N° 911 05/02/2025 La nouvelle administration américaine a donc déclenché une première vague de hausses des droits douaniers pour les importations canadiennes et mexicaines. Cette décision rend caduque, de fait, l’accord de libre-échange entre les trois pays d’Amérique du Nord connu sous le nom d’ALENA, revisité en 2018 sous l’impulsion de la première administration Trump qui avait menacé alors de résilier cet accord. Cette révision avait visé à augmenter les salaires dans le secteur automobile au Mexique et prévoyait aucun droit de douane pour les véhicules produits à 75% (62,5% précédemment) dans la zone. Le Canada avait aussi accepté des modifications dans le secteur laitier avec un accès élargi des produits laitiers états-uniens au marché canadien.
Aujourd’hui, Washington impose un droit de douane de 25% sur tous les produits importés des deux pays voisins. Par ailleurs, un droit de douane supplémentaire de 10% frappera les produits en provenance de la Chine. Pour l’instant, l’Union européenne n’est pas concernée par une décision de cette nature mais d’après le Président des Etats-Unis d’Amérique, c’est prévu.
Le Canada estime que la guerre commerciale ouverte par les Etats-Unis aurait comme conséquence la suppression de 670.000 emplois dans les principaux États (Ontario, Québec, Colombie-Britannique). Le Premier ministre de l’Alberta (État riche en ressources pétrolières et gazières) appelle à une construction d’infrastructures d’oléoducs et gazoducs d’Est en Ouest du pays (en place et lieu de l’actuel architecture Nord/Sud vers les Etats-Unis) afin de diversifier les marchés d’exportation d’énergie du Canada. A noter que les hydrocarbures canadiens ne seront taxés que de 10%...
Le Premier ministre canadien (M. Trudeau, démissionnaire) a annoncé la mise en place de droits douaniers équivalents du côté canadien en même temps que ceux décidés par Washington (soit la première semaine de février). Le Mexique (80% de ses exportations sont destinés aux Etats-Unis) devrait également prendre des mesures de rétorsion non encore précisées. La Chine, déjà frappée par de telles mesures - ce qui ne l’empêche pas d’accumuler les excédents commerciaux vis-à-vis des Etats-Unis - va déposer un recours devant l’OMC. Enfin, la Commission européenne a prévenu d’une réponse ferme à toutes décisions de droits de douanes frappant les produits des pays membres.
L’administration Trump met en tension le système d’échanges internationaux, pierre angulaire du processus d’accumulation du capital. En déduire des conséquences en termes d’inflation, de chômage, de croissance serait pour le moins hasardeux. Les échanges internationaux ne concernent pas les seuls biens finis : les processus de production sont internationaux et les produits semi-finis seraient sans doute également taxés. Toutes ses intrications ne voleront pas en éclat rapidement, il y aurait donc dans un premier temps un phénomène général de montée des prix industriels puis des biens de consommation avant une redistribution géographique des centres de production.
L’enjeu pour les Etats-Unis, comme pour tous les autres pays, est de (re)prendre une place centrale dans ces montages de production internationaux. La Chine est parvenue patiemment à devenir " l’usine du monde " avec tout ce que cela entraîne pour les masses laborieuses de ce pays en termes de sacrifices et d’exploitation. De leurs côtés, les " élites " industrielles occidentales ont rêvé de groupes industriels sans usine, aujourd’hui, elles tablent sur l’intelligence artificielle ou la transition énergétique pour reconquérir une position dominante dans les processus d’accumulation.
Toutes ses ambitions sous-jacentes expliquent les tensions internationales ( géopolitiques ) qui sont le reflet des rivalités impérialistes, chacun voulant conserver ou conquérir la plus grande part possible de l’accumulation mondiale.
Les décisions de Washington ne semble a priori guère appropriées à la reconquête. Mais il est vrai que la libre circulation du capital n’a pas donné les fruits escomptés pour les États-Unis. Puisque le capital " made in USA " a bien pu circuler librement mais pour développer des centres d’accumulation " offshore " tant et si bien qu’une part non négligeable de l’outil industriel s’en est trouvé délaissé. L’administration Trump compte sur les réserves en énergie du pays, sur la concentration des entreprises high tech, sur la (re)localisation d’entreprises industrielles sur le territoire (pour éviter les affres de la guerre commerciale) … et le caractère pusillanime de ses partenaires traditionnels européens (" le camp de la démocratie ") dont le comportement vassalisé vis-à-vis des États-Unis ne semble pas être considéré par ces derniers comme un danger potentiel majeur, ce qui n'est pas le cas de la Chine décrite depuis longtemps par les stratéges états-uniens comme un ennemi systèmique.
Si l'on peut concéder une rupture dans la méthode de la part de la nouvelle adminsitration américaine, il n’en reste pas moins toujours vrai que les fondamentaux de l’affrontement impérialiste demeurent.
Aujourd’hui, Washington impose un droit de douane de 25% sur tous les produits importés des deux pays voisins. Par ailleurs, un droit de douane supplémentaire de 10% frappera les produits en provenance de la Chine. Pour l’instant, l’Union européenne n’est pas concernée par une décision de cette nature mais d’après le Président des Etats-Unis d’Amérique, c’est prévu.
Le Canada estime que la guerre commerciale ouverte par les Etats-Unis aurait comme conséquence la suppression de 670.000 emplois dans les principaux États (Ontario, Québec, Colombie-Britannique). Le Premier ministre de l’Alberta (État riche en ressources pétrolières et gazières) appelle à une construction d’infrastructures d’oléoducs et gazoducs d’Est en Ouest du pays (en place et lieu de l’actuel architecture Nord/Sud vers les Etats-Unis) afin de diversifier les marchés d’exportation d’énergie du Canada. A noter que les hydrocarbures canadiens ne seront taxés que de 10%...
Le Premier ministre canadien (M. Trudeau, démissionnaire) a annoncé la mise en place de droits douaniers équivalents du côté canadien en même temps que ceux décidés par Washington (soit la première semaine de février). Le Mexique (80% de ses exportations sont destinés aux Etats-Unis) devrait également prendre des mesures de rétorsion non encore précisées. La Chine, déjà frappée par de telles mesures - ce qui ne l’empêche pas d’accumuler les excédents commerciaux vis-à-vis des Etats-Unis - va déposer un recours devant l’OMC. Enfin, la Commission européenne a prévenu d’une réponse ferme à toutes décisions de droits de douanes frappant les produits des pays membres.
L’administration Trump met en tension le système d’échanges internationaux, pierre angulaire du processus d’accumulation du capital. En déduire des conséquences en termes d’inflation, de chômage, de croissance serait pour le moins hasardeux. Les échanges internationaux ne concernent pas les seuls biens finis : les processus de production sont internationaux et les produits semi-finis seraient sans doute également taxés. Toutes ses intrications ne voleront pas en éclat rapidement, il y aurait donc dans un premier temps un phénomène général de montée des prix industriels puis des biens de consommation avant une redistribution géographique des centres de production.
L’enjeu pour les Etats-Unis, comme pour tous les autres pays, est de (re)prendre une place centrale dans ces montages de production internationaux. La Chine est parvenue patiemment à devenir " l’usine du monde " avec tout ce que cela entraîne pour les masses laborieuses de ce pays en termes de sacrifices et d’exploitation. De leurs côtés, les " élites " industrielles occidentales ont rêvé de groupes industriels sans usine, aujourd’hui, elles tablent sur l’intelligence artificielle ou la transition énergétique pour reconquérir une position dominante dans les processus d’accumulation.
Toutes ses ambitions sous-jacentes expliquent les tensions internationales ( géopolitiques ) qui sont le reflet des rivalités impérialistes, chacun voulant conserver ou conquérir la plus grande part possible de l’accumulation mondiale.
Les décisions de Washington ne semble a priori guère appropriées à la reconquête. Mais il est vrai que la libre circulation du capital n’a pas donné les fruits escomptés pour les États-Unis. Puisque le capital " made in USA " a bien pu circuler librement mais pour développer des centres d’accumulation " offshore " tant et si bien qu’une part non négligeable de l’outil industriel s’en est trouvé délaissé. L’administration Trump compte sur les réserves en énergie du pays, sur la concentration des entreprises high tech, sur la (re)localisation d’entreprises industrielles sur le territoire (pour éviter les affres de la guerre commerciale) … et le caractère pusillanime de ses partenaires traditionnels européens (" le camp de la démocratie ") dont le comportement vassalisé vis-à-vis des États-Unis ne semble pas être considéré par ces derniers comme un danger potentiel majeur, ce qui n'est pas le cas de la Chine décrite depuis longtemps par les stratéges états-uniens comme un ennemi systèmique.
Si l'on peut concéder une rupture dans la méthode de la part de la nouvelle adminsitration américaine, il n’en reste pas moins toujours vrai que les fondamentaux de l’affrontement impérialiste demeurent.