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219 Semaine du 24 au 30 octobre 2011

 

27 octobre 2011

Sommet européen

Les gouvernants : Oui aux « marchés financiers »

Après des heures de marchandage (des mois plutôt) pour savoir qui paiera la facture et qui en bénéficiera, les gouvernants européens ont trouvé une parade ce 27 octobre. Loin d’être techniques, cette solution est politique.

Les populations européennes vont continuer à payer, le capital, lui, n’a plus qu’à se réorganiser sans avoir à supporter les conséquences de sa crise. Ainsi à travers cet énième épisode de la crise, on voit grandir et accepter cette idée de la « gouvernance économique européenne ». En clair, c’est la perte d’indépendance des états européens pour remettre l’économie des états aux mains du capital. Cette capitulation de fait, voulue par tous les partis était avancée à pas de loup depuis plusieurs mois. Comme le dit la presse du 27 octobre, ce sont les marchés financiers et les agences de notation qui ont gagné.

Ce qui reste, le nœud du problème pour le capital, c’est bien sûr, la suite avec l’application des politiques d’austérité engagées partout en Europe.

Les décisions des sommets européens de cette nuit sont aussi l’aboutissement d’une mise en scène, d’une dramatisation qui voulait préparer l’opinion publique à l’acceptation de payer la note. En gros, nous sommes coupables de plomber l’avenir mais avec des sacrifices et du bon sens la « dette » peut être résorbée. Nous sommes tous sur le même bateau, et tous ensemble avec des efforts, etc… Une rengaine vieille comme l’exploitation des peuples. Des larmes et du sang, mais ceux des peuples et dans l’intérêt du capital !

Et depuis quelques mois, avec la crise qui s’approfondit, la machine de la régression sociale tourne à plein régime. Tous les gouvernements européens prennent des mesures dites « courageuses » qu’ils font payer aux populations. Leur seul objectif c’est la baisse du coût de la force de travail avec la baisse des salaires, la casse des acquis sociaux et de la protection sociale et l’allongement de la durée de vie au travail. Ces recettes, appliquées par ces gouvernements de droite comme de gauche vont se poursuivre si on laisse mettre en œuvre ce « plan de sauvetage de l’euro ». Un seul exemple de cette mise au pas c’est celui de Berlusconi qui a « cédé » sur le passage à 67 ans de l’âge de départ en retraite pour les salariés (bien entendu Berlusconi n’était contre cet arrangement que pour des raisons électorales).

C’est dans ce contexte de période électorale dans notre pays que se jouent les délicats positionnements de la gauche. Difficile en effet de trouver des solutions à cette crise quand on veut préserver le système économique et politique qu’est le capitalisme. En fait il s’agit pour ces partis de gauche de réaliser un plat électoral présentable mais avec les mêmes ingrédients. Tout est donc dans la recette. Exercice qui va s’avérer difficile, 52% des salariés sont contre de nouveaux sacrifices.

Alors pour les besoins de la cause tout le monde, avec et comme le PS (1) met la main à la pâte. Ainsi le PGE (Parti de la Gauche Européenne) s’adresse à A. Merkel, les syndicats de la CES s’adressent aux 27 pour que soit préservée une Europe sociale…

Les fausses solutions des taxations de flux financiers et des opérations spéculatives, ou des fausses nationalisations, ne sont que poudre aux yeux et emplâtre sur jambe de bois. Elles restent dans le cadre du système capitaliste. Les peuples continueront à subir les appétits du capital.

Mais ce sommet européen n’est qu’une étape qui va se poursuivre au sommet du G20 à Nice les 3 et 4 novembre. Il va falloir que les états capitalistes mettent à plat leurs intérêts contradictoires pour préserver le système. Ils savent le faire. Ainsi on a vu cette semaine la Chine et autres pays émergents proposer d’aider l’Europe à s’en sortir. Ce qui leur permettrait entre autres d’écouler encore plus leurs marchandises en Europe. Les capitalistes des différents états sont concurrents mais le capital doit pouvoir continuer à exploiter les peuples.

Contre ce système politique et ses conséquences, seules les luttes des peuples peuvent en venir à bout.

 

(1)     Voir sur le site l’article du 25 octobre « pour le PS et ses alliés de nouveaux sacrifices sont inévitables ».

 

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