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16-11-2004

RECHERCHE, UNE MEME POLITIQUE : Intégration européenne, au bénéfice des capitalistes

 

Les états généraux de la recherche viennent de se tenir à Grenoble les 28 et 29 octobre. La presse y a consacré une place importante ce qui est mérité compte tenu de l’enjeu que représente le développement des sciences et des techniques dans les sociétés modernes Mais d’où viennent ces états généraux de Grenoble ? Pour répondre à cette question, il convient de rappeler que tout au long de l’année 2004, les personnels de la recherche ont vigoureusement manifesté pour obtenir du gouvernement des moyens accrus après que les budgets 2003 et 2004 aient marqué des reculs sensibles.

 

Pour désamorcer la crise, l’idée d’assises de la recherche est apparue aux yeux du gouvernement et des forces du capital comme un moyen d’impliquer plus profondément les milieux scientifiques dans des réformes de structures et statutaires. Cette idée a été largement relayée et prise en compte par les forces réformistes. L’objectif est clair. Il s’agit de mieux servir les intérêts du patronat en se servant de l’Europe pour diriger les orientations majeures des programmes de recherche. Dans le même temps, comme dans tous les autres secteurs, il s’agit d’accroître la précarité et de démolir les statuts des personnels pour diminuer les résistances.

 

Les états généraux de la recherche ont-ils répondu à ces objectifs ? Oui et non ; oui parce que des idées forces sur la compétitivité, l’Europe, les réformes de structures ont rencontré un consensus assez large, non parce qu’il a été difficile aux initiateurs d’empêcher toute expression revendicative des besoins en matière d’emploi, de statut, de salaires et de moyens de travail. Les jeunes doctorants en particulier sont vigoureusement intervenus sur les questions de l’emploi.

 

Le gouvernement a maintenant en main le texte final des assises de Grenoble. « Une patate chaude » pour Libération, tandis qu'un des initiateurs du colloque lâche dans l’Humanité : « On ne chamboule rien, on améliore ». En réalité ce texte, s’il reprend une partie des exigences importantes du mouvement de 2004 permet de justifier une partie des réformes que d’ores et déjà les organismes de recherche mettent en œuvre. Eh oui ! Parce que pendant que l’on parlait à Grenoble, les réformes se mettaient en place au CNRS et à l’INSERM, avec la mise en place des « pôles d’excellence »européens, la mise en place d’entités mixtes public-privé, l’embauche plus importante de personnels avec des contrats à durée déterminée, l’embryon d’un système de salaire lié aux objectifs…Dans le même temps, le budget 2005, malgré l’effet d’annonce sur le milliard d’euros supplémentaire, reflète ces orientations. Tout d’abord le fameux milliard ira pour un tiers dans les caisses des entreprises sous forme de crédits d’impôts, pour un autre tiers dans une nouvelle agence gouvernementale qui alimentera des fondations privées. Ensuite en terme de postes et de moyens nous sommes bien loin du compte et à nouveau il y a augmentation des postes non statutaires.

 

En clair le gouvernement et les forces du capital n’ont pas changé d’un iota leur politique. Derrière le mot réforme il y a les réalités que sont les privatisations, la liquidation du secteur public et la précarité de l’emploi. Ne perdons donc pas trop de temps à faire l’exégèse du texte de Grenoble, rassemblons nos énergies pour combattre la politique du patronat et du gouvernement à partir des besoins réels des travailleurs.

 

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