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26-01-2005
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Quand
Monsieur Strauss-Kahn offre
ses services au patronat |
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Le journal « Le Monde » du 14
janvier a généreusement offert à Mr Strauss-Kahn une demi page pour y exposer
ses idées sur la situation économique de la France et faire ses propositions. Ce qui frappe en
premier à cette lecture c’est l’absence de propositions concernant les salariés,
la protection sociale et les retraites, le recul de la précarité, de la
pauvreté, bref ce qui fait le quotidien de la vie des la grande masse des
français. Pour lui l’amélioration de la situation sociale
n’a rien à voir avec l’amélioration de la situation économique. La deuxième chose
frappante c’est l’amnésie de Mr Strauss-Khan. Il écrit : « notre
industrie a perdu un tiers de ses effectifs – 1,5 million d’emplois – de 1980
à 2004 ». Sur ces 24 ans, le parti socialiste a exercé la direction des
affaires pendant 15 ans. Il a à son « actif » (si l’on peut dire)
la fermeture des mines de charbon et de fer, la casse de la sidérurgie, la
suppression de dizaines de milliers d’emplois dans l’automobile etc…etc…Chacun
– sauf DSK – a encore en mémoire « l’Etat ne peut pas tout »
de JOSPIN face aux licenciements chez Michelin. C’est ce qu’il appelle « la
désindustrialisation naturelle… C’est une étape normale du développement de
tous les pays avancés ». Tous ceux qui ont été licenciés au nom de cette
étape « normale » apprécieront. Cet homme qui voit si
loin n’a pas vu que le charbon a un bel avenir devant lui, que les mines
encore en activité aujourd’hui (pas en France mais dans ailleurs dans le
monde), tournent à plein régime, que ce qui reste de la sidérurgie en France
est incapable de faire face à la demande d’acier. Il écrit aussi : « l’industrie
française a pris son essor dans les années 1970…grâce à un modèle…adossé aux
grandes entreprises nationales ». Question : où sont aujourd’hui ces
grandes entreprises nationales ? Démantelées, vendues au capitalisme
français, européen, mondial. Par qui ? Par la gauche et par la droite.
Par Mr Strauss-Kahn lui-même quand il était ministre de l’économie de la
gauche plurielle. Des propositions qui vont
augmenter les profits : Sur ce point Mr
Strauss-Kahn n’est pas avare d’idées. Il approuve le rapport commandé par
CHIRAC au PDG de St Gobain, J.L. Beffa. Le
fait que l’Etat finance à 50% les programmes de recherche des entreprises ne
le gêne pas. Ce sont deux milliards d’euros qui vont tomber dans les poches
du capitalisme en plus de toutes les exonérations fiscales et sociales dont
il bénéficie déjà. Il fait même une proposition d’une audace
extraordinaire. Celle de « nationalisations temporaires » au
travers « d’une entreprise publique de capital investissement »
dont le rôle serait « le sauvetage des activités innovantes en danger,
avant de les restituer au privé ». En résumé, il veut offrir au patronat
le beurre et l’argent du beurre et la crémière en prime. Naturellement l’enseignement
est un grand souci pour notre homme. L’enseignement pour tous ? Non pas.
Il propose la « constitution d’un réseau européen de centres
universitaires d’excellence ». Pour quoi faire et financé par qui ?
Il ne le dit pas, ce qui ouvre la porte à l’enseignement privé (même s’il est
financé par l’argent public) et en fonction des besoins du patronat pour de
la main d’œuvre qualifiée (mais pas bien rémunérée pour autant). Quant à ceux
qui ne seraient pas admis dans ces pôles d’excellence à eux les petits
boulots déqualifiés, précaires et mal payés. Le rapport Beffa a un
deuxième avantage à ses yeux : « l’intégration des syndicats autour
de la table de l’agence de promotion industrielle à créer ». Et il précise
« il faut faire de la politique industrielle une cause partagée. Les
salariés ont leur mot à dire sur l’avenir de leur industrie ». Ce qu’il
propose, c’est l’union sacrée : exploiteurs et exploités ensemble décidons
d’un commun accord les suppressions d’emplois, la baisse des salaires, les
sacrifices à faire dans le cadre d’une « cause partagée ». Avec en
prime le grand rêve de la fin de la lutte de classe. Enfin en homme réaliste
mais social, il propose une aide de l’Etat pour reconvertir les « hommes
et les territoires ». L’aide de l’Etat c'est-à-dire la prise en charge
par les collectivités des dégâts du capitalisme, chose à laquelle le PS
excelle comme dans le Nord – Pas-de-Calais, la Lorraine transformés en déserts
économiques et les populations en assistés du RMI, politique qui mène tout
droit au désespoir, au rejet de l’autre et au vote FN. Ce que Mr Strauss-Kahn
ne veut pas voir comme tous les hommes et les femmes
politiques de droite ou de gauche, ce qu’il fait semblant d’ignorer, c’est
que les entreprises capitalistes en France comme ailleurs ont comme seul et
unique but : le profit. Nous informons régulièrement
les lecteurs de notre journal, ceux qui visitent notre site, des profits réalisés
par l’exploitation des salariés, gonflés par les exonérations sociales et
fiscales. Quelques chiffres pour préciser : le coût du travail a augmenté
de 11,5% de 1990 à 2003 en France. Pour la même période, l’augmentation des
prix s’est élevée à plus de 30%. Faites la différence. Malheureux patrons français
dont les profits nets auront augmenté en 2004 au moins trois fois plus vite
que les salaires et qui entre 2000 et 2003 (18 mois de gauche plurielle, 18
mois de droite) auront pu consacrer 56 milliards (oui 56) d’euros au rachat
de leurs propres titres pour le plus grand
bien de leurs actionnaires dont eux-mêmes. Oui il y a de l’argent
pour la recherche, le développement, l’enseignement, la santé, les salaires,
la retraite, en un mot pour vivre comme on le devrait au 21ème siècle,
dans un pays comme le nôtre. Cet argent, il faut
avoir le courage d’aller le chercher là où il est ; chez les
capitalistes, ce qui n’est pas dans les intentions de Mr Strauss-Kahn qui
termine son offre de service au patronat en écrivant « j’enrage de
penser que l’industrie française devra attendre la prochaine mandature pour
espérer quelque chose des pouvoirs publics, alors que l’urgence est très
grande ». Rassurons le, la droite y
pourvoit en attendant.
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