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13-10-2006
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L’illusion d’un pouvoir d’achat |
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Dans
un article précédent (1),
nous tentions de faire la démonstration que le terme souvent utilisé du
pouvoir d’achat pouvait être un leurre et à l’arrivée avoir des conséquences
dramatiques. Tous les chiffres, mêmes
officiels, confirment cette tendance. Les salaires, en France, n’ont évolué
que de 0,6 % par an entre 1998 et 2004. Encore faut-il prendre ces chiffres
avec une extrême précaution, car il ne s’agit que d’une moyenne de tous les
salaires. Par contre, on peut noter
de réelles disparités. Le salaire des femmes reste toujours inférieur de 19,6
% par rapport à leurs collègues masculins, dans le secteur du commerce, les
embauches d’employées renforcent le phénomène des bas salaires. Dans le privé, la rémunération
des quinquagénaires est ainsi supérieure de 65 % à celles des moins de 30
ans. Dans des secteurs, comme
la construction, les salaires baissent et ce processus a tendance
depuis à s’accentuer dans plusieurs secteurs manufacturiers. Aujourd’hui, la politique
salariale obligatoire chaque année se réduit à sa plus simple expression et l’épargne
salariale devient une stratégie prioritaire. Là encore, elle génère et
accroît les inégalités. Que l’on soit dans une petite entreprise ou une
grande, que l’on soit ouvrier ou cadre, que l’on soit dans un secteur
manufacturier ou financier. En 2004, les chiffres
parlent d’eux-mêmes. Seul 40 % des salariés bénéficient de la participation
et/ou de l’intéressement. Mais, 7,9 % des salariés des entreprises de moins
de 50 salariés en bénéficient, contre 62 % pour les grandes entreprises. Là
encore de fortes inégalités, les salariés les mieux rémunérés perçoivent 40 %
des sommes versées. Comme on peut le vérifier,
le salaire reste la notion la plus équitable, d’autant que lui seul, faut-il
le rappeler, finance notre protection sociale, dont nos retraites. C’est pourtant le choix
de cette épargne salariale que fait le gouvernement. Même s’il tente de
cacher la réalité sous les vocables de « cohésion sociale » ou s’agissant
de l’actionnariat salarié de « dividende du travail ». En prenant connaissance
de notre précédent article, vous êtes à même d’en comprendre les mécanismes
et les calculs, qui démontre la nocivité d’une telle politique, pour les
salariés, mais également pour l’économie du pays. Novembre est la période
de négociation salariale prévue par le code du travail. Celle-ci doit
aborder, les salaires, bien entendu, et plus particulièrement l’égalité homme /
femme, mais également les conditions et la durée du travail, la formation etc… C’est un moment privilégié
pour débattre de vos besoins en matière revendicative, au rang desquels le
pouvoir d’achat apparaît comme une priorité pour tous. Mais et surtout un
pouvoir d’achat qui s’exprime en salaire direct et socialisé. Tout autre
artifice n’est que leurre et participe à détruire l’avenir de tous les salariés. (1) Voir article du 2 octobre 2006, Salaire ou pouvoir d’achat ?
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