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N°456 Semaine du 16 au 22 mai 2016 16 mai 2016 |
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L’aventure britannique d’EDF |
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(Suite de l’article publié la semaine
dernière sous le titre: EDF: Derrière sa “crise” qui cache la privatisation) Hinkley Point
est le site d’une centrale nucléaire britannique (côte sud) de type
graphite-gaz. Cette centrale, comme 9 autres réparties en Grande-Bretagne,
appartenait à British Energy, entreprise issue de la séparation du Central
Electricity Generating Board (CEGB), privatisé dans les années 90. British
Energy fournissait environ un quart de la consommation britannique
(aujourd’hui plutôt moins de 20%). L’entreprise a connu des problèmes
financiers notamment du fait de la baisse des prix de l’électricité et le
gouvernement britannique est venu à sa rescousse en prenant un tiers environ
du capital au début des années 2000. En
2008, EDF, déjà présent en Grande-Bretagne avec sa filiale EDF Energy, a
acheté British Energy au gouvernement britannique pour 13 milliards d’€uros
environ, prix exorbitant car les
analyses financières, évaluaient
l’entreprise à moitié de ce prix. Clairement, dès l’achat de British Energy,
il y eut un transfert financier décidé entre les gouvernements français et
britannique. La
décision d’acheter British Energy fait suite à une visite d’Etat du Président
Sarkozy à Londres. Avant ce voyage, EDF avait certes des projets nucléaires
en Grande-Bretagne mais sans passer par l’achat de British Energy dont les
centrales graphites gaz assez anciennes ne présentaient pas un grand intérêt
(d’autant qu’à EDF, il n’y avait plus de spécialiste de cette technologie
graphite gaz). Après
son acquisition, EDF a été prié de rétrocéder une partie des terrains déjà
achetés à la concurrence pour qu’elle puisse y développer ses propres projets
(un consortium allemand, un autre avec GDF Suez). Après
l’achat de British Energy, EDF envisageait donc de construire deux réacteurs
nucléaires de type EPR sur chacun de 3 sites de la compagnie nucléaire
britannique. La qualification des réacteurs par les autorités de sûreté
britannique et les demandes de modification par rapport aux propositions
françaises initiales conduisent à considérer les EPR britanniques comme
spécifiques. Ces spécificités expliquent en grande partie le coût global
estimé de la construction des deux premiers réacteurs (24 milliards d’€). Dans
la recherche de partenaires pour un projet aussi onéreux, EDF a trouvé
« naturellement » Areva et un nucléariste chinois (CGN). Mais les
difficultés d’Areva dont la partie ingénierie/réacteur est reprise par EDF,
aboutissent à réduire le nombre de partenaires à 2 : EDF pour les 2/3 du
projet et CGN pour un tiers. CGN a mis par ailleurs une condition à sa
participation : il exige de développer son propre réacteur (Hualong – Le
dragon) sur le troisième site initialement prévu pour des réacteurs EPR. Le
gouvernement britannique, inquiet de la fin des réserves de Mer du Nord, a
notamment mis en place un système qui subventionne les énergies à développer
avec un prix garanti, c'est-à-dire que si le prix de marché est inférieur à
un prix donné, alors le producteur est remboursé de la différence. Avec le
projet d’Hinkley Point le prix
plancher prévu est précisément deux fois supérieur au prix de marché actuel.
Cette garantie serait valable 35 ans. Les
péripéties autour de la construction de Flamanville ne rendent pas vraiment
optimiste quant à la capacité d’EDF de finir dans les délais l’EPR anglais
(par ailleurs les délais promis sont bien courts, (6 ans alors que les
Chinois vont achever leur EPR en 7 ans). Par
ailleurs, EDF doit aussi conduire un
certain nombre d’investissements lourds sur le parc français pour prolonger
leur durée d’exploitation. De fait, la tension financière est forte et le
départ anticipé du directeur financier illustre les débats internes. Tout
comme l’achat de British Energy était une affaire d’Etat, le projet de la
centrale Hinkley Point est également au centre d’accords entre Etats dont les tenants et aboutissants sont
opaques. Macron, qui a choisi le patron d’EDF actuel, pousse à la roue. L’ensemble
des syndicats EDF crient casse-cou et demande un report de l’exécution du
projet. EDF
ne va pas bien financièrement, les autres électriciens européens, notamment
allemands, non plus. De fait, les prix de marché de l’électricité sont
aujourd’hui plus bas que les coûts de production. Cette particularité est
causée par plusieurs facteurs et en particulier: *Des
moyens de production pléthoriques par rapport à une demande assez peu
dynamique liée à la crise qui sévit durement dans toute l'Union Européenne. En
fait, au-delà de savoir si c’est vraiment le rôle d’EDF d’être un instrument
de la politique énergétique de Londres, la situation faite à cette entreprise
est la conséquence de la privatisation du marché de l’électricité, croisée
avec les impératifs de développement des énergies renouvelables. On notera
aussi que le développement du nucléaire n’est possible que hors marché
puisque même les Anglais prévoient de le subventionner. La réalité montre, au travers de ce bilan qu’il n’existe
pas de service public de qualité sans la nationalisation complète de toute la
filière énergie EDF-GDF, sans la
remise de sa gestion au peuple. Lire, enregistrer et/ou
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