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N°75 Semaine du
15 au 21 septembre 2008 DARCOS
est content D’après
lui la rentrée des classes s’est bien passée. Il va donc pouvoir continuer
ses attaques. On peut pourtant trouver beaucoup de motifs d’être en colère. * onze
mille suppressions de postes, essentiellement dans le secondaire, l’année
scolaire passée ; * la
suppression du samedi matin pour les enfants, contre l’avis des tous les
chrono biologistes, aux dépens donc des rythmes de l’enfant. Cela peut
permettre aux familles aisées de partir mais les autres ? C’est une fois
de plus sur leur dos que l’Etat va faire des économies. *le
dispositif soi-disant en faveur des élèves dits en difficulté, destiné à
faire entrer dans les têtes que le problème de l’école c’est simplement qu’on
n’y travaille pas assez, alors que, dès les années 60, les pédagogues
progressistes avaient compris et annoncé qu’il était impossible que
l’école telle qu’elle était, et qu’elle est toujours, permît la promotion de
tous ; il fallait la changer de fond en comble. On pourrait citer d’autres exemples. Retenons
seulement que cette rentrée est la pire depuis que, méthodiquement, les
gouvernements de gauche et de droite se sont attaqués à l’école, depuis 1984.
Année après année, l’addition est
lourde, et la colère sourde. Darcos peut claironner que la rentrée s’est
bien passée, il le savait à l’avance ayant eu l’assurance que les syndicats
ne bougeraient pas. Car c’est bien l’attitude des directions syndicales, et
spécialement celle de la FSU, organisation ultra-majoritaire
qui plombe les luttes et garantit au ministre le succès de ses attaques
contre le service public de l’éducation. Cela a consisté, depuis plusieurs
années à proposer des journées de grèves isolées, éloignées les unes des
autres. Au soir, on se compte et, comme beaucoup de gens ont suivi, on est
content. Peu à peu, les enseignants, entraînés dans ce processus perdent de
vue que le but n’est pas de se montrer mais de gagner. Mais cette tactique seule ne suffit pas. Il
s’agit de déconsidérer la grève, de faire en sorte de diminuer dans les
mentalités l’idée d’y avoir recours. Alors on a inventé les manifestations du
dimanche, qui ne sont d’aucune efficacité puisqu’elles n’empêchent aucunement
la machine de tourner. Un nième épisode de ce feuilleton vient de tomber.
Dimanche 19octobre prochain, Darcos et le patronat vont trembler !!! Là encore ce n’est pas suffisant. Des luttes
importantes ont eu lieu lors de la précédente année scolaire, avec une pointe
le 15 mai supérieure aux journées, record de 2003. Qu’attend-on pour relancer
une action de cette envergure ? La FSU a été particulièrement la cible des
récriminations des enseignants qui se battent et qui en ont marre de ces
journées isolées qui ne suffiront pas. En juin dernier et le 11 septembre,
elle avait appelé à des journées d’action, (et même de grève pour le 10
juin). Or, ni elle, ni aucune autre organisation syndicale n’ont rien fait
pour populariser l’événement, appeler à y participer. Les syndicats
d’enseignants ont sabordé leurs propres initiatives. Le résultat est, pour le
moment, probant : une véritable chape de plomb s’abat peu à peu sur le monde
enseignant. Le recours à la grève diminue. Pourtant, les chantres de la
collaboration de classe n’ont pas encore gagné. Certains syndicats, dans tel
ou tel département, ont décidé de ne plus suivre aveuglément le calendrier de
la FSU : dimanche 18 octobre et plus un seul jour de grève avant les vacances
de la Toussaint... Ceux qui veulent se battre lorgnent sur la
journée d’action du 7 octobre, dans le privé et dans le public à laquelle
appellent les confédérations syndicales. C’est une journée convenue, à
l’appel de la CSI, la confédération internationale
des syndicats raisonnables, qui discutent avec le patronat au lieu de
combattre. Elle prend appui notamment sur une revendication des directions
syndicales de l’Union européenne : le travail décent. Travail décent, ça veut
dire quoi ? Cela dit, saisissons-nous de cette journée du 7 octobre,
faisons-en une
journée de grève de la fonction publique. Des appels commencent à tomber
émanant de syndicalistes ou d’enseignants, des quatre coins du pays. La
mayonnaise semble en train de prendre. On
le sait bien, seule la lutte permettra de venir à bout de Darcos. Assurons le
succès du 7 octobre. Vous
voulez plus d’information sur l’école ? Lisez l’article « les cadeaux du ministre
Darcos » dans
notre rubrique « Actualités »
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