N° 976 06/05/2026 La guerre d'agression déclenchée par l'alliance impérialiste américano-sioniste contre l'Iran et le Liban continue1, elle prolonge celle menée par l'entité sioniste contre la juste lutte de libération nationale du peuple palestinien2. Le parti révolutionnaire Communistes a pris clairement position pour condamner ces agressions et mettre en lumière la complicité de la France impérialiste, comme celle des États occidentaux qui à des degrés divers soutiennent et/ou justifie ces agressions.
La situation se développant au Moyen-Orient a des conséquences sérieuses sur de nombreuses économies de part le monde, conséquences dont il est difficile en l'état de mesurer la gravité dans la durée. Celles-ci mettent en lumière, les besoins en énergie fossiles, gaz et pétrole mais également en matières premières issues ou dépendantes de ces dernières, l'intensité des échanges internationaux et le rôle majeur des voies de communications, tout particulièrement maritimes3.
Toutes ces questions renvoient à celle du contrôle des matières premières, de leur circulation et de leur transformation et donc de la force de travail qui sont à la base des enjeux de domination et de conflits au sein du système impérialiste4.
Ainsi, ce qui se déroule autour de l'Iran n'est ni une guerre isolée, ni un simple épisode d'instabilité au Moyen-Orient, mais s'inscrit dans un affrontement plus large entre puissances impérialistes rivales. Cela renvoie au point nodal de ces affrontements celui entre les États-Unis et la Chine il en est le rival stratégique majeur et qui est désigné par les USA comme un ennemi systémique5. Dans cette confrontation, la Chine, même si elle semble se tenir à distance de la guerre, n'est ni un observateur distant, ni une force neutre. Du fait de la guerre et du blocage de la voie maritime du Détroit d'Ormuz, ces besoins énergétiques sont profondément affectés, surtout après la prise en main par les États-Unis de la production pétrolière au Venezuela6. Au niveau du contrôle des voies de communications, la Chine qui développe son propre réseau de circulation, concurrent de celui des États-Unis, pour ses échanges voit ses capacités réduites dans une zone stratégique.
De fait, la position de la Chine dans la région ne se définit pas seulement par des déclarations car elle est surtout la conséquence de ses intérêts concrets liés à une stratégie de développement basée sur une accumulation du capital tournée essentiellement vers une production largement orientée vers l'exportation de biens. De plus, le fait que l'Iran exporte la quasi-totalité de son pétrole, environ 90 %, vers la Chine entraîne un lien structurel entre ces deux pays. Le Moyen-Orient n'est donc pas un théâtre d'opérations lointain pour Pékin. Il est directement lié à sa sécurité énergétique, à ses routes commerciales et ses besoins de développement à long terme, autant dire, aux fondements mêmes de sa croissance.
La relation Chine-Iran a également été formalisée par un accord stratégique à long terme ouvrant la voie à des investissements chinois massifs dans les infrastructures, l'énergie et la technologie. Cela empêche nullement la Chine de renforcer ses liens économiques avec les monarchies du Golfe, dont beaucoup sont par ailleurs des alliés de Washington. Il n'y a là aucune contradiction, la Chine agit avec prudence. Elle établit sa présence de tous côtés sans précipiter une confrontation ouverte avec les USA avant d'y être contrainte, son objectif premier étant de consolider son influence.
Tous ces faits le montrent la Chine ne se situe pas en dehors de la compétition impérialiste. Penser qu'elle jouerait un rôle anti-impérialiste relève d'une lecture profondément erronée des développements actuels. De fait, la Chine fonctionne comme une grande puissance capitaliste profondément intégrée au système impérialiste mondial. Elle possède de puissants groupes monopolistiques. Elle exporte des capitaux à grande échelle. Elle se livre à une concurrence acharnée pour les marchés, les ressources et les corridors stratégiques. Sa politique envers l'Iran n'indique aucune voie alternative. Elle reflète seulement une position différente au sein du même système. Une position visant à accroître son influence, créer des dépendances et à étendre son propre pouvoir. C'est pourquoi présenter la constitution de ses réseaux (les routes de la soie7) communications en termes neutres, voire coopératifs ne correspond en rien à la réalité. En fait, il joue le rôle de réorganisation de l'espace en redirigeant les flux commerciaux à son profit. Il enferme des régions dans des relations de dépendance à long terme. La place de l'Iran au sein de ces réseaux n'est ni accidentelle, ni idéologique. Elle est stratégique.
Au Moyen-Orient aujourd'hui, deux projets de grande envergure se déploient simultanément. D'un côté se trouve le bloc euro-atlantique, mené par les États-Unis, un bloc marqué par des contradictions internes croissantes8, notamment entre les États-Unis, l'UE et l'OTAN. Il cherche à remodeler les routes et des alliances sont tissées afin de préserver sa position dominante. Parallèlement, un cadre eurasien en expansion, centré sur la Chine favorise la création de corridors et de connexions alternatifs. Il ne s'agit pas de développements parallèles qui coexistent simplement. Ils sont en confrontation, ils s'entrechoquent et redessinent les rapports de force. Dans ce contexte, l'implication de la Chine dans le conflit iranien n'a pas besoin de prendre la forme d'un engagement militaire direct pour être réelle.
De la guerre au Moyen-Orient, la Chine tire ses propres conclusions en termes de stratégies militaires. Tout cela contribue à une accumulation d'expériences plus vaste. De plus, la position centrale de la Chine dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, notamment dans des secteurs tels les terres rares et les composants industriels clés décisifs pour la guerre moderne fait que les opérations militaires de ses rivaux renforcent leur dépendance à l'égard de la production chinoise. A partir de tous ces éléments un tableau plus complet se dessine. Le conflit autour de l'Iran n'est pas un point de tension isolé. Il est international et lié à d'autres tensions et à d'autres fronts, économiques, technologiques et militaires au sein même du système impérialiste.
1 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/proche-et-moyen-orient/3827-communique-du-parti-revolutionnaire-communistes-agression-imperialiste-contre-liran
2 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/proche-et-moyen-orient/2483-pour-une-palestine-liberee-de-loppression-de-letat-colonisateur-sioniste-et-de-lapartheid
3 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/amerique-du-sud/3795-canal-de-panama-imperialisme-et-voies-de-communications
4 https://www.sitecommunistes.org/index.php/le-parti/evenements/2555-assemblees-debat-combattre-ensemble-limperialisme
5 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/amerique-du-nord/3793-strategie-de-defense-nationale-americaine-2026
6 https://www.sitecommunistes.org/index.php/monde/amerique-du-sud/3753-venezuela-communique-du-bureau-politique-du-comite-central-du-parti-communiste-du-venezuela