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COMMUNISTES |
N°411 Semaine du 06 au 12 juillet
2015
09 juillet
2015
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AGRICULTURE
FRANCAISE EN DETRESSE ! |
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Lire également Et (2ème
partie. Texte rédigé avant le référendum) Et PEUGEOT S’IMPLANTE AU MAROC ET SUREXPLOITE LES
SALARIES EN FRANCE Et Toujours plus pour
les actionnaires Et Nouvelle victoire des
travailleurs allemands |
Les
éleveurs français (de bovins, de porcs, et producteurs de lait) ont manifesté
leur colère dans la nuit du 2 au 3 Juillet dernier dans toutes les régions
agricoles. Lors de cette nuit dite " nuit
de l'élevage en détresse",
ils entendaient crier leur colère devant la faiblesse des prix auxquels leur
sont achetés viande et lait. Ce, malgré l’accord conclu 15 jours plus tôt
avec les transformateurs et la grande distribution. L'appel de la FNSEA
et du CNJA à ces
manifestations masque mal la complicité des responsables de ces syndicats
avec ceux qui, depuis des années, organisent la financiarisation de
l'agriculture, la livrent aux appétits du capital. (voir Communistes hebdo n° 392 du
23/02/2015). D'ailleurs des manifestants
ont chahuté à St Brieuc (Côtes d'Armor), Xavier Beulin, grand
céréalier qui préside à la fois la FNSEA et SOFIPROTEOL, grande holding qui a
la main sur toute la filière porcine. La
baisse des revenus de ces producteurs est bien réelle : - 12 000 €/an pour
les secteur bovin. Certes, la grande distribution pour accroître ses profits,
pressure à la fois ses fournisseurs et ses clients/consommateurs. Le prix de
l'aliment pour bétail a augmenté avec les hausses spéculatives réalisées sur
le blé (15,6%, le maïs (22 %) et le
soja (6,6 %). Les transformateurs, abattoirs en premier
lieu, pour augmenter leurs profits, exploitent férocement leurs salariés tant
en termes de salaires qu'en termes de conditions de travail. Ces derniers sont les premières victimes des
restructurations/regroupements capitalistes qui ont eu lieu dans ce secteur.
En amont, ils étranglent les producteurs en leur imposant des prix
scandaleux, bien loin de couvrir les prix de revient. Il
en va de même dans le secteur laitier : fin des quotas laitiers au 1er avril
au nom de la « concurrence libre et non faussée », décidée par
Bruxelles. Concentration capitaliste des laiteries : Eurial et Agrial au 1er
Juillet 2016 pour constituer un énorme groupe de 4 000 salariés et 6 450
producteurs. Nombre qui baissera très vite puisque seules seront collectées
les exploitations rentables et faciles d'accès avec la naissance de "déserts
laitiers", en montagne en particulier : fromages AOP condamnés etc. Des
marchés ont été fermés, notamment la Russie et la Grèce, dans les deux cas
par choix politique de la France et de l'UE. La Grèce est notre deuxième
client en viande bovine derrière l'Italie. La
consommation intérieure marque le pas, austérité oblige. Le rôti de bœuf
dominical se fait plus rare. Le
vote par le Parlement européen, ce 8 Juillet en faveur du traité TAFTA pour
l'établissement d' une grande zone de libre-échange entre l'UE et les
Etats-Unis ouvre une autoroute pour le sacrifice en bonne et due forme de ce
qui restait en France de l'agriculture dont le pays avait besoin. (Voir Communistes
hebdo n ° 345 avril 2014) Car
de quoi souffrent les travailleurs du monde agricole ? De la recherche sans
fin du profit maximum, c'est à dire du capitalisme de monopoles. Les critères
de baisse des coûts pour augmenter les marges sont rigoureusement les mêmes
que dans le reste de l'économie capitaliste. D'ailleurs,
le 2 Juillet, au Ministère de l'agriculture, S. Le Foll présentant des "Mesures en faveur de l'investissement productif" et un guide " Investir dans les filières agricoles et
agro-alimentaires", déclarait : " La compétitivité des exploitations agricoles est donc un enjeu essentiel", rappelant l'existence
du CICE,
du pacte des responsabilité dans l'agriculture, les garanties financières
liées aux " projets" avec toute l'idéologie du management
appliquée dans l'industrie qui doit
guider les politiques agricoles. En clair, ne doivent subsister que les
énormes "fermes industrielles", ultra-mécanisées, avec une
main-d'œuvre salariée exploitable à merci, appartenant à des fonds
d'investissement mondiaux ou des gros groupes de l'agro-alimentaire, ce qui
est déjà le cas en nombre d'endroits. L'objectif
est clair : les petites et moyennes exploitations doivent disparaître au plus
vite, elles n'intéressent pas les capitalistes. Bien sûr, quelques petits
producteurs peuvent rester ça et là, avec financement participatif (voir le crowfunding
MIIMOSA) et quelques AMAP
pour faire plaisir aux écolos et aux touristes fortunés qui viendront voir dans
ces réserves folkloriques, comment c'était "avant". Il
faut empêcher cela, et ne comptons pas sur les syndicats agricoles au service
des grands propriétaires pour le faire. Les capitalistes se moquent aussi des
agriculteurs, de la malnutrition et de la faim, de la ruralité, de
l'écologie, il faut les chasser ! La
terre doit revenir au peuple, ceux qui la travaillent doivent en vivre
correctement, elle doit revenir à sa fonction première : nourrir les peuples.
Pour cela, elle ne peut qu'être propriété collective. Avec les luttes nécessaires, c'est ce que
propose notre Parti révolutionnaire –Communistes-. Lire, enregistrer et/ou imprimer cet
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Lire également Et Rapport introductif au comité
national du 11 avril 2015 Et Et Samedi 20
juin s’est tenu à Paris le Congrès d’unification
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