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13-11-2005
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La poste dans l’œil du capitalisme |
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La loi
de déréglementation Postale organise le dépeçage d’un fleuron du service
public, au profit exclusif des appétits du MEDEF et du syndicat des Banques,
c'est-à-dire du capitalisme, le « libéralisme » n’étant que le
bikini idéologique derrière lequel il se cache ! Tous les postiers (ères)
savent que les filialisations, les changements d’appellations ne sont que le
brouillard derrière lequel s’avancent masqués les gouvernements de
droite et de gauche, la palme revenant au socialiste Quilès qui a ouvert la
voie de la mise en coupe réglée des PTT en séparant la Poste et les télécoms.
La privatisation des Télécoms étant assurée par le gouvernement Jospin, par
Strauss-Kahn qui affirmait « France-télécom a vocation à rester dans
le giron de l’Etat »; il tenait les mêmes propos que De
Villepin et Breton à propos de la privatisation d’EDF ! Chacun peut voir aujourd’hui
la place de France-Télécom dans la compétition capitaliste [1]. Les usagers d’un grand service public sont
devenus clients d’une entreprise capitaliste, avec des augmentations
permanentes de tarifs de communications. De la régulation des tarifs par l’Etat,
nous sommes passés à la jungle commerciale guidée par la recherche du profit
maximum, il en est de même pour la liquidation du 12 à France-Télécom. La situation du personnel
s’est forcément considérablement aggravée: perte du statut de la fonction
publique (ceux qui restent sont « priés » d’évacuer vers d’autres
administrations!), précarisation, pressions de la hiérarchie pour faire « du
chiffre ». Le résultat c’est une dégradation sans précédent du service
rendu, toutes entreprises de Télécom confondues, qu’il s’agisse de SFR, le 9,
Bouygues etc. Seules les parts de marchés et le profit comptent pour le
capitalisme. On comprend mieux aujourd’hui
pourquoi la direction générale de La Poste a décidé en décembre 2004 de
stopper la gratuité de l’abonnement téléphonique et la gratuité de la carte
bleue à ses 136 000 retraités, réduisant de 200 € par an en moyenne leur
pouvoir d’achat. La création d’une Banque
Postale dès le 1er janvier 2006, montre à quel point les appétits du
capitalisme sont en phase avec les dirigeants de La Poste, de l’Etat, du
MEDEF au travers du syndicat des banques dirigé par Prot de BNP-Paribas. Que
deviendront les 19 000 agents des services financiers ? Que
deviendra l’épargne déposée à la CNE et les fonds des Chèques Postaux par les
dizaines de millions de petits épargnants de toutes nationalités ? L’appétit
des banques et du capitalisme est illimité, ces fonds les intéressent depuis
des décennies, ils lorgnent dessus, ils pensent pouvoir faire le hold-up du
siècle. Les créations de filiales Chronopost, Coliposte, dans l’Immobilier,
Efiposte cachent mal les appétits destructeurs du capitalisme qui suivent la
liquidation des centres de tri, des ateliers de réparations, des services
autos, le SNAG. Des luttes se sont développées,
se développent, elles mettent en difficulté la direction de La Poste. Aussi
certains Directeurs (ices) n’hésitent pas à se transformer en « garde prétorienne »
du capitalisme. Ne reçoivent-ils pas le soutien du syndicalisme réformiste de
la CFDT, comme à Paris nord Gonesse, après Bègles ? Les atteintes aux
libertés se comptent par centaine à La Poste. Faut-il parler de
dialogue social à La Poste, quand tout est fait pour démolir le service
public, le personnel et les usagers ? Ne s’agit-il pas plutôt d’un
prologue d’exécution massive de service public, d’emplois et de services
rendus aux usagers ? La propagande de La Poste
éclaire déjà « 17 000 » points Poste à la place des 17 000
bureaux de plein exercice, 2 500 bureaux rénovés d’ici 2007, alors qu’il
en supprime dans la même période plus de 6 000, mais là ce chiffre ne
figure plus dans la propagande ! L’argent public économisé par ces
fermetures non plus, il reste que les profits de La Poste dépassent le
milliard d’€ pour les six premier mois de l’année, ils sont le résultat de l’exploitation
de l’ensemble du personnel. Le tapage fait sur la rénovation et les « bureaux
du futur » cache mal les intentions de La Poste de s’ouvrir au
capitalisme derrière les termes «d’industrialisation», et
de vente liée à l’épicerie, comme quoi « le cœur des métiers » n’était
là que pour « casser » du postier fonctionnaire et des services au
public. Une autre politique est
possible. La lutte est indispensable pour s’attaquer à la main mise du
capital. [1] voir
article privatisation du 21.10.2005 et du 05.11.2005
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