Journal N° 37 d’avril 2003
Samedi
17 mai à 14 h
PARIS
au Gymnase JAPY
rue Gobert (métro :
Charonne)
SOMMAIRE
Retraites, Sécurité Sociale :
Ouvrons le dossier
IRAK : « Faire progresser les intérêts américains »
PALESTINE : extrait d’un article lu dans la presse
Recommander ce journal à un
ami
Édito
Les
1er et 2 mars 2002 nous tenions le congrès fondateur de notre Parti.
Depuis quatorze mois nous avons beaucoup travaillé. Notre Parti se construit et
prend de mieux en mieux sa place dans la vie nationale. A chaque événement
national et international nous sommes présents. Notre journal
“ COMMUNISTES ” est diffusé chaque mois à 12000 exemplaires, nous
distribuons des dizaines de milliers de tracts et bulletins. Nous avons créé de
nouvelles organisations de base dans des entreprises privées et des services publics,
dans des quartiers et des localités.
Les
membres de “ COMMUNISTES ” se réunissent, discutent, organisent des
rencontres, des réunions publiques, des actions. Le Comité National qui dirige notre parti se réunit
régulièrement ainsi que le bureau National.
Pour
les adhérents et les amis de “ COMMUNISTES ” venus de différents
endroits de France, le 17 Mai sera l’occasion de se retrouver, d’échanger leurs
expériences, de confronter leurs points de vue.
Notre secrétaire Nationale,
Rolande PERLICAN présentera notre Parti, dira comment nous fonctionnons,
comment nous sommes organisés.
Elle dira ce que nous proposons
dans l’immédiat et à plus long terme pour que les travailleurs et le peuple
fassent changer les choses dans notre pays.
Cette
rencontre de JAPY sera placée sous la présidence d’Alain EVEN, membre du Bureau
National, militant syndicaliste.
La
participation à cette rencontre s’annonce déjà massive, faisons qu’elle soit
encore plus forte. Invitez vos proches, vos amis, vos camarades de travail.
Faisons que la rencontre de JAPY, dans cette salle qui a accueilli tant de
réunions populaires, marque une étape importante dans la construction d’un
grand Parti Révolutionnaire en France.
OUVRONS LE DOSSIER
Pour les salariés et pour le peuple
l’allongement de la durée de la vie est très positif. Encore que les
statistiques montrent que les ouvriers vivent en moyenne quatre ans de moins et
les employés trois ans de moins que les patrons et les professions libérales.
Les inégalités sociales existent là aussi.
Pour le patronat et les
gouvernements qui se succèdent, cette augmentation de l’espérance de vie est
considérée comme une très grave contrainte nationale qui coûte énormément cher
au pays. La presse, la télé, tous les médias répètent depuis des mois que la
seule solution consiste à changer complètement le mode de financement des
retraites et de la sécurité sociale. Elle obéit servilement aux consignes de
CHIRAC, de RAFFARIN , du MEDEF de SARKOZY (le frère !)etc…etc…LE PEN
approuve bruyamment. Finie la démagogie sociale, quand il s’agit de défendre la
finance et le patronat ils se retrouvent tous ! Et la
“ gauche ” ? Fidèle à elle-même, elle qui a fait la même
politique quand elle était au gouvernement, elle ne fait rien, absolument rien pour combattre ce qui se
trame contre nous.
Tous y vont de leur couplet (ils
ont chacun le leur) pour nous faire avaler la pilule. Un mot revient souvent,
c’est celui de “ l’Etat -
providence ”
qui ne pourrait plus continuer à “ assister ” tous ces salariés et
retraités, tous ces malades, bref tous ces “ nantis ” qui vivraient en quelque
sorte à ses crochets.
Non, Messieurs, nous ne sommes pas des assistés,
les nantis c’est
vous !
Nous vous
rappelons que tout ce qui est produit en France, est produit par les
ouvriers. Nous vous rappelons que les salariés d’aujourd’hui sont les retraités
de demain. Ceux qui créent et ont créé toutes ces richesses devraient
bénéficier en priorité
des
avantages du progrès et en particulier d’un système de santé moderne et
efficace, de retraites qui leur permettent de vivre. Faut-il vous rappeler,
Messieurs CHIRAC, RAFFARIN, SARKOZY, LE PEN, HOLLANDE, VOYNET, BUFFET et
compagnie… que vous n’avez pas de problème de retraite et que vous êtes très
bien soignés dans les meilleurs établissements?
*Comment sont financées retraites et Sécurité Sociale ?
Elles sont financées par les salariés.
Une partie des cotisations est retenue directement sur le
salaire, l’autre partie, la “ cotisation patronale ” c’est encore une
partie du salaire retenue à la source et que l’employeur doit verser. Les
dettes et retards de paiements patronaux se comptent en milliards. Ces
milliards, c’est notre argent, une partie de notre salaire qu’ils détournent.
Qu’attend “ l’Etat providence ” pour récupérer ce que les employeurs
nous doivent ?
*Des sommes considérables.
Le budget de la Sécurité Sociale
s’est élevé à 315 milliards d’Euros (2080 milliards de F), les sommes dépensées pour payer
les retraites à 112 milliards d’Euros (740 milliards de F). Ce qui fait au total : 427
milliards d’Euros (2818 milliards de F).
Jugez : 427 milliards d’Euros
c’est une fois et demie le budget de l’Etat (270 milliards d’Euros). On
comprend que la finance, les banques, les groupes industriels veuillent
s’emparer d’une telle somme et l’utiliser en fonction de leurs intérêts de
classe.
Cet argent ne leur appartient pas,
pourtant ils le détournent.
Il appartient aux salariés, à leurs
enfants, à leurs familles, aux retraités, à ceux que la politique actuelle a
privés d’emplois. Toucher aux
retraites, à la Sécu, modifier leur mode de financement c’est un
détournement de salaire.
Ce n’est pas la première fois
qu’ils le font. En 20
ans, de 1980 à 2000 la masse salariale distribuée par le patronat dans le
secteur privé à baissé de 9% soit 131 milliards d’Euros pour l’année 2002 (861 milliards de F). Toujours en 2002 la masse
salariale des fonctionnaires ( actifs et retraités) a baissé de 2% soit 30
milliards d’Euros (192 milliards de F).
Ce détournement de 161 milliards
d’Euros pris aux salariés en 2002 c’est près de 60% du budget de l’Etat.
161 milliards d’Euros ont été pris aux salariés en salaire
net, salaire différé, en nombre d’emplois, en précarité, en flexibilité, en
smicardisation, sans droit, sans toit, sans papiers, sans indemnité de chômage.
“ L’Etat-providence ” est
au service de qui ? Sûrement pas au service des travailleurs !
De plus la productivité du travail
a augmenté de 35% en 20 ans.
Relancer la consommation intérieure.
C’est indispensable pour redresser
la situation dans le pays. C’est la consommation intérieure qui assure plus des
deux tiers des débouchés aux produits créés en France par le travail des
salariés. Des besoins élémentaires sont encore très loin d’être satisfaits,
qu’il s’agisse du logement, de l’enseignement, de la formation professionnelle…
Il faut assurer du travail pour tous, résorber le chômage et la précarité,
c’est indispensable si l’on veut développer l’économie française.
Comme d’habitude patronat et
gouvernement essaient d’opposer certains salariés à d’autres pour réussir leur
mauvais coup. Quand les travailleurs des transports font grève, ils sont
accusés de “ prendre la population en otage ”.Cette fois-ci ce sont
les fonctionnaires qui sont montrés du doigt. Au nom de
“ l’égalité ”, de “ l’équité ”, de la “ justice ”
ils devraient accepter les mesures scandaleuses que le gouvernement prépare
contre eux.
Ne nous y trompons pas, le
gouvernement oppose les salariés du privé aux fonctionnaires pour mieux casser
les retraites du privé comme du public.
Ne nous laissons pas diviser,
nous avons absolument besoin de lutter tous ensemble pour les arrêter.
Il faut changer ce régime.
Avec les retraites et la Sécu
ils veulent porter un nouveau coup, un coup très dur à notre niveau de vie.
Pour cela ils veulent casser toutes les structures sur lesquelles repose le
système actuel de retraites et de Sécurité Sociale. Leur politique c'est de
baisser toujours plus les salaires et la protection sociale, de réduire encore
la consommation populaire.
Il n’y a rien à attendre de ce
régime, il faut le changer. La droite et l’extrême droite agissent et les autres (PS – Verts -
PCF etc…) laissent faire.
Nous disons aux syndicats :
il ne sert plus à rien de discutailler, les dés sont pipés. Ne faites pas comme
si patronat et gouvernement étaient des gens de bonne compagnie avec lesquels
on peut s’asseoir autour de la même table. En le faisant vous les cautionnez.
Et d’agir puissamment.
LE PEN a donné un entretien au journal “
Le Monde ” du 19 avril. Extraits :
“ Prenez l’exemple des retraites : il
était prévisible depuis trente ans que notre système par répartition connaîtrait,
à un moment donné, le déséquilibre et la ruine. Les français ne travaillent pas
aussi longtemps que les Britanniques, les Allemand ou les Italiens ; ils
partent à la retraite trop tôt.
Que proposez –vous ?. Au lieu de décider
de porter la retraite à 60 ans, il fallait progressivement la reporter à 70 ans
pour ceux qui le désirent…Les avantages consentis aux fonctionnaires
apparaissent aux yeux de tout le monde comme une injustice, même s’il y a peut
être des fonctions, dans la police ou dans l’armée par exemple, qui peuvent
justifier des conditions différentes… ”
Sans commentaire
Tous les jours on peut
lire dans la presse, les profits que réalise telle ou telle entreprise. En une
semaine seulement nous avons relevé les bénéfices 2002 de 8 entreprises et 3
banques et assurances. Nous n’avons pas relevé les noms de celles qui ont déclaré
moins
de 50 millions d’Euros de bénéfices, la liste serait trop longue !
Rappelons aussi que le montant déclaré de bénéfices est nettement inférieur à
celui des bénéfices réels qui sont camouflés mais qu’il serait facile de
retrouver si le gouvernement le voulait.

banques ou assurances :
Total : 929 millions d’Euros ( 6
milliards 94 millions de F.)
8 entreprises
industrielles ou commerciales :
DASSAULT
: 312
‘’
‘’
CASINO
: 445
‘’
‘’
HERMES
:
215 ‘’
‘’
GALERIES LAFAYETTES: 84 ‘’
‘’
PERNOD – RICARD :
413 ‘’
‘’
BOLLORE
: 84 ‘’
‘’
St GOBAIN
: 1 milliard 134 ‘’ ‘’
Total : 2 milliards 798
millions d’Euros ( 18 milliards 354 millions de F.)
Total des bénéfices que nous
avons relevé pour ces 3 banques et Assurances et ces 8 entreprises :
3 milliards 727 millions
d’Euros ( 24 milliards 448 millions de F.).
Le
“ déficit ” 2002 de la Sécurité Sociale, annoncé par le
gouvernement n’est pas camouflé, au contraire il est surévalué. Il est de 3,3 milliards d’Euros.
Qu’attend le
gouvernement pour taxer plus fortement le grand patronat et le monde de la finance ?
Cela permettrait d’assurer largement le financement de la Sécurité Sociale
47ème
Congrés de la CGT
Des délégués disent ce qu’ils en pensent
Des membres de
“ COMMUNISTES ” militants de la CGT étaient délégués au 47ème
congrès.
Six d’entre
eux nous disent ce qu’ils pensent de ses travaux et de l’orientation que la CGT
a prise.
Comment avez-vous préparé ce congrès ?
A quelle finalité doit répondre la
CGT aujourd’hui ? Etre un instrument de lutte au service des salariés, un
outil d’émancipation du peuple ou, au contraire, un accompagnateur soi-disant
social ” de la politique du patronat et des gouvernements ? C’est
cela, la grande question.
Dans les quatre textes confédéraux
qui nous ont été remis pour préparer le congrès cette question était évacuée.
Ces quatre “ résolutions ” ne permettaient pas une approche globale,
une réflexion fondamentale sur les grands problèmes auxquels la CGT est
actuellement confrontée. Il faut souligner que pour la première fois depuis
la création de la CGT ce congrès et sa préparation se sont tenus sans document
d’orientation.
Pour notre part, nous avons fait le
nécessaire dans nos syndicats pour que la discussion ne soit pas
court-circuitée, pour qu’elle figure en bonne place avec les nombreux problèmes
qui assaillent les salariés. Nous savons que d’autres camarades ont fait la
même chose, dans de nombreuses sections syndicales.
Nous allons continuer à donner
les informations qui sont dissimulées, faire que la discussion ait lieu sur
toutes les grandes questions qui conditionnent l’avenir des salariés et de leur
organisation syndicale CGT.
Parlons maintenant du congrès lui-même
et du rapport de Bernard THIBAULT.
Beaucoup trop de syndiqués et de
délégués au congrès n’avaient pas eu
hélas, la possibilité d’être complètement, donc correctement, informés
de ce qui se passe dans la CGT. Cela s’est ressenti au congrès où la discussion
était organisée et orientée en permanence dans le sens où le souhaitaient les
dirigeants nationaux. On peut dire aussi qu’elle a été corsetée quand ils le
jugeaient nécessaire. Malgré cela on a pu entendre des interventions de
délégués qui condamnaient fortement les orientations prises par la CGT ces
dernières années. Un quart des délégués ont manifesté l’opposition de leurs
mandants en ne votant pas le rapport d’activité soumis au congrès.
La CGT restera-t-elle un
syndicat de lutte de classes (salariés contre patronat et gouvernements), ou
deviendra-t-elle un syndicat de collaboration de classes (syndicats, patronat
et gouvernement, tous ensemble pour collaborer )? B. THIBAULT n’a pas
évoqué cette question centrale dans son rapport.
Pourtant c’est l’avenir même de la
CGT qui est en jeu. Tout le reste découle de la réponse qu’on apporte à cette
question. L’analyse sur la politique du gouvernement est très courte :
“ les propositions qu’il fait ne nous permettent pas de déceler une prise
de conscience à la hauteur de la situation ”. On y lit encore le
soutien de la CGT à l’Europe capitaliste : “ Il faut que l’Europe
s’affirme pour porter les valeurs susceptibles de maîtriser la trajectoire du
monde ” et à un syndicalisme européen pourtant composé exclusivement de
syndicats de collaboration de classes. Un dirigeant de la CGT doit entrer le
mois prochain au secrétariat de la CES (Centrale Européenne des Syndicats).
Le rapport propose l’union des
organisations syndicales françaises, qu’il appelle “ le syndicalisme
rassemblé ”. Mais, là encore, la question centrale n’est pas posée. Union
des organisations syndicales : OUI si c’est pour lutter contre le patronat
et les gouvernements, NON si c’est pour collaborer avec eux ! NON si c’est
pour cautionner leur politique !
A
propos des salaires, des retraites, de la Sécurité Sociale, le rapport
préconise la poursuite des discussions. Jusqu’à quand , alors que le
contenu des réformes du
gouvernement est parfaitement connu.
Quelles sont vos impressions sur la discussion ?
“ C’était mon premier congrès, mais
j’ai été surpris d’entendre des délégués dire ne pas savoir ce qu’ils devaient
voter. Ce qui m’a marqué aussi, ce sont les coups de colère des militants dans
les commissions sur les résolutions, qui laissent à penser que le débat est
loin d’être achevé. Des arguments manquent, les finalités apparaissent
floues ”.
“ Autre aspect, la nécessité
de fédérer les actions que nous vivons dans le pays et les professions s’est
exprimée. L’unité prônée dans un premier temps comme une nécessité permanente,
a été ensuite qualifiée de moyen mais pas comme une obligation vu les
divergences d’appréciations avec les autres organisations syndicales ”.
“ Le représentant de la CES
(Centrale Européenne des
Syndicats) a proposé le remplacement des services publics par des services
d’intérêts généraux occultant les responsabilités des gouvernements européens
dans la casse des statuts et l’orientation des fonds publics vers les caisses
patronales ”.
“ Les revendications
confédérales restent souvent en dessous des besoins exprimés “ en
bas ”.
“ Le statut du travail salarié
qu’on nous a présenté comme une garantie pour les travailleurs est, au
contraire ”, une sorte de “ régulateur social ” prévu pour
préserver la “ paix sociale ”. C’est d’ailleurs la C.E.S qui est à
l’origine de cette proposition, c’est significatif ”.
“ La dénonciation de la
signature confédérale sur l’accord de l’épargne salariale a été demandée mais
pas débattue. Il y a eu un saucissonnage des résolutions, on n’a pas pu les
discuter dans leur cohérence.
“ Il y a eu refus de citer la réaffirmation
d’une taxation des profits et produits financiers. Quant au niveau de la
revendication confédérale en terme de salaire, il reste en dessous des besoins
exprimés par les travailleurs dans les luttes ”.
Finalement les grands problèmes ne
sont pas assez apparus dans la
discussion. Le large débat démocratique n’a pas eu lieu, il est pourtant
indispensable si nous voulons que la CGT se reprenne et reste ce syndicat de
lutte de classe dont les salariés ont besoin.
Après le 47ème congrès, comment voyez-vous l’avenir ?
Le congrès marque un nouveau pas
dans la dérive droitière de la direction de la CGT. Cela ne nous surprend pas
car nous avons pu mesurer depuis plusieurs mois que la dérive s’accentuait.
Mais ce qui est de loin l’essentiel, c’est que des milliers de responsables syndicaux à tous les niveaux, des
dizaines de milliers d’adhérents de la CGT, s’opposent de toutes leurs forces –
et elles sont grandes – à cette dérive. On a pu le voir pendant le congrès
lui – même où une forte résistance a réussi à se faire entendre pour défendre
les revendications des salariés.
Parlons à tous ceux là, à tous
ceux qui veulent lutter efficacement, à tous les travailleurs.
Nombreux sont les membres de la
CGT qui ressentent le besoin de conserver et de développer le syndicalisme de
classe. Avec des centaines de milliers de salariés qui luttent contre capital
nous voulons avec eux faire
grandir l’exigence d’un syndicalisme de classe. Son existence et son
renforcement dépendent du poids que pèseront les travailleurs.
Notre Comité National a édité un document.
Il donne notre opinion sur le
syndicalisme dont les travailleurs français ont besoin.
Nous souhaitons débattre avec
vous de cette question qui nous concerne tous.
Demandez- le à un militant de
votre entourage, ou à “ communistes ” 4 rue des Princes 92100
BOULOGNE. Vous pouvez en prendre connaissance sur notre site :
www.sitecommunistes.org
IRAK :
“ Faire progresser les intérêts américains ”
Collin POWEL
Ils ne se gênent pas.
“ L’IRAK, c’est
une courte bataille avant une longue guerre ” a déclaré à la presse
internationale le général Wesley CLARK. Cet homme n’est pas n’importe qui. De
1997 à 2000 il a été commandant suprême des forces “ alliées ” et il
a dirigé les forces de l’OTAN durant la campagne du KOSOVO. Un autre dirigeant
US très influent annonçait la couleur dans les mêmes termes : “ L’IRAK
n’est qu’une bataille dans une guerre plus large ”. Collin POWEL qui a
déclaré en février : “ Un succès en IRAK permettra de remodeler
fondamentalement cette région d’une manière qui fera progresser les intérêts
américains ”.
A peine SADDAM
HUSSEIN – qui n’était qu’un prétexte à l’agression US – a-t-il disparu de la
scène politique que les dirigeants américains réaffirment officiellement et
sans se gêner qu’ils veulent mettre la main sur toute la région d’ici peu de
temps. BUSH affirme
qu’ “ un nouveau régime en IRAK servira d’exemple
spectaculaire et impressionnant de la liberté ”. Un nouveau régime à
la solde des américains évidemment
WASHINGTON veut
installer dans tous les Etats de la région des régimes qui lui obéiront au
doigt et à l’œil. L’IRAN et la SYRIE sont les premiers visés suivis par
l’ARABIE SAOUDITE… et bien évidemment la PALESTINE. Les dirigeants US utiliseront désormais l’Irak comme base
de départ de leurs futures agressions dans tout le Moyen Orient pour ancrer la
domination américaine
Ils ont l’intention
d’aller vite et ils le disent ; c’est encore BUSH qui déclare :
“ Avec l’effort intensif de tous, la création d’une Palestine démocratique
et viable est possible en 2005 ”. En 2005 c’est à dire dans deux
ans !
Allié inconditionnel
des USA, ISRAEL participe activement à cette campagne car il sait qu’il pourra
bénéficier de la nouvelle situation que les dirigeants US veulent créer dans
toute la région. Les américains ont remis au gouvernement Israélien la somme de
12 milliards de dollars (12 milliards d’Euros) pour lui permettre de boucler
son budget en dédommagement des services rendus..
CHIRAC a pu donner
l’impression d’être opposé à tout cela. Il faut dire à la décharge de certains
qui auraient pu se laisser prendre à ce discours, que tous les médias ont claironné
que l’opposition CHIRAC – BUSH ou CHIRAC – BLAIR était profonde et que le
Président français défendait l’intérêt national. Il n’y a pas eu d’ailleurs que
les médias pour l’approuver et le soutenir ; les dirigeants du PS, du PCF,
des Verts, de la LCR etc…, des dirigeants syndicaux, des parlementaires
“ de gauche ”, chacun y est allé de son couplet : C’est bien, je
suis “ de gauche ” mais là, je dois reconnaître que CHIRAC
défend les intérêts des français
etc…etc…
Cette touchante
unanimité n’apporte rien de bon aux travailleurs. L’opposition CHIRAC – BUSH
est bien réelle, il n’est surtout pas question de le nier. Mais elle porte sur
quoi ? Tout simplement sur le fait que les dirigeants US veulent être les
maîtres au Moyen Orient comme ils
veulent l’être aussi dans le monde entier et que cela ne fait pas l’affaire des groupes économiques et
financiers “ européens ” qui veulent ce qu’ils estiment être leur
part du gâteau.
En IRAK, les
américains occupent le pays et vont installer leurs hommes à sa tête. Sous
couvert de l’ONU les “ européens ” voudraient pouvoir aussi
participer à la curée mais les dirigeants US ne sont pas disposés à leur faire
de la place. C’est une querelle de requins, entre grands groupes capitalistes
internationaux. Début Juin se tiendra à EVIAN le sommet du G8 où ils se
retrouveront tous ensemble, comme d’habitude. CHIRAC a téléphoné à BUSH, la
presse relève qu’ ils ont salué la bonne préparation en cours de ce G8.
C’est normal, n’oublions pas ce que CHIRAC déclarait pendant que les USA déversaient des tonnes de
bombes sur BAGDAD faisant des milliers de victimes : “ Il n’y a pas
de doute sur le fait que les américains sont nos alliés et nos amis…français et
américains sont dans la même barque…s’il peut y avoir dans cette embarcation
des soubresauts cela n’atteint pas l’essentiel ”.
Où est l’intérêt du
peuple français là dedans ?
La lutte contre
l’agression américaine a pris une grande ampleur . Partout dans le monde y
compris aux États-Unis, des millions de femmes et d’hommes luttent. Ils luttent
dans tous les pays arabes, en Inde au Pakistan, en Indonésie, en Afrique du
Sud.
Faisons encore plus
car la lutte pour la Paix prend une importance nouvelle pour arrêter les
agressions impérialistes.
PALESTINE
“ La guerre en
PALESTINE depuis le début de la guerre en IRAK est passée au second plan.
Pourtant elle continue, toujours plus, violente, oppressante et insidieuse. Et
les enfants, encore, payent un lourd tribu. De septembre 2001 à mars 2003, 424
enfants ont été tués, 9000 blessés, 1400 arrêtés, 150 écoles bombardées ou
attaquées…192 enfants ont été tués par l’armée israélienne en 2002. Seraient-ce
des “ dommages collatéraux ” ou de “ regrettables
incidents ” ?… La pauvreté et la dénutrition augmentent et des
1.700.000 enfants des territoires palestiniens, peu n’ont pas subi des
violations de leurs droits élémentaires.
Cette situation doit
être dénoncée inlassablement… Après une campagne pour la libération des enfants
palestiniens détenus par ISRAEL, nous soutenons aujourd’hui une campagne
initiée par des organisations israéliennes et palestiniennes (…) pour la
reconstruction de maisons détruites par l’armée israélienne. En violation de la
IVe convention de Genève, 2000
maisons ont été démolies et 35000 Palestiniens n’ont plus de toit. Plus de toit,
plus de foyer, plus de pays, et dans l’opacité actuelle de la région un prélude
à de nouveaux déracinements… Il faut être plus près des victimes, avec les
associations palestiniennes, en particulier la Bethleem Arab Society of
Rehabilitation, en soutenant les mères et les enfants victimes de violences ”.
Enfants du monde-droits de l’homme, 5 rue des Haudriettes 75003
Peris.
Tél : 01 42 72 71
78 :
site : http://www.emdh.org/;
E’mail : mailto:courrier@emdh.org
Au mois d’avril 2002,
l’armée israélienne avait encerclé et attaqué la ville de JENINE, l’occupant
totalement, puis, elle avait
carrément rasé à coups de bulldozers la majeure partie du camp de réfugiés.
L’armée israélienne avait fini par faire s’écrouler les maisons et leurs habitants,
faisant au moins soixante morts et des centaines de blessés que l’hôpital,
assiégé, ses ambulances bloquées, n’avait pu secourir. En dépit du refus du
gouvernement israélien de laisser une commission d’enquête opérer à Jénine,
l’ONU avait conclu à des “ crimes de guerre commis ” par l’armée israélienne.
Mais les officiers qui commandaient l’opération ont été eux, félicité et
couverts de médailles..
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