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28-10-2006
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RETRAITES |
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Sur 13
millions de retraités, 60 % ont des pensions inférieures à 900 € nets par
mois. 83 % des femmes retraitées ont des pensions inférieures à 900 €
nets. Une femme sur deux ne perçoit que le minimum contributif, soit 563, 4 €
nets par mois. A la Poste et à France
Télécom, en 2005, sur 14 000 départs, 2 215 le sont avec des
pensions de 800 € nets par mois. Quel que soit leur
régime, les retraités sont d’année en année de plus en plus frappés, par la
baisse importante du pouvoir d’achat des retraites et pensions. Faisons un bref
rappel : il y a d’abord, le décret du 30 décembre 1982, qui dans le
cadre de la mise en place du plan de blocage des salaires (gouvernement
socialiste Mauroy), réduisant la masse globale des salaires prise en
compte pour le calcul des retraites. La droite revenue aux
affaires, s’est située sur le même terrain : En 1987, est intervenue
la non-indexation des retraites sur les salaires. En 1993, les décrets
Balladur ont mis en place des mesures draconiennes pour le calcul des
retraites : Le nombre d’années pour bénéficier d’une retraite à taux
plein est passé de 37,5 à 40 ans (1) et
le salaire moyen de référence servant au calcul de la retraite est passé des
10 meilleures dernières années aux 25 dernières années! De plus les
pensions sont revalorisées selon l’indice des prix hors tabac et non
plus sur l’évolution des salaires. Cette mesure marque une rupture
brutale de la solidarité entre actifs et retraités qui prévalait, constituant
un des fondements de la sécurité sociale de 1945. En 2003, la
loi du 21 août (appliquée depuis le 1er janvier 2004) remet en cause le
principe de la négociation des augmentations des retraites (le Parlement est
dessaisi de cette prérogative). L’indexation des retraites sur les prix (base
indice officiel) est désormais inscrite dans le code de la sécurité sociale.
Cette même loi porte les durées de cotisations requises pour la retraite de
150 à 160 trimestres et étend au régime de la fonction publique la
revalorisation des pensions sur l’indice des prix. A cette avalanche de
coups durs s’ajoutent de nouvelles charges qui aggravent la situation
financière des retraités : relèvement de la CSG (mise en place par le
socialiste Rocard), hausse du forfait hospitalier, forfait d’1 € par
consultation médicale non remboursable, déremboursement de médicaments de
plus en plus nombreux. L’écart salarial entre
homme et femmes s’amplifie après le départ en retraite. Le COE (conseil
d’orientation des retraites ou siègent tous les représentants des
confédérations syndicales) vient d’annoncer (bien tardivement) que les femmes
retraitées perçoivent des retraites inférieures de 42% à celle des hommes.
Pourquoi les organisations syndicales se sont-elles tues au moment où le
gouvernement Raffarin-Fillon engageait le processus de la « réforme des
retraites »? Pour les régimes
complémentaires, ARRCO et AGIRC la baisse du niveau des retraites est
programmée depuis plus de 10ans : entre 1993 et 2003 - 7 % pour l’ARRCO
et -11 % pour l’AGIRC (2). Fonction publique :
la même revue citée ci-dessus observe dans son étude une baisse entre 1993 et
2003 d’au moins 10 % et souligne que le recul depuis 2003 ne fait que
s’accentuer. Ajoutons à cela, les effets négatifs qui résultent de la réforme
Fillon de 2003, par l’abandon des principes de péréquation et d’assimilation,
les reclassements catégoriels et points d’indices supplémentaires ne
produisent désormais aucun effet sur les retraites. L’OCDE (organisation
regroupant les pays les plus riches de la planète) préconise ni plus, ni
moins, la suppression de l’âge de la retraite
obligatoire ! L’objectif recherché par le grand capital, c’est de
parvenir à rallonger le temps de travail pour mieux raccourcir le temps de la
retraite. Le gouvernement français ouvre la même piste en
« négociant » avec les syndicats un accord prévoyant pour les
salariés de plus de 57 ans un contrat en CDD de 18 mois renouvelable
permettant, soit disant « d’acquérir des droits supplémentaires pour
liquider une retraite à taux plein ». Dans tous les pays ou le
capitalisme domine, c’est la même politique qui est mise en œuvre :
réduire massivement « les charges retraites », lien direct
évidemment avec la baisse organisée des « coûts du travail ». Les revendications
portant sur les salaires et les retraites gênent beaucoup de monde, car elles
prennent à contre-pied en même temps, la politique d’austérité des pouvoirs
en place et les organisations syndicales qui sous-estiment délibérément les
besoins des retraités. C’est bien sur le salaire
(3) que
repose toute notre protection sociale, la santé et la retraite. Toute perte
de salaire diminue notre retraite et prive la sécurité sociale de moyens. Toute mesure qui échappe
aujourd’hui au salaire direct est un recul que tous les salariés actifs et
retraités paieront demain au prix fort. Au refus persistant d’entendre
les retraités, nous devons sans relâche agir pour porter le minimum de
retraite à 1500 € nets mensuels. (1) Voir l’article du 30 novembre 2005 : « Retraite, travailler toujours plus âgé » (2) D’après la revue « Etudes et résultats » de décembre
2004 (3) Voir l’article du 02 octobre 2006 sur le pouvoir d’achat
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