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02-11-2004

France : la pauvreté grandit,

les profits patronaux explosent

 

 

Expulsion des locataires, surendettement, minima sociaux, tous les indicateurs officiels permettant de mesurer la pauvreté sont à la hausse.

 

Des chiffres accablants :

*En 2004, d’après les chiffres officiels, le chômage touche 8% de la population active. Il est en hausse permanente tandis que les chômeurs voient réduire leurs droits et leurs ressources.

*En 2001, 3.500.000 personnes dont un million d’enfants vivaient sous le seuil de pauvreté. De 2002 à 2004 ce chiffre a progressé de 8% (soit 3.800.000 personnes) selon les critères fixés par l ‘INSEE en France. Si l’on retenait les critères européens, plus de 7 millions de personnes seraient considérées comme pauvres.

*En 2004, le surendettement des familles est en hausse. 71.000 dossiers déposés contre 58.000 un an avant (+22%). Ce surendettement a pour cause les difficultés sociales, économiques, familiales, d’une frange croissante de la population.

*La spéculation foncière fait flamber les prix des loyers et du logement à l’achat. L’insuffisance criante de logements sociaux fait que 1.330.000 demandes ne sont pas satisfaites. A Paris, 50.000 familles victimes bien souvent des marchands de sommeil, sont logées dans des logements insalubres présentant des risques de saturnisme. En 2003 en France, 9.717 ménages ont été expulsés. Leur chiffre a augmenté de 123% en cinq ans.

*Depuis des années, quel que soit le gouvernement, apparaît une nouvelle catégorie de salariés : les travailleurs pauvres, gagnant environ 420 Euros (4.757 f) par mois. Ils sont un million de précaires, petits boulots, saisonniers, parfois SDF.

 

Arrêtons les exemples. Ils sont accablants pour la société capitaliste incapable de satisfaire les besoins des peuples des pays dits « riches », à plus forte raison ceux des pays qualifiés de pauvres dont ils exploitent les richesses naturelles et les populations, dont ils poussent une partie à l’immigration..

Conséquence de la disparition de l’URSS et du mouvement révolutionnaire dans le monde, le capitalisme ne dissimule plus ses tares. Il s’en sert même pour justifier toujours plus de précarité, toujours moins de droits pour les salariés, bref une vie entière du berceau au cimetière consacrée à enrichir le capital...

C’est le sens de la politique suivie depuis vingt ans en France et que le rapport Camdessus veut pousser plus loin.

 

Dans le même temps une campagne de culpabilisation se met en place :

-Si la Sécurité Sociale est en déficit c’est parce que les français boivent, fument…voire consomment trop de médicament !

-Si les caisses de retraites ne vont plus pouvoir payer, c’est parce que les salariés ne travaillent pas assez longtemps.

-Si les patrons installent leurs entreprises dans les pays à bas coût de main  d’œuvre, c’est parce que les salariés français coûtent trop cher. Il leur faut donc accepter de travailler plus avec à la clé la baisse de leur salaire direct et indirect.

Comme l’Etat ne peut pas faire des cadeaux fiscaux au patronat et en même temps apporter des solutions aux questions de pauvreté, c’est en permanence l’appel à la charité des moins démunis vers les plus pauvres.

 

Des principes vidés de leurs contenus.

A entendre l’ensemble des forces politiques, la France serait un des rares pays au monde qui respecterait  démocratie et liberté. Curieuse conception de ces droits :

*le patronat a le droit de licencier, le salarié celui de devenir chômeur.

*Le droit au logement, à la santé voire à la vie familiale est mis en cause.

*Lorsque les travailleurs manifestent, forme démocratique s’il en est, ils s’entendent répondre : ce n’est pas la rue qui gouverne.

*Que les électeurs votent à droite ou à gauche c’est toujours la même politique au service du capital qui est mise en œuvre. En clair : vote ou abstiens-toi mais tais-toi et laisse nous faire.

C’est cette politique qui permet l’explosion des profits.

 

2004 : les profits explosent

Dans tous les commentaires dont nous sommes abreuvés par le patronat, les politiques, les journalistes et autres experts, un mot est absent de leur vocabulaire, le mot profit.

Il faut être aveugle ou refuser de le voir puisqu’il s’étale en grand dans les journaux sous forme de placards publicitaires.

Nous avons publié dans le N°47 de notre journal « COMMUNISTES » les profits des quatre compagnies pétrolières pour les six premiers mois de 2004. Ajoutons deux autres exemples :

 

*BOUYGUES, décide de distribuer un dividende exceptionnel par action de cinq euros. Coût : 1,700 milliards d’euros.

*UNIBAIL (société de crédit immobilier) : distribution d’un dividende exceptionnel par action. Coût : 1,005 milliard d’euros.

Ces profits ne tombent pas du ciel. Ils sont le résultat des richesses crées par les salariés et confisquées par le capital à son seul profit.

En 20 ans en France, la part des profits dans les richesses produites a augmenté de 8% pendant que les salaires reculaient de 8%. Et ça continue.

 

Avec ces énormes profits, ces fortunes colossales, les moyens financiers existent pour payer les retraites, assurer le droit à la santé pour tous, à l’éducation, construire des logements sociaux en nombre suffisant. On peut investir dans l’industrie, le développement économique de la France, la recherche et faire reculer le chômage. On peut augmenter les salaires, améliorer la qualité de la vie.

Pour cela il faut avoir la volonté politique de le faire en s’attaquant au capital, à ses privilèges.

Seule l’action, l’action clairement anticapitaliste peut le faire reculer.

Seule l’action, l’intervention des travailleurs, permettront de s’en sortir, d’imposer une politique au service du peuple.

 

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