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05-09-2006
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Discutons,
discutons… |
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Dissimulation des vrais enjeux, fausses
solutions, folklore parlementaire… Tout est fait pour noyer cette affaire
sous un tas d’ explications faites pour embrouiller ce qui est pourtant
simple. A qui profite la
fusion ? Aujourd’hui certains s’indignent,
étonnés. Il n’y a pas de quoi puisque c’est le sommet européen de Barcelone
en mars 2002 qui a décidé l’ouverture totale des marchés du gaz au 1er
juillet 2007. Participaient à ce sommet CHIRAC… et JOSPIN alors chef du
gouvernement qui n’était pas là pour faire de la figuration. C’est bien à
Barcelone que la décision a été prise d’accélérer le mouvement des fusions,
acquisitions et absorptions pour constituer de grands groupes capitalistes
européens entièrement libres de leurs mouvements et donc entièrement dégagés
de la tutelle d’un Etat. Sachant cela on
comprend mieux que dans le seul secteur de l’énergie qui nous intéresse, les
groupes européens ont dilapidé 200 milliards d’euros dans des opérations de
fusion – acquisition sans qu’un seul centime soit investi dans la recherche
ni la construction de nouvelles unités de production. 200 milliards c’est
presque le budget de la France (288 milliards) gaspillé en deux ans. De
telles sommes, qui ne sont pas à la portée du premier venu, auraient été infiniment
mieux utilisées au service des travailleurs et du développement économique et
social. Rien d’étonnant, le capitalisme, c’est ça. Reste que dépenser
pour200 milliards d’euros en deux ans; il faut que l’enjeu en vaille la
peine. Infiniment plus que 200 milliards ! Il en vaut d’autant plus la
peine que depuis six ans, le prix du baril de pétrole s’est envolé de 12 à
plus de 70 dollars. C’est dire les appétits que cela suscite dans la course
aux profits. Bruxelles permet de se
débarrasser de la tutelle de l’Etat. M. Cirelli patron de GDF l’exprime ainsi :
« …EDF et GDF c’est une alliance naturelle qui a bien fonctionné
durant soixante ans et dont tout le monde s’est satisfait. Certains pensent d’ailleurs
qu’il s’agit de la même entreprise ! Mais
qu’on le veuille ou non, aujourd’hui l’Etat a changé les
règles du jeu avec les directives qu’il faut appliquer. L’homme de l’UMP
et de GDF sait de quoi il parle. Certains soutiennent
quand même que la concurrence fera baisser les prix. Faux ! Les tarifs
du gaz et de l’électricité en France sont inférieurs à ceux du marché. Le
prix d’achat du gaz par GDF est inférieur de moitié au prix du marché car l’entreprise
négocie pour le compte de l’Etat français avec les pays producteurs des
contrats à long terme mettant à l’abri des fluctuations du marché. La
Commission Européenne exige que soit mis fin à ces contrats. Le
consommateur paiera la note en payant le gaz plus cher mais pas seulement car
une hausse générale des prix et du coût de la vie suivra automatiquement. Une
fois de plus ce serait lui la première victime de la privatisation. Car c’est bien de
privatisation qu’il s’agit, les phrases sur la minorité de blocage possible
ne servent qu’à faire passer le reste. Il est plus que jamais
indispensable que l’Etat contrôle le capital de GDF pour conserver un
instrument de politique énergétique efficace. Il ne s’agit pas
seulement de la privatisation de Gaz de France, celle de l’EDF, de la SNCF,
de la Poste sont programmées et voilà qu’à leur tour, la santé publique et l’enseignement
sont menacés. Certains, socialistes
et autres, prônent la création d’une agence européenne de l’énergie. Dirigée
par qui ? Tous les pays de la
Communauté Européenne sont aux mains des groupes capitalistes quelle
que soit par ailleurs la couleur, qui change souvent, de leurs gouvernements. Dans de telles
conditions, une agence européenne de l’énergie conduit inévitablement à la
main-mise renforcée du capital dans ce domaine. Cela au moment même où le rôle
de l’Etat et son contrôle sur le développement de la production, sur les échanges
européens et mondiaux, sur tout le développement économique et social doivent
être élargis considérablement. Il ne peut pas y avoir de
solution positive pour l’intérêt national et notre peuple dans cette Europe
capitaliste. On ne peut faire bouger les choses qu’en disant résolument NON à
cette Europe dont nous subissons les attaques dans tous les domaines. GDF –SUEZ, seule la lutte Le
capitalisme n’a jamais accepté la nationalisation de Gaz de France qui le
privait de sources de profits. Depuis
60 ans, le secteur public est l’objet d’un affrontement de classe permanent
entre le capital et les travailleurs. Les luttes ont été décisives à
chaque étape pour son maintien. Avec
la naissance de l’Europe du capital, la remise en cause du service public s’est
accélérée. Chirac et Jospin, au sommet européen de Barcelone en
2002, se sont engagés d’un commun accord, à privatiser EDF, la Poste et la
SNCF. (1) Chirac,
De Villepin et Sarkozy sont d’accord avec les PDG de GDF et de Suez pour accélérer
la fusion, ils iront jusqu’à utiliser le 49/3. L’interview
de Cirelli, PDG de GDF, et Mestrallet de Suez dans « les échos » du
29 août a le mérite de clarifier les positions, Mestrallet de dire : « L’intérêt
de notre projet me semble mieux perçu, que ce soit par nos salariés, les
parlementaires ou l’opinion publique. »
Et Cirelli d’ajouter : « L’engagement très fort de Thierry
Breton y a contribué ». Ce même Thierry Breton qui a
autorisé l’augmentation de plus de 30 % du Gaz après la privatisation de Gdf !
Ces augmentations atteignent 70 % depuis l’année 2000 ! Quant
à l’indépendance énergétique de la France, la fusion de Gaz de France - Suez
y mettra un terme pour la livrer aux appétits du capitalisme, dont seuls les
dividendes ont voix au chapitre. « Il nous revient d’apporter des
solutions appropriées permettant d’assurer une concurrence adéquate sur
chacun des marchés identifiés. Mais ces remèdes, ce sera
pour plus tard. » assure Mestrallet, le PDG de Suez. Quant
à la gauche, elle poursuit sa « guerre » verbale à la suite de la
privatisation de Gdf (qu’elle a initié avec la droite) et son absorption par
Suez. A les entendre, le service public n’aurait pas de meilleur défenseur
qu’eux. Ils créent même parfois des « comités, de défense »
se gardent bien d’agir. Evidemment il y a 2007 à l’horizon et l’espoir de l’alternance. Les
salariés de Gdf et Suez n’ont rien à attendre de bon de cette fusion, ils
viennent d’ailleurs de se prononcer à 94% contre la privatisation de GDF. Une
journée d’action est annoncée pour le 12 de ce mois. Seule la lutte sans
compromission peut leur permettre de préserver leurs intérêts et ceux de la
France. (1) Voir l’article du
21/10/2005
http://www.sitecommunistes.org
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