|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Retour ACCUEIL |
|
2004
EXTRAITS DU PROGRAMME DU
CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE (CNR)
|
Née de la volonté ardente des Français de refuser
la défaite, la Résistance n'a pas d'autre raison d'être que la lutte
quotidienne intensifiée. Cette
mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n'est, en
effet, qu'en regroupant toutes ses forces autour des aspirations
quasi-unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et
social et redonnera au monde l'image de sa grandeur et la preuve de son unité. Ainsi,
les représentants des organisations de Résistance, des centrales syndicales
et des partis ou tendances politiques groupés au sein du Conseil National de
la Résistance, délibérant en Assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé
de s'unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d'action
immédiate contre l'oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la
libération du territoire, un ordre social plus juste. Mesures à appliquer dès
la libération du territoire Unis
quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour
atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire, les représentants
des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein
du C.N.R., proclament qu'ils sont décidés à rester unis après la Libération : 1)
Afin d'établir le gouvernement provisoire de la République formé par le général
de Gaulle pour défendre l'indépendance politique et économique de la Nation,
rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission
universelle; 2)
Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l'éviction dans le domaine de
l'administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé
avec l'ennemi ou qui seront associés activement à la politique des
gouvernements de collaboration; 3)
Afin d'exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de
marché noir, l'établissement d'un impôt progressif sur les bénéfices de
guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et
de la Nation pendant la période d'occupation, ainsi que la confiscation de
tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis
l'armistice par le gouvernement de l'Axe et par leurs ressortissants, dans
les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de
ces participations en patrimoine national inaliénable; 4)
Afin d'assurer : - le
rétablissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple
français par le rétablissement du suffrage universel; - la
pleine liberté de pensée, de conscience et d'expression; - la
liberté e la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'Etat, des
puissances de l'argent et des influences étrangères; - la
liberté d'association, de réunion et de manifestation; l'inviolabilité
du domicile et le secret de la correspondance; - le
respect de la personne humaine - l'égalité
absolue de tous les citoyens devant la loi. 5)
Afin de promouvoir les réformes indispensables : a)
Sur le plan économique : -
l'instauration d'une véritable démocratie économique et sociale, impliquant
l'éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction
de l'économie; - une
organisation rationnelle de l'économie assurant la subordination des intérêts
particuliers à l'intérêt général et affranchie de la dictature
professionnelle instaurée à l'image des Etats fascistes; -
l'intensification de la production nationale selon les lignes d'un plan arrêté
par l'Etat après consultation des représentants de tous les éléments de cette
production; - le
retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du
travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des
compagnies d'assurance et des grandes banques; - le
développement et le soutien des coopératives de production, d'achats et de
ventes, agricoles et artisanales; - le
droit d'accès, dans le cadre de l'entreprise, aux fonctions de direction et
d'administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires,
et la participation des travailleurs à la direction de l'économie. b)
Sur le plan social : - le
droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et
l'aménagement du régime contractuel du travail; - un
rajustement important des salaires et la garanti d'un niveau de salaire et de
traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la
dignité et la possibilité d'une vie pleinement humaine; - la
garantie du pouvoir d'achat national par une politique tendant à la stabilité
de la monnaie; - la
reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d'un syndicalisme indépendant,
doté de larges pouvoirs dans l'organisation de la vie économique et sociale; - un
plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des
moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le
procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés
et de l'Etat; - la
sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage et de
licenciement, le rétablissement des délégués d'atelier; - l'élévation
et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une
politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l'expérience
de l'Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés
agricoles les mêmes droits qu'aux salariés de l'industrie, par un système
d'assurance contre les calamités agricoles, par l'établissement d'un juste
statut du fermage et du métayage, par des facilités d'accession à la propriété
pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d'un plan
quinquennal rural; - une
retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours; - le
dédommagement des sinistrés et allocations et pensions pour les victimes de
la terreur fasciste. c)
Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations
indigènes et coloniales. d) La
possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de
l'instruction et d'accéder à la culture la plus développée, quelle que soit
la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus
hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui en auront les capacités
requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non
de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports
populaires. ________________________________________________________________ Ainsi
sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction
instaurée par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et
populaires l'efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de
corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue
possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus
du peuple la continuité de l'action gouvernementale. L'union
des représentants de la Résistance pour l'action dans le présent et dans
l'avenir, dans l'intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français
un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout
esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourrait freiner leur
action et ne servir que l'ennemi. En
avant donc, dans l'union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N.
et de son président le général de Gaulle ! En avant pour le combat, en avant pour la
victoire afin que VIVE LA FRANCE !
http://www.sitecommunistes.org |