Gantry 5

 

N° 802 04/01/2022 Nouvelle agression militaire israélienne contre la Syrie Israël a attaqué la Syrie durant la nuit du 1er au 2 janvier 2023. L’attaque a eu lieu vers 02 heures du matin.

Voici ce qu’en dit l’agence syrienne Sana : « L’ennemi israélien a mené une agression aérienne à l’aide d’un barrage de missiles, visant l’aéroport international de Damas et ses environs […] causant la mort de deux soldats, des blessures à deux autres » et des dégâts matériels, a indiqué l’agence, citant une source militaire syrienne. L’aéroport est « hors service », a-t-elle ajouté.
Depuis 2011, Israël a profité des tentatives des organisations armées fascistes islamistes de renverser le gouvernement baasiste pour mener des centaines de frappes aériennes chez son voisin, souvent près de l’aéroport de Damas, tout en armant certaines de ses organisations militaires fascistes. Le 10 juin 2022, déjà, l’aéroport avait été mis hors service par une attaque de missiles israéliens.
Une nouvelle fois l’État d’Israël décide de porter la guerre là où il veut sans que cela n’émeuve, en tout cas dans l’Union Européenne et les USA, ces temples de la soi-disant "démocratie". Qu’il s’agisse de massacres de Palestiniens ou de bombardement au Liban ou en Syrie, Israël a toujours une impunité totale et bienveillante.
Cette impunité n’a d’égale que le cynisme des dirigeants de l’État théocratique et colonialiste d’Israël. Ainsi, le 28 décembre, le chef de la direction des opérations de l’armée israélienne, le général de division Oded Basiuk, avait évoqué ces raids en Syrie en présentant ses perspectives opérationnelles pour 2023. « Nous constatons que notre plan d’action en Syrie est un exemple de la façon dont une action militaire continue et persistante conduit à façonner et à influencer toute la région », avait indiqué le porte-parole de l’armée en rendant compte de la présentation du général Basiuk.
Le prétexte officiel est toujours le même : l’Iran, le Hezbollah, Israël s’arroge le droit de décider ce qui est bon pour la région, en clair pour la Grande Bourgeoisie israélienne et ses valets plus ou moins fascistes au pouvoir.

Mais il faut, derrière l’officielle, chercher peut-être d’autres raisons, probablement plus réelles. D’abord, malgré l’occupation militaire israélienne, la population du Golan rappelle régulièrement qu’elle est et restera syrienne et que son territoire doit redevenir partie intégrante de la République Arabe Syrienne. Une manifestation a eu lieu notamment le 14 décembre dernier, au moment du 41ème anniversaire de l’occupation et à l’occasion d’une décision d’annexion annoncée par les dirigeants d’Israël et Sana rend compte du communiqué publié ensuite par ses organisateurs. En voici un extrait : « Nous, au Golan arabe syrien occupé, affirmons notre rejet catégorique de cette fausse décision et notre rejet total de l’occupation israélienne et de tous ses plans qui visent à nous arracher à notre authentique appartenance nationale. La lutte et la résistance se poursuivront jusqu’à la libération de tout le Golan de l’occupation […] la terre, le peuple, le sol et l’eau du Golan ne seront que syriens, et tous les plans et actions de l’occupation, en particulier « décision de l’annexion » sont voués à l’échec. »

Et surtout, cela pourrait bien avoir un rapport avec la situation nouvelle en Israël depuis la constitution du énième gouvernement Netanyahu avec des ministres fascistes, déclarant la guerre ouverte à tous les Palestiniens ainsi qu’aux arabes israéliens.
Ainsi, le Parti Communiste Israélien rend compte, sur son site, d’une manifestation devant la Knesset : « Des milliers de manifestants sont descendus à la Knesset jeudi dernier, dès le matin, pour manifester contre le nouveau gouvernement d'extrême droite, parmi lesquels le député Hadash Ofer Cassif. Le chef du parti Ta'al, le député Ahmad Tibi, a déclaré à Haaretz la semaine dernière : « Nous agirons comme une opposition agressive, mais cela ne suffira pas », a-t-il dit, ajoutant que « Nous avons besoin d'une protestation civile ainsi que d'actions légales et des campagnes médiatiques » et une « campagne conjointe arabo-juive qui ne fera aucun compromis ». Le président du Haut Comité de suivi des citoyens arabes d'Israël et militant de premier plan du Parti communiste israélien, Mohammad Barakeh, a publié jeudi une déclaration dans laquelle il a défini les premières mesures que le public arabe doit prendre : "renforcer l'activité civique au sein des communautés arabes et renforcer l'activité des partis arabes. Le comité a appelé tous les partis arabes à s'impliquer davantage dans les élections locales prévues pour octobre 2023 et à faire un effort pour empêcher la nomination de criminels dans les municipalités."

Bien entendu, le Parti Révolutionnaire Communistes condamne cette attaque injustifiable et assure de sa solidarité les civils et militaires syriens touchés et leurs familles.
Mais, plus globalement, nous soulignons l’attitude insupportable de l’Etat d’Israël, qui s’en prend à ses voisins du nord qui choisissent la résistance à son oppression, évidemment, les voisins du sud et de l’est sont bien plus accommodants. Et surtout, c’est au Liban et en Syrie qu’il reste des soutiens réels au peuple martyr palestinien.
Nous soutenons les résistances à l’Etat colonialiste d’Israël et à son gouvernement fasciste actuel, qu’elles viennent de l’intérieur ou de l’extérieur du pays, nous exigeons que cessent les agressions de l’Etat d’Israël contre les pays voisins et contre le peuple palestinien.

Xi Jinping rencontre Vladimir Poutine par liaison vidéo
le vendredi 30 décembre les Présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine se sont rencontrés en visio conférence. Les agences de presse russe, TASS et chinoise, Agence Chine Nouvelle, ont publié un compte-rendu de cette discussion. Il est à noter que les rencontres entre des responsables des deux pays se sont multipliées dans la dernière période et traduisent incontestablement une volonté de rapprochement en particulier dans les domaines économiques et politiques, tandis que les manoeuvres militaires communes se multiplient. Les plus récentes, Vostok 2022 près de Vladivostok ont vu la participation de la Russie, de la Chine, de l'Inde, de la Mongolie, de la Syrie... et plus récemment, maritimes en mer de Chine Orientale avec la Russie et la Chine.
À des degrés divers, la Chine et la Russie ont des intérêts communs, ceux de puissances qui entendent peser au plan international et qui sont désignées par les États-Unis et leurs alliés comme des ennemis systémiques. Leur ambition de constituer un pôle puissant et concurrent de celui dominé par les États-Unis au sein du système impérialiste s'oppose évidemment à la volonté de ces derniers de demeurer les maîtres du jeu international. De plus la Russie et la Chine présentent des éléments complémentaires qui renforcent leur besoin de relations étroites. En particulier, la Chine deuxième puissance économique mondiale a un besoin impérieux d'approvisionnement énergétique qu'elle ne possède pas mais dont regorge la Russie. Significativement, une des conséquences de l'embargo des produits gaziers et pétroliers russes dû aux sanctions qu'elle subit du fait de la guerre en Ukraine est la réorientation des flux énergétiques vers la Chine en particulier et l'Asie en général. De plus si la Chine est densément peuplée sur un territoire dont les limites en matière de production agro-alimentaire arrivent à leurs limites, la Russie possède un vaste territoire faiblement peuplé et susceptible d'un développement agraire encore important.
Tous ces facteurs alimentent donc les relations sino-russe dont la croissance importante et la résilience ont été notée par les deux interlocuteurs. L'agence Chine Nouvelle note à ce propos : " M. Xi a souligné que les deux parties devaient davantage tirer parti des mécanismes existants pour faire progresser leur coopération dans les domaines de l'économie, du commerce, de l'énergie, de la finance et de l'agriculture". De son côté, l'agence TASS rapporte que le président russe a déclaré que : " Malgré l'environnement extérieur défavorable, les restrictions illégitimes et le chantage direct de certains pays occidentaux, la Russie et la Chine ont réussi à assurer des taux record de croissance mutuelle du chiffre d'affaires...le chiffre d'affaires commercial a augmenté d'environ 25%".
Sur le sujet attendu du soutien politique et militaire de la Chine à la Russie dans le conflit qui par Ukraine interposée, l'oppose aux États-Unis et à l'OTAN(1), le moins que l'on puisse dire est que la Chine est restée très prudente. Les deux relations de la rencontre faites par les deux agence de presse russe et chinoise en témoigne. Si l'agence TASS écrit que : " À propos de la coopération militaire La coopération militaire et militaro-technique des deux pays contribue non seulement à assurer leur propre sécurité, mais aussi à « maintenir la stabilité dans des régions clés », en ajoutant le voeu du Président Poutine que Moscou :" avait l'intention de renforcer la coopération avec Pékin dans ce domaine". Or, de cette question il n'est fait absolument aucune mention dans le texte de l'Agence Chine Nouvelle. Cette différence reflète le fait que la Chine, si elle n'a pas condamné à l'ONU l'agression militaire de la Russie contre le territoire d'un État souverain reconnu internationalement, y compris par la Russie, si elle n'applique pas d'embargo contre la Russie, pour autant elle s'exprime régulièrement pour faire part de son souci que soit trouvé et au plus vite une solution diplomatique. C'est ce qu'a dit Xi Jinping à Dmtri Medvedev, porteur d'un message de Vladimir Poutine, lors de sa visite à Pékin le 21 décembre : " [la Chine] espère que toutes les parties concernées feront preuve de rationalité et de retenue, s’engageront dans un dialogue global et résoudront leurs préoccupations communes en matière de sécurité par des moyens politiques".
Ce qui prévaut dans les relations Chine Russie, comme celles entre les autres États, ce sont les intérêts des États et des monopoles capitalistes. Les alliances et mésalliances au sein de l'impérialisme sont le fruit de rapports économiques et de la lutte acharnée que se livrent les puissances et les monopoles capitalistes pour contrôler les richesses naturelles, les voies de communications matérielles et immatérielles et la force de travail disponible seule force qui permette d'extraire des profits et qui contribue à l'accumulation du capital.

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(1) https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/europe/1805-ukraine-la-face-apparente-d-un-conflit-plus-profond-et-plus-large-au-sein-du-systeme-capitaliste-mondialise