01-02-2009
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L’AUTOMOBILE ET LA CRISE DU CAPITALISME |
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Nous avons expliqué les raisons de la crise du
capitalisme qui tient dans l’exploitation toujours plus poussée des
travailleurs.(1) La
situation de l’automobile en est une illustration. Elle ne débute pas comme
un coup de tonnerre à l’automne 2008. Elle est le résultat de toute la
politique suivie par le capital depuis des années avec la baisse du coût du
travail, la précarité, les délocalisations, les suppressions d’emplois et en
face les profits des entreprises qui explosent, les dividendes versés aux
actionnaires en augmentation tous les ans. Elle trouve son origine dans le
système lui-même. La
diminution permanente de l’emploi. Depuis
1985 et les suppressions massives d’emplois de cette période, le patronat de
l’auto a poursuivi la diminution des effectifs. De 2004 à 2007, 8% des effectifs de la branche
(constructeurs et sous traitants) ont disparu soit 22.000 emplois. Comme dans
le même temps, la production continuait à augmenter, celle-ci a été obtenue
par les délocalisations et la réimportation en France des voitures fabriquées
dans les pays à bas coût de main d’œuvre. Écoutons
le patron d’Eurostyle sous-traitant en redressement judiciaire. « toutes les
voitures assemblées en France comporte au mois une pièce Eurostyle. Or la
production de voiture sur le territoire français est passée entre 2003 et
2007 de 3,4 millions de véhicules à 2,6 millions. On a donc perdu 800.000
unités et les choses se sont encore aggravées en 2008 ». Ce patron dresse un
acte d’accusation accablant pour le système capitaliste, sans pour autant le
remettre en cause. Toutes
les petites Renault, Peugeot-Citroën et même le milieu de gamme sont
fabriquées dans des pays à bas salaires, Slovaquie, République Tchèque,
Turquie, Espagne, sans parler des Logans roumaines, sans pour autant être
vendues en France moins cher, d’où source de profits supplémentaires pour le
patronat. Une Clio Renault coûte 1400 euros de moins si elle est fabriquée en
Turquie que la même à Flins
(Yvelines). Pour Renault, le choix est vite fait. Cela
montre toute la démagogie de la prime à la casse attribuée par le pouvoir au
nom de la défense de l’emploi. Cette prime ne va profiter qu’aux seuls
constructeurs, à préserver leurs profits, elle ne servira pas à préserver ou
à augmenter l’emploi en France. Il en est de même pour la prime dite
écologique. Ajoutons
que cette politique creuse le déficit de la balance des paiements.
L’industrie automobile était bénéficiaire jusqu’en 2007. Depuis elle est
responsable d’un déficit de 4,4 milliards, hors équipements, Renault
produisant la majorité de ses voitures à l’étranger depuis 2005, Peugeot
depuis 2007. Le profit d’abord, l’intérêt national et l’emplois après. Ils
en demandent toujours plus et ils l’obtiennent. Comme
l’ensemble du patronat le patronat de l’auto bénéficie des cadeaux sociaux et
fiscaux qui s’élèvent dans le budget 2009 à 70 milliards d’euros. Mais cela
ne suffit pas. Il en réclame toujours davantage et il l’obtient. En plus des
primes, les constructeurs ont obtenu pour leurs banques 1 milliard d’euros.
Aux Etats Généraux qui se sont tenus le 20 janvier, le
gouvernement s’est montré particulièrement généreux. 5 à 6 milliards sont
annoncés comme aide, tandis que C. Goshn directeur de Renault demande la
suppression entière de la taxe professionnelle. Ils en veulent toujours plus
pour sauvegarder leurs profits mais aussi pour se préparer à la concurrence
féroce qui s’annonce. La
crise peut être un bon moyen pour se renforcer au détriment d’autres
concurrents. Fiat vient de prendre 35% du capital de Chrysler sans débourser
un centime. Et ce n’est qu’un début. Disparition de marques, fusions
acquisitions se préparent dans l’industrie comme dans la banque. Lorsque
Sarkozy déclare qu’il faut privilégier l’investissement plutôt que la
consommation, il assure au capitalisme installé en France que tous les moyens
du pouvoir d’Etat seront mis à sa disposition pour qu’il en sorte renforcé. De
fausses exigences. Pour
faire passer ces cadeaux au patronat, le pouvoir fait mine d’avoir des
exigences envers lui. Pas de fermeture d’usine en France, plus de
délocalisations, cela fait rire
Peugeot qui entend bien décider seul. « Nous redimensionnerons nos
sites industriels français, nous l’avons fait, nous le ferons ». Par
contre pas un mot sur les 4.900
départs « volontaires » chez Renault, sur les 3.500 chez Peugeot, ce
qui correspond largement à la fermeture d’une usine de montage. Pas un mot
sur les fins de contrats de milliers d’intérimaires ou de CDD. Pas un mot sur
les jours de chômage qui s’accumulent et qui réduisent d’autant le pouvoir
d’achat des salariés de la branche. Ce
sont les salariés qui payent, alors qu’ils n’ont aucune responsabilité dans
la crise. Ils payent même deux fois. Une première comme contribuables en
finançant par l’impôt et les taxes les cadeaux aux capitalistes. Une deuxième
en tant que salariés. Le patronat de l’auto entend renégocier à la baisse les
accords signés, les augmentations de salaires. Au nom de la solidarité
nécessaire entre tous pour sauver l’entreprise. Le
29 janvier, une première riposte. Ce n’est pas aux salariés de payer la
crise du capitalisme. La puissante journée de grèves et de manifestations du
29 janvier, première et
importante étape dans la lutte contre cette politique du pouvoir et du
patronat appelle à une poursuite de l’action. C’est
aux responsables de la crise de payer. Seule la lutte unie permettra de leur
imposer. (1) voir : l’introduction au CN du 6 décembre 2008 – l’article : à
propos de la crise
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