelles batailles, quelles
manifestations ? Nous devons plus travailler cette question.
Construire, c’est construire dans les luttes dit une
camarade du Nord qui regrette que nous n’ayons pas participé a la manifestation
du 9 juin. Ne soyons pas sur la touche dit-elle.
En premier lieu, menons le débat de classe, sa
nécessité s’affirme partout en particulier chez les jeunes dira un camarade du
Val de Marne. Nous sommes les seuls à pouvoir le faire. Même remarque d’un
camarade de l’Indre qui pense qu’on a besoin de repères forts, d’une analyse de
classe solide pour lutter. Il faut développer notre expression politique au fil
de l’actualité.
*Dans le Puy de Dôme nous parlons clairement, cela
nous crédite auprès des travailleurs. Dans le Calvados nous offrons une
perspective révolutionnaire aux travailleurs désorientés, déçus…Il faut nourrir
le débat pour nourrir les luttes. On a besoin de faire la clarté politique
déclare un camarade des Alpes Maritimes qui cite un exemple à propos des
licenciements. Développons notre activité politique dit un camarade des
Yvelines y compris en rédigeant nous-mêmes nos tracts sans attendre des
consignes nationales. Engageons des actions locales, c’est possible partout.
Nous avons agi contre un licenciement aux PTT, le postier a été réintégré. La
question de ce que nous disons, de ce que nous proposons est fondamentale dans
les conditions actuelles.
*Plusieurs camarades confirment, avec des exemples
précis, que la pression exercée sur la CGT pour qu’elle abandonne son rôle de
syndicat de classe est considérable et qu’elle n’est pas sans résultat.
Conserverons nous ou non une CGT sur une base de classe ? Beaucoup va dépendre
de l’activité des syndiqués. Les camarades font part de leurs préoccupations
mais aussi de leur volonté de mettre en échec cette attaque de grande
envergure.
*Un camarade du Nord nous invite à mesurer le chemin
parcouru depuis la création de « Communiste ». Nous sommes aujourd’hui 307,
plus de la moitié des camarades n’ont jamais été adhérents à un parti et il y a
un an nous étions 30. Dans la Loire Atlantique où nous sommes structurés nos
effectifs ont progressé de 50% en quelques mois et la grande majorité de nos
adhérents ont moins de 30 ans. Nous sommes de nombreux salariés du secteur
alimentaire. Progrès dans le Morbihan où l’objectif est de passer à 100
adhérents à la fin de l’année. 8 adhésions dans les Alpes Maritimes depuis le
début de l’année, 8 aussi à Paris où notre présence politique à la porte de
certaines entreprises est en train de porter ses fruits.
Nous avançons à des rythmes différents, mais nous
avançons partout .
*Nous nous renforçons et notre activité se développe
dans le Morbihan, nous allons organiser une tournée dans les entreprises du
département et tenir des réunions dans les villes. Dans le Calvados où les
réunions de « Communistes » ont lieu régulièrement, des efforts sont engagés
pour impliquer tous les adhérents dans l’activité. Je prends des contacts
partout où je connais quelqu’un dit un camarade du Val de Marne. Plus de 100
personnes ont participé à un méchoui que nous avons organisé dans les Yvelines
: 3 adhésions nouvelles. A Paris, à l’Université de Jussieu où nous sommes 8
camarades, nous avons une activité régulière et nous sortons un journal
mensuel. D’autres exemples ont été cités qui confirment les possibilités que
nous avons de développer localement notre activité. Plusieurs camarades
ajoutent : la conscience de classe n’a pas disparu en France. Il faut la
nourrir, il y a une grande attente des salariés ; expliquons bien que nous
n’avons rien à voir avec le PCF.
*Dans un an auront lieu les prochaines élections. Des
camarades ont fait connaître leur avis sur cette question. Certains sont
partisans de participer à ces élections avec leurs candidats. Il faut
disent-ils occuper tous les terrains de la bataille politique, les élections
sont le moment de le faire. D’autres sont plus réservés. L’essentiel est
d’avoir engagé la réflexion sur ce sujet, nous avons encore le temps de la
poursuivre, ce que nous ne manquerons pas de faire.
*Vers un possible congrès constitutif de « Communistes
» ? La grande majorité des camarades qui sont intervenus sont favorables à sa
tenue en 2002. Faisons un nouveau pas vers la constructions du Parti, ne nous
arrêtons pas au milieu du gué…structurons nous en fonction des besoins
révolutionnaires dans notre pays… Un congrès sera un moment fort pour affiner
approfondir notre projet politique et notre fonctionnement… Rien ne sera
terminé après notre congrès constitutif… Notre acquis nous permet de commencer,
la construction de « Communistes » continuera après le congrès
*Pendant cette réunion nous avons beaucoup travaillé.
Nous espérons que ce compte-rendu trop court vous en donnera une idée. Nous
nous sommes quittés contents en chantant L’internationale
« Modernisation
sociale » ?
UNE RÉACTION A
CHAUD.
Après le vote de la loi sur « la modernisation sociale
», un camarade nous a fait parvenir sa réaction à Chaud. Extraits :
La loi de « modernisation sociale » dite « contre les
licenciements » a été adoptée.
Qu’y a-t-il de nouveau ? Désormais une suppression
d’emploi sera considérée comme un licenciement économique « si elle est
consécutive à des difficultés économiques sérieuses n’ayant pu être surmontées
par tout autre moyen…,à des mutations technologiques mettant en cause la
pérennité de l’entreprise ou à des nécessités de réorganisation, indispensables
à la sauvegarde de l’activité de l’entreprise ».
Ce sont exactement les arguments qu’utilisent les
patrons pour justifier les dizaines de plans de licenciements !
Quant aux Comités d’Entreprises ils pourront formuler
des « propositions alternatives » et, s’il y a des divergences, saisir un «
médiateur » ( sur une liste fixée par le gouvernement) qui fera des «
recommandations ». Après quoi…le patron fera ce qu’il veut.
Donc si on résume :
*rien n’oblige le patron (ni les actionnaires) à se
conformer à l’avis du CE ou du médiateur
*on autorise les licenciements…mais attention, il
faudra respecter la procédure !
On ne peut être plus cynique. Cette loi n’empêchera ni les licenciements dits « économiques »,ni les centaines de milliers d’autres
licenciements, dont bizarrement, personne ne parle…
Le combat continue contre le patronat et le
gouvernement pour leur imposer l’arrêt des licenciements
EUROPE
JOSPIN et CHIRAC D'UNE
SEULE VOIX
Le 28 mai JOSPIN a exposé son projet pour une Union
Européenne élargie. Pas de surprise, lui et CHIRAC sont d’accord comme
d’habitude.
Dans cette Europe qui compte 64 des 200 plus grandes
firmes mondiales, les grands groupes financiers contrôlent étroitement la vie
économique et politique. Déjà 80% des textes qui régissent notre pays émanent
de l’Union Européenne qui peut prendre des sanctions quand ces textes ne sont pas
appliqués. C’est une directive européenne qui ordonne que les dépenses sociales
soient réduites dans chaque pays et que les privatisations soient étendues.
Aujourd’hui JOSPIN va plus loin. Il le dit dans sa
déclaration : « la coordination des politiques économiques doit être
considérablement accrue. Un gouvernement de la zone Euro doit être mis en place
».
Pour lui comme pour CHIRAC tous les objectifs
économiques, politiques et militaires doivent être définis au plan européen et
non au plan national. C’est pour cela que JOSPIN propose de créer un « Conseil
Permanent Européen des Ministres » dont les membres dit-il seraient des «
sortes de Vice-Premiers Ministres qui veilleraient à l’application des
directives européennes « dans leur propre gouvernement national ». Il veut
aussi doter l’Europe d’une constitution et d’un « véritable pouvoir politique »
dont les membres seraient élus dans de « grandes circonscriptions régionales »
et non plus au niveau de chaque nation.
Les régions supplantant la nation dans le cadre
européen, il y a longtemps que JOSPIN et les siens agissent dans ce sens.
Aujourd’hui ils vont plus loin et dans sa déclaration du 28 mai JOSPIN condamne
« les replis nationaux qui s’opposeraient à une plus forte intégration européenne
». Romano PRODI, Président de la Commission Européenne disait la même chose
quand il se plaignait que les « différentes réglementations nationales
compliquent la mobilisation des capitaux ».
Au nom de la décentralisation c’est la disparition de
la nation qu’on prépare. Droite et Gauche sont d’accord et réclament de
nouveaux transferts de compétences de la Nation vers la région qui concernent :
le développement économique, l’aménagement du territoire, la construction,
l’entretien des pôles universitaires, la formation professionnelle etc… Que
resterait-il à l’Etat si ces transferts se réalisaient ?
La Corse est utilisée comme un laboratoire pour aller
dans ce sens. « Nous avons une ambition européenne pour la Corse » déclarent
les indépendantistes comme TALAMONI soutenu par José ROSSI, un dirigeant de
droite. Du côté des Verts, Alain LIPIETZ est « pour une Corse exemplaire dans
une Europe des régions ». Le patronat sur place voit cela d’un bon œil. A noter
que le plus gros employeur privé de CORSE est la chaîne CASINO dont le
dirigeant régional est le dirigeant du MEDEF. La mise en concurrence du secteur
public avec le privé s’accélère avec la perspective d’une application plus
rapide des circulaires de BRUXELLES. La CORSE est aussi devenue un laboratoire des
attaques contre le monde du travail.
Le développement de la CORSE et de toute la FRANCE
passe par la lutte pour mettre en échec ces projets du capital . On ne peut à
la fois satisfaire les groupes capitalistes et dire qu’avec l’Europe les
conditions de vie des salariés seront « harmonisés vers le haut ». N’est-ce pas
Messieurs JOSPIN – CHIRAC ?
La disparition des monnaies nationales est prévue pour
accélérer la construction de l’Europe capitaliste. Avec l’Euro le patronat met
en place un énorme moyen de pression sur les salaires, l’emploi, les conditions
de travail. C’est un instrument à la fois économique et politique de
renforcement du capitalisme en Europe. Avec l’Euro la circulation des capitaux
ne connaîtra plus aucune entrave. D’où une spéculation financière encore plus
forte, d’où les délocalisations, les fusions-concentrations, les licenciements.
Dans cette Europe qui compte 16 millions de chômeurs et 65 millions de pauvres,
l’Euro va porter à un niveau jamais atteint la mise en concurrence des salariés
sur le « marché du travail » européen.
On nous présente cette Europe comme un rempart contre
les USA. C’est faux. Certes, leur concurrence est vive, la visite de BUSCH en
Europe ne fait que le confirmer. Mais quand il s’agir d’exploiter les peuples
et de les maintenir sous leur domination, USA et Europe se retrouvent car les
intérêts de classe passent avant tout.
Faisons connaître notre nette opposition a sa mise en
place et rassemblons dans la clarté toutes celles et tous ceux qui seront prêts
à mener ce combat.
Nous voulons faire la clarté sur cette Europe.
Il y a une grande bataille politique engagée autour de
l’Europe. Il faut la mener. Il faut développer une campagne très politique.
SOLIDARITE
Algérie
Ce qui se produit en Algérie n’est pas un événement
épisodique mais un phénomène profond qui s’inscrit dans une situation qui dure
depuis des années et qui s’aggrave encore
En Algérie où l’économie est sous le joug du Fond
Monétaire International, le revenu par habitant a chuté de 60% en 18 ans et un
actif sur trois est au chômage. Dans ce pays où un habitant sur deux a moins de
20 ans, près de la moitié de la population vit au dessous du seuil de pauvreté
et la fermeture des entreprises d’Etat déclarées « déficitaires » a condamné au
chômage 400.000 personnes. Le président BOUTEFLIKA qui est l’homme du FMI, n’a
pris aucune mesure pour enrayer cette situation, au contraire.
Certains espéraient que la Kabylie allait se limiter à
des revendications culturelles qui sont d’ailleurs tout à fait légitimes. Ils
n’avaient pas prévu que les revendications des kabyles sont d’abord celles de
tous les Algériens quelle que soit leur origine, c’est à dire des
revendications sociales : un emploi, des conditions de vie décentes pour tous,
un régime démocratique gouvernant dans l’intérêt du peuple et accordant les
mêmes droits à tous les Algériens
Moyen-Orient
Les USA, les quinze de l’Union Européenne, l’ONU,
continuent de soutenir ISRAEL. Hubert VEDRINE, chef de la diplomatie française,
tout en reconnaissant que la situation créée au Proche-Orient est la plus grave
depuis quinze ans, n’en renvoie pas moins dos à dos Palestiniens et Israéliens
sous le prétexte qu’il y a des « extrémistes » des deux côtés.
Ce soutien de fait à la politique annexionniste et
répressive d’Israël, le refus de reconnaître les droits du Peuple Palestinien
ne peuvent qu’aboutir qu’à une nouvelle aggravation de la situation.
La position palestinienne est pourtant très claire :
un vrai retour aux négociations pour un accord politique avec un agenda précis.
La sécurité des peuples Palestiniens et Israéliens
passe par une solution politique, basée sur le retrait des territoires occupés
et le droit à l’existence d’un état Palestinien.
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