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N°80
Semaine du 27
octobre au 02 novembre 2008 Sarkozy :
« Qu’on ne vienne pas dire que je
change de politique » Le budget 2009 en est l’exemple : confirmation des 35 milliards d’euros
d’exonération de cotisations sociales aux entreprises, réduction de la taxe
professionnelle, restrictions pour le budget de la Sécurité Sociale,
augmentation du nombre d’années de cotisations pour avoir droit à la retraite, réduction
massive des emplois dans la fonction publique. Rappel : *Dans les 10 dernières années, la France a
perdu plus de 600.000 emplois industriels. Pour baisser les coûts salariaux, accélérer
la rentabilité, les entreprises délocalisent là où la main d’œuvre est la
moins chère. Conséquences : fermetures d’entreprises, suppression de
milliers d’emplois. La France comptait en Août 3,5 millions de chômeurs. Le magazine économique
« Challenge » écrivait en février 2008 : « la
France a rompu avec toute ambition de politique industrielle depuis 1986…
Elle a démantelé ses outils dans l’industrie et dans le secteur public… La
désindustrialisation progresse en moyenne de 80.000 emplois par ans ». *Depuis septembre, les plans de
licenciements s’accumulent : Electronics 620 emplois - la Redoute 672 –
Adecco/Adia 600 – Googyear à Amiens 450 – Hewlet-Packard 580 –
Sanofis-Aventis 927 –Altadis 1060 – Crédit Agricole-Calyon 250 - Renault 4000
en France dont 1000 à Sandouville – Free/Alice 340 – la CAMIF 780 (la fermeture pourrait entraîner la
suppression de 2000 emplois chez les fournisseurs) etc… Des milliers d’intérimaires et de salariés
en CDD se retrouvent au chômage. Le gouvernement supprime des dizaines de
milliers d’emplois publics : 35.000 en 2009. *Des milliers de salariés sont mis au
chômage technique et perdent une partie importante de leur salaire (A Renault
Sandouville les salariés sont en chômage technique une semaine sur deux et se
retrouvent avec des salaires au niveau du SMIC). Des milliers d’autres sont contraints de
prendre sur leurs congés, l’entreprise fermant 2 ou 3 semaines (Peugeot,
Renault, Arcelor Mittal et tous les sous-traitants). Les patrons profitent de la crise pour faire payer les salariés et continuer
à donner la priorité à la rentabilité et préserver leurs marges de profits. Car, ils font des profits : Par exemple, au 1er
semestre 2008, Peugeot a annoncé 733 millions d’euros de profits +47% -
Renault 1,467 milliards d’euros + 36,7% . Leur rentabilité est en hausse en
2008, respectivement de 3,6% et 4,1%. Ils continuent à distribuer des dividendes
aux actionnaires. Renault va verser 4,50 euros par action. C. Ghosn a 200.000
actions. Calculez, il touchera 900.000 euros ! Les salaires et bonus, stocks-options
versés aux dirigeants d’entreprises ne sont pas mal non plus ! En
millions d’euros : - Pierre
Vercula - Vallourec 18,12 - Gérard
Mestrallet – Suez 15,54 - Xavier
Huillard – Vinci 13,10… - Daniel
Bouton –Société Générale 5,24 - J.P. Agon –
L’Oréal 5,03 - Martin
Bouygues –Bouygues 4,99… Sarkozy vole au secours des
banques : 360 milliards d’euros pour les
cautionner – 10,5 milliards
d’euros versés à 6 banques. Sarkozy a expliqué qu’il était intervenu en
faveur des banques pour aider les Français ! Il leur a donné l’argent des
contribuables pour leur permettre de continuer la course aux
profits, à spéculer. Le « Parisien » sous le
titre : « Pendant ce temps, les affaires continuent » énumère
la liste des fusions acquisitions en train de se faire : EDF
vient d’acquérir 80% dans des actifs gaziers en mer du Nord pour 335 millions
d’euros – EADS doit
racheter 20% des parts de Thalès – Air France-KLM vient d’acquérir VLM Airlines - SCOR Assurance qui vient d’acheter Prévoyance
réassurance – fusion en cours de la Caisse d’Epargne et de la Banque
Populaire etc… Le gouvernement continue à privatiser les
entreprises encore publiques : La Poste – SNCF… Sarkozy veut : « lever les
tabous » dit-il. Pour
le patronat oui « Lever les tabous » c’est
plus de déréglementation du droit du travail pour permettre aux
entreprises d’exploiter à leur guise les salariés. *Liberté pour les entreprises d’embaucher
en CDD comme elles veulent et de licencier comme elles veulent. Le journal « Le Parisien » rappelle
qu’aujourd’hui, 57% des nouveaux contrats proposés aux salariés ont une durée
inférieure à un mois ! *Généraliser le travail du dimanche. Un
projet de loi va être soumis à l’Assemblée Nationale. Les 100.000 contrats aidés. C’est là aussi d’abord favorable aux
entreprises. Selon l’INSEE c’est un contrat de travail dérogatoire qui
permet à l’employeur de bénéficier de subventions, d’exonérations de
cotisations sociales. Le principe est de diminuer le coût d’embauche et de formation
pour l’employeur. Il a une durée limitée. Ces contrats permettent de
dégonfler les statistiques du chômage. Ce n’est pas une solution pour
développer l’emploi, c’est tout le contraire. Le MEDEF applaudit, il salue la volonté de stimuler
l’économie. On le comprend c’est un plan qui facilite la tâche du patronat. Oui, la seule chose que craignent les
patrons et Sarkozy, c’est la lutte. Les capitalistes peuvent payer. Il y a les
moyens de développer l’emploi, de faire reculer le chômage, d’augmenter les
salaires. Pour cela il faut s’attaquer aux puissances financières qui nous
gouvernent. Aujourd’hui, comme hier la seule chose qui
peut imposer cela, c’est la lutte, la lutte tous ensemble. Il y a des luttes
nombreuses (1). Il en faut beaucoup plus. Développons les
partout. L’heure est à coordonner les luttes de tous les salariés. (1) Voir article du
30 octobre 2008 : Des
actions qui peuvent rapporter gros
http://www.sitecommunistes.org |