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16-11-2004

OGM : ET SI L’ON PARLAIT

DES VRAIS PROBLEMES

 

Avec José Bové à leur tête, ce que l’on appelle les faucheurs « anti OGM » (OGM : organisme génétiquement modifié) s’en donnent à cœur joie dans l’arrachage de cultures expérimentales. Avec le soutien des médias et de nombreuses forces politiques (PS, PCF, Verts, ATTAC), ils prétendent empêcher les cultures issues de ces plans d’OGM. Généralement, les tribunaux condamnent sévèrement et avec une célérité inhabituelle pour la justice, les militants syndicaux qui s’opposent aux coups du patronat et du pouvoir. Par contre, en acceptant le principe de la responsabilité collective pour les « faucheurs d’OGM », ces mêmes tribunaux font preuve d’une toute autre attitude.

 

Pourquoi cela ? Quel est l’enjeu réel du débat ?

 

Tout d’abord, il nous faut en quelques mots simples expliquer ce que sont les OGM et leurs applications. On appelle OGM toute espèce vivante, végétale ou animale dont on a modifié le patrimoine génétique en introduisant des gènes issus d’autres espèces voisines ou non. Ce qui est attendu de tout cela c’est l’apparition de nouvelles propriétés dans l’espèce modifiée. Ces propriétés peuvent être la résistance spécifique à des parasites, la capacité à fixer l’azote de l’air pour nourrir la plante (ce qui peut éviter le recours massif aux engrais), la capacité de produire des vitamines particulières. Cela peut aussi être pour des bactéries la possibilité de produire des molécules particulières dans des conditions de sécurité très grande. Par exemple l’Insuline que s’injectent les diabétiques est aujourd’hui en grande partie produite par des bactéries OGM.

 

Dans le monde, des dizaines de millions d’hectares sont semés de plantes dites OGM, en Amérique, en Asie, en Afrique, surtout du maïs, du colza mais aussi de beaucoup d’autres espèces. On le voit, il ne s’agit pas de détail, d’autant moins que chaque jour l’humanité se réveille avec six milliards de têtes à nourrir. Alors pourquoi ce battage ? Nous refusons d’abord de nous placer sur le terrain anti ou pro OGM. La question en effet n’est pas de répondre oui ou non aux OGM, elle est de savoir quels sont leurs avantages et/ou leurs inconvénients et quelles sont leurs conditions d’utilisation.

 

Les adversaires des OGM restent très discrets sur les armes bactériologiques, nucléaires et chimiques pourtant parfaitement dangereuses pour l’humanité. Ils ne protestent pas à propos de la privatisation d’AREVA (le groupe qui maîtrise l’ensemble du nucléaire de l’extraction de l’uranium au retraitement des déchets) malgré les enjeux essentiels en terme d’approvisionnement, de sécurité et d’environnement d’un tel groupe et alors que le caractère public représente une garantie de sécurité plus grande

 

Par contre ces adversaires des OGM, nous disent que ces plantes sont dangereuses pour la nature et pour les êtres humains. Ces affirmations ne sont confirmées par aucun fait significatif. Si les agriculteurs les adoptent c’est qu’ils y trouvent un bénéfice en particulier en terme de rendement et de sécurité des récoltes.  Pour l’homme la consommation ne représente aucun danger dans la mesure ou ces plantes ne produisent pas de molécules spécifiques qui seraient des poisons. Notons que certaines plantes naturelles sont, elles, dangereuses car elles produisent des poisons ! L’autre argument des adversaires des OGM est lui plus politique : les agriculteurs sont soumis à la dictature des grandes firmes capitalistes qui produisent les OGM. Tout à fait, mais ce qu’ils oublient de dire c’est que pratiquement toutes les semences, OGM ou non, sont produites par des grandes firmes agroalimentaires privées et que les rapports de production sont dans ce domaine comme dans d’autres dominés par le capitalisme.

 

A ce stade nous sommes au cœur du vrai débat. Faut-il au nom de la lutte contre les firmes agroalimentaires préconiser une agriculture qui se coupe des apports du progrès scientifique et technique ? C’est ce que préconisent José Bové et ses amis politiques. Faut-il au contraire une agriculture qui intègre le progrès scientifique et technique mais prive les capitalistes de leur domination ? C’est-à-dire une agriculture qui fasse en sorte que ce soit les besoins humains et non le profit qui soit  au cœur du processus de développement.

 

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