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COMMUNISTES |
N°411 Semaine du 06 au 12 juillet
2015
09 juillet
2015
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La Grèce et
nous (2ème
partie. Texte rédigé avant le référendum) |
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SALARIES EN FRANCE Et AGRICULTURE FRANCAISE EN DETRESSE ! Et Toujours plus pour
les actionnaires Et Nouvelle victoire des
travailleurs allemands |
La crise capitaliste en Grèce a
balayé le vieux système clanique d’alternance ou de coalition
entre la droite de « Nouvelle démocratie » et le PASOK qui par leur
application des exigences des monopoles ont précipité leur pays dans une
crise profonde. Le PASOK a été le plus touché
par la colère populaire et a perdu les 9/10ème de son électorat.
Cela a eu pour effet de mettre en selle et de renforcer Syriza. Née de la « coalition de
la gauche radicale », Syriza s’est transformée en Parti à tendances de
type social-démocrate. Syriza regroupe les révisionnistes de l’ancien KKE
dissident, des trotskistes, des maoïstes, des écologistes. Ses progrès
électoraux ont été fulgurants. En 10 ans, Syriza est passé de 4,9 % à 36,3 %
des voix en 2015. Syriza a bénéficié logiquement
du ralliement de militants et dirigeants du PASOK. Les médias capitalistes évoquent
en Syriza, la « gauche radicale »
pour mieux faire semblant de s’en effrayer.
Voyons ce pseudo radicalisme. Syriza est un Parti clairement
électoraliste qui a toujours freiné les luttes. Dans le même temps, Syriza
adhère au Parti de la Gauche européenne (PGE), présidé par Pierre Laurent
(PCF), parti financé par l’UE. Tsipras son président et actuel
premier ministre s’inscrit dans la refondation du projet européen, sans
remettre en cause son caractère de classe, capitaliste. Il déclare : « Notre proposition d’une alliance
européenne la plus large possible contre l’austérité rejoint la quintessence
du processus d’intégration européenne incarnée par Jean Monnet ». Ce dernier a toujours défendu
la liquidation des souverainetés
nationales pour créer un large marché intégrant les États européens
capitalistes. Dans l’esprit de Jean Monnet, c’était le seul moyen de réaliser
le profit maximum des monopoles … et
d’isoler économiquement l’URSS et le camp socialiste pour le détruire. Poursuivons : « Un gouvernement de la gauche en Grèce
tendrait la main aux sociaux-démocrates européens, aux libéraux
libre-penseurs d’Europe » (…) nous leur demandons de nous rejoindre dans
un projet commun : le projet de stabilisation de la zone euro, une
première étape vers une Europe ouverte, démocratique et unie. » Syriza
constitue bien la relève de la social-démocratie traditionnelle comme Podemos
en Espagne. Toute la
politique de Syriza vise à dédouaner le capitalisme de sa
responsabilité première dans la
crise grecque et à n’en dénoncer que certaines conséquences ou
le seul « néo-libéralisme ». Récupérer la colère et le
mécontentement en usant de la démagogie sociale et nationale, telle est la
ligne de Syriza et de Tsipras. Démagogie sociale quand Syriza
a semé l’idée que l’on pouvait stopper l’austérité sans luttes et grèves au
quotidien, sans s’attaquer au capitalisme. Pire même, Tsipras a encouragé
l’illusion que l’on pouvait réaliser cette politique par des négociations
avec l’UE, le FMI, la BCE, c'est-à-dire, les instruments forgés par les
multinationales pour exploiter la classe ouvrière et les peuples. Démagogie nationale quand
Syriza flatte les sentiments nationaux blessés des Grecs en évoquant la
troïka et l’Allemagne et sa
« nouvelle occupation ». Syriza ainsi visant à récupérer la mémoire héroïque de la
résistance grecque contre les nazis. Mais Syriza se gardait bien de répondre
à cette question fondamentale : quelle classe sociale sert la troïka et l’Allemagne de
Merkel, quel système social et économique ? Là aussi, Syriza occulte le
capitalisme. Dès lors, le peuple grec était
appelé à s’en remettre à la délégation de pouvoir : je vote pour toi …
et « tu règles les
problèmes ». Syriza a
su détourner la légitime aspiration à un changement rapide et immédiat, en
faisant croire que l’on pouvait le réaliser sans révolution, sans propriété
sociale des entreprises et banques, sans pouvoir de la classe ouvrière et du
peuple. Là où le réformisme n’est pas
embarrassé par la démagogie pour capter des voix, les révolutionnaires
appellent aux luttes et grèves quotidiennes dans la perspective (plus
lointaine) du renversement du
capitalisme. Il est mensonger de faire croire à un quelconque
changement soi-disant possible dans le cadre du mode de production
capitaliste fondé sur l’exploitation du salariat. Les
négociations avec l’UE, le FMI, la BCE Syriza a dû s’allier avec la
droite nationaliste d’ANEL pour détenir une majorité parlementaire. Ceux qui d’ailleurs espéraient un changement rapide, en ont été
pour leurs frais. Mais Tsipras a trouvé une
diversion, en faisant croire que tout dépendait des négociations avec les instances
européennes. Les
partis de la gauche européenne ont relayé l’idée que l’on pouvait sortir de
l’austérité par un accord avec Bruxelles qui devrait rompre avec la finance
(sic !). Ce sont ces mêmes forces qui se
mettent à la remorque de Hollande pour qu’il soutienne le gouvernement de Tsipras. Mais comment le
champion de l’austérité en France pourrait-il s’opposer à cette même
austérité en Grèce ? Deux projets d’accord ont été
avancés. L’un émanant du gouvernement
grec, l’autre de la Commission européenne, du FMI, de la BCE. Ces deux
projets s’inscrivent dans l’austérité, Tsipras le reconnaît implicitement puisque
dans son allocution annonçant le référendum, il traite les propositions de
Bruxelles « d’austérité extrême »,
lui qui évoque l’UE pourtant comme la « maison commune
européenne ». Nous avons en Grèce, deux
lignes qui s’affrontent : La ligne capitaliste qui vise à faire payer la crise et
la dette aux seuls travailleurs et peuple grec. Elle est soutenue par les
Partis du capital dans toute l’Europe. Le
réformisme en considérant le cadre capitaliste comme incontournable, les
négociations avec les instances impérialistes comme passage obligé pour
obtenir des « avancées » accompagne cette politique du capital. La ligne
révolutionnaire considère le système capitaliste et ses instances : UE,
OTAN … comme l’obstacle aux besoins et revendications populaires, obstacle
qu’il faut abattre. Cela nécessite des luttes de classe pour faire reculer le capital d’abord puis
le battre. L’UE prouve une fois de plus
dans ses négociations son caractère antidémocratique. Les programmes
d’austérité ne sont pas une « option », comme le prétendent les
réformistes, mais bien l’expression des intérêts des monopoles, à appliquer obligatoirement
partout ! Le gouvernement grec tente une
nouvelle diversion, le recours au référendum. Et certains à gauche de
s’émerveiller sur la force de la démocratie. Encore faudrait-il que les questions posées
soient justes et réellement alternatives ! Or le débat est gagnant/gagnant
pour la politique d’austérité du capital. Nous publions en annexe le tableau
comparatif établi par le syndicat de classe PAME entre les propositions de
l’UE et celles du gouvernement Tsipras. En effet, le vote OUI soutenu
par Nouvelle Démocratie et le PASOK consiste à approuver les propositions de
l’UE. Le vote NON (soutien aux
propositions du gouvernement grec) est appuyé par Syriza, ANEL … et les nazis
d’Aube dorée qui réclament en plus la sortie de la Grèce de l’Euro. Il s’agit d’un piège puisque
dans les deux cas, la politique du Capital faisant payer la crise par les
travailleurs sera maintenue. Le KKE appelle à contourner le
piège. Il avance les revendications suivantes : « Annulation unilatérale de la dette, NON aux propositions
d’accord UE-BCE-FMI comme du gouvernement grec ». PAME et le KKE agissent sur ce double front comme le montre le
succès de la journée d’actions du 26 juin. Dans son programme adopté au
Congrès du 20 juin, notre
Parti révolutionnaire – Communistes – rappelle que la bataille contre
l’Europe capitaliste est indissociable du combat pour le renversement du
capitalisme, qu’il serait illusoire de penser qu’une France capitaliste « sortie »
de l’UE et de l’euro puisse améliorer le sort des travailleurs. La même
politique se poursuivrait puisque dans ou hors de l’UE, sans rupture
révolutionnaire, les monopoles continueraient de diriger le pays. Le KKE s’inscrit également dans
cette démarche puisqu’il exige : la rupture avec l’UE de pair avec l’exigence de socialisation
des monopoles et du pouvoir des travailleurs et du peuple. Pour cela, le KKE appelle à
voter au référendum pour un bulletin KKE exprimant ses positions. Pour toutes ces raisons, dans
le contexte difficile qu’affronte le peuple grec (auquel il faut ajouter
l’existence influente d’un parti nazi), nous lui exprimons notre solidarité internationaliste en
condamnant le capitalisme et ses diktats exprimés par l’UE, le FMI, la BCE. Mais notre Parti ne saurait
être solidaire d’un gouvernement grec
d’aménagement du système capitaliste. Seule la
lutte et la mobilisation populaire en Grèce comme partout peuvent faire
reculer le capital dans la perspective d’abattre le capitalisme. 1/07/15 ANNEXE : Comparaison entre
les positions des créanciers et du gouvernement SYRIZA-ANEL (Site de PAME) Ci-dessous les 13
propositions du mémorandum établies par la Troïka, suivies, pour chacune de
ces propositions, de la mention "même position" ou de la version
"Syriza-Anel" Le
mémorandum UE-FMI-BCE / Le mémorandum Syriza-Anel
1. L’âge de la
retraite à 67 ans pour tous les travailleurs, imposées pour 2022 / 1.
L’âge de la retraite porté à 67 ans pour tous les travailleurs, imposées en
2025 (Syriza/ANEL) 2. Augmentation
des cotisations des pensionnés pour soins de santé (qui seront prises à
partir de leurs pensions) de 4 % à 6 % / 2. Augmentation des
cotisations des retraités pour les soins de santé (dont les contributions
seront prises à partir de leurs pensions) de 4 % à 5 % (Syriza/ANEL 3. Augmentation
des cotisations des employés pour les soins de santé (qui seront pris sur
leurs salaires) de 4 % à 5 % / MÊME POSITION 4. Coupes dans le
budget de l’Etat pour les Pensions : 0,5 % du PIB pour 2015,
1 % du PIB pour 2016 / MÊME POSITION 5. " Amende
" pour retraite anticipée relevée de 10% / MÊME POSITION 6. Réduction du
"coût de la main d’œuvre " du secteur public au 1/1/2016 / MÊME
POSITION 7. Maintien de la
taxe dite "taxe de solidarité" / MÊME POSITION 8. Le salaire
minimum défini par la législation du mémorandum / MÊME POSITION 9. Continuation de
la collecte de la « taxe unique sur les successions »- ENFIA
jusqu’en 2016 / MÊME POSITION 10. Augmenter les
rentrées budgétaires par le biais de la TVA
à 1 % du PIB / 10. Augmenter les rentrées budgétaires par le biais de
la TVA à 0,93 % du PIB
(Syriza/ANEL) 11. TVA portée à
23 % pour les aliments en conserve et emballés, 13 % pour les
denrées alimentaires de base, l’électricité et les hôtels, 6% pour les
médicaments, les livres, 23 % pour tout le reste / MÊME POSITION 12. La taxation
des armateurs doit être imposée / 12. La taxation des armateurs ne doit pas être imposée (Syriza/ANEL) 13. Privatisations
des ports, des aéroports, de l’infrastructure, Propriétés de l’Etat / MÊME
POSITION Lire, enregistrer et/ou imprimer cet
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