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COMMUNISTES |
N°383 Semaine du 22 au 28 décembre
2014
21 décembre 2014
Rapport introductif au bureau national
du 17 décembre 2014
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C’est notre premier bureau national
depuis le congrès, chacun donnera son avis sur le contenu des débats. Il
s’agit de franchir un nouveau palier pour que Communistes soit encore plus
présent dans la vie politique nationale. Le congrès a fixé des objectifs :
nous renforcer là où nous sommes,
créer Communistes dans les départements où nous sommes absents. Les semaines et les mois qui viennent vont connaître une activité
politique intense, nous devons dès maintenant nous organiser pour y
participer pleinement Les possibilités de développement de Communistes sont
énormes parce que nous sommes le seul parti politique à proposer la seule
alternative politique, abattre le
capitalisme, construire le socialisme. Force est de constater que personne, à
part nous, ne parle d'abattre le capitalisme et encore moins de construire le
socialisme. Tous les partis ne parlent « d'alternative » que dans le
cadre du système actuel, tous ont remisé au rang de l'histoire la question
d'une société socialiste débarrassée du capital dirigée par le peuple. Nous
avons beaucoup à dire sur cette question parce que plus le capitalisme est en
crise, plus il est confronté aux
résistances des peuples, plus il est dangereux. Les idées révolutionnaires ne sont
pas majoritaires mais notre présence est appréciée, nos explications
commencent à être entendues, et en tout cas, ne sont plus ignorées. Il y a
donc la place pour que notre parti se développe et se renforce parce que la situation l'exige. Le congrès a mis l'accent sur la
situation économique et sociale, les graves
conséquences qu'implique la politique du capital dans la course au profit
qu'il engage partout, dans tous les
domaines, en France, en Europe et dans le monde. En France, tout va très
vite, de nouvelles mesures sont annoncées pratiquement tous les jours. Hier c'était la loi Macron qui comporte 154 mesures différentes mais
dont le fond c'est la poursuite de la casse des acquis, la destruction des
droits. Pour masquer tout cela, la propagande tente de nous faire croire que
le centre de la loi ne concerne que le travail du dimanche. Nous reviendrons bien sûr autant que
possible sur le sujet, la loi doit être présentée en janvier. Il n'y a pas de limite, loi Macron avec son lot de mesures contre les
travailleurs et maintenant une nouvelle attaque sur les droits à la retraite.
La Cour des Comptes préconise de reculer l'âge d'accès à la retraite à 64 ans
ou augmenter les cotisations ou diminuer les pensions. Ce sont également les nouvelles mesures contre
l'école, la remise en cause des ZEP, tout cela vient s'ajouter aux mesures
déjà prises, on assiste à un véritable détricotage de la société au nom exclusif
du profit capitaliste. « Il faut libérer le travail », il faut « donner aux
salariés la liberté de travailler le week-end et plus tard si ils le désirent
». C'est au nom de la liberté que les droits sociaux sont attaqués. On voit
bien que le code du travail est un obstacle à l'exploitation
capitaliste, le vider de son contenu
c'est l'objectif poursuivi par la loi Macron. Tout s'accélère, on connaît les
conséquences de cette politique, salaires en baisse, chômage, précarité,
pauvreté qui s'aggravent etc. La casse de l'industrie se poursuit (Peugeot – Alstom). 59 700 postes ont été supprimés dans
le secteur marchand en un an, mais tous les secteurs ont connu des
suppressions massives d'emplois : construction -36 800 postes, industrie
: 38 100 postes, tertiaire marchand : 28 700 postes, l'emploi
intérimaire a diminué de 28 000 postes. La production industrielle a reculé de 0,8 % en un an. Tout cela vise à
engranger des profits supplémentaires, un seul chiffre : 1 190 milliards de
dollars de dividendes ont été distribués aux actionnaires des principales
multinationales mondiales, c'est 133 milliards de plus en un an (chiffres
2013 – journal Les Echos de novembre). Cela vaut pour la France, l'Europe et le monde, la concurrence
internationale entraîne des guerres partout, sur tous les continents. Le capital est prêt à tout pour s'accaparer les richesses de la
planète, il veut exploiter partout pour son profit. Cette concurrence entre les puissances capitalistes a des conséquences
terribles pour les peuples et représente un danger chaque jour plus grand
d'un conflit généralisé. De plus en plus de pays sont en proie au chaos
organisé, nous l'avons encore vu hier en Afghanistan avec ce massacre
d'enfants dans une école. C'est dans ce contexte que nous devons développer notre politique, les
autres partis ne proposent rien d'autre que d'aménager le capitalisme sans
changer la politique actuelle du gouvernement. Ils accompagnent ou appliquent
chacun à leur manière la politique des multinationales. Le journal l'Humanité a consacré quatre pages entières sous le titre «
la confrontation » à un débat entre Pierre Gattaz président du Medef et
Pierre Laurent secrétaire national du parti communiste français. Ces quatre
pages ont été entièrement consacrées à expliquer comment aménager le capital,
Gattaz demandant de laisser les
entreprises faire leur travail et dénonçant la dette publique qui met "
l'entreprise à contribution " (sous-entendu il faut poursuivre la
privatisation des services et des entreprises publiques). Il faut poursuivre
la "baisse du coût du travail". Pierre Laurent déplorant le coût du
capital qui augmente trop, et demandant de son côté une meilleure répartition
des richesses sans jamais remettre en cause le capital lui-même, sans jamais aborder on s'en doutait, la
question de la propriété des moyens de production et d'échange. Voilà qui éclaire, ou en tout cas
qui rend de plus en plus claire "l'alternative" politique que
développe la « gauche » aujourd'hui. Cette politique, (proposée par le front
de gauche), peut encore nourrir des illusions, à nous de démontrer l'impasse
dans laquelle elle mène. Nous sommes mieux écoutés et mieux
entendus puisque nous réalisons des adhésions, elles ont un contenu très
politique. L'exemple des Côtes-d'Armor, du Calvados,
de Jussieu, les adhésions réalisées
dans le Doubs en sont la démonstration. Nous l'avons déjà dit le chemin est long et difficile mais nous sommes
dans une dynamique de progrès. Rappelons que nous sommes dans le processus de
rapprochement entre Communistes et l’URCF. On sait la promotion dont bénéficie Le FN de la part de la propagande
capitaliste, il est plus que jamais le troisième fer au feu du capital.
Répétons-le à tout moment en dénonçant sa politique comme nous l'avons fait
au congrès. Les dernières élections à Troyes sont la démonstration, au-delà
des 75 % d'abstentions, que les partis vont appeler selon les circonstances,
à l'unité nationale contre le Front National, pour que rien ne change. Une période d'intense activité s'ouvre, le champ est grand ouvert pour
notre parti. La classe ouvrière résiste en France avec les luttes qui ne
s'arrêtent pas. Elles touchent des secteurs différents, éducation, cheminots,
industrie, taxis qui luttent contre la
destruction de leur profession. En Europe
ont lieu des grèves et manifestations puissantes contre l'austérité :
en Italie, en Grèce, en Belgique ou le pays a été paralysé par une grève
générale. La confédération européenne des syndicats ne bouge pas. En France, les
luttes sont isolées les unes des autres, on sait pourquoi. Le profond
mécontentement ne s'exprime dans les luttes que partiellement, c'est la
conséquence d'un syndicalisme qui a fait le choix du « dialogue social ». Cette politique a ses limites, les syndicats de base commencent à
réagir. La situation à la CGT, qui reste le seul syndicat qui possède une
base de lutte, à l'initiative dans pratiquement tous les mouvements, peut
affaiblir le syndicalisme revendicatif. On a remarqué les résultats aux élections professionnelles dans la
fonction publique, à La Poste, à France Telecom. La CGT progresse là où les
syndicats se battent, mais régresse en général. C'est bien la question de quel
syndicalisme pour la classe ouvrière faut-il construire qu'il faut traiter dans une situation où l'ensemble des acquis est attaqué, où les
salaires et pensions, prestations diminuent, ou la classe ouvrière paye le
prix fort la politique exigée par les multinationales. Le rôle premier d'un
syndicat doit être d'organiser les luttes pour satisfaire les besoins
sociaux, les revendications. L'orientation de la confédération CGT n'est plus
celle-là depuis longtemps. Ce que nous vivons aujourd'hui dans la CGT, en est le résultat. Les
réactions sont nombreuses, les sollicitations peuvent l'être aussi. Restons
bien sur notre conception de la construction d'un syndicalisme de lutte de
classe, ne prêtons pas le flanc à de
quelconques débats qui visent à détourner les travailleurs de leurs
revendications. Nous sommes dans une bataille, une lutte qui détermine quel type de syndicalisme la CGT
doit se donner et il n'y a que deux choix : – le syndicalisme de lutte de classe (qui reste à construire) – un syndicalisme d'accompagnement (le syndicalisme actuel). N'hésitons pas partout là où nous sommes et quelles que soient nos
responsabilités syndicales à donner notre avis, développer nos arguments, il
ne faut pas croire que cette question va se régler du jour au lendemain, cela
passe par l'analyse d'une situation sociale et économique, par situer les
causes, les origines de cette situation, en tirer les conclusions et surtout
les moyens à entreprendre pour en sortir. L'immobilisme des confédérations
syndicales ne répond pas aux exigences sociales, suivons bien l'évolution de
la situation, nous sommes nombreux ici à être adhérents à la CGT. La question de notre activité
politique est essentielle, les débats politiques ne
manquent pas de sujets et c'est normal parce que la situation s'aggrave de
jour en jour sous les coups du capital. Nous devons examiner comment nous
portons toutes ces questions dans notre activité. Le congrès a proposé de
faire des deux années qui nous séparent du prochain, deux années de
développement, de renforcement. Il s'agit de renforcer notre présence, notre
influence et nos forces politiques. C'est ambitieux mais nous pouvons
réaliser de gros progrès. Nous devons faire le tour des initiatives prévues concernant les
assemblées de remise de cartes 2015, comment elles se préparent, qui on
sollicite, de quoi on parle ? Les élections cantonales de mars
vont être l'occasion de nous faire connaître encore mieux. Nous connaissons les difficultés liées aux nouvelles règles concernant
ces élections, les partis comme le nôtre vont faire les frais des nouvelles
dispositions électorales. Doublement du nombre de candidats, fusions
partielles ou totale des cantons, etc. C'est pourquoi nous devons tout de suite faire un point mais surtout
organiser les réunions dans les départements pour solliciter les adhérents,
les sympathisants pour leur proposer de porter notre politique dans ces
élections. La question du financement de la
campagne électorale va également se poser très fortement. La souscription va donc être un
outil important pour faire face aux dépenses de la campagne. Notre Comité National se réunit le 17 janvier prochain, sans attendre
il doit être engagé pleinement dans l’action. Les élections sont un moyen de faire connaître, développer nos idées,
nous renforcer mais ce n'est qu'un moment dans la vie politique. Nous renforcer c'est l'affaire de
tous les jours, décidons de prendre
des initiatives dans les départements où nous n'existons pas. Il faut dès maintenant, sur la base de ce que l'on a déjà débattu,
rechercher les contacts nécessaires. Le secteur orga est le plus apte à faire
ce travail, en sachant que c'est l'ensemble du comité national qui doit être
impliqué. Chers camarades, En cette fin d'année notre activité s’est développée, la situation
politique l'exige, le capital n'observe pas de trêve, 2015 va se poursuivre
sur le même rythme. Le développement de Communistes est essentiel pour
construire une perspective politique. Faisons connaître nos initiatives, nos
interventions dans les luttes, nos contacts pour aborder l'année 2015 de la
meilleure des façons. Bonnes fêtes de fin d'année à tous. |
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