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15-11-2004
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ECOLE : l’opinion de « COMMUNISTES »
sur le rapport THELOT |
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Vous trouverez ci-dessous
deux textes donnant informations et analyses. Un autre est à venir. RAPPORT THELOT : l’école au service du marché Depuis
Jules Ferry, l’école a toujours été au service du capital. Avec la
construction européenne et la mondialisation des économies, cette école ne
correspond plus aux ambitions du capitalisme. L’école doit être marchande, c’est
à dire compétitive et rentable donc flexible pour être adaptable. Cette
ambition n’est pas nouvelle. Le rapport Thélot, remis au gouvernement le 12
octobre dernier, rappelle avec lucidité qu’il s’inscrit dans la continuité de
la loi d’orientation de 1989. Déjà avec Jospin, aujourd’hui avec Raffarin,
les syndicats réformistes de l’Education Nationale, SGEN CFDT, SE FEN UNSA,
trouvent que la philosophie du rapport Thélot va dans le bon sens. Pour sa
part la FSU se borne à regretter l’abandon de l’objectif des 80% d’une classe
d’âge au baccalauréat. L’analyse
de Communistes 1- il n’y a plus d’Education Nationale, fin
des programmes nationaux, mais un service public d’éducation à qui le pouvoir
en place fixe des objectifs comme à la Poste ou à EDF :
- « les fondamentaux » = socle commun de compétences ;
primaire et collège de la grande section de maternelle à la
classe de 5ème
(fin de l’école maternelle ?)
- puis dès la 5ème la formation se personnalise (sic), les jeunes
seront informés dans des créneaux de formation d’où ils ne pourront pas
sortir. Il est facile de comprendre ce qui est réservé aux enfants de la
classe ouvrière
- 4ème
, 3ème , le tri est effectué entre les différents cycles,
l’orientation devient une offre de formation, plus ou moins longue, qui vise
un seul but répondre aux besoins du marché de l’emploi : département par
département ; région par région 2- on adapte les structures et les
personnels : autonomie – décentralisation - déconcentration
- fin des Inspections Académiques, les établissements et leurs personnels
seront gérés par le Rectorat. Budgets et salaires dépendront du
département ou de la région :
janvier 2005, ce sera déjà le cas pour les personnels non enseignant (les
TOS), puis à la rentrée 2005, les recteurs fixeront les conditions
d’affectation des enseignants du second degré sur des postes de plus en plus
profilés. Formation, recrutement et rémunération de tous les personnels
s’adapteront sur la base des résultats obtenus en fonction des objectifs
fixés à chaque établissement
- les chefs d’établissement sont transformés en véritable chefs d’entreprise.
Leur principale tâche : adapter au mieux l’offre de formation à l’offre
d’emploi au plan local, départemental ou régional 3 – Ecoles publiques, écoles privées :
qui financera ?
- si tous ces objectifs sont mis en place, nul doute que le capital
n’hésitera pas une seule seconde à accorder tous les moyens nécessaires comme
il le fait déjà, avec la complicité et le soutien des finances publiques de
tous les gouvernements depuis 30 ans, pour changer toutes les règles du
travail en France et permettre aux profits de s’envoler pendant que tous les
acquis sociaux sont détruits un à un.
- Il y aura sûrement un maillage entre écoles privées et écoles publiques. De
toutes les manières, le service public d’éducation ainsi défini, secteur
public ou secteur privé, le résultat est le même : l’école est un grand
marché au service du marché. Bien sûr comme toujours, le plus rentable ira au
privé : écoles de pauvres (de préférence publiques) là où il y a les
pauvres ; écoles de riches (de préférence privées) là où … Comment
faire pour que l’école réponde aux besoins de notre peuple : L’école
telle qu’elle est aujourd’hui, en tout premier lieu le statut des personnels,
est donc un frein aux ambitions du capitalisme français. Le rapport Thélot ne
vise donc pas une « réformette », mais une adaptation en profondeur
de l’école à la société. Les premiers perdants, bien sûr, les enfants des
classes populaires qui seraient privés de l’accès aux outils indispensables
pour comprendre le monde actuel. L’offensive
idéologique est considérable. Elle veut nous faire accepter la situation
actuelle comme intangible, il n’y aurait pas d’autres choix, pas d’autres
voies possibles. Nous serions condamnés à chercher des réponses
individuelles. Pourquoi vouloir continuer à regarder ce que l’on ne veut pas
vous montrer ? L’école
de demain a cette ambition : enfermer idéologiquement les jeunes dans
une pensée individuelle de leur vie, de leur devenir et du monde. Il
n’y aura pas une autre école, une autre société sans la construction de
réponses collectives qui permettent le développement des luttes sans lesquelles
rien n’est possible. Les fondamentaux sont là et pas ailleurs. C’est le rôle
de notre parti de n’avoir de cesse de dénoncer cette politique tout entière
au service de la bourgeoisie. RAPPORT THELOT : morgue et cynisme Ce
qui frappe assez vite à la lecture du rapport Thélot, c’est la morgue de ceux
qui l’ont écrit, leur cynisme aussi. Ils révèlent la conception de l’Ecole
publique de leurs commanditaires : les hommes du grand capital. L’Ecole
qu’ont pensée Jules Ferry et ses successeurs et héritiers nous est livrée
sans ambage. C’est une compétition, visant à dégager une élite dans
laquelle l’égalité des chances n’est là que pour
permettre à quelques uns seulement d’utiliser «l’ascenseur social».
Ces choses là sont dites comme des évidences car nous vivons le seul monde
possible de l’avis de ces gens là ; quant à la réussite collective à
l’Ecole ce n’est qu’une «absurdité sociale». Enfin cette Ecole est fortement
teintée de morale, d’idéologie : elle doit coûte que coûte intégrer au
système tous ceux qui passent par elle, même si elle n’avait plus que cela à
faire, afin que tous reconnaissent les valeurs du capitalisme, ses règles de
vie comme les seules possible. Les
hommes du Capital sont persuadés d’avoir gagné la partie avec l’Ecole. Ce
formidable outil idéologique qu’ils ont bâti pour «clore l’ère des
Révolutions», pour formater l’ensemble du peuple, génération après
génération, a aujourd’hui, de leur point de vue, rempli son contrat. Si
rien ne vient entraver la volonté des capitalistes, nous vivons les dernières
années de l’Ecole publique, laïque, gratuite et obligatoire. Certes, les
différents gouvernements qui se sont succédés depuis une décennie avaient
préparé cette fin. Mais Thélot et ses amis veulent la hâter.
Après la décentralisation, voici l’autonomie couplée à l’augmentation
considérable des pouvoirs des chefs d’établissement : de futurs «chefs d’entreprise
privée». Une autre proposition du rapport peut mettre la puce à l’oreille de
ceux qui ne verraient rien venir. Il s’agit de créer un statut différent
pour les nouveaux professeurs de collège et lycée avec 4 à 8 heures de plus.
On n’embête pas les «anciens», on les laisse finir, partir à la retraite,
mais on s’attaque à ceux qui arrivent. Ce n’est pas une autre tactique qui a
été utilisée pour privatiser France Telecom, puis la Poste et enfin EDF. A en
croire des tas de bons apôtres, il existerait une culture partagée par
l’ensemble de la population (toutes classes sociales confondues) que l’Ecole
aurait à transmettre aux générations futures. Il n’y a pas de culture
commune, mais une classe dominante. Et l’idéologie dominante, celle qui
s’impose à chacun, est, comme le disait Marx, celle de la classe dominante. Ce
qui définit l’idéologie (et donc la culture) dominante, c’est qu’elle
s’impose aux dominés comme représentation et explication du monde, qu’elle
leur impose de se percevoir par rapport à elle. La culture dominante est la
culture commune. S’il
faut s’en prendre à ce «socle» c’est en tant que révélateur de ce que nous ne
voulons pas, de ce que nous devons combattre.
Car, comme le dit Jean Foucambert, « l’éducation n’a pas à être un outil de pacification
sociale ; du moins tant qu’il existe de l’aliénation, de l’injustice, des
inégalités ; à moins de s’en rendre complice.» Demandons-nous
enfin, pourquoi Thélot appelle à la rescousse l’ordre ancien, le bon vieux
temps de Jules Ferry, les «règles de comportement qui étaient
auparavant observées de manière quasi-automatique ou inconsciente». C’est
bien parce que l’Ecole est dans une situation de rupture. Malgré tous les
bons apôtres de l’Ecole sanctuarisée, de l’Ecole pour tous, force
est de constater que l’Ecole ne parvient pas à échapper à la crise et que
ce n’est pas là simple fantasme de Thélot ou de ses amis. En attendant que
l’Ecole privatisée soit en état de fonctionner, Thélot nous demande encore un
peu d’intégration au système par la transmission des valeurs communes. Les
organisations syndicales qui le critiquent revendiquent le maintien de
l’Ecole de Jules Ferry avec un plus haut «niveau» de valeurs communes.
La conception de la culture qu’elles défendent est un moyen de reproduction
des formes de domination d’une classe sociale ; pour eux les contradictions,
les crises et les violences qui résultent de cette domination se résument à
des problèmes techniques qu’il faut résoudre techniquement. Lire, écrire,
compter seraient des questions uniquement techniques ? Les
difficultés d’accès au savoir et à la culture seraient liées à des
incapacités individuelles que l’Ecole serait «susceptible» de combler
uniquement chez ceux qui en accepteraient les valeurs ?
Quant à ceux qui les refusent, l’Ecole n’a pas de moyen de les mettre en
rapport avec le savoir et la culture. Et à l’impossible, nul n’est tenu.
Cette morale transpire par tous les pores du rapport. On
ne peut accepter ni la privatisation que préfigure Thélot, ni le maintien de
l’Ecole de Jules Ferry que défendent syndicats et partis de «gauche». Avec
les «révélations» du rapport Thélot on sait à quoi s’en tenir. C’est une
autre Ecole qu’il faut ! Une Ecole qui permette à chacun de voir et de
comprendre les antagonismes que recèle toute production humaine et donc la
lutte des classes.
http://www.sitecommunistes.org
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