Journal N° 54 de juin
2005
SOMMAIRE
Déclaration du Bureau
National : BRAVO !
Référendum : le NON
des Pays-Bas
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Déclaration du Bureau National
![]()
Le 29 mai, en votant NON massivement, plus de 15
millions d’électrices et d’électeurs ont condamné sans appel la politique du
gouvernement français.
Ce NON
puissant a montré que la véritable opposition est bien entre le capitalisme et
le peuple. L’ampleur du NON est de loin la plus affirmée chez les ouvriers
et les employés, chez les jeunes, chez les chômeurs, chez celles et ceux qui
subissent le plus directement les
méfaits de cette politique.
Plus de 15
millions d’électeurs ont saisi l’occasion de ce référendum pour dire qu’ils ne
tolèrent plus une politique qui
permet aux groupes capitalistes d’engranger des profits records (plus 30% en
2004 !) pendant que les conditions de vie du peuple s’aggravent.
Plus de 15 millions de français ont
dit NON à l’Europe capitaliste qui se construit contre les peuples et dont les
objectifs sont connus : réduire le coût du travail, bloquer les
salaires, délocaliser, accroître le chômage, liquider les droits sociaux…
15
millions de NON sont une force considérable dont les travailleurs ont le plus
grand besoin pour repousser les
attaques du gouvernement français et des dirigeants de l’Europe capitaliste et
pour imposer leurs
revendications : augmentation des salaires, retraites et indemnités,
création d’emplois, élargissement des droits sociaux … Ce NON massif c’est une
force considérable pour développer une intervention populaire plus forte, plus
large qui permettra d’y parvenir.
Car non
seulement il faut faire grandir l’action revendicative mais il faut aussi une
intervention populaire politique pour balayer la droite et l’extrême droite de Le Pen.
Intervention politique indispensable aussi pour
écarter toutes les manœuvres politiciennes développées par tous ces marchands d’illusions qui sont en
train de se regrouper à gauche,
PS, Verts, PCF, LCR etc…,pour revenir au
pouvoir en 2007 faire la même politique en France et poursuivre la construction
de l’Europe capitaliste.
Les travailleurs ne doivent
compter que sur leur action, sur la force irrésistible qu’ils représentent
quand ils luttent tous ensemble contre le capital. Forts de ces millions de
NON, ils pourront poursuivre leur
combat dans de meilleures conditions.
COMMUNISTES est avec eux.
Le 30 mai 2005
79% des
ouvriers, 67% des employés, 71,2% des chômeurs, 66% des personnes dont les
revenus mensuels nets par foyer sont inférieurs à 2000 Euros… , la très
grande majorité du NON au référendum c’est le NON des couches populaires durement
frappées par la politique actuelle.
La France du chômage et la France du NON
se recoupent. Les
chiffres officiels, fortement minorés, annoncent un chômage de 24%, en
augmentation de 3,6% depuis un an chez les moins de 25%. Les jeunes sont les
plus exposés au chômage, les 18 – 20 ans, les 21 – 24 ans et les 25 – 29
ans ont voté NON à 62%.
Tous
les sondages le confirment : Alors que 70% de l’électorat populaire du
NON jugent que « la situation sociale est en voie de détérioration »,
62% de ceux qui ont voté OUI
pensent le contraire. Cela se vérifie partout. Dans les quartiers bourgeois de Lille
– Centre et dans
la banlieue résidentielle le OUI est majoritaire avec près de 65%. Dans les
quartiers populaires de la ville et de la périphérie c’est tout le
contraire : 68,6% de NON à Lille – Sud, 65% à Hellemmes. Dans les villes ouvrières
sinistrées du Nord – Pas de Calais, frappées de plein fouet par la
désindustrialisation, le chômage, les bas salaires et de graves difficultés
sociales, le vote NON atteint des sommets : 76% à Denain, 83% à Waziers, 79% à Liévin, 70% à Lens. A Boulogne sur Mer où est élu Jack Lang cet apôtre du
OUI, le NON atteint 65% !
A
Marseille, là
comme ailleurs plus la vie et le statut des salariés est précaire et plus le
vote NON est important. Dans le 3ème arrondissement près de 40% de
demandeurs d’emploi sont recensés et
dans ce secteur sinistré le NON atteint 74,5% pour une moyenne
marseillaise de 61%. Dans les quartiers Nord comme le 15ème qui
compte aussi 40% de chômeurs, on vote NON à 78%. A la Castellane, quartier où a
grandi Zinédine Zidane et où le chômage sévit lourdement on compte 82% de
NON !
Paris a été le département ayant battu
le record du OUI (66,5%). Les couches populaires, déjà très peu nombreuses,
sont repoussées de plus en plus loin en région Ile de France. Le prix à l’achat
des logements a progressé en moyenne de 30% par an. C’est dire si Paris est
devenu la ville bourgeoise par excellence. Les résultats électoraux le
confirment, la ville a voté OUI à 66,5% avec des résultats records dans les
beaux quartiers de l’Ouest et ceux rénovés (à quel prix) du centre. 80% dans
le16ème, 80,5% dans le 7ème, 79% dans le 8ème, de 71, 5%
à 79% dans les quartiers du centre. Restent quelques îlots du 18ème,
19ème, 20ème où le vote NON se maintient encore. Ajoutons
que le maire Delanoé, étoile montante du PS et ardent partisan du OUI est en
phase avec cette population bourgeoise. D’ici à ce qu’elle le réélise…
Mêmes
remarques en Ile de France. Sarkozy capitalise 82,6% de OUI à Neuilly, mais à Gennevilliers, ville ouvrière qui cumule les
difficultés, on vote NON à 68%. Versailles vote OUI à 69% mais Trappes ville voisine vote NON à
67% ! Bobigny et Drancy dépassent les 72% de NON… Dernier exemple, celui
de Sarcelles ou
D. Strauss – Kahn défenseur du OUI est député maire : 67% de NON.
Nul
n’est prophète en son pays
Plus de 15 millions d’électeurs
ont saisi l’occasion de ce référendum pour dire qu’ils ne tolèrent plus une
politique qui permet aux groupes
capitalistes d’engranger des profits records (+ 30% en 2004) pendant que les
conditions de vie du peuple s’aggravent.
Plus de 15
millions de français ont dit NON à l’Europe capitaliste qui se construit contre
les peuples et dont les objectifs sont connus : réduire le coût du
travail, bloquer les salaires, délocaliser, accroître le chômage, liquider les
droits sociaux…
Ils ont
dit assez ! à ceux qui gouvernent, aux chantres de l’Europe capitaliste.
Ils
n’ont pas suivi les « conseils » prodigués à la fois par le
gouvernement, la droite et le PS qui leur demandaient de se prononcer en ne tenant
pas compte de la situation sociale en France car ce n’était, paraît-il pas le
moment comme si ce qui se passe en France n’avait rien à voir avec Bruxelles!
Tous,
politiciens de gauche comme de droite, auraient bien aimé enfermer la
discussion sur ce qu’ils appellent « l’avenir de l’Europe ». Une
discussion entre proeuropéens de droite contre proeuropéens de gauche mais tous
proeuropéens bien entendu.
Ça ne
s’est pas passé comme ils l’avaient souhaité.
15
millions de NON sont une force considérable dont les travailleurs ont le plus grand besoin
pour repousser les attaques du gouvernement français et des dirigeants de
l’Europe capitaliste, pour imposer leurs revendications : augmentation des salaires, retraites et
indemnités, créations d’emplois, élargissement des droits sociaux… Ce NON
massif c’est une force considérable pour développer une intervention populaire
plus forte qui nous permettra d’avancer.
Il y a à peine dix jours que le
NON l’a emporté et déjà les manœuvres politiciennes se multiplient à gauche. C’est à qui jouera le rôle principal, de Fabius, DSK,
Jospin, etc… Des
seconds plans aux ambitions plus limitées, comme M. G. Buffet, Bové, Besancennot… manoeuvrent
A
quoi rêve tout ce monde ? Certainement pas à engager une grande action
nationale qui obligerait le patronat et son gouvernement à reculer. 15 millions
d’électeurs du NON et combien d’autres qui viendraient avec eux, c’est une
force irrésistible. Si on les appelle à l’action.
Au
lieu de cela tous ces politiciens ont l’œil rivé sur 2007. Composer de bric et
de broc une majorité qui assure l’alternance au gouvernement actuel, voilà leur
objectif N° 1. Au PS, Hollande, Fabius et les autres vont tenir un congrès
« de clarification », parions qu’ils se réconcilieront, après tout ce
n’était pas si grave ! Au PCF, M.G. Buffet dit « la gauche dans sa
diversité est capable de se rassembler face à la droite » ; se
rassembler pour faire quoi ? Silence radio. Tous
y vont de leur couplet sur l’Union pour 2007 mais pas un seul ne dit sur quel
programme !
L’heure n’est pas à attendre 2007.
Les multinationales ne perdent pas de temps, elles disent elles-mêmes que c’est
dès maintenant qu’elles vont avec leur gouvernement accélérer la mise en œuvre
de leurs objectifs. Où en serons-nous en 2007 si nous les laissons faire ?
PS, Verts, PCF, ATTAC, LCR etc….
Pas question de leur faire confiance. Si ces gens-là (dont d’ailleurs au moins
40% auront voté OUI au référendum) reviennent en 2007, qui croit sérieusement
que la situation du peuple s’améliorera ? On les a déjà vus à l’œuvre, on
ne va pas prendre les mêmes et recommencer!
Aujourd’hui comme hier, seule la lutte peut donner
des résultats mais aujourd’hui elle dispose d’un atout supplémentaire et quel atout, 15 millions de NON.
L’heure
est à développer les luttes pour faire reculer le gouvernement et le patronat,
pour les revendications. Chaque conquête des salariés des peuples (1936 – 1945-
1968) a toujours été le résultat d’une lutte résolue, sans concession. Le
capitalisme ne recule que contraint et forcé.
L’heure est à faire
grandir la lutte anticapitaliste, pour un changement de politique et de
société.
Dans ce combat
vous pouvez compter sur
« COMMUNISTES »
VILLEPIN :
On accélère
D’entrée
de jeu il a annoncé la couleur : « il faut en finir avec nos
immobilismes, avec nos frilosités » ce qui signifie blocage des salaires, contrôle
renforcé des chômeurs, « nettoyage » du code du travail, attaque
contre la Sécurité Sociale etc…Et il a ajouté au cas où on n’aurait pas
compris : « Dès maintenant il faut prendre acte du fait qu’il n’y a
pas de place pour les largesses, pour les dépenses budgétaires ou fiscales
supplémentaires.
Ce
programme est exactement celui du MEDEF
que Seillière avait rappelé dès le lendemain du référendum : « Le
MEDEF demande à ceux qui nous gouvernent d’engager sans délai la modernisation
exigée par les entreprises de notre pays. Seule la mise en œuvre immédiate et
accélérée d’un programme de réformes peut éviter que ne se dégrade le système
français ».
Les
travailleurs ne doivent compter que sur leur action. Ils la poursuivront forts
des 15 millions de NON.
Le NON des Pays-Bas
Trois
jours après la France, le peuple Hollandais a dit NON à 61,8%. Il a dit NON
d’abord à la politique antisociale du gouvernement. NON au chômage, aux délocalisations,
au démantèlement de leur système de protection sociale, aux fermetures
d’écoles… Il a dit NON à cette Europe qui se fait contre les peuples.
En
Hollande comme en France, ce sont les quartiers populaires, les salariés qui
ont voté NON
DANGER LE PEN !
Une
fois de plus Le Pen et le Front National ont trompé une partie de l’électorat
populaire. Il a développé comme
d’habitude sa démagogie chez ceux qui subissent le plus durement les méfaits de
la politique du gouvernement et du patronat, et ne voient pas comment s’en
sortir.
Nombre
d’entre eux ne font plus
confiance, certains depuis longtemps, au PCF qui fut jadis leur défenseur
naturel mais qui est devenu un parti réformiste définitivement éloigné des
travailleurs et du peuple. Ils font encore moins confiance au PS, aux Verts, à
tous ces marchands d’illusion qui recherchent en permanence l’entente avec le
patronat et toute la haute finance économique qui dirigent le pays. C’est
dire à quel point cet électorat peut être sensible à la démagogie sociale d’un
Le Pen, à ses propos nationalistes.
Le Pen
contre l’Europe ? Certainement pas pour défendre les travailleurs, au
contraire. Dans une interview au
journal « Le Figaro » il donne ses raisons : « les hommes
politiques n’ayant pas le courage d’entreprendre les réformes nécessaires ils
ont espéré que l’Europe les ferait à leur place, quitte à les lui
reprocher ». Ce qui
signifie : « si j’étais chef du gouvernement, je n’attendrais pas
l’Europe pour serrer la vis ».
« Il
faut donner à la France un grand élan réformateur » annonce – t-il dans
une autre interview au même journal. Voyons ce qui se cache derrière ces grands
mots :
« Les
Français ne travaillent pas assez, pas
aussi longtemps que les Britanniques, allemands ou italiens. Ils partent
en retraite trop tôt, il faut la porter progressivement à 70 ans (il ajoute quand même: pour ceux qui le
désirent).
« Les
avantages consentis aux fonctionnaires apparaissent à tout le monde comme une
injustice ( à part la police et
l’armée ajoute-t-il).
« Le FN allègerait les charges fiscales et
sociales des entreprises… » et
propose une diminution sur cinq ans de l’impôt sur le revenu, l’écrêtement
progressif des taux les plus élevés jusqu’à l’extinction du barème ». Il
propose aussi la réduction de l’impôt sur les bénéfices avec un taux ramené à
10%.
Est-ce
avec un tel programme qu’on défend les revendications populaires ? Ne vous y trompez pas. Il ment sans vergogne. Il ne
défend pas les travailleurs et la nation. Il les livre comme il a toujours fait
au capital. Il a été créé pour ça. Aujourd’hui lui aussi manœuvre pour
récupérer les voix populaires en 2007.
LUTTES
Le 1er
juin à la SNCF, les cheminots ont fait une grève nationale pour l’emploi les salaires
et la défense du Service Public. Grèves particulièrement suivies à Bordeaux,
Toulouse, Marseille, Montpellier, Ile de France…
Le 25 mai, plus de 700 agents
de l’Equipement de la région Bretagne, se sont rassemblés à Rennes pour combattre
la décentralisation, la régionalisation des services de l’Etat et les
réorganisations. Ils ont manifesté
dans Rennes et envahi le parlement breton. Face à la non réponse du Préfet de
Région, une suite est d’ors et déjà envisagée.
Le 9 juin :au moment où nous
mettons sous presse, à l’appel de 8 fédérations CGT (la Chimie, la Métallurgie,
les PTT, l’Energie, les travailleurs de l’Etat…), les travailleurs font une
journée d’action et de manifestations, pour la défense de nos industries, les
salaires…(nous rendrons compte de cette journée sur notre site).
Le patronat
organise et profite du chômage
Les entreprises
françaises investissent massivement à l’étranger, non pas pour produire ce dont
ces peuples ont besoin mais tout simplement pour les exploiter et réimporter
les productions. Deux exemples :
*le textile. Après avoir
délocalisé dans les pays du Maghreb, les usines sont parties en Chine où les
investissements étrangers représentent de 32 à 62% de l’investissement, suivant
les articles.
*l’automobile. Peugeot Citroën et
Renault viennent de commercialiser deux modèles fabriqués soit en Slovaquie,
soit en Roumanie et réimportés en France en totalité ou en partie.. 2004 a vu
l’explosion des profits, résultat de cette politique de délocalisation avec dans
le même temps le développement du chômage et le chantage sur les
salaires : « acceptez la baisse de vos salaires ou c’est la
délocalisation ».
Les gouvernants de
droite ou de gauche ne prennent aucune mesure pour s’opposer à cette politique.
Au contraire, ils l’accompagnent. Inutile de compter sur eux. Le patronat ne
connaît qu’une limite à sa voracité : celle qui lui impose la lutte des
salariés et du peuple.
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