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30-11-2005

L’ETAT POLICIER

SUITE (1)

 

 

Dès qu’elle en a l’occasion, la réaction s’en prend aux libertés collectives et individuelles et renforce son état policier.

 

Pour masquer la responsabilité du système capitaliste, dans la récente révolte des cités-ghettos où chômage, misère, violence, racisme s’accroissent, ont été mis en avant la responsabilité des familles, la polygamie, l’économie souterraine … Mais quand les chiens sont lâchés, rien n’arrête la curée. C’est à celui qui en rajoutera le plus.

 

Ainsi, un député UMP, suivi par près de 200 élus de ce parti, vient de demander l’interdiction de sept groupes de rapp, des poursuites judiciaires, proposition que le ministre de la justice s’est empressé de mettre en œuvre.

 

Il est toujours possible de discuter de certains textes de chansons -du Rapp au Déserteur de Ferré ou de la Marseillaise de Gainsbourg- autre chose est de brandir la menace de la justice et du tribunal pour régler un problème social. L’échec en est assuré.

 

Dans ce concert de haine, ils ont reçu l’aide d’un allié, d’un « philosophe » bien en cours, souvent invité sur les plateaux TV, disposant d’une émission sur France Culture, présenté comme une conscience française, Monsieur A FINKIELKRAUT. Il vient de donner son avis sur les jeunes des cités françaises à un journal israélien. A la question des journalistes relevant que beaucoup d’enfants issus de l’immigration, donc Français, se sentent rejetés par la société française, il répond : « mais personne ne les retient ici ».

 

Du Le Pen, de Villiers pur jus qui ont trouvé là un relais qui se veut respectable. Ces deux là n’ont plus qu’à se taire et attendre. D’autres travaillent pour eux. N’est-ce pas Monsieur Finkielkraut ?

 

Devant le congrès des Maires de France, au nom du gouvernement, Nicolas Sarkozy leur propose -en liaison avec les enseignants- de participer à la répression des familles dont les enfants se conduiraient « mal ». C’est la volonté de transformer tout l’appareil d’état au service de l’état policier. Il y a danger pour tous.

 

Une nouvelle loi anti-terroriste

L’argument du « terrorisme » sert de prétexte à la mise sous surveillance de l’ensemble de la société. Que la police, sous le contrôle de l’autorité judiciaire, soit à même de jouer son rôle personne n’y trouvera à redire. Par contre, la mise en place partout de vidéo-surveillance, du contrôle systématique des communications, le stockage des données informatiques sont la mise sous surveillance constante et sans leur consentement de tous les habitants.

 

Remarquons que ces mesures de vidéo-surveillance qui existent depuis longtemps à Londres n’ont pas empêché les attentats de juillet dernier. Plus grave, la garde à vue qui est actuellement de 96 heures en matière de terrorisme va être portée à 144 heures (6 jours) sans la présence d’un avocat.

 

Présentant son projet de loi, le 23 novembre devant l’Assemblée, Nicolas Sarkozy en appelait au « consensus » des partis. Le PS lui a répondu par la voix de J. Dray « Nous n’avons aucun état d’âme. Nous n’avons qu’un mot d’ordre, la responsabilité ». Le groupe socialiste a laissé voté ce texte, il s’est abstenu. Son président J.M. Ayrault a déclaré « c’est une abstention constructive et responsable » !  C’est vrai qu’il a l’habitude de se retrouver aux côtés de la droite au nom des principes républicains !

 

Avec le capitalisme, on sait où commence la restriction de la démocratie et des libertés. On ne sait pas où elle s’arrête. Ou plutôt si. Quand le peuple dit STOP.

 

(1)    1er article paru le 19-11

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