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COMMUNISTES |
N°404 Semaine du 18 au 24 mai 2015
18 mai 2015
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La liberté
de la presse, mythe ou réalité ? (suite) ·
Quand le Crédit Agricole fait main basse sur une partie de la presse régionale |
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Lire également Une initiative à
développer partout Et Et Et Et Toujours plus
pour les actionnaires |
On est loin
de la vocation initiale du Crédit Agricole qui à son origine visait à fournir
aux agriculteurs des crédits souples, à bon marché, en un mot à les
soustraire à la rapacité des banques et des usuriers. Il développe à cette
époque une activité de banque locale mutualiste, aide l’agriculture dans sa
modernisation, participe en 1936 à la création de l’Office des céréales qui
assure aux producteurs une rémunération plus correcte de leurs productions. Tout
change en 1988. Sous la présidence de F. Mitterrand le Crédit
Agricole passe du statut de banque mutualiste à celui de banque universelle,
en clair de banque capitaliste. Achat du Crédit Lyonnais, prises de participations massives dans des
banques étrangères en Italie, au
Portugal et achat d’une banque
en Grèce qui se traduisent par des
pertes massives : 10 milliards en Grèce, 708 millions au Portugal, 600
en Italie, ce qui amène en 2013 le
groupe dans le rouge avec une perte de 6,47 milliards d’euros. Le Crédit Agricole ne fait pas
seulement dans la banque, l’assurance, il fait aussi dans la presse et sur
une grande échelle. Un groupe de presse au service du capitalisme : EBRA
(Est Bourgogne Rhône Alpes) est propriété du CA. Au côté de cette activité
bancaire désastreuse il se lance dans le rachat systématique des journaux
régionaux qui couvrent l’est de la France, de la frontière du Luxembourg et
de l’Allemagne au nord jusqu’à la limite de la Provence au sud. Au total 23
départements pour une population de plus de 11 millions d’habitants. En 2006
(dernier chiffre disponible) il vend 1.300.000 exemplaires pour un lectorat
estimé à 3 millions de lecteurs. Il s’agit des titres : Le
Dauphiné Libéré (Hautes alpes, Alpes
de Haute Provence, Ardèche, Drome, Isère, Savoie, Haute Savoie, Ain), Le Progrès (Ain, Haute Loire, Jura, Loire, Rhône) l’Est Républicain (Moselle, Meurthe et Moselle) Les Dernières nouvelles
d’Alsace (Haut et Bas Rhin, territoire
de Belfort), l’Alsace (Colmar- Mulhouse), le Journal de la Haute
Marne (Haute Marne), Vosges Matin (Vosges), Le Bien Public
(Côte d’Or), Le
Journal de Saône et Loire (Saône et
Loire), la
Presse de Gray et la Presse de Vesoul (Haute
Saône), La
Tribune (Drome Ardèche), L’indépendant du
Louhannais et du Jura (Saône et
Loire, Jura). Il dispose de nombreuses
éditions en ligne, d’une agence de communication et de publicité. Il est
propriétaire de maisons d’éditions,
d’hebdos, une TV locale (Télé Lyon Métropole), un journal gratuit
d’information Lyon Plus. On mesure la formidable
puissance de ce groupe de presse qui règne sans aucune concurrence sur cet
ensemble de régions, ses populations qui n’ont comme information qu’une
information issue d’un groupe bancaire capitaliste. En toute liberté de conscience,
les journalistes de « l’Est Républicain » pleurent des larmes de
crocodiles sur le sort des salariés de Peugeot Sochaux ou Mulhouse, des sous- traitants qui voient leurs
emplois supprimés, leurs salaires bloqués, l’aggravation de leurs conditions
de travail mais les justifient avec la reprise de l’argumentation patronale
sur la crise, la concurrence, faisant leurs les fausses promesses sociales
d’accompagnement faites par le gouvernement. Mais où la responsabilité de
tous ces journalistes est le plus engagée c’est leurs refus d’analyses sur
les causes de ces suppressions d’emplois, sur la recherche de toujours plus
de profits par le capitalisme. Pourtant comme tout un chacun, comme nous le
faisons régulièrement à
« Communistes Hebdo », ils ont connaissance des chiffres, des
études réalisées et publiées. Ils préfèrent comme tous leurs confrères les
passer sous silence. En
janvier dernier une élection législative partielle a eu lieu dans le Doubs.
« L’Est Républicain » a largement fait connaître le programme des
candidats. Sauf un, celui de « Communistes ». Il est vrai que son programme qui appelle à la
lutte contre le capital comme seul moyen de le faire reculer, à transformer
la société et à construire le socialisme doit être étouffé. Un Journal qui
appartient au capitalisme ne peut pas, au nom de la liberté de la presse, lui
donner la possibilité d’exprimer ses idées. A censure est là, bien en place,
elle veille pour étouffer les idées révolutionnaires. Oui la liberté de la presse
passe par la lutte contre le capitalisme. ° ° ° La
semaine prochaine : Le groupe LAGARDERE, une multinationale des médias Lire, enregistrer
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national du 11 avril 2015 Et |
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