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2003
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Les implications des réductions budgétaires de la
recherche publique |
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Plusieurs
manifestations, largement suivies par les personnels de la recherche, ont eu
lieu ces dernières semaines. La forte mobilisation est significative de l’inquiétude
qui règne face aux menaces qui pèsent sur la recherche française. Au
cours de la dernière décennie le budget de la recherche diminue régulièrement,
la baisse s’est amplifiée lors du ministère d’Allégre. Poursuivant cette
politique la droite réduit de 30% les crédits attribués à la recherche
publique (CNRS, Inserm, INRA, ...). Des laboratoires
voient leurs crédits diminués de moitié par rapport à 2002, leur existence même
est menacée. Pour
la première fois le CNRS est sous-doté pour la masse salariale 2003 de 38
millions d'euros. Le CNRS sera contraint de puiser dans les fonds de
roulement pour payer l’intégralité des salaires. Les dénégations
de Claudie Haigneré qui déclare que :“ les réserves de précaution qui
portent sur un taux de 30% de l'ensemble des crédits de fonctionnement et
d'investissement des organismes, avant annulation, constituent une simple
procédure de régulation du rythme de consommation des crédits et ne sauraient
être confondues avec une perte de ressources”, n’ont
pas rassuré les personnels. Actuellement
La France ne consacre environ que 2 % de son Produit Intérieur Brut (PIB) à
la recherche alors que les Etats-Unis et le Japon atteignent ou dépassent les
3 %. Répondant à une recommandation de l'Union Européenne, le Président de la
République s'est engagé à ce que "la France atteigne 3 % du PIB avant
la fin de la décennie". Cet objectif suppose, en volume,
une croissance annuelle cumulée de 5 % par an du potentiel de recherche, et
d'environ 7 % en prenant en compte l'inflation. Ce n’est pas en faisant
passer la dotation publique de 411,8 millions d’euros en 2002 à 340,5
millions en 2003, que cet objectif sera atteint! Ces
restrictions budgétaires successives s’accompagnent depuis plusieurs années d’une
campagne dans la presse (cf. Le Monde du
06.04.02, du 11.03.03 ou La Recherche d’avril
2002, par exemple) sur “le déclin de la recherche française”. Crise de la recherche française? Olivier
Postel-Vinay, directeur de rédaction de la revue La Recherche et
ancien membre du cabinet d’Allégre, dans un article intitulé “La défaite de
la science française” s’appuie sur des indicateurs-clés
(nombre d’articles publiés dans les revues scientifiques, le nombre d’articles
les plus cités par d’autres articles, le nombre de dépôts de brevets européens
et américains, etc.), pour “démontrer” que la recherche française est, sur 14
pays, classée dans les 4 ou 6 dernières, avant celles de l’Espagne et de l’Italie.
“La France est même dernière pour la croissance du nombre de brevets”.
Sans discuter la validité de ces indicateurs —fixés par les USA et qui, par
exemple, ne tiennent compte que des articles rédigés en anglais! Postel-Vinay
décèle les “causes du déclin” et en prescrit les “remèdes”. Les
causes, ce sont celles déjà décrites en 1982 par le mathématicien
Laurent Schwartz dans un rapport fait à la demande de F. Mitterrand : la
fonctionnarisation des chercheurs “qui vieillissent sur place”, ... “le
laboratoire et ses membres protégés par le statut de la fonction publique”,
et n’oublions pas “cette atmosphère syndicale bizarre qui existe en France”,
alors que l’époque réclame “flexibilité et réactivité”. Bien plus que le
manque de moyens, ce qu’il faut remettre en cause c’est le système de
recherche français. Système où la recherche est conduite par de grands
organismes à financements publics et réalisée par des personnels
fonctionnaires. Voilà
les responsables du déclin de la recherche, qui
reste toujours à démontrer, la rigidité du système (rigidité commune à
tout le service publique) et le statut des personnels. La casse
du statut des personnels CNRS (25 000 agents) est déjà en
marche, depuis plusieurs années les emplois statutaires de chercheurs, d’ingénieurs,
de techniciens et d’administratifs (ITA) sont en diminution. Cette année, le
gouvernement supprime 150 embauches de chercheurs dans les EPST dont
137 au CNRS, mais en contrepartie il “donne” 210 CDD pour les
post-doctorants. Quant aux ITA, les embauches sur CDD sont de plus en plus
nombreuses. On compte, aujourd’hui, pour cette catégorie environ 5 000
emplois précaires. L’Espace Européen de Recherche (EER) Le
Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement qui s’est réuni à
Lisbonne les 23 et 24 mars 2000 avec pour thème principal “la société du
savoir”, et pour aborder la transition vers “une économie fondée sur la
connaissance” il a pris des décisions qui structurent les orientations de la
recherche en France. Les
efforts de recherche sont concentrés sur un petit nombre de priorités. Le
sommet de Lisbonne a sélectionné sept domaines thématiques prioritaires,
notamment la génomique et les applications médicale de la biotechnologie, les
technologies de l’information, et les nanotechnologie, les matériaux
intelligents, les nouveaux procédés de production. Des équipes
“rassemblant les meilleurs scientifiques de l’industrie et des universités”
de plusieurs pays européens sont associées, pour une période de cinq ans, sur
un projet et reçoivent un financement conséquent ( le 6ème
plan cadre qui a démarré en janvier 2003 bénéficie d’un budget de 17,5
milliards d’euros). Le
sommet de Lisbonne s’est donné les moyens de déstructurer le système de
recherche publique française et de faire disparaître Le CNRS et les grands
organismes de recherche. Les grands défis de la “société du savoir” L’accès
aux connaissances doit être de plus en plus partagé si l’on veut maîtriser
les enjeux de l’époque et que les décisions ne soient pas réservées aux
experts à la solde des capitalistes. Pour que les citoyens interviennent dans
les décisions il faut que la connaissance scientifique et technique soit de
masse et à un niveau beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui. Quelles réponses
vont être apportées aux grandes questions qui concernent l’avenir de la société,
l’avenir de l’humanité. Vont-elles aller dans un sens qui va vers le développement
des systèmes de production et des forces productives pour la satisfaction des
besoins du plus grand nombre ou à l’inverse les progrès scientifiques et
techniques vont-ils être confisqué aux profits de quelques firmes. La
recherche sur la culture des végétaux génétiquement modifiés a pratiquement
disparu en France et en Europe. Et pourtant les enjeux sont considérables
tant du point de vue de la connaissance que du développement de l’humanité et
des intérêts économiques. Du coup les compagnies semencières US ont une
position hégémonique. La firme américaine Monsanto a le monopole des végétaux
génétiquement modifiés : elle impose les semences et interdit leur
reproduction. Les américains peuvent remercier José Bovè. C’est aux
scientifiques de décider si les OGM sont porteurs de solutions d’avenir ou
dangereux. Des
questions similaires se posent à propos du clonage. Dans le domaine de l’élevage
on imagine les profits réalisés par les grands trusts qui auront le monopole
des souches génétiques des races ovines et bovines à très haut rendement mais
surtout stériles. Le sommet de Lisbonne a choisi les firmes
multinationales, les personnels de la recherche ont choisi de défendre la
recherche publique, c’est une question de fond et qui ne concerne pas
seulement les chercheurs mais aussi l’ensemble des citoyens.
http://www.sitecommunistes.org
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