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N°450 Semaine du 04 au 10 avril 2016 06 avril
2016 |
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A PROPOS DU
SYNDICALISME EN FRANCE (1ère partie) |
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Lire Egalement Et Samedi 9 avril tous dans la rue Et Amérique Latine: l'Impérialisme US veut
resserrer son contrôle sur toute la région Et Et Et Indre : La Cour d’Appel de Paris veut
expulser les syndicats de Châteauroux de leurs locaux |
A la veille du 51ème
congrès de la CGT, ce texte rappelle l’opinion de notre parti sur le
syndicalisme dont les travailleurs français ont besoin. Le syndicalisme de lutte de
classe est menacé en France. A l’heure où les centrales syndicales tiennent
ou vont tenir leur congrès respectif, nous tenons à revenir sur cette
question essentielle, donner notre opinion afin d’éclaircir les enjeux qu’elle comporte. Le patronat et les gouvernements successifs, qu’ils
soient de droite ou qu’ils se disent « de gauche », s’attaquent de plus en
plus violemment aux salaires, aux retraites, aux emplois… Les difficultés des salariés s’aggravent pendant que ceux
qui les exploitent amassent des fortunes scandaleuses qui se chiffrent en
milliards d’euros. À quoi nous réduiraient-ils si nous les laissions
faire? Nous
avons absolument besoin d’un syndicalisme combatif qui défende les
revendications sans faiblesse, et agisse pour les faire aboutir. Le syndicalisme français est apparu et s’est développé
avec le mouvement de la société capitaliste, aboutissant à la création en
1895 de la CGT qui inscrivit en tête de ses statuts la suppression du
patronat. Quelques années plus tôt, Karl Marx avait montré que la
société moderne se ramènerait de plus en plus à deux classes fondamentales
irréductiblement opposées, d’un côté l’immense foule des travailleurs, de
l’autre un petit groupe de magnats capitalistes. À quelle finalité doit répondre le syndicalisme, être un
outil d’émancipation des salariés et du peuple ou un accompagnateur qui se
dit « social » de la politique du capital ? Marx et
les marxistes en ont déduit la
nécessité absolue de combattre le capitalisme jusqu’à le faire disparaître. Le même Marx écrivait à la même époque : « si la
classe ouvrière lâchait prise dans son conflit quotidien avec le capital,
elle se priverait certainement elle-même de la possibilité d’entreprendre tel
ou tel mouvement de plus grande envergure ». Un choix
politique s’impose : syndicalisme révolutionnaire ou de collaboration de
classe ? La CGT sera profondément marquée par le marxisme. Elle deviendra ce que l’on appellera un
syndicat révolutionnaire de lutte de classe. Être une
organisation de classe c’est défendre sans compromission les intérêts des
travailleurs, c’est avoir conscience que la finalité du mouvement syndical ne
peut être que la libération de la classe ouvrière de l’exploitation
capitaliste. L’appropriation collective des grands moyens de production et
d’échange est indispensable pour mettre fin à cette exploitation. Plus tard, encouragés et initiés par le patronat,
d’autres syndicats seront créés en France. Ils développeront un syndicalisme
qui s’accommodera du système capitaliste. Ce syndicalisme participera
ouvertement ou de manière dissimulée au développement du capitalisme et à la
gestion de ses intérêts. C’est ce que l’on appelle le réformisme syndical de
collaboration de classe. L’existence
et le développement du syndicalisme de classe ont commencé dès la naissance
du syndicalisme. Le patronat a aussitôt
compris que pour obtenir la « paix sociale » il lui fallait abattre le
syndicat de classe ou ce qui revient au même, faire qu’il devienne un
syndicat réformiste. Conserver
en France un syndicalisme de classe est un combat de toujours. Aujourd’hui il
doit affronter et faire face à de nombreuses opérations qui visent à le
liquider. Participent à ces opérations les partis de droite et
d’extrême droite, la gauche et ses alliés, d’autres organisations politiques,
les responsables des organisations syndicales françaises réformistes, les
dirigeants de la confédération européenne des syndicats (CES)… D’autres organismes créés par le capital international
comme la banque mondiale, le fond monétaire international, l’organisation
mondiale du commerce y participent également. Quand les
salariés sont unis. En 1936, des millions de travailleurs occupent les
usines. Les salaires les plus bas ont été multipliés par quatre, la semaine
de 40 heures a été arrachée aux patrons sans diminution de salaire et deux
semaines de congés payés ont été obtenues, les droits syndicaux améliorés,
les conventions collectives de métiers sont négociées… En 1945 à la
libération, les salariés ont obtenu une forte augmentation des salaires, la
sécurité sociale, la retraite, le statut du fonctionnaire, les
nationalisations. Plus près de nous, en 68, pendant un mouvement social
général qui a contraint les patrons à négocier, le SMIC est augmenté de 35%,
les salaires de 7 à 28%. L’existence
à l’époque d’un syndicalisme de classe puissant a permis aux salariés de
remporter ces grandes victoires, et à imposer l’unité syndicale à ceux qui la
refusaient. … Et
aujourd’hui. Plus le
capitalisme se développe et plus l’exploitation des peuples grandit. Les chiffres donnent le vertige les trois multinationales
les plus riches du monde disposent d’une fortune supérieure à la production
annuelle des 48 pays les plus pauvres.
Il suffirait d’une dépense annuelle de 80 milliards d’euros pendant 10 ans pour
garantir à tous les humains une alimentation nécessaire, des infrastructures
de santé indispensables et une
instruction élémentaire. Cette somme, c’est un petit quart du budget
militaire des USA, c’est la moitié de la fortune des quatre personnes les plus
riches du monde. En France, l’offensive sans précédent du capital et du
gouvernement vise à soumettre les salariés et toute la société à leurs
exigences. Ils renforcent l’exploitation capitaliste pour baisser encore plus
le « coût du travail ». Ils criminalisent l’action syndicale. C’est l’objectif de la loi El Khomri contre laquelle se
développe la lutte des salariés et de la jeunesse. L’argent
ne manque pas pour satisfaire les besoins mais il faut le prendre où il est,
dans les coffres des sociétés capitalistes et du gouvernement qui les sert. La « mondialisation » n’est autre que l’organisation
économique et politique de la société par le capitalisme pour la course au
profit à l’échelle mondiale. La France et le monde d’aujourd’hui confirment,
un siècle et demi plus tard, la justesse des observations de Marx. Le rôle
d’un syndicat. Défendre les intérêts matériels et moraux des salariés
c’est lutter contre les
discriminations à l’égard des femmes que le capitalisme perpétue. C’est
défendre les salaires et les retraites, le droit à l’emploi, les conditions
de vie dans et hors travail, la protection de la santé… C’est organiser la
lutte des salariés contre les attaques
du patronat, des gouvernements et des partis à son service. Un
syndicalisme qui défend les salariés doit s’opposer de toutes ses forces aux
attaques du capital, il doit appeler à résister sans compromis. Ce n’est malheureusement pas le cas puisque les centrales
syndicales acceptent le « dialogue social » pour disent-elles étudier les « dossiers » mis sur
la table par le MEDEF et le gouvernement. Mais nous savons que ces dossiers
contiennent toujours des reculs sociaux pour satisfaire les exigences du
capital… A chaque séance de « dialogue social » c’est davantage de
régression que les travailleurs subissent. Il faut développer l’activité syndicale revendicative
permanente pour résister, faire reculer le patronat, défendre nos droits et
en conquérir de nouveaux. Le
syndicalisme ne doit en aucun cas cautionner ces attaques par sa présence aux
côtés du patronat et du gouvernement. Participer à cela c’est aider ceux qui
nous exploitent à nous exploiter davantage. Nous ne
sommes pas contre toute négociation, à quoi servirait un syndicat s’il ne
négociait pas ? Mais la négociation doit s’engager à partir des
revendications des travailleurs et de leurs intérêts, sur la base d’un
rapport des forces établi par l’action. Les conquêtes du Front populaire, de
la libération, de 1968 ont été obtenues après négociations, de dures
négociations mais qui étaient soutenues par de très grands mouvements
sociaux. Par contre aujourd’hui « négocier » avec l’adversaire et
derrière le dos des travailleurs pour limiter les salaires, élever l’âge de
la retraite, pour augmenter le nombre d’années de travail et le taux des
cotisations, diminuer le montant des pensions, cela, c’est de la
collaboration de classe. Lutte de classe ou collaboration de classe, c’est
toujours la même opposition qui se manifeste. Aujourd’hui
en France, le syndicalisme de classe est en réelle difficulté. Le risque est
grand de voir ce syndicalisme devenir un syndicalisme institutionnel
d’accompagnement, un simple syndicalisme de services, comme cela existe déjà
en Europe, hélas. L’objectif du patronat, celui des forces politiques de
droite et réformistes, c’est d’organiser l’ensemble du syndicalisme français
autour d’un pôle syndical social- démocrate. Depuis plusieurs années nous
constatons une dérive de plus en plus marquée du syndicalisme français dans
cette voie. Certains par exemple voudraient adapter les revendications des
salariés aux « difficultés » que connaîtrait le patronat. Cette démarche
conduit à l’entente avec les employeurs pour atteindre les objectifs patronaux
comme la « modération salariale», la baisse du « coût du travail », la casse
du code du travail, la précarisation du travail et de l’emploi etc.… L’existence
d’un véritable syndicalisme de classe puissant, soutenu fermement par la
masse des salariés est un objectif majeur de notre époque. Collaborer avec le patronat est-ce moderne ?… Sous couvert de modernité, le langage syndical se
transforme. Aujourd’hui des termes pourtant clairs sont pratiquement absents
du langage syndical. Par exemple, capitalisme, classe sociale, classe
ouvrière, exploitation, propriété des moyens de production, nationalisation,
domination, inégalités, lutte de classe, collaboration de classe,
impérialisme… Et bien d’autres. A contrario le syndicalisme «moderne »
reprend facilement les termes importés des États-Unis ou d’Europe tels que :
libéralisme, nouvelle économie, partenaires sociaux, dialogue social,
mondialisation, citoyenneté, fonds de pensions etc. Participer à la gestion de l’épargne salariale avec les
patrons, créer un comité intersyndical qui apporte sa caution à de grands
groupes capitalistes comme AXA, le Crédit Lyonnais, la BNP… Est-ce cela être moderne ? En accompagnant les propositions et actions des
gouvernements de la « gauche » comme de la droite, les confédérations
syndicales acceptent finalement cette politique. Ces accords servent de
modèle et surtout d’alibi sur le prétendu « modernisme » du syndicalisme
français. Le résultat de cette politique désastreuse, aboutit à une chute
importante du pouvoir d’achat des salariés, au recul de l’emploi et des
acquis. Le patronat est le seul gagnant. Chaque
fois qu’ils ont agi ensemble contre le patronat et les gouvernements, les
salariés ont obtenu de grands succès. Pour faire échec à
ce qui se met en place actuellement contre les salariés, il faut agir
ensemble sinon le patronat et le gouvernement parviendront à leurs fins.
L’union se construit en priorité dans l’entreprise sur la base des besoins
exprimés par les travailleurs. Si les confédérations syndicales impulsaient
et organisaient l’action nationale et
interprofessionnelle dirigée résolument, sans concession d’aucune sorte,
contre le patronat et le gouvernement, cela aurait un très grand
retentissement dans tout le pays, l’action des salariés serait très puissante
et des résultats importants seraient obtenus. (Nous publierons la suite de cet article la semaine
prochaine) Lire, enregistrer
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