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05-2006
Intervention de « COMMUNISTES » au Séminaire Communiste international
(Bruxelles – mai 2006)|
Deux camarades de notre parti ont
assisté au quinzième Séminaire Communiste International qui s’est tenu à Bruxelles du 5 au 7
mai 2006. Le thème
de cette rencontre était : « Expériences passées et présentes dans
le mouvement Communiste ». Ci-dessous la communication qu’ils
ont présentée. Nous reviendrons sur ce séminaire
dans un prochain article. Le
Secrétariat National
Bonjour camarades ! Nous participons pour la première
fois au Séminaire Communiste International que le Parti du Travail de
Belgique organise chaque année. Nous le remercions de nous avoir invités.
Nous sommes convaincus que l’échange d’idées et d’expériences de cette réunion
nous sera d’une grande aide. C’est à notre tour de vous informer sur notre
activité depuis un an. Mais auparavant permettez-nous
de nous présenter. Un grand nombre d’entre nous sont d’anciens membres du
Parti Communiste Français qui avions d’abord espéré, par notre action,
ramener ce parti sur une ligne révolutionnaire. Nous l’avons quitté après
avoir constaté que c’était impossible. Nous avons fondé en mars 2002 un
parti révolutionnaire. Nous l’avons appelé « COMMUNISTES ». Nous
vous invitons à visiter notre site, vous y trouverez toutes les indications
nous concernant. Quel est notre bilan après
quatre ans d’existence ? *Nous avons consacré beaucoup d’efforts
à parvenir à l’unité idéologique, politique et d’action sur la base du
Marxisme-Léninisme qui est aujourd’hui notre pratique courante. Mais beaucoup
d’efforts restent encore à fournir car, vous le savez, ce doit être une préoccupation
prioritaire et permanente. *Il en découle que la formation
permanente des adhérents de « COMMUNISTES » au Marxisme – Léninisme
est pour nous un très grand objectif. Nous éditons une brochure de cinq cours
destinée à l’organisation d’écoles de base de tous les adhérents. Formation
complétée par des stages, des réunions d’informations etc… *Cela dit, nous ne deviendrons
jamais une secte, fut-elle Marxiste –Léniniste. Nous avons créé « COMMUNISTES »
pour lutter avec les travailleurs et le peuple contre le pouvoir capitaliste
et changer de société. L’aspect essentiel et décisif de notre activité c’est
de développer la vie régulière du Parti et sa liaison avec les masses. Nous
sommes actuellement organisés dans 62 départements sur 95, dans de grandes
branches comme la Chimie, la Métallurgie, la Poste, les Télécoms, l’Equipement…
Dans des quartiers populaires, des Universités et d’autres établissements
scolaires. Nous veillons tout particulièrement à la vie régulière de nos
cellules, à celle des directions fédérales, du Comité National, du Bureau
National et du Secrétariat qui se réunissent très régulièrement. *Notre activité de propagande
reste encore trop limitée. Cependant notre bulletin « Communistes »
est diffusé dans les 95 départements français. Nos cellules et organisations
départementales organisent la diffusion régulière de dizaines de milliers d’exemplaires
du bulletin et de tracts. Bien entendu notre parti se prononce officiellement
sur chaque évènement important de la vie nationale et internationale. Notre
site « Communistes » a été amélioré mais il reste encore beaucoup à
faire. Le mieux maintenant est de vous
parler de notre activité depuis un an. Le 29 mai 2005 en votant NON au
référendum, 15 millions et demi d’électeurs ont saisi l’occasion qui leur était donnée de s’opposer
à une politique qui permet aux groupes capitalistes d’accumuler des profits
records pendant que la situation du peuple se détériore. Ce NON, c’est le NON
des couches populaires le plus durement touchées par la politique actuelle :
79% des ouvriers – 67% des employés – 71% des chômeurs. Quant aux 18-29 ans
ils ont voté N0N à 62%. Les résultats du NON sont à
calquer sur les pourcentages du chômage, des bas salaires, de la précarité,
de la mal vie. Un économiste de droite écrira : « ce qui s’est passé
relève d’un phénomène de lutte de classe ». Exact ! La majorité de ceux qui ont voté
NON n’ont absolument pas suivi les « conseils » prodigués à la fois
par le gouvernement, la droite, le Parti Socialiste et d’autres qui leur
demandaient de se prononcer en ne tenant pas compte de la situation en France
car ce n’était paraît-il pas le moment. Ils auraient dû s’en tenir uniquement
à la question posée, celle de l’Europe, comme si ce qui se passe en France n’avait
rien à voir avec Bruxelles ! Ce NON ne signifie surtout pas l’adhésion
à « l’Europe sociale » que prônaient les belles âmes de gauche. Ce
NON c’est le rejet total de l’Europe capitaliste, de plus en plus ressentie
dans notre pays comme l’instrument du capital multinational. Dès le lendemain du référendum
les manœuvres politiciennes se multipliaient mais pas question pour la gauche
d’engager une grande action nationale qui s’appuierait sur les 15 millions d’électeurs
du NON et obligerait le patronat et son gouvernement à reculer. Fabius, dirigeant du Parti Socialiste
et candidat à la candidature pour la présidentielle de 2007, était la figure
de proue du NON. Le référendum passé il avouait crûment : « je veux
poursuivre la politique réformiste, je suis complètement européen, grâce à
moi le PS pourra ramener les couches populaires dans l’alternance ».
Colomb, maire socialiste de Lyon ajoutait : « Il faut permettre aux
socialistes qu’ils aient voté OUI ou NON, de se rassembler. Les centres
villes ont voté OUI, les périphéries NON, alors il ne faut pas se crisper
mais résoudre tout ça ». OUI ou NON après-tout ce n’était pas si grave !
M.G. Buffet du Parti Communiste appelait les organisations de gauche qui ont
choisi le OUI et le NON à se rassembler pour construire l’alternance. Pour
faire quoi ? Silence radio. Les « comités pour le NON » qui se
sont créés à l’initiative de dirigeants du PC, du PS, des Verts, de la LCR,
de syndicalistes etc… ne visaient qu’à intégrer ceux qui ont exprimé leur
rejet de la politique actuelle le 29 mai, dans leur projet d’alternance de la
« gauche » remplaçant la droite en 2007. Une fois de plus, la
classe ouvrière et le peuple, à la remorque de la bourgeoisie ! Chirac a subi un coup sévère
mais n’en exagérons pas la portée. Le capitalisme est toujours au pouvoir et
il poursuit son objectif : mettre la France à l’heure Européenne. Tout
ce qui se passe actuellement le prouve. Les multinationales ne perdent pas de
temps, elles disent même que c’est dès maintenant qu’elles vont, avec le
gouvernement français, accélérer
la mise en œuvre de leurs objectifs. Où en serons-nous si nous les laissons
faire, si nous attendons la sinistre alternance gauche-droite de 2007 comme
on attend le messie ? Nous sommes fiers d’avoir été
les seuls à faire entendre une voix différente, à avoir un comportement différent
de tous ceux qui se sont exprimés pendant ce référendum. Nous n’avons été ni
des partisans trompeurs de la soi-disant « Europe sociale », ni des
encenseurs sans limites de la nation française, ni des croyants mystiques ou
chimériques d’une Europe qui serait naturellement le creuset de l’union des
peuples. NON à toute Constitution européenne !
Il ne peut y avoir de bonne Constitution dans une Europe totalement dominée
par les grands groupes capitalistes industriels et financiers internationaux. Cette période vient de montrer
encore plus fort que des millions d’électeurs sont en phase avec les idées
que nous avons défendues tout au long de cette campagne. Partout où nous nous sommes
exprimés, où nous avons fait signer notre pétition, dans les entreprises,
dans les réunions que nous avons tenues, nous avons été très bien accueillis
et nous avons constaté que de nombreux travailleurs, des jeunes sont en phase
avec notre discours clairement anticapitaliste. Ceci confirme pleinement ce que
nous savions déjà : nous
avons de grandes possibilités pour étendre notre influence, nous développer.
Pour cela nous devons maintenant élargir de plus en plus notre travail et
multiplier les initiatives prioritairement dans les entreprises et vers les
jeunes. Depuis le référendum, la crise
sociale s’est encore approfondie. Un mécontentement profond s’élargit, une volonté de lutte se développe
et s’exprime toujours plus fort mais en même temps, nous constatons que cela
se passe dans une situation très brouillée où les manœuvres de toutes sortes
se multiplient pour s’accaparer le mouvement, en dévier les objectifs, empêcher
son développement, l’utiliser comme une masse de manœuvre au service du réformisme
et de toutes ses variantes politiques et syndicales. Pour le gouvernement le
mouvement des banlieues de novembre 2005 était synonyme « d’émeutes »
et de « violences urbaines ». Il y a en France cinq millions de
privés d’emploi, combien sont-ils dans les banlieues ? Aulnay- sous-Bois
dans la banlieue parisienne, compte 44% de chômeurs chez les jeunes, mais l’usine
PSA – Citroën de cette commune refuse de prendre des stagiaires issus du collège local ! Toujours en
Seine-Saint-Denis, près d’un salarié sur trois qui a pu trouver du travail
est payé en dessous du SMIC (salaire minimum inscrit dans
la loi en France). De quels droits jouissent ceux et celles, jeunes et
adultes qui sont traités de cette façon ? Leur action, en dépit de
certaines formes qu’elle a pu parfois prendre, a été dirigée contre cette
société capitaliste, contre ces privilégiés du système, contre ce qu’ils ont
le culot d’appeler « l’ordre républicain ». On a pu s’apercevoir du
très large consensus pour défendre ce fameux « ordre républicain »
qui n’est autre que l’ordre du Capital. Ce mouvement des banlieues, ce
fut avant tout l’explosion spontanée de la révolte de cette partie de la
population française la plus férocement exploitée par le capitalisme. Ce mouvement a surpris la gauche
bien pensante qui ne s’est pas retrouvée dans cette explosion. Après avoir
adopté au début une prudence remarquée et fustigé les « brûleurs de
voitures », elle s’est employée à le récupérer avançant le mot d’ordre :
« inscrivez-vous pour voter ». Ce à quoi nombre de jeunes ont répondu :
« voter pour qui ? » L’intégration au système
capitaliste reste donc le seul programme de la gauche en France. L’alternance
de 2007 avec la gauche au pouvoir pour faire la même politique, voila l’horizon
indépassable auquel on veut rallier la jeunesse. Dans ces banlieues où il ne
reste rien des « ceintures rouges » où le PCF ancienne formule était
très fortement implanté, il nous faut entreprendre un travail de longue
haleine pour asseoir notre parti. Nous allons étudier cette question à notre
congrès. Dans les banlieues nous avons pu vérifier que notre politique et nos
propositions étaient en phase avec les aspirations des jeunes qui travaillent
et de ceux qui sont sans-emploi. A nous maintenant de les faire connaître. L’action contre le CPE (Contrat
Première Embauche) qui vient de se dérouler en France a contraint le
gouvernement à le retirer. Ce rejet du CPE par les étudiants
et lycéens a exprimé le refus profond de l’avenir de chômage et de
sous-emploi qui leur est fait. La parenté de leur mouvement avec celui des
banlieues est évidente. Il rejoint aussi les revendications et aspirations
des salariés qui ont participé très nombreux aux manifestations. On a remarqué,
dans ce mouvement l’engagement positif d’une partie des enfants des couches
moyennes. Jusqu’alors la précarité n’était l’apanage que des enfants des
familles ouvrières, ce n’est maintenant plus le cas. Ils ont réagi de bonne
façon. C’est la puissance et la détermination de ce mouvement qui a amené les
centrales syndicales – réservées au début- à s’engager dans l’action. La CFDT
avait l’intention – comme elle l’a fait pour les retraites et la Sécurité
Sociale- de « négocier » directement la question avec le patronat
et le gouvernement. L’erreur du premier Ministre fut de ne pas la consulter.
Pas rancunier, Chérèque, le « patron » de la CFDT a déclaré en
pleine lutte des jeunes : « évacuons le CPE pour entrer dans le
processus de négociations… et l’on a deux mois pour construire quelque chose ».
Nous y sommes, attention ! La puissance du mouvement a
contraint le gouvernement à retirer le CPE. Obligé de manœuvrer en recul, il n’a en rien abandonné son
objectif de généraliser la précarité et la flexibilité pour tous les salariés,
de donner toute liberté au patronat de licencier sans aucune contrainte en
liquidant le droit du travail. . Il serait incompréhensible d’aller «négocier »
sur un tel terrain qui tourne le dos aux exigences de la jeunesse et à de véritables
solutions pour développer l’emploi. Pourtant les organisations syndicales s’apprêtent
à le faire, chacune de son côté, chacune à sa façon. D’ailleurs, un
certain sentiment d’amertume a vu le jour chez les étudiants, qui ont constaté
que les organisations syndicales, CFDT en tête, ont tout fait pour arrêter le
mouvement et empêcher son élargissement. Pour leur part les partis
politiques de gauche se sont employés à utiliser le mouvement des jeunes à
leur profit, sur le thème : « Union à Gauche pour que ça change
avec la victoire à la Présidentielle de 2007». A part ça, pas de
proposition sérieuse sinon de vagues généralités masquant leurs intentions réelles.
A noter par ailleurs l’expression maintes fois utilisée par la gauche et
relayée par les media de « sortie de crise ». Pour eux ce mouvement
de lutte n’est pas un moment de prise en charge de son destin par la
jeunesse, mais une crise de plus ! Seule l’action a imposé le
retrait du CPE. Seule l’intervention des jeunes et des salariés pourra déjouer
ces manœuvres des uns et des autres et contraindra patronat et gouvernement à
de nouveaux reculs. Telle est la situation d’aujourd’hui. Nous serons présents
bien évidemment dans la bataille de 2007. Nous développerons partout
notre et nos propositions pour
le changement. Nous présenterons des candidats partout où ce sera possible. Dans cette période nous avons
considérablement développé notre activité, dans la jeunesse d’abord mais
aussi chez les enseignants et personnels des facultés et lycées et bien sûr
chez les salariés. Le mouvement a montré que dans la jeunesse scolarisée la
volonté de lutter tous ensemble était très forte et que le besoin de
changement qu’ils viennent d’exprimer va encore grandir. Tout permet de
penser qu’il s’exprimera à nouveau. Mais force est de constater que de fortes
illusions existent sur la possibilité d’une issue électorale à Gauche. La démagogie
du PS, du PCF, de la CFDT, de la CGT et de bien d’autres n’est pas sans effet
sur de jeunes consciences qui arrivent à la vie politique privées d’un
puissant repère révolutionnaire comme c’est hélas le cas en France aujourd’hui. Il reste que partout où nous étions
présents, partout nous avons rencontré des jeunes qui découvraient l‘existence
d’un parti politique apportant une réponse politique structurée à leurs
interrogations. Notre congrès va étudier comment mieux nous faire connaître
et développer une activité politique dans ce milieu. Quelques mots sur le 48ème congrès de la
CGT qui vient de franchir une nouvelle étape. Les caractéristiques qui
faisaient d’elle un syndicat révolutionnaire de lutte de classe sont dorénavant
abandonnées par le congrès qui vient d’adopter comme ligne : *la recherche permanente du
compromis à partir des positions du patronat et du gouvernement. C’est la
collaboration de classe, version actualisée. *« le syndicalisme rassemblé »
sur cette base en France avec la CFDT, FO etc… en Europe avec la CES et au
plan international avec la CISL et la CMT les deux organisations les plus réactionnaires
qui soient. C’est l’installation de la collaboration de classe à l’échelle
européenne et mondiale. Mais face à cette offensive qui
casse le syndicalisme de lutte de classe, des forces importantes agissent.
Partout des responsables syndicaux CGT à tous les niveaux et avec eux des
centaines de milliers de travailleurs ne sont pas disposés à accepter cela. C’est
une force avec laquelle il faudra compter. Nous prendrons toute notre place
dans ce combat. Chers, Chères, camarades, Les évènements que nous avons vécus
depuis un an ont confirmé, s’il en était besoin, la nécessité absolue en
France d’un parti révolutionnaire comme « COMMUNISTES » apportant
son analyse et ses propositions. Un parti fondamentalement différent de tous
les autres, le seul qui ait analysé correctement, en marxiste-léniniste, ce
qui s’est passé, le seul qui ouvre une perspective révolutionnaire et les
moyens d’y parvenir. Nous nous sommes renforcés en
adhérents, nous avons élargi notre audience. Mais nous savons que l’essentiel
reste à faire : développer en France le grand parti révolutionnaire dont
elle a besoin aujourd’hui. Nous sommes entrés dans une période
où l’exploitation capitaliste va peser de plus en plus lourdement sur les
travailleurs et le peuple. Soyez assurés que notre parti fera face aux évènements qui se préparent.
Nous saluons fraternellement les
camarades qui mènent le combat révolutionnaire
dans leur pays et nous leur souhaitons plein succès.
http://www.sitecommunistes.org
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