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SECURITE SOCIALE SANTE – RETRAITE : 2002 l’année de tous les dangers |
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Experts, patronat, gouvernement multiplient
les déclarations pour tenter de convaincre que nos systèmes de santé et de
retraites ne peuvent plus exister dans leurs formes actuelles. La démographie,
le vieillissement de la population, la consommation excessive de médicaments,
autant de malédictions qui viendraient frapper notre système de soins et de
retraites et qu’il est urgent de « sauver » en lui portant de
nouveaux et mauvais coups. Brève histoire de la protection sociale
en France : Cette protection sociale n’est pas tombée du
ciel. Elle est issue du Conseil National de la Résistance qui le 15 mars 1944
en définissait l’esprit : celui d’une société reposant sur les bases de
solidarité. La même année la Sécurité Sociale et le système de retraites par
répartition naissaient non sans opposition des forces rétrogrades et du
patronat. Pour la première fois était mis sur pieds un système de soins
assurant l’égalité devant la maladie, un système de retraites par répartition
basé sur la solidarité entre générations. Un financement original : Il est assuré à partir des richesses créées
dans l’entreprise par le travail. Il constitue un salaire indirect redistribué
aux salariés lors de la maladie, de la grossesse, de la retraite. Ce
financement prélève une part sur les profits patronaux. Toucher à ses profits, une idée insupportable
pour le patronat, qui avec l’aide des gouvernements successifs va s’employer à
remettre en cause ce système, avec une accélération à partir de 1967. Depuis
cette date sous les différents gouvernements, dix huit plans se sont succédés
qui tous remettent en cause les principes du système de santé, réduisent les
remboursements liés à la maladie, remettent en cause l’âge du départ en
retraite, son montant et
son financement. Parmi
ces plans, quelques dates : *1982 BEREGOVOY (PS) décide l’instauration du
forfait hospitalier *1991 ROCARD (PS) instaure la CSG *1993 BALLADUR (droite) fait passer de 37 ans1/2 à
40 ans les années de cotisations pour la retraite dans le secteur privé- le
taux de la retraite sera calculé sur 25 années au lieu des 10 meilleures années *1995 JUPPE (droite) décide d’un
plan d’économies qui comprend : la diminution
des dépenses de santé et la remise en cause des retraites *JOSPIN ( PS – Gauche Plurielle) augmente la CSG –
continue l’application du plan JUPPE Parallèlement le patronat a bénéficié de
nouvelles exonérations de « charges » (20 milliards d’Euros-
132 milliards de F depuis 1995). Ils veulent
aller loin et vite Ce qui met la santé et la retraite en péril ne
sont donc ni les dépenses liées à la maladie ou la démographie mais bien le
fait que le capital le veut plus payer sa part, il veut se désengager de tout
financement des retraites et de la protection sociale. Sa volonté est de
faire de la santé et de la retraite une marchandise comme une autre, source
de nouveaux profits. MATTEI, ministre de la santé, réduit les
remboursements des médicaments et des soins et favorise le développement des
assurances privées, tandis que se met en place l’épargne salariale pour les
retraites décidée par le gouvernement JOSPIN. Chacun à leur façon, ils
poursuivent le même objectif : que les salariés et leurs familles
financent eux mêmes leur protection sociale et leur retraite en contractant une
assurance (s’ils en ont les moyens !). Tous les grands groupes, AXA, les
banques etc… français ou européens sont sur les rangs. L’attitude des uns et des autres : La droite, elle est au gouvernement , elle a le
pouvoir, on connaît ses plans Peut-on compter sur la gauche plurielle, PS, PCF,
Verts. Au delà des déclarations d’aujourd’hui, les cinq années passées à gérer
les intérêts du capital comme la droite, la disqualifient pour défendre le
système de santé et les retraites. Les syndicats ? Ils sont tous d’accord pour
rediscuter de l’ensemble des questions. Sur quelles bases ? Celles du
patronat et du gouvernement qui conduiraient à de nouveaux reculs ou celles
qui s’appuient sur les besoins des salariés et des retraités ? Des solutions immédiates existent pour
le financement de la santé et des retraites Les solutions existent pour donner aux systèmes
de protection sociale et de retraite les moyens d’être à la hauteur des
besoins de la société dans un pays développé et riche comme la France. Pour
cela il faut avoir le courage de s’attaquer aux profits du capital. Cela passe par une autre politique: *la suppression de toutes les mesures portant
atteinte au droit à la santé et à la retraite. *faire
payer les patrons, revenir à la part des cotisations patronales qui était de
50% dans le financement de la Sécurité Sociale. *l’arrêt
des exonérations des « charges » patronales * la prise en compte des revenus issus de la spéculation
financière dans le calcul
des cotisations patronales *l’augmentation des salaires, retraites, pensions *l’arrêt des fermetures d’entreprises, des délocalisations,
par le recul du chômage. *la gestion des caisses par des administrateurs élus
par les assurés et les retraités . Les moyens existent Depuis des années les profits des entreprises
explosent et cela continue en 2003. Et les patrons du CAC 40 , ils
gagnent des fortunes ! En 2001 (derniers chiffres connus) ils ont gagné
en moyenne 7,5 millions d’Euros soit 544 fois le SMIC. Le champion est J.M.
MESSIER avec 36,26 millions dont 31 millions de stocks option. Le petit
dernier étant D. RANQUI (THALES) avec seulement 900.000 Euros de salaire et
720.000Euros de stocks-options. Il est possible de faire reculer leurs plans par
la lutte. A d’autres époques les salariés ont gagné de
grandes avancées sociales : 1936-1945-1968 sont des dates qui parlent
encore à tous. Hier comme aujourd’hui les mêmes forces se dressaient contre
tout progrès. Elles ont été battues et ont dû céder. Cela peut se reproduire.
Les salariés sont une force. C’est une force capable d’imposer de nouvelles
avancées.
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