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09-06-2003

RECHERCHE SCIENTIFIQUE :

CRISE ? DECLIN ?…ASSASSINAT ?

 

Grèves, manifestations, pétitions…: les chercheurs et les universitaires font parler d’eux ces temps-ci. Il faut dire que le gouvernement, par diverses décisions budgétaires, a réduit de 30% en moyenne les crédits des laboratoires publics ! Quand seuls les budgets de l’armée et de la police augmentent, il y a là, en effet, de quoi caractériser une politique…Mais cela n’est qu’une partie de l’affaire. Certains petits malins, dont les penchants libéraux ont du mal à être contenus, ont trouvé les racines du mal : la recherche française est en déclin et il y a un coupable: c’est le service public et son corollaire : le statut de fonctionnaire des chercheurs. C’est en effet un obstacle important dans l’optique d’utiliser la recherche essentiellement pour augmenter le taux de profit de quelques grandes sociétés. A Lisbonne, le sommet des chefs d’Etats Européens (dont Jospin et Chirac pour la France de l’époque) décident que la recherche en Europe doit être encouragée et développée…dans quelques créneaux ciblés…qui sont ceux où les dirigeants des grandes firmes capitalistes pensent que le taux de profit va faire des bonds (gènomique, sciences de l’information etc…). Le Ministre de la recherche d’alors, le socialiste Claude Allègre, s’empresse de façon tonitruante de mettre en œuvre le programme en France. « La recherche doit servir à faire de l’argent » dit-il au Figaro.

 

Et aujourd’hui ? On continue. Si le budget Raffarin est en baisse, ce n’est pas dans tous les secteurs de la recherche. Il comporte des augmentations significatives des « fonds incitatifs ». Traduit en français, cela veut dire favoriser quelques thématiques privilégiées, et comme par hasard toujours les mêmes ! On comprend le silence pudique de la « gauche plurielle » et de la droite sur le sujet !

 

La crise de la recherche est bien la conséquence de ces politiques au service du capital. Là comme ailleurs, le service public constitue un obstacle aux ambitions capitalistes. On comprend que ni les uns ni les autres n’ont consulté la nation sur la politique scientifique !

 

Pourtant, les besoins économiques, sociaux et culturels exigent un développement des connaissances dans tous les domaines et un accès, de plus en plus large, des peuples aux connaissances. Le capital impose la voie inverse. Il montre là aussi qu’il a fait son temps, qu’il est incapable de répondre aux exigences de notre époque. Dans ce domaine, comme dans les autres, l’intervention d’un parti révolutionnaire pour abattre le pouvoir du capital est plus que nécessaire.

 

M. Gruselle, C. Lecaille (cellule Université Recherche)

 

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